Le canard d'Aylesbury est une race de canard domestique d'origine anglaise, élevée principalement pour sa viande. C'est un canard de grande taille, au plumage blanc, au bec rose et aux pieds et pattes orange. Il a un bréchet particulièrement développé et tient son corps bien parallèle au sol. Les origines précises de la race sont mal connues, mais l'élevage de canards est devenu populaire à Aylesbury, dans le Buckinghamshire, au cours du , alors que la demande en plumes blanches était de plus en plus importante pour approvisionner l'industrie des oreillers. Tout au long du , les canards de la région ont été sélectionnés sur leur taille, leur morphologie et leur couleur, pour donner la population que l'on connaît aujourd'hui comme le canard d'Aylesbury.

L'élevage de canards devient une industrie majeure dans les fermes de la région d'Aylesbury au . Les œufs fertilisés sont achetés dans le quartier de la ville appelé « », où les habitants élèvent les canetons dans leurs maisons. L'arrivée du chemin de fer à Aylesbury en 1839 permet de faciliter le transport vers Londres sans trop de frais et l'élevage du canard devient alors économiquement très intéressant. Dans les années 1860, l'industrie du canard commence à se développer dans les villes et villages à proximité d'Aylesbury, tandis qu'elle commence à décliner dans la ville elle-même.

En 1873, le canard de Pékin est introduit au Royaume-Uni. Quoique la viande de ce dernier soit moins savoureuse que celle du canard d'Aylesbury, il s'impose petit à petit du fait de sa rusticité et de la possibilité de l'élever à moindre coût. Plusieurs éleveurs utilisent dès lors le canard de Pékin ou des croisements entre canard de Pékin et canard d'Aylesbury. Au début du , la concurrence du canard de Pékin, la consanguinité, les maladies qui touchent les canards d'Aylesbury de race pure et le coût de plus en plus important de l'alimentation entraînent le déclin de son élevage.

La Seconde Guerre mondiale finit de porter préjudice à cette industrie, puisque seules quelques grandes fermes continuent à produire dans le Buckinghamshire, tandis que les petits producteurs sont anéantis. La corruption causée par la guerre met à mal cette industrie. Dans les années 1950 il reste un seul élevage majeur de canards d'Aylesbury dans le Buckinghamshire et, en 1966, le canard n'existe plus dans sa ville d'origine. Quoi qu'il n'existe plus qu'un seul élevage d'importance du canard d'Aylesbury au Royaume-Uni et que la race soit fortement menacée aux États-Unis, cet animal demeure un symbole de la ville éponyme et apparaît d'ailleurs sur son blason et sur le logo du club de football d'Aylesbury United.

Histoire Origine L'origine précise du canard d'Aylesbury est peu connue.. Avant le , les races de canards étaient rarement répertoriées en Angleterre, et le canard domestique que l'on trouvait alors dans les fermes était la forme domestiquée du canard colvert. On trouvait une grande variété de couleurs chez ces canards, et comme dans la nature on pouvait trouver des canards entièrement blancs. Ces derniers étaient particulièrement prisés, car leurs plumes étaient utilisées pour remplir les oreillers..

Au , la sélection de canards pour leur couleur blanche conduit à obtenir un canard domestique intégralement blanc aux caractères stabilisés, connu comme l'« English White ». Depuis au moins les années 1690, des canards sont élevés à Aylesbury., et l'English White devient très populaire dans cette ville et dans les villes environnantes.. En 1813, on écrit que « les canards constituent une importante matière première sur les marchés à Aylesbury et dans ses environs : ils sont blancs et tiennent cela d'une vieille race ; ils sont élevés et vendus par de pauvres gens et envoyés à Londres toutes les semaines ».. Les éleveurs de canards d'Aylesbury font tout ce qui est dans leurs moyens pour éviter que les canards ne perdent leur couleur blanche, les tenant à l'écart des eaux sales, des sols riches en fer et du soleil trop brillant, qui pourraient décolorer leurs précieuses plumes.. Au fil du temps, la sélection de ces canards sur leur taille et la couleur de leurs plumes conduit à obtenir une nouvelle race à partir du canard English White, le canard d'Aylesbury.

