thumb|Carte de l'Aunis au XVIIIème siècle. L'île d'Oléron, relevant historiquement de la Saintonge, y est alors intégrée. LAunis est une région naturelle, assez fortement individualisée, située dans le nord-ouest du département de la Charente-Maritime.

Région aux paysages naturels diversifiés avec sa large plaine beaucifiée, ses vastes marais au nord et au sud, sa forêt de feuillus, survivance d'une antique hêtraie, elle est avant tout une région littorale où sont aujourd'hui concentrés les habitants, les villes et les activités économiques.

Géographie physique

Le cadre géographique

Cette région naturelle, d’environ Les services officiels de la Direction de l'Agriculture de la Charente-Maritime donnent pour la région agricole de l'Aunis une superficie totale de , incluant l'île de Ré et recouvrant 70 communes. En cumulant les superficies du Pays d'Aunis et de la CDA de La Rochelle, la surface est alors de , mais, dans ce cadre, la région de l'Aunis inclut les communes comprises dans le marais poitevin et dans le marais de Rochefort. La surface exprimée dans le résumé correspond à la superficie de la région agricole de l'Aunis, excepté l'île de Ré, soit alors , se caractérise par de faibles altitudes, qui s’inclinent doucement d’est en ouest, de , collines à l'est de Surgères, à , promontoire de La Pallice, au droit de l'océan, l’altimétrie moyenne de la plaine étant de environ. C'est que l'Aunis est d'abord et avant tout une région littorale qui est bordée à l’ouest par l’océan Atlantique.

Son littoral se distingue, soit par de hautes falaises calcaires (falaises d'Esnandes, de Marsilly, de L'Houmeau, promontoire de La Pallice et môle de Chef-de-Baie à La Rochelle, Pointe du Chay à Angoulins-sur-Mer, Pointe des Boucholeurs à Châtelaillon-Plage), soit par des côtes basses, quelques-unes étant marécageuses (marais de Voutron et d’Angoulins), d'autres sablonneuses (plages d’Aytré, d'Angoulins, de Châtelaillon-Plage, mince cordon dunaire entre Angoulins et Châtelaillon-Plage à Saint-Jean-des-Sables). thumb|Le littoral nord de l'Aunis à Esnandes Le littoral nord de l'Aunis est bordé par le pertuis Breton, petite mer intérieure qui sépare l'ile de Ré des côtes de la Vendée. Trois caps calcaires s'avancent doucement dans l'océan, entre Esnandes et le grand port maritime de La Pallice ; du nord au sud, se trouvent la pointe Saint-Clément, la pointe du Plomb et la pointe de Chef-de-Baie.

Au sud de La Rochelle se trouve le pertuis d'Antioche, qui sépare l'île de Ré de l'île d'Oléron, et qui correspond à un véritable détroit autant qu'à une petite mer intérieure. Le trait de côte, au sud de La Rochelle, fait également apparaitre des promontoires calcaires (pointe des Minimes, pointe de Roux, pointe du Chay). thumb|left|La pointe du Chay à Angoulins-sur-Mer, un lieu très prisé des géologues Concernant ce dernier cap, il est le plus remarquable, ressemblant davantage à un promontoire, une sorte de presqu'île, dont la richesse géologique fait un lieu d'étude très couru des géologues.

Enfin, face à Châtelaillon-Plage, se situe la Rade des Basques, qui la sépare de l'île d'AixVoir la carte Michelin 324.

Cette plaine correspond à une sorte de presqu'île effilée enserrée entre deux vastes marais, le marais poitevin au nord et le marais de Rochefort au sud et qui s'avance vers l'ouest, en direction de l'océan Atlantique face à l'île de Ré.

Géologie et sols

L'Aunis est une plaine calcaire du Jurassique, caractérisée par un relief faiblement vallonné, où aucune vallée n'est encaissée, et dont les altitudes baissent régulièrement vers le littoral. Seule, l'Île de Ré lui répond par les mêmes assises géologiques du Jurassique et par les mêmes types de sols. Cette table calcaire, sorte de promontoire de forme triangulaire qui s'avance vers le Golfe de Gascogne, forme l'extrémité septentrionale du Bassin aquitain.

