Jean Adrien Mercier, né le à AngersAu 12, rue Menage., mort le à Sainte-Gemmes-sur-LoireÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970. au château de Châteaubriant, est un peintre, affichiste et illustrateur français.

Biographie Origine familiale Jean-Adrien Mercier est le fils de Maurice Mercier et de Geneviève Catherine Cointreau.

Son père Maurice MercierIl est né en 1873, il a étudié à l'École régionale des beaux-arts d'Angers. Il aimait peindre, dessiner, et avait participé aux expositions des Amis des Arts. Il travaillait comme maitre-verrier dans l'atelier que lui avait acheté son père, à Angers, rue Paul Bert. Il participait également à l'animation musicale d'Angers, où il s'était occupé de la Société des Concerts Populaires. Jean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.12, 13. est peintre verrier. Sa mère est la descendante d'Edouard Cointreau, qui en 1849 avait exploité la recette du guignolet, et fille d'Edouard Cointreau, l'inventeur du Triple sec CointreauJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.12..

Maurice Mercier disparait brutalement le d'une typhoïde soudaine. Il avait à son actif plusieurs réalisations notables : des vitraux à l'église Notre-Dame-des-Victoires d'Angers, ainsi que plusieurs dans diverses églises et châteaux de la région Angevine, ainsi que les verrières de la cathédrale Saint-Joseph de Hanoï. Il aimait également peindre à l'huile et à l'aquarelle sur le motifJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.14..

Études artistiques À l'instar de son père, Jean-Adrien débute très tôt la peinture à l'huile et l'aquarelle, tout en suivant ses études au lycée David d'Angers : Petit-Lycée dès 1906, puis Lycée à partir de 1910. Il fit la connaissance de Géo Ham, qui il deviendra le guide et le conseiller.

À l'été 1914, il part avec son frère JacquesFrère cadet de deux ans. Il est incorporé en Écosse dans le corps de la préparation militaire, et donc autorisé par la suite à porter le kilt. en vacances dans une famille d'Écosse. Surpris par la déclaration de la Première guerre mondiale, ils continuèrent leurs études à la Royal Scottish Academy d'EdimbourgJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.15.. Rentré en France en 1915, il poursuit sa scolarité à Paris : école Pascal comme pensionnaire, puis lycée Janson-de-Sailly où il obtient son baccalauréat en 1917.

En 1918, il effectue son service militaire à Nantes, puis à Paris. Après son temps légal, il est mobilisé quelques mois comme dessinateur au service de santé du Fort de Vanves, où il est spécialisé dans le dessin et la fabrication de membres de bois pour les infirmes de la Grande Guerre.

De retour à la vie civile, démobilisé en 1920, il décide, avec le soutien de sa mèreQui venait de se remarier avec le général Henri Coullaud, médecin principal de l'armée. Le couple a un fils en 1920 : Denis Coullaud. de continuer sa formation artistique en rejoignant l'École régionale des beaux-arts d'Angers sous la direction de Charles Berjole. Grâce à ce dernier, il faut connaissance du peintre Armand Guillaumin, avec qui il réalise dans la Creuse ses premières toiles. A cette époque, il se lie aussi d'amitié avec Constant Le Breton.

Il rejoint en 1921 sa mère à Paris, dans l'ancien appartement de Marcel Proust8 bis, rue Lauret Pichat. où la famille s'est installée. Il entre ensuite sous le conseil de Jean-Gabriel Domergue en 1921 à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

L'école est alors dirigée par Eugène Morand, et il a comme professeurs Adrien Bruneau, Paul Renouard, Raymond Legueult. Il complète sa formation à l'Ecole Estienne en cours du soir, pour la gravure sur bois, et perfectionne sa pratique de la lithographie avec Bernard NaudinJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.16.. Il s'initie à la pointe sèche et à l'eau-forte à l'imprimerie de la Tradition.

Il continue aussi de peindre, en menant toute sa vie en parallèle une carrière de peintreIl va peindre les paysages de l'Anjou, sa propriété familiale, des membres de sa famille, les paysages de bords de mer.. Il a aussi la chance de connaître à cette époque les illustrateurs de mode avec le couturier Paul Poiret : Charles Martin, André Édouard Marty, Georges Barbier, Benito, Pierre Brissaud, et Georges Lepape qu’il admire particulièrement.

Premières réalisations Après trois ans d'études et sa sortie de l’École des arts décoratifs en 1923Il est second prix., les commandes affluent.

Il effectue ses premières affiches lithographiques pour Marcel Valotaire, où il adapta le style art-déco au commerce local. Jean-Adrien Mercier entre à la Guilde des artistes angevins, créée par le poète patoisan angevin André Bruel.

Il travaille pour les éditions du Bibliophile angevin également fondées par André Bruel, illustrant de gravures sur bois L’Entarr’ment du père Taugourdeau de Marc Leclerc.

À l'issue d'un concours, il réalise l'affiche de la première foire-exposition d'Angers en 1924Sa mère y est représentée en paysanne angevine.. Il réalise aussi plusieurs créations pour divers commerçants de la ville d'Angers, marchands de chaussures, coiffeurs, armuriers, tailleurs, restaurants, hôtels, dancing et fabricants de meubles ou de cyclesJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.17.

Vendre, la revue parisienne de la publicité et de la vente reproduit et commente ses premières affiches. Mercier commence sa carrière comme affichiste pour le cinéma et la publicité, avant de devenir plus tard directeur artistique de la maison Cointreau, sa mère étant une petite-fille du fondateur de cette société et fille du créateur du triple-sec Cointreau.

En 1924, il travaille dans son atelier du 11, rue des Sablons dans le arrondissement de Paris, où il aura le plaisir d'accueillir Foujita.

