Le secteur de l'énergie au Japon est l'un des plus importants consommateurs d'énergie au monde ; le Japon est un pays très densément peuplé ( en 2024, moins que l'Inde : mais deux fois plus que la Chine : ) et d'un niveau de vie élevé (PIB par habitant : en 2025). La consommation d'énergie primaire par habitant au Japon en 2024 était supérieure de 60 % à la moyenne mondiale et de 6 % à celle de la Chine, mais inférieure de 5 % à celle de la France et de 53 % à celle des États-Unis.
Son secteur énergétique dépend fortement des importations, notamment des combustibles fossiles : importateur mondial de gaz naturel en 2025 avec 7,7 % des importations mondiales derrière la Chine (et importateur mondial de gaz naturel liquéfié : 15,3 %), pour le charbon (12,0 % des importations mondiales) derrière la Chine et l'Inde, et pour le pétrole avec 5,2 % du total mondial, derrière la Chine et l'Inde.
Ces importations se sont fortement accrues à partir de 2011, du fait de l'arrêt complet de la production des centrales nucléaires après l'accident nucléaire de Fukushima. En 2010, les 54 réacteurs nucléaires assuraient 24,6 % de la production d'électricité du pays, qui se classait au mondial pour sa production nucléaire. L'explosion des importations de combustibles fossiles a fait basculer dans le rouge la balance commerciale, autrefois largement excédentaire ; en 2013, le déficit de la balance commerciale japonaise a même dépassé celui de la France. Les réacteurs nucléaires ont été remis en service peu à peu.
En 2024, la consommation d'énergie primaire du Japon se répartissait en 83,5 % d'énergies fossiles (pétrole : 36,5 %, charbon : 26,1 %, gaz : 20,9 %), 6,5 % de nucléaire et 10,0 % d'énergies renouvelables (4,7 % de biomasse et déchets, 1,7 % d'hydroélectricité et 3,5 % de solaire, éolien et géothermie).
L'électricité représentait 30,3 % de la consommation finale d'énergie en 2023. Le Japon est le d'électricité au monde (3,2 % de la production mondiale), au mondial pour la production d'électricité à partir de gaz naturel ainsi que pour le charbon et le pétrole, au pour les énergies renouvelables hors hydroélectricité.
Le Japon se situait en 2024 au mondial pour les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie avec 2,3 % du total mondial. Ses émissions de par habitant en 2024 étaient supérieures de 72 % à la moyenne mondiale et de 101 % à celles de la France, mais inférieures de 7 % à celles de la Chine et de 42 % à celles des États-Unis.
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie au Japon Population Consom.énergieprimaire Production Import.nette Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, Japan, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Consom.électricité Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, Japan, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Émissionsde GES*tab.GHG Energy Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 123,5 830 2000 126,8 2010 128,1 2011 127,8 2012 127,6 2013 127,4 2014 127,3 2015 127,1 2016 127,1 2017 127,0 2018 126,8 2019 126,6 994 2020 126,3 971 2021 125,7 2022 125,1 976 991 2023 124,5 953 952 2024 124,0 934 942 variation1990-2024 +0,4 % -14,7 % -17,8 % -13,5 % +12,5 % -11,0 %* émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.
Comparaisons internationales Les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie et celles de l'Energy Institute classent le Japon aux tout premiers rangs pour nombre d'indicateurs du domaine de l'énergie ; cependant, il n'est en tête que pour les importations de combustibles fossiles et leur transformation (raffinage, production d'électricité) ; pour le nucléaire, il passe du avant Fukushima au en 2011, puis disparait du classement en 2014 avec l'arrêt complet des centrales, et remonte en 2025 au ; dans le domaine des énergies renouvelables, il se distingue pour l'hydroélectricité, la biomasse, la géothermie et le solaire, mais ne figure pas parmi les 20 premiers pays producteurs d'énergie éolienne.
+ Place du Japon dans les classements mondiaux Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentairesPétrole brutImportations nettes43 2025 115,2 Mt 5,2 % : Chine (26,3 %), : Inde (11,9 %), : États-Unis (4,7 %)Gaz naturelImportation de GNL53 2025 88,5 Gm 15,3 % : Chine (15,7 %), : Corée du sud (10,9 %)CharbonImportations60 2025 4,24 EJ 12,0 % : Chine (29,5 %), : Inde (14,9 %)ÉlectricitéProduction63 2025 TWh 3,2 % : Chine (32,9 %), : États-Unis (14,8 %), : Inde (6,4 %), : Russie (3,7 %) Prod.élec.par sources*64Charbon 2025 300,3 TWh 2,9 % : Chine (, 54,8 %), : Inde (13,9 %), : États-Unis (7,7 %)Pétrole 2025 22,5 TWh 3,2 % : Arabie saoudite (21,3 %), : Iran (12,0 %), : Égypte (3,4 %)Gaz naturel 2025 308,8 TWh 4,4 % : États-Unis (, 27,6 %), : Russie (7,7 %), : Chine (4,8 %), : Arabie saoudite (4,3 %), : Iran (4,1 %)Renouvelables hors hydro 2025 171,2 TWh 2,7 % : Chine (38,9 %), : États-Unis (14,8 %), : Inde (4,8 %), : Allemagne (4,4 %), : Brésil (4,2 %)* production d'électricité par sources.
