ICI Radio-Canada Télé (anciennement la Télévision de Radio-Canada) est un réseau de télévision publique canadien de langue française appartenant à la Société Radio-Canada. Elle diffuse partout au Canada, mais à cause de la concentration des francophones du pays au Québec, la très grande majorité de ses moyens de production et de son auditoire sont situés au Québec. Elle est identifiée à l'antenne et dans les médias comme « SRC » ou simplement « Radio-Canada » pour la distinguer de l'autre chaîne télé du groupe, le Réseau de l'information (ICI RDI), et de son réseau homologue de langue anglaise, CBC Television.

Le réseau a changé de nom en pour adopter Ici Radio-Canada Télé. Ce changement de nom s'inscrit dans la volonté du diffuseur public d'harmoniser le nom de ses plateformes de diffusions..

Histoire Dès sa fondation dans les années 1930, la SRC, en tant qu'organisme de radiodiffusion, s'est intéressée aux avancées technologiques en matière de télévision en Europe et aux États-Unis. Alors que ce nouveau médium prend un essor considérable aux États-Unis à partir de 1945, il devient clair que l'intérêt de la population canadienne pour la télévision n'ira qu'en s'intensifiant et la Commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, lettres et sciences au Canada (dirigée par Vincent Massey) formule en 1949 des recommandations qui mèneront à la mise en place d'un premier système de télédiffusion au Canada en 1952. Pour éviter les mêmes difficultés connues aux débuts de la radiodiffusion, le gouvernement décide dès lors de n'autoriser qu'une seule station à émettre par secteur géographique..

L'histoire de la télévision de Radio-Canada débute le « Les débuts de la télévision canadienne », Les 30 journées qui ont fait le Québec, Eurêka! Productions, , 2000., avec l'ouverture de la station CBFT-TV de Montréal, diffusant les programmes en français et en anglais. Une autre station, CBLT, ouvre à Toronto deux jours plus tard. La première station de télévision privée affiliée à la SRC est CKSO, située à Sudbury en Ontario, lancée en ..

Après 16 mois de cohabitation linguistique, critiquée tant par les anglophones que les francophones de Montréal, la station CBFT Montréal devient exclusivement francophone avec l'ouverture, le de la station CBMT, qui diffuse en anglais. Jusqu'à l'entrée en ondes de CBOFT à Ottawa, en , le réseau français de Radio-Canada ne diffuse qu'au Québec pendant les premières années de son existence. Outre la tête de réseau montréalaise, des stations privées affiliées rediffusent les émissions de CBFT-TV à Québec (CFCM-TV, ), à Rimouski (CJBR-TV, ), à Jonquière (CKRS-TV, ), et à Sherbrooke (CHLT-TV, ). En 1957, les stations du réseau rejoignent 80 % de la population québécoise.

Dans l'ensemble, la programmation des stations du réseau français est caractérisée par la prépondérance de la station de Montréal. Jusqu'en 1957, seulement trois courtes séries sont produites dans les centres régionaux. Ce centralisme est dénoncé à plusieurs reprises dans les régions de l'extérieur de Montréal. Malgré tout, une émission spéciale souligne le l'inauguration du réseau hertzien reliant le pays d'est en ouest (Terre-Neuve sera reliée une année plus tard). Les principales villes du pays auront droit à une station supplémentaire et, à partir de 1960, ce sera le cas partout ailleursSociété Radio-Canada, .

La télévision passe à la couleur le et le service entièrement en couleur démarre en 1974. Radio-Canada est le diffuseur hôte d'Expo 67 à Montréal.

Une nouvelle loi sur la radiodiffusion confirme en 1968 le mandat de Radio-Canada comme diffuseur pancanadien et crée le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) chargé de la réglementation et de l'attribution des permis d'émettre. Le CRTC exige en 1970 60 % de teneur canadienne à la télévision publique et privée. Une diffusion avancée des programmes est mise en place dans les provinces maritimes en raison du décalage horaire.

