Nilla Pizzi, née Adionilla Pizzi (née le à Sant'Agata Bolognese, en Émilie-Romagne – morte à Segrate, Milan, à l'âge de ), est une chanteuse et actrice italienne.
Elle a été la première lauréate du Festival de Sanremo en 1951 avec Grazie dei Fior. L’année suivante, elle a même atteint les première, deuxième et troisième places (Vola colomba, Papaveri e papere, Una donna prega). Durant sa carrière, elle a participé à dix éditions du Festival de San Remo, présentant sept fois dans la course , deux fois comme invitée et une en tant que présentatrice. Elle a gagné deux premières places, quatre deuxièmes places, deux troisièmes places, tout un podium, et deux prix pour sa carrière.
Elle a été principalement active du milieu des années 1940 à la fin des années 1960.
Biographie Les débuts Fille aînée d’Angelo, agriculteur et également cantonnier municipal, et de Maria, couturière à domicile, Nilla Pizzi avait deux sœurs cadettes, Liliana et Denisa, qui ont par la suite créé un atelier de tricot très populaire alentour. Le hasard lui a donné un nom de baptême erroné à la suite d'une erreur de transcription sur le registre d’état civil, car elle aurait dû s’appeler Dionilla, pour plaire à sa grand-mère Paolo Ruggieri, Canzoni italiane, Fabbri Editori, 1994, , .. Le nom de famille Negrini est très couramment attribué à son état civil réel, ce qu’elle considère elle-même comme le fruit d’une inexplicable légende urbaine.
Après avoir suivi des cours de formation professionnelle, elle est employée d’abord comme petite main dans la couture, puis à la boulangerie militaire de Casaralta puis enfin comme vérificatrice de postes de radio chez Ducati à Bologne. Même avant d’entrer dans le monde de la chanson, Nilla Pizzi se fait déjà remarquer dans le milieu des concours de beauté qui, dans la fin des années 1930, commençaient à faire leur apparition. Elle a participé au concours (« Cinq mille lires pour un sourire »), créé en 1939. par le peintre et graphiste publicitaire Dino Villani, concours qui était en quelque sorte le précurseur de la future manifestation Miss Italie (qui a pris de l’ampleur après la guerre). Mais le soir du , juste à dix-neuf ans, elle débutait dans un spectacle pour les soldats du d’infanterie de Bologne, organisé pour la fête des Forces armées.
Le , elle épouse Guido Pizzi, un jeune manœuvre du bâtiment qui, bien que portant le même nom de famille, très répandu dans la région, n’est pas un parent. Quelques jours après le mariage, son mari est appelé aux armes et le couple se séparera définitivement. Aussi en 1940, grâce à l’appui d’un oncle officier de l’armée, elle commence à jouer dans les spectacles organisés pour les Forces armées, devenant même la mascotte du d’infanterie de Bologne. Nilla Pizzi gagne en 1942, devant dix mille concurrents, un concours de nouvelles voix organisées par EIAR (la future RAI — Radio et télévision italienne), en interprétant les chansons Tu musica divina, le succès d’Alberto Rabagliati et Domani, non m’aspettar, déjà cheval de bataille d’Oscar Carboni. Elle commence à jouer avec l’orchestre Zeme, débutant à la radio, et dans la même année, interprétant la mélodie Casetta fra le rose, composée par Guido Cergoli.
Passée dans l’orchestre de Cinico Angelini, le , elle enregistre son premier album pour les disques Parlophone, en duo avec Bruna Rattani dans Valzer di primavera et d’accompagner Elsa Peyrone dans Ronda solitaria. Le vient enfin sa première chanson solo : Alba della vita (ce que, cependant, Nilla Pizzi a toujours nié avoir chanté, prétextant qu’il s’agissait d’une erreur d’étiquette de ParlophoneB.G. Lingua, Le canzoni dei ricordi: 1944-1945, Fonit Cetra, LCR 3012, 1979Enzo Giannelli, Tutti i pezzi della Pizzi, pubblicato su Raro! , mai-juin 1988, .. Elle est écartée de la radio après un avis défavorable émis par le chef Tito Petralia au printemps 1944, à cause de sa voix considérée trop sensuelle et exotique par le régime fasciste. Durant la période 1945-1946, elle tourne dans les théâtres et les salles de danse dans toute l’Italie, à la suite de l’orchestre de Cinico Angelini, avec qui elle a eu entre-temps aussi une liaison amoureuse. Elle chante aussi avec l’orchestre Gimelli et celui de la Salle Gay de Turin.