Seuls, l'anticlinal de la Forêt de Benon et les collines de la bordure orientale qui se prolongent en Basse Saintonge viennent rompre la monotonie et l'horizontalité de la plaine.

thumb|Les falaises de calcaire au nord et au sud de La Rochelle datent du Jurassique supérieur. Le sous-sol de l'Aunis présente cinq strates géologiques dont l'âge diminue en allant du nord vers le sud de la région. Les affleurements de calcaires et de marnes du Rauracien, les plus anciens, en bordure du marais poitevin, se découvrent en une bande étroite de terrain d'Esnandes à Courçon. L'étage du Kimméridgien, apparaissant à l'extrême-sud, comprend le marais de Rochefort et le marais de la Petite Flandre.

Entre ces deux affleurements du Jurassique supérieur domine très largement la strate du Séquanien en Aunis. De l'île de Ré jusqu'aux confins orientaux de l'Aunis, en bordure du bas-plateau de la Saintonge du Nord, des bancs de calcaires riches en argiles, appelés localement groies, donnent des sols particulièrement fertiles. Ceux-ci sont à l'origine de la réputation agricole de l’Aunis qui passe pour une riche terre céréalière. Cette région de champs ouverts, de type openfield, a développé un paysage de « petite Beauce ».

Cependant, la monotonie de son paysage est rompue dans sa bordure orientale, au-delà de Surgères, où le relief devient plus vallonné par la présence de petites collines dont les altitudes s'élèvent jusqu'à et même , sur une petite butte à l'est de Surgères. Ces terres riches en calcaires et en argiles, qui annoncent déjà par ses paysages ceux du bas-plateau saintongeais, sont maintenant de riches terroirs à céréales cultivés sur de grands champs ouverts et succèdent aux anciennes prairies artificielles vouées à l'élevage laitier.

Dans les zones évidées, situées au contact immédiat de cette plaine au relief à peine marqué, de grands marais d'eau douce et salée se sont formés. Ces derniers correspondent aux anciens golfes marins, comblés par des sédiments d'origine marine ou fluviatile, issus de la dernière transgression flandrienne. Le bri qui est l'argile locale de ces terres de marais est le dépôt superficiel formé par des alluvions récentes du Quaternaire. Les marais ont été patiemment asséchés, depuis le Moyen Âge, par l'homme. Ils sont présents au nord, avec le Marais poitevin desséché, au centre, avec les vallées du Curé et de son affluent principal le Virson et dans sa partie orientale avec la vallée du Mignon, tandis qu'au sud se sont formés sur une surface cumulée de le Marais de Rochefort et le Marais de la Petite Flandre, asséchés depuis le début du Roger BETEILLE et Jean SOUMAGNE, La Charente-Maritime aujourd'hui : milieu, économie, aménagement, publication de l'Université Francophone d'Été, 1987, . Ils constituent d'importantes réserves d'eau douce, primordiales pour le maintien des activités agricoles et conchylicoles du nord du département.

Le réseau hydrographique

L'Aunis est délimitée par deux fleuves côtiers importants, la Sèvre niortaise au nord, et la Charente, au sud.

thumb|left|Les quais de Marans, petite cité fluviale sur les rives de la Sèvre niortaise. La Sèvre niortaise entre en Charente-Maritime tout au nord du département et sert pendant une partie de son trajet de délimitation naturelle avec le département voisin de la Vendée. Après son entrée dans la commune de La Ronde, elle roule ses eaux abondantes dans une vallée basse et sinueuse dans les communes Taugon et de Saint-Jean-de-Liversay avant d'arroser Marans, ancien port de commerce fluvial reconverti en port de plaisance. En aval de Marans, le cours du fleuve devient particulièrement sinueux et paresse dans les nombreux méandres de son estuaire. Le fleuve côtier débouche sur la baie de l'Aiguillon à Charron, actif port mytilicole implanté sur sa rive gauche et à son embouchure.