Développement à la fin du En 1845, le premier concours national de volailles se tient au zoo de Londres. Parmi les catégories de volailles représentées on trouve l'« Aylesbury ou autre variété blanche ». L'intérêt que porte la reine Victoria à l'élevage de volaille et la présence de volaille lors de l'exposition universelle de 1851 contribue à accroître la popularité de ces animaux. À partir de 1853 la Royal Agricultural Society et la Bath and West of England Society, les deux principales associations agricoles de l'époque, incluent des sections volailles dans leurs concours annuels. De plus petites exhibitions pour volailles se développent alors dans les campagnes..

Les éleveurs choisissent parmi les canetons éclos de mars à avril ceux qui sont le plus à même de concourir, et on leur donne une attention toute particulière. Leur alimentation va être particulièrement surveillée afin qu'ils atteignent un poids maximum, et sont autorisés à sortir dehors plusieurs heures par jour pour se maintenir en bonne condition physique. Avant le concours, on lave leurs pattes, leur bec est lissé avec du papier de verre et leurs plumes brossées avec de l'huile de lin. Tandis que la plupart des éleveurs donnent un repas sain avant le concours pour que les animaux soient calmes, certains les gavent avec des saucisses pour qu'ils soient le plus lourds possible.. Le canard d'Aylesbury est jugé sur sa taille, sa forme et sa couleur. Cela encourage à élever des canards les plus lourds possibles, avec des bréchets exagérés et une peau lâche. Au début du le canard d'Aylesbury diverge en deux lignées, une élevée pour les concours et une pour la viande.

Concurrence des canards de Pékin thumb|right|Le canard de Pékin ressemble fortement au canard d'Aylesbury, mais son bec est orange et sa posture est moins horizontale.|alt=Cinq canards blancs. En 1873, le canard de Pékin est pour la première fois introduit en Grande-Bretagne en provenance de Chine. En apparence, il semble dans un premier temps très similaire au canard d'Aylesbury, mais il s'en différencie par son bec et ses pattes orange, placées plus en arrière du corps et qui lui donnent une posture plus dressée.. Il est lui aussi entièrement blanc. Bien que sa viande ne soit pas aussi savoureuse pour les gourmets que celle du canard d'Aylesbury., le canard de Pékin est plus rustique, plus prolifique, s'engraisse plus rapidement. et fait à peu près que l'Aylesbury à neuf semaines.

Les canards d'Aylesbury deviennent quant à eux de plus en plus sujets à la consanguinité, ce qui se traduit par de moins en moins d’œufs fertiles et des canards plus sensibles aux maladies.. Les standards de concours tendent à orienter vers la recherche d'un bréchet sur-développé, même si cela ne plait pas aux acheteurs et aux consommateurs. Lors de ces concours, les juges sont admiratifs devant le long cou et la posture plus dressée du canard de Pékin, qu'ils préfèrent à la stature en forme de bateau de l'Aylesbury. Certains éleveurs de la région d'Aylesbury pratiquent dès lors des croisements entre leur canard et le canard de Pékin. Bien que la viande de ces canards croisés n'ait pas, aux dires des connaisseurs, la saveur de la viande d'Aylesbury pure, ils sont plus rustiques et moins chers à engraisser et s'imposent petit à petit sur les marchés.

