Sortu (« créer » en français, prononciation approximative en français : shortou) est un parti politique basque dans la communauté autonome du Pays basque et en Navarre. Il a été créé le . Il est idéologiquement situé dans la gauche abertzale, et depuis sa fondation il a été considéré comme l'héritier de Batasuna non légalisée El nuevo partido de Batasuna, Sortu, defiende su derecho a la legalidad (Le nouveau parti de Batasuna, Sortu, défend son droit à la légalité), Europa Press, 8 février 2011. Los 12 bautizos de Batasuna (Les douze baptêmes de Batasuna), El País, 7 février 2011, consulté le 14 février de la même année. Según las Fuerzas de Seguridad españolas, Sortu es "un instrumento de Batasuna al servicio de ETA" (Selon les forces de sécurité espagnoles, Sortu est un instrument de Batasuna au service d'ETA), ABC, 17 février 2011..

La Gauche unie (IU) et la plupart des partis politiques ont salué la création du parti et ont demandé qu'il puisse participer aux élections sans condition, tandis que le Parti populaire (PP) et l'Union, progrès et démocratie (UPyD) considèrent Sortu comme étant la continuité de Batasuna et, par conséquent, sympathisant d'ETA, et pensent qu'il ne devrait pas être légalisé. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a considéré que le rejet de la violence par Sortu est une importante avancée, mais insuffisante. Pour leur part, les promoteurs de Sortu affirment n'être « la continuité de rien parce qu'ils parlent de principes et compromis qui n'ont pas une identification avec de précédents modèles d'organisations non légalisées » tandis qu'ils rejettent toute « subordination ou tutorat » Sortu rechaza la violencia de ETA "sin ambages", advierte que nadie les fagocitará y defiende su derecho a la legalidad, Deia, 8 février 2011. La nueva formación abertzale Sortu dice que "no es continuidad de nada" y que no será "fagocitada" (La nouvelle formation abertzale Sortu dit qu'elle "n'est pas la continuité de rien" et qu'elle ne sera pas "fagocitée"), La Vanguardia, 8 février 2011..

Histoire le , La formation indépendantiste basque Sortu a été légalisée par le Tribunal constitutionnel espagnol par une voix (6 contre 5).

Lors des dernières estimations livrées en par la faculté des sciences politiques de Saint-Sébastien (Euskobarometro), on créditait Sortu de 23 parlementaires s'il y avait aujourd'hui des élections au Parlement Basque, contre 29 pour le centre droit nationaliste du PNV. Les autres partis (PSOE, PP, IU...) totalisaient ensemble autant de parlementaires que le seul Sortu (23 en tout).

Contexte politique Depuis l'interdiction en Espagne, en 2003, de Batasuna (successeur de Herri Batasuna) et d'Euskal Herritarrok, sous le coup de la Loi des Partis par son lien supposé avec l'organisation ETA, la gauche abertzale a essayé de se présenter aux élections sous diverses marques : Autodeterminaziorako Bilgunea (AuB) (élections forales, navarraises et municipales de 2003), Herritarren Zerrenda (HZ) (européennes de 2004), Aukera Guztiak (AG) et Parti communiste des terres basques (EHAK/PCTV) (basques de 2005), Abertzale Sozialisten Batasuna (ASB) Demokrazia Hiru Milioi (D3M) (parlement basque 2009). Toutes ont été non légalisées sous la loi des partis. Elle a également soutenu la candidature d'Iniciativa Internacionalista, laquelle a finalement été légalisée, pour les élections européennes de 2009, sans obtenir une représentation.

Au moment de la fondation de Sortu la seule représentation institutionnelle de la gauche abertzale, issue de Batasuna, était dans des mairies d'Euskad et de Navarre et dans les Assemblées Générales d'Alava et du Guipuscoa.