En 1973, Radio-Canada inaugure sa Maison à Montréal et adopte l'année suivante un nouvel emblème représentant le « C » du mot Canada. En 1978, elle devient le premier diffuseur au monde à utiliser un satellite pour diffuser ses programmes télévisés, couvrant le Canada de l'est à l'ouest.

La Société Radio-Canada adhère en 1985 avec d'autres diffuseurs canadiens au service mondial de télévision francophone TV5.

Le , Radio-Canada inaugure sa chaîne francophone d'information en continu, le Réseau de l'information (ICI RDI). Le Centre de l'information à Montréal, un complexe ultramoderne destiné à la collecte de nouvelles et à la production d'émissions d'information pour la Télévision de Radio-Canada et le ICI RDI sont inaugurés en 2001.

Après l'annonce du budget fédéral du Canada le qui coupe 115 millions (soit environ 10 %) au budget de la Société Radio-Canada d'ici à 2014-2015, dont 27,8 million en 2012 et 41.8 million en 2013., la Société a préparé un plan le qui a prévu la coupure de 650 emplois., la mise en ondes télévisuelle et radio sera centralisée à Toronto et Montréal, il y aura une réduction sur le nombre de séries originales canadiennes, la chaîne spécialisée bold sera vendue, de la publicité sera ajoutée sur CBC Radio 2 et Espace Musique, le service radio par ondes courtes de Radio Canada International sera fermé, ainsi que la fermeture massive des 620 émetteurs analogiques de télévision. pour le que le CRTC a approuvé. le .

Identité corporative Nom En , la direction francophone annonce la modernisation de l'identité de ses plateformes médiatiques, qui seront regroupées sous l'appellation « ICI » : ICI Première, ICI Télé, ICI ARTV, etc., en référence à ses grands présentateurs, surtout à la radio, qui ont comme tradition de terminer leurs interventions en déclarant « Ici Radio-Canada ». Le diffuseur faisait entre autres valoir que le nom « Radio-Canada » était jugé trop conservateur et que le public n'associait pas nécessairement ses composantes telles que ARTV ou Explora à la marque radio-canadienne.. Devant la controverse (qui atteint même la Chambre des communes à Ottawa), la SRC, dont le nom n'était pas visé par ce changement, corrige le tir et fait un compromis en nommant finalement ses plateformes Ici Radio-Canada (Première, Télé, etc.) », mais en conservant le concept initial sur les logos.. Au bout du compte, l'opération aura couté au minimum en frais internes et en factures de consultants..

Slogans 1966-1973 : Regardez bien, regardez Radio Canada 1973 : La Télévision de Radio Canada est à votre image 1973-1979 : Partout pour nous, Radio Canada est La 1977 : …Et ça continue ( Anniversaire) 1979-1980 : Faut voir ça 1980-1981 : Je choisis Radio Canada 1981-1982 : Radio Canada d'abord 1982-1983 : Soyez au poste 1983-1985 : Vous méritez ce qu'il y a de mieux 1985 : La Télévision de l'heure 1989-1993 : Pour vous avant tout 1993-1995 : Le Réseau national 1995-2005 : Ici Radio Canada 2005-2006 : Vous allez voir 2006-2007 : Ici comme dans la vie 2007-2008 : On l'aime déjà 2008-2009 : Bienvenue à Radio Canada 2009 : Mon monde est à Radio Canada 2013 : Tout est possible 2014-2016 : Ici Radio Canada Télé, c'est ma télé depuis 2016 : Pour toute la vie Ici Radio Canada Télé

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Organisation

ICI Radio-Canada Télé est détenue à 100 % par la Société Radio-Canada. Son siège social pour tout le Canada, la Maison de Radio-Canada, est situé à Montréal (au 1400, boulevard René-Lévesque Est), au Québec.

Direction Vice-présidence de la télévision française Michèle Fortin : – 2002.