Elle revient régulièrement à la radio en 1946, avec un contrat discographique qui la lie à Cetra, dénoncé par La Voce del Padrone (La Voix de son Maître), qui revendique un contrat antérieur. Nilla Pizzi est contrainte de frauder en utilisant certains pseudonymes tels que Isa Marletti, Ilda Tulli, Conchita Velez, Carmen Isa ; certains disques ne comportent même aucune indication et elle y figure en tant qu’anonyme. Tout cela va durer jusqu’en 1949, année où Nilla Pizzi va enfin pouvoir utiliser à nouveau son propre nom. Malgré ces tracas, dans l’intervalle, elle parvient néanmoins a devenir très populaire, largement acclamée avec le lancement des titres comme Chico chico, Caè Caè (tous deux en duo avec Tony Stella), Ho lasciato il paese del cuore, Tchiou Tchiou, Oh papà!, Cocoricò (l’une des premières compositions de Renato Carosone, sur un texte de Giovanni d’Anzi, qu’il signe Notorious), Maria de Bahia (avec Alfredo Clerici et Clara Jaione), Donde vien, donde vas ? (avec le Duo Fasano), La ultima noche, Dopo di te, O mama mama, Vivere baciandoti, È troppo tardi, Cantando, Ancora, La raspa, Acercate mas, Quizas quizas quizas, Samba del tranvay.
Dans la période 1948-1950, les tendances et les goûts du public changent, du fait de l’émergence du style latino-américain imposé à Hollywood par Xavier Cugat et Carmen Miranda, et ensuite propagé au travers de chansons italiennes et françaises aux rythmes de samba, de rumba, de baión, de calypso et de cha-cha-cha. Nilla Pizzi savait aussi comment jongler avec des chansons joyeuses grâce à une interprétation ironique. Aussi célèbre sont ses duos, avec son compatriote Luciano Benevene (avec qui elle concocte une histoire d’amour tumultueuse), allant de chansons comme Bongo Bongo, Che si fa con le fanciulle ? jusqu’à la très réussie Avanti e indrè.
Les années 1950 : les victoires à San Remo thumb|Domenico Modugno, Nilla Pizzi et Johnny Dorelli à San Remo en 1958. vignette|Le Théâtre Ariston à Sanremo. En 1950, Nilla Pizzi interprète de nombreuses compositions qui sont révélées immédiatement autant de succès comme Ciliegi rosa (Cerisier rose et pommier blanc d’André Claveau), Che bel fiulin, Nulla, écrite pour elle par Casasco, contrebassiste de l’orchestre Angelini, Italia mia, Quiereme mucho. En 1951, elle remporte le premier Festival de Sanremo avec Grazie dei fior finit également deuxième avec La luna si veste d’argento, chantée en duo avec Achille Togliani, Grazie dei fior se vendra à 36 000 exemplaires en 78 tours, vrai record pour l’époque.
L’année suivante, elle triomphe de nouveau au Festival de Sanremo en occupant tout le podium (premier, deuxième et troisième prix, respectivement) avec Vola colomba, Papaveri e papere et Una donna prega, un record qui reste encore inégalé par tout autre chanteur. Luca Goldoni décrit Nilla Pizzi dans un article comme « la reine de la chanson italienne », un titre qui restera dans l’histoire. Ses chansons marquent une époque : Vola colomba accompagne le retour de Trieste en Italie tandis Papaveri e papere, se vend à , a été traduite en quarante langues, fait le tour du monde et a inspire également le titre d’un film avec Walter Chiari. Elle en enregistre une version historique avec le ténor Beniamino Gigli.