Cointreau Pour la firme, il rénova l'image du célèbre Pierrot, crée par Tamagno, et dessina la silhouette d'un Polonais pour le Kummel Cursky, lancé par la même maison. Valotaire publia alors une carte postale publicitaire pour promouvoir à la fois la marque, l'éditeur, et l'affichiste. Cela ne favorisera pas la collaboration avec Cointreau, la firme familiale, qui ne reprendra que dix ans plus tardJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.18..

Publicité L'éditeur Publicité-Vox fait appel à ses services, où il réalise différentes affiches publicitaires. Il travaille ensuite début 1927 pour l'agence LutéciaIl signe pour cette agence un contrat d'exclusivité pour 4 ans, dont il ne garde pas forcément un bon souvenir.. Ses contributions ne passent pas inaperçues et nombre d'entre elles sont reproduites dans la presse et à l'étrangerJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.18-19..

Il va alors dessiner de très nombreuses affiches publicitaires, notamment pour Cointreau, marque à laquelle il collaborera de 1934 à 1965 et avec laquelle il a un lien familial par sa mère. La publicité est séduite par son talent : il conçoit entre 1924 et 1983 près de 200 affiches pour les plus grandes marques, pour des spectacles… : Automobiles Unic, Lampes Osram, Chocolat Menier (pour les albums), Foire de Marseille, de Dijon, d’Angers, Cotton Club, Concert Mayol, Confitures Tilloy, Appareils Thermor, Anis Berger, Lefevre-Utile et son petit beurre, Cirque Medrano, Timbre antituberculeux.

Vie familiale Il épouse le Yvonne Deflandre., une jeune fille d'Angers, originaire du Nord de la FranceJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.19., qui sera son inspiratrice et son modèle. Il quitte alors son atelier pour rejoindre le domicile familial de ParisSa mère s'installe à Tours.. Sa fille Sylvie est née en 1934, et sera comme sa mère son inspiratrice et son modèle. Elle fera des études musicales, et sera Premier prix du Conservatoire de Paris, élève de Wilhelm Kempff, pianiste internationale. S'intéressant notamment au milieu du Cirque et des arts, elle deviendra photographe et peintre professionnel. Son nom d'artiste est Sylvie Mercier de Flandre. En , La justice enquête sur des soupçons de captation dans le patrimoine de la fille du peintre Jean-Adrien Mercier.

Cinéma Affiches de film En 1924, alors qu'il travaillait pour Valotaire et ses clients d'Angers, il se voit confier sous la direction de Lazare Meerson, la conception des décors du film Les Aventures de Robert Macaire de Jean Epstein, production Albatros, dont à la fin du film il réalise l'affiche, qui marque le début de sa carrière d'affichisteJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.22..

De 1925 à 1943, il réalise plus de cent vingt affiches de cinéma, travaillant pour les plus grands metteurs en scène de l'époque : Jean Renoir, Abel Gance, René Clair, Sacha Guitry, Alberto Cavalcanti, Henri Diamant-Berger, Carl-Theodor Dreyer, Jean Epstein, Jacques Feyder, Marcel L’Herbier, Anatole Litvak, Wilhelm Pabst, Jean Renoir, David O. Selznick, Maurice Tourneur etc

Il travaille aussi pour la firme Société des films sonores Tobis de 1931 à 1936Jean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.32.. Son œuvre commence à l'apogée du cinéma muet, pour se terminer lors de l'Occupation, avec l'arrivée de la photographie et du photomontage. La production de Mercier, par ses qualités va servir la cause du cinéma français et marquer brillamment son époqueJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.23..

Façades de Cinéma Lors de la présentation des films en exclusivité, il a réalisé la décoration de certaines façades, notamment pour La Terre qui meurt en 1936 au Cinéma Madeleine, pour Trois valses en 1938 au cinéma Marignan et pour Louise en 1939 au cinéma ParamountJean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.279.. La Cinématographie Des illustrations ont régulièrement été commandées à Mercier pour la revue La Cinématographie française, pour la promotion de divers films.

Illustrations À la fin des années 1930, il aborde l'illustration de contes pour enfants. À la suite de la diminution de son activité d'affichiste de cinéma, il participe à des commandes d'entreprises régionalesComme l'imprimerie moderne de Nantes, Beuchet et Vanden Brugge., et des laboratoires pharmaceutiques pour lesquels il réalise des encarts de grande qualité. Son talent d'illustrateur apparaît aussi pour L'Illustration où à la demande de Jacques Baschet, il réalise la mise en page du conte de Noël d'Albéric Cahuet en 1938Jean A. Mercier Affichiste, Bibliothèque Forney, 1995, p.31.. Sa méthode de travail était simple : quand on lui commandait une affiche par téléphone, il la concevait aussitôt, sans voir le film.

Seconde Guerre mondiale Quand la guerre survient, il rejoint le 9e section d'infirmiers militaires à Châteauroux comme sergent. Il aide la femme du préfet Raoul Grimal dans l'organisation des secours pour la Croix Rouge, et décore le foyer des soldats de sa caserne. Il dessine alors quelques affiches de propagande pour le Comité d'action pour l'Armement, la Fédération des Anciens Combattants d'Indre-et-LoirePortraits de Maxime Weygand et Philippe Pétain., et l'Union des femmes de France.

En 1940, après l'armistice, il est l'auteur de deux affiches pour le Commissariat général à l'éducation générale des sports du régime de Vichy, dirigé alors par Jean Borotra, dont Le Salut olympique... Le message officiel est de promouvoir une vie saine et aérée, dans le cadre du programme du maréchal Pétain : .

Décorateur, il exécute pour Jacques Hébertot le décor de L’Idiot du village, premier spectacle donné à l’ouverture de son théâtre des Batignolles en .