À l'est, l'Aunis est limité par la vallée du Mignon, principal affluent de rive gauche de la Sèvre niortaise, et qui sert de délimitation naturelle avec le département des Deux-Sèvres, tandis qu'au sud-est les collines de Saintonge du Nord ferment la province et s'étendent sur des alignements mal définis au-delà de Marsais et de Saint-Mard.

C'est dans cette dernière commune que la Gères prend sa source et après un parcours vers l'ouest, arrose Surgères, puis oblique vers le sud en direction de la Devise avec laquelle elle conflue avant de rejoindre par un cours canalisé la Charente en aval de Rochefort. Le sud-est et le sud de l'Aunis sont le domaine du vaste Marais de Rochefort qui inclut le Marais de la Petite Flandre et sont striés par un important réseau de canaux collecteurs dont les plus importants sont d'est en ouest le Canal de Génouillé, le Canal Saint-Louis, le Canal de la Daurade, le Canal de Charras où ce dernier est le troisième du département par sa longueur.

Au centre de la plaine de l'Aunis, la vallée du Curé, qui se jette dans l'Anse de l'Aiguillon, au nord d'Esnandes, sépare l’Aunis du Marais poitevin, après un parcours de . Ce petit fleuve côtier naît au village éponyme de Curé, dans la commune de Saint-Georges-du-Bois, au nord de Surgères, et est grossi, sur sa rive gauche, des eaux du Virson, ruisseau qui prend sa source dans le lac de Frace, au nord-est d'Aigrefeuille d'Aunis. Ces petits cours d'eau constituent d'importantes ressources par leur apport en eau douce pour la mytiliculture en baie de l'Aiguillon autant que pour l'irrigation mais la plupart du temps connaissent de gros problèmes d'assèchement de leur cours lors des périodes de grande sécheresse.

Au sud de l'Aunis, la Charente a longtemps servi de délimitation naturelle avec l'ancienne province de la Saintonge. Avant son embouchure face aux îles d'Aix et Madame, ce fleuve écoule ses eaux dans de vastes méandres depuis Tonnay-Charente où commence l'estuaire. Il arrose Rochefort qui, comme la ville voisine de Tonnay-Charente, est entièrement édifiée sur la rive droite de la Charente. Ces deux villes riveraines du fleuve sont nées pour et avec la Charente et sont encore aujourd'hui d'actifs ports de commerce dont le trafic fluvial avoisine le million de tonnes annuel. thumb|Le Canal maritime de Marans à la mer est l'unique canal en activité en Aunis. L'Aunis est également pourvu d'un réseau de canaux qui strient de part en part les marais littoraux et qui ont pour fonction principale de drainer ces vastes espaces humides dont la superficie totale est d'environ dont sont occupés par le Marais poitevin au nord et par le Marais de Rochefort au sud. Le principal canal situé dans le Marais poitevin est le Canal de Marans à La Rochelle qui est également le plus long collecteur en Aunis. Il a longtemps été navigable avant d'être déclassé. Ce dernier croise à Andilly le Canal du Curé dont le cours du fleuve est canalisé depuis Anais. La Sèvre niortaise est dédoublée dans sa partie aval par le Canal maritime de Marans à la mer afin de raccourcir le trajet des bateaux depuis le site portuaire de Marans jusqu'à l'embouchure du fleuve. Ce canal est l'unique voie toujours ouverte à la navigation en Charente-Maritime. Enfin, le Canal du Mignon rejoint la Sèvre niortaise à l'intersection de trois départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée).

À la nette différence du Marais poitevin, le marais de Rochefort et celui de la Petite Flandre possèdent de nombreux canaux qui n'ont jamais servi à la navigation ; le plus long d'entre eux qui d'ailleurs occupe le troisième rang en Charente-Maritime, le canal de Charras, est un collecteur servant à drainer le marais de Rochefort.

La couverture forestière

À l'est de l'Aunis et près du département des Deux-Sèvres, un dôme allongé dont les hauteurs vont jusqu'à , porte la Forêt de Benon où le calcaire perméable en hiver mais sec en été est le domaine privilégié des feuillus et succède à une antique hêtraie.