En 1952, démarre le Festival de Naples, que Nilla Pizzi gagne avec Desiderio’e sole en duo avec Franco Ricci, remportant également la troisième place avec Margellina, chantée avec Sergio Bruni. Au Festival de San Remo 1953 elle sera classée « seulement » deuxième avec Campanaro interprétée en duo avec Teddy Reno. Mais elle va immédiatement revenir en force avec d’autres enregistrements qui confirment son énorme succès : Me voy pa’l pueblo, Anema e core, El marinerito, Stelle e lacrime, Inganno, Malasierra (chanson au texte soigné), Padam Padam (adaptation de la célèbre chanson d’Édith Piaf), Non è la pioggia, Chérie, Mandolino napoletano, Duska (Douchka, interprétée en France par Anny Gould, Patrice et Mario...), O ciucciariello, Mondina, Eternamente, Canzone appassionata, Statte vicino a me.
Pendant ce temps Nilla Pizzi alimente les colonnes de la presse à sensation au sujet de sa relation amoureuse avec le chanteur Gino Latilla, avec qui elle chante en duo dans de nombreuses chansons célèbres comme Colpa del bajon, Col tricche-ballacche El bajon, Amico tango Volevo dir di no. Remplacée par Vittoria Mongardi au Festival de San Remo de 1954, affectée par la tentative de suicide de Gino Latilla (après qu’elle l’ait délaissé), elle a décidé de changer de maison de disques, s’amincit et se teint en blonde. Elle devient l’actrice vedette dans plusieurs films musicaux comme Une fille formidable (Ci troviamo in galleria) de Mauro Bolognini (où elle donne la réplique à Carlo Dapporto et Sophia Loren), et Canzone appassionata de Giorgio Simonelli ou encore la comédie musicale franco-italienne La Route du bonheur (Saluti e baci) de Maurice Labro et Giorgio Simonelli. Elle y interprète son propre rôle aux côtés d’artistes et célébrités essentiellement français et italiens tels qu'André Claveau, Juliette Gréco, Georges Guétary, Gino Latilla, Luis Mariano, Yves Montand, Roberto Murolo, Line Renaud, Teddy Reno, Georges Ulmer…
Ses admirateurs fondent en son honneur à Turin, le premier fan-club dans l’histoire de la chanson italienne, appelé Il salottino di Nilla. Ils sont aussi à l’origine de la mode des fac-similés « cartoNille » de cartes postales portant l’inscription « cartonilla postale » au verso, et diverses photos de Nilla Pizzi placées au recto, que ses fans utilisaient pour échanger des vœux de Noël ou des avis sur ses concerts. En 1954, elle lance à Piedigrotta, sous les étoiles d’Anacapri, le fameux Luna Caprese, bissé huit fois ; tout au long du mois de mai, elle salue les auditeurs de radio avec la chanson O mese d'e rrose. L’année suivante, elle participe avec Teddy Reno et Alberto Talegalli au magazine musical radiophonique Rosso e nero de Corrado, obtenant un ample succès.
Puis elle effectue une tournée couronnée de succès en Amérique, participe à de multiples émissions de radio et de télévision, enregistre plusieurs disques et triomphe avec la chanson Croce di oro ; le Progresso Italo-Americano de New York écrit que le titre de « Reine de la chanson italienne » n’est pas un coup de publicité, mais bien mérité par Nilla Pizzi. En 1957, elle remporte le Festival de Velletri avec Dicembre m'ha portato una canzone en duo avec Nunzio Gallo ; elle remporte des victoires simultanées au Festival de la nouvelle chanson sicilienne avec Sicilia bedda. Elle embarque avec Paolo Bacilieri pour une tournée en Russie, d’où elle rapportera en Italie, les chansons Kira et Podmoskovnye Večeřa (connu en Italie sous le nom de mezzanotte in Mosca (Midnight in Moscow), enregistrée avec le Roman New Orleans Jazz Band de Carlo Loffredo. Dans la même année, elle épouse secrètement à Acapulco, le guitariste Charles Havens, dont elle se séparera quelques mois plus tard.
En 1958, elle revient au Festival de San Remo où elle se place en deuxième et troisième place, respectivement, avec L’edera, reprise en français, en 1964, par les Chats SauvagesLes Chats Sauvages (avec Mike Shannon) Pathé – EG 795 – 45 tours, 17 cm, EP – 1964
Face A1 : Merci (L’edera) (Constantly) (P. Havet - P. Delanoë - S. Seracini).