Direction des programmes Michèle Fortin : date inconnue – Charles Ohayon : – date inconnue.

Programmation

Le réseau a toujours été considéré comme étant plus populaire que sa contrepartie anglophone, CBC Television ., du fait qu'il ne subit pas la concurrence immense des réseaux américains. Malgré cela, le réseau a été surpassé par TVA en termes de cotes d'écoute la plupart de ces 30 dernières années.. Ce n'est que récemment que la télévision de Radio-Canada est revenue plus proche de son concurrent, avec une toute nouvelle grille incluant des sitcoms, et le talk-show Tout le monde en parle..

Années 1950 Dans ses premières années d'existence, la télévision de Radio-Canada produit elle-même la presque totalité des émissions qu'elle met à l'antenne, le plus souvent en direct. L'historien des communications Gérard Laurence de l'Université Laval explique que cette « autarcie » un peu forcée imposant aux émissions une facture bien particulière :

Même si les contraintes techniques (langue des programmes, rareté de la post-synchronisation) ont joué un rôle dans le développement d'une télévision originale et propre au Québec, cette différence a semblé être encouragée par la direction dans les années 1950, ajoute le professeur Laurence. Ainsi, les responsables interdisent aux réalisateurs nouvellement engagés d'aller aux États-Unis, afin d'empêcher qu'ils ne s'inspirent des méthodes américaines.

La télévision de Radio-Canada a joué un rôle majeur dans le développement du téléroman, un genre dramatique proche du feuilleton télévisé, mais avec des particularités spécifiques au Québec. Selon l'anthropologue Jean-Pierre Desaulniers de l'Université du Québec à Montréal, le genre s'est ancré dans la culture québécoise dès La Famille Plouffe — le premier téléroman populaire diffusé à l'antenne de Radio-Canada —, entre 1953 à 1957.

Desaulniers énumère deux grandes constantes dans le genre qui tirent leurs origines des œuvres dramatiques diffusées à la télévision de Radio-Canada pendant ses premières années d'existence : il y a d'abord « l'identification », car les personnages ont des noms familiers, leurs vies et leurs métiers ressemblent à ceux de l'auditoire. Ensuite, beaucoup de dramatiques, à l'instar du Survenant — diffusée de 1954 à 1960 —, exploitent le thème du nomade qui ne parvient pas à se sédentariser.

La diffusion d'émissions sportives trouve rapidement une place dans la grille horaire. Le , René Lecavalier décrit pour la première fois à la télévision la troisième période du match de hockey opposant les Canadiens de Montréal et les Red Wings de Détroit en direct du Forum de Montréal. La Soirée du hockey et la Soirée de lutte, animée par l'annonceur Michel Normandin, comptaient alors parmi les émissions les plus populaires et ont fait beaucoup pour mousser les ventes de téléviseurs à Montréal.

Bien qu'elles ne constituent que 5 % des programmes au cours des premières années, les émissions d'affaires publiques vont prendre de l'importance dans la programmation. La première émission du genre est Conférence de presse, diffusée pour la première fois le , suivie de Le fond de votre pensée en 1954. C'est toutefois avec l'émission Carrefour, diffusée du lundi au vendredi à 18 h 45, que le format magazine prend une forme plus télévisuelle. De trois à six sujets sont traités chaque soir par le biais de reportages tournée en film ou par des interviews en studio. L'émission est saluée par la critique et attire 56 % des foyers équipés de télévision au printemps 1956.

La couverture des grandes questions internationales trouve une place dans la grille horaire à compter du avec la première diffusion du magazine Point de mire, animé par René Lévesque. Diffusée les dimanches soir à , l'émission prend la forme d'un exposé didactique avec un tableau et une craie, d'une interview, d'un reportage filmé ou d'une combinaison dans lequel l'animateur tente de vulgariser un enjeu d'actualité. L'émission sera diffusée jusqu'en 1959 et marquera la consécration de Lévesque.