En , la gauche abertzaleGarzón coloca en su punto de mira al polo soberanista, Iñaki Iriondo, 26 janvier 2010, Gara, Es público y notorio que la marca Batasuna había dejado de ser empleada desde años antes, por las consecuencias penales que acarreaba. a présenté le document Zutik Euskal Herria (Debout Pays basque), dans lequel on assumait les Principes MitchellLes Principes Mitchell sont six règles de base qu'ont acceptées les gouvernements d'Irlande et du Royaume-Uni et les partis politiques de l'Irlande du Nord relatifs à la participation aux discussions sur le futur de la région. Le nom vient du sénateur des États-Unis George J. Mitchell, qui a été très impliqué dans le processus de paix en Irlande du Nord. pour permettre une sortie du conflit basque, « un processus démocratique en l'absence de violence » et l'« accumulation de forces souverainistes». Dans le document on a écarté l'utilisation de la violence comme façon de faire de la politique en faisant appel « à la lutte de masses, la lutte institutionnelle et la lutte idéologique » comme seules voies, tandis qu'elle s'engageait dans la création d'un nouveau parti politique indépendantiste et des gauches «Zutik Euskal Herria», février 2010. La izquierda abertzale trabaja en un nuevo proyecto organizativo, Gara, 28 octobre 2010..

La présentation du document a été suivie de la « Déclaration de Pampelune » La izquierda abertzale insta a ETA y al Gobierno español a responder de forma constructiva a la Declaración de Bruselas, Gara, 25 avril 2010. où la gauche abertzale faisait appel pour la première fois à ETA, en public Batasuna reprocha a ETA por primera vez el fin de la tregua, Público, 24 avril 2010., exigeant de celle-ci et du gouvernement espagnol l'accomplissement de la Déclaration de BruxellesDepuis février 2010 et par le biais d'ex membres de la Batasuna non légalisée, on a communiqué que les bases abertzales avaient approuvé une proposition effectuée par Arnaldo Otegi, Rufi Etxeberria et Rafaël Dix Usabiaga de promouvoir « un processus démocratique par des voies politiques et pacifiques », ce qui a été interprété comme une pression sur l'ETA. rédigée par plusieurs fondations et Prix Nobel de la paix (parmi lesquels, l'ex président sud-africain Frederik de Klerk, l'archevêque Desmond Tutu, et des ex premiers ministres irlandais, John Hume et Mary Robinson) , Deia, 29 mars 2010. Relación de firmantes de la Declaración de Bruselas. Le , ETA a annoncé une cessation des « actions armées offensives », qui a été comprise comme un « cessez un feu » Declaración de ETA, El País, 5 de septiembre de 2010. Gobierno y partidos ven "insuficiente" el anuncio de alto el fuego de ETA, El País, 6 septembre 2010..

Dans cette ligne, le , des membres d'Eusko Alkartasuna et des ex dirigeants de Batasuna ont présenté à Bilbao l'accord de bases (« Jusqu'à réussir » en basque), signé entre EA et la gauche abertzale pour collaborer à l'indépendance du Pays basque, dans lequel ils ratifiaient que , y compris EA y la izquierda abertzale abogan por crear un estado vasco "por vías pacíficas", El Correo, 20 juin 2010. Acuerdo independentista histórico entre la izquierda abertzale y EA, Gara, 21 juin 2010. Bases de un acuerdo estratégico entre fuerzas políticas independentistas, 20 juin 2010..

Le , quelques jours après qu'ETA déclarait un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable », cet accord a été étendu avec la participation d'Alternative (scission d'Ezker Batua), avec le compromis de long terme que les trois formations politiques travaillent « conjointement et prioritairement » dans « la défense de la souveraineté d'Euskal Herria », mais dans une perspective de gauches « qui cherche une transformation profonde du modèle socio-économique ». L'accord était circonscrit aux territoires de Navarre, Biscaye, Guipuscoa et d'Alava, et avait pour but « de faire face à la droite dans tous les domaines » et de produire « des alternatives qui dépassent et pénètrent les actuels systèmes de domination » Izquierda abertzale, EA y Alternatiba impulsarán juntos la soberanía y el cambio social, Gara, 17 janvier 2011..