Jusqu'au milieu du , l'élevage de canards était concentré dans le quartier de , mais à partir des années 1860 il se développe dans les villes et villages alentour, notamment à Weston Turville et Haddenham.. La forte contamination des sols par des années d'élevage de canards a conduit à la mise en place d'une nouvelle réglementation qui cause la fin de certaines pratiques traditionnelles. C'est pourquoi cette industrie décline petit à petit à , et dans les années 1890 la majorité des canards d'Aylesbury sont élevés dans des villages plutôt que dans la ville en elle-même. Les mouvements de population et le réseau de chemin de fer de plus en plus performant n'obligent plus les canards à être produits à proximité de Londres, et de grands élevages se développent dans le Lancashire, le Norfolk et le Lincolnshire. Quoique le nombre de canards élevés dans le pays continue à croître, entre 1890 et 1900 le nombre de canards élevés à Aylesbury reste stable et, à partir de 1900 il commence même à décliner.

Déclin thumb|left|La présence d'un canard d'Aylesbury sur cette planche d'encyclopédie de 1902 montre que cette race gardait une certaine importance au début du siècle. En 1908, le conte de Beatrix Potter Le conte de Sophie Canétang, racontant l'histoire d'un canard d'Aylesbury en Cumbria, redonne un certain intérêt à la race alors que celle-ci est en rapide déclin.. Les éleveurs de canards du Buckinghamshire ne sont pas parvenus à intégrer dans leurs élevages les technologies modernes qui se développent partout ailleurs comme la couveuse, et la consanguinité qui règne dans la race la fragilise fortement. Par ailleurs, le prix des aliments pour volaille a fortement augmenté au cours du , et en 1873 la compétition entre le canard d'Aylesbury et le canard de Pékin ou les croisements dans lequel ce dernier est impliqué se fait de plus en plus pressante et fait, petit à petit, disparaître le premier cité des marchés.

La Première Guerre mondiale voit disparaître les quelques élevages du Buckinghamshire. En effet le prix de la nourriture pour canards augmente de plus en plus tandis que la demande pour ce type de viande s'amenuise et la restructuration liée à la guerre met fin à l'avantageux système mis en place avec le chemin de fer.. À la fin de la guerre il n'y a plus de petits élevages de canard d'Aylesbury dans la ville éponyme, et seules quelques grandes structures continuent à l'élever.. Les pénuries de nourriture pour canards de la Seconde Guerre mondiale portent un nouveau coup à la race, et presque toutes les grandes fermes persistantes aux alentours d'Aylesbury disparaissent alors. Une campagne consacrée à la race a lieu en 1950 sous le nom « » pour lui redonner de l'attrait et éviter sa disparition, mais sans réel effet.. Ainsi, à la fin des années 1950 la plupart des grandes fermes de canards d'Aylesbury ont fermé, et on ne trouve plus qu'un seul cheptel d'importance à Chesham appartenant à Mr L. T. Waller. En 1966, on ne trouve plus aucun canard de cette race dans la ville d'Aylesbury.. La ferme de la famille Waller dans le Chesham reste alors la seule ferme en activité à utiliser le canard d'Aylesbury en race pure..

Le canard d'Aylesbury a été importé aux États-Unis à partir 1840, mais n'y est jamais devenu réellement populaire. En 2009, la race est déclarée menacée aux États-Unis par l'American Livestock Breeds Conservancy.

Description thumb|Lithographie représentant deux canards d'Aylesbury. Le canard d'Aylesbury est un canard de grande taille.. Son plumage est bien blanc, tandis que ses pattes sont orange. Ces dernières sont placées au milieu du corps, ce qui lui donne une stature horizontale, bien parallèle au sol.. Son cou est long et fin, de forme similaire à celui d'un cygne, et sa tête se termine par un bec long et rose.

Il faut vingt-huit jours d'incubation avant que l'œuf éclose.. Jusqu'à huit semaines après l'éclosion, quand vient le temps de leur première mue, on ne peut pratiquement pas distinguer les mâles des femelles. Après la mue, les mâles présentent deux ou trois plumes courbées au bout de la queue et leur cri est moins puissant. À l'âge d'un an, mâles et femelles atteignent un poids de respectivement 3,2 et , mais les mâles peuvent atteindre jusqu'à .