Présentation publique

Le a finalement eu lieu la présentation, organisée par LokarriLokarri: voix du basque qui signifie "ce qu'il sert à unir". C'est le nom d'un mouvement social à caractère pacifiste., des statuts du nouveau parti propulsé par la gauche abertzale et présenté par le dirigeant abertzale historique Rufi Etxeberria (ancien membre de la Table Nationale de Herri Batasuna) et l'avocat Íñigo Iruin (sénateur pour HB en 1989, défenseur d'ANV devant le Tribunal Constitutionnel et avocat dans l'affaire Lasa et ZabalaL'affaire Lasa et Zabala a été le premier acte terroriste réalisé par les groupes antiterroristes de libération. Il tire son nom des membres d'ETA José Antonio Lasa et José Ignacio Zabala, qui ont été enlevés, torturés et assassinés en 1983.), au cours de laquelle on annonce que la nouvelle formation rejetterait l'utilisation de la violence, y compris celle du groupe ETA, et qu'elle suivrait la loi des partis. Pour cette présentation sont venus des membres du PNB, d'EA, Aralar, Alternativa, EB et AB, ainsi que d'ELA, LAB, STEE-EILAS, ESK, Hiru et des représentants de CCOO à titre personnel. De nombreuses personnalités en rapport avec Batasuna, comme Joseba Permach, Juan Jose Petrikorena, Aitor Vezares, Tasio Erkizia, Joseba Álvarez, Txelui Moreno, Pernando Fore, Marian Beitialarrangoitia, Rafaël Diez Usabiaga, Eugenio Etxebeste "Antxon", Karmelo Landa, Itziar Aizpurua et les avocats Jone Goirizelaia et Kepa Landa étaient présentes Nuevos rostros y viejos conocidos en Sortu, la marca de Batasuna que quiere ser legal, RTVE, 11 février 2011. Batasuna al dictado de ETA, La Razón, 8 février 2011.. Le président du PSE-EE, Jesus Eguiguren, a été aussi invité à la présentation mais a décliné l'invitation Etxeberria dice que el nuevo partido se opondrá al uso de la violencia, 'también la de ETA', El Mundo, 7 février 2011..

Le a eu lieu une conférence de presse en castillan et en basque à Bilbao par 10 promoteurs du parti où ils réclamaient la légalisation de celui-ci, ils niaient être la continuité de formations politiques précédentes et affirmaient se conformer à la loi sur les partis, manifestant ainsi son rejet à la violence d'ETA. Ils affirment qu'ils contribueront à mettre un terme à la violence, total et définitif, de celle-ci en passant par des voies exclusivement politiques et démocratiques pour atteindre ses objectifs. Ils ont également affirmé que le cadre de ce nouveau projet de la gauche abertzale était l'ensemble du Pays basque espagnol, c'est-à-dire, Navarre, Guipuscoa, Biscaye et Alava, et qu'il s'agit , ainsi que , et contribuer à Los 10 promotores de Sortu instan a declarar su legalidad porque el partido la cumple "en todas sus dimensiones", Europa Press, 8 février 2011. Se presenta Sortu, formación que busca constituir un Estado vasco en el marco europeo, Gara, 8 février 2011. Sortu presenta su logo, El País, 8 février 2011..

Réactions Eusko Alkartasuna (EA), par la voix de son secrétaire général Pello Urizar, a considéré depuis comme clair le rejet du nouveau parti de la violence d'ETA, écartant des raisons juridiques pour son illégalisation. Il a réaffirmé l'implication de sa formation dans le processus entamé par la gauche abertzale EA: «Se puede decir más alto, no más claro», El Correo, 8 février 2011.. Jon Abril, vice-coordinateur d'Aralar, a affirmé pour sa part que le rejet de la violence était une grande avancée et montrait sa position favorable à la légalité du nouveau parti Aralar defiende la legalización de su rival 'abertzale' más asentado, El País, 8 février 2011..

Ezker Batua, Alternativa, Nafarroa Bai et IUN-NEB se sont également montré favorables à la légalisation du nouveau partiLos partidos abertzales y EB creen que 'no hay razón para no admitir el nuevo partido', El Mundo, 7 février 2011. le coordinateur d'EB, Mikel Arana, a affirmé que si son illégalisation se produisait se serait une décision politique Arana (EB): Si el Gobierno impugna los estatutos será una decisión política, ADN, 8 février 2011..