Production nationale et importations d'énergie primaire Le Japon manque de ressources énergétiques naturelles et dépend donc des importations pour couvrir ses besoins. L'arrêt des centrales nucléaires à la suite de l'accident de Fukushima a fortement aggravé cette dépendance : le taux d’indépendance énergétique du pays s'est effondré de 20,2 % en 2010 à 6,4 % en 2014, pour ne se relever qu’à 8,3 % en 2016. Le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) a fixé l'objectif de remonter ce taux à 24 % en 2030Le mix énergétique du Japon, situation actuelle et perspectives, SFEN, 12 mars 2019..
+ Production d'énergie primaire au Japon par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2024 % 2024 var.2024/1990 Charbon 187 6,0 64 1,5 25 0,6 17 1,0 12 0,5 % -94 % Pétrole 23 0,7 26 0,6 29 0,7 18 1,0 13 0,5 % -43 % Gaz naturel 80 2,6 96 2,2 134 3,2 81 4,5 70 2,7 % -13 % Total fossiles 290 9,3 186 4,3 188 4,4 116 6,4 95 3,7 % -67 % Nucléaire 71,1 80,3 74,3 423 23,3 39,9 % -54 % Hydraulique 316 10,2 303 6,9 302 7,1 284 15,6 272 10,6 % -14 % Biomasse-déchets 176 5,7 207 4,7 454 10,7 554 30,6 621 24,3 % +253 % Solaire, éolien, géoth. 117 3,8 165 3,8 144 3,4 437 24,1 546 21,4 % +366 % Total EnR 609 19,6 675 15,4 900 21,3 70,3 56,3 % +136 % Total 100 100 100 100 100 % -18 %Source des données : Agence internationale de l'énergie
Secteur charbonnier Les réserves prouvées de charbon du Japon étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,04 % des réserves mondiales. Elles représentent 486 ans de production au rythme de 2022 ()97 et sont restées inchangées depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 40, 50, 59), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011.. Le Japon a également de réserves de lignite, qui ne sont pas exploitées106.
La production de charbon du Japon en 2025 est estimée par l'Energy Institute à 57, soit (exajoules), en baisse de 13 % en 2025 et de deux tiers par rapport à 201558.
La consommation de charbon du Japon s'est établie en 2025 à , en baisse de 3,5 % en 2025 et de 13,3 % depuis 2015, soit 2,6 % du total mondial, au rang mondial derrière la Chine (55,7 %), l'Inde (13,9 %), les États-Unis (5,3 %) et l'Indonésie (3,1 %)61. La production de charbon du pays couvre seulement 0,2 % de sa consommation. Il a importé de charbon, se classant au mondial des importateurs avec 12,0 % des importations mondiales, derrière la Chine (29,5 %) et l'Inde (14,9 %) ; ses importations sont supérieures de 41 % à celles de l'Europe entière : . Ces importations ont baissé de 2,2 % en 2025 et de 16 % depuis 2015. Elles proviennent pour l'essentiel d'Australie (, soit 67 %), d'Indonésie (16 %), des États-Unis (6 %) et du Canada (5 %)59.
La production nationale de charbon a pris fin en 2002, mais le charbon reste une ressource largement utilisée, en particulier pour la production d'électricité : 27 % de la puissance installée des centrales électriques fonctionnait au charbon en 2010. Le Japon importe la totalité de ses besoins en charbon, principalement d'Australie ; en 2011, ces importations ont totalisé ( en 2010) ; le Japon a été pendant trois décennies le plus gros importateur mondial de charbon, mais en 2012 la Chine l'a dépassé. Plusieurs centrales à charbon ont été endommagées par le séisme du Tōhoku en mars 2011, si bien que l'utilisation n'a pas pu progresser entre 2011 et 2012, laissant la production d'électricité dépendre massivement du gaz naturel et du pétrole pour remplacer les centrales nucléaires arrêtées. Deux nouvelles centrales charbon, d'une capacité de au total, sont entrées en fonction dans le nord du Japon au début 2013 ; de la centrale de Haramachi ont été remises en service en 2013 après réparation des dommages causés par le séisme. Le gouvernement encourage les compagnies électriques à construire des centrales charbon supplémentaires en réduisant les contraintes réglementaires environnementales. Au et 2013, la consommation de charbon s'est accrue de 20 % ; cela permet de moins utiliser les centrales au pétrole, les plus coûteuses16.
Secteur pétrolier Le Japon dispose de très peu de ressources pétrolières sur son territoire qu'elle a commencé à exploiter en 1873 dans le champ pétrolifère de Sagara. Sa production en 1928 est de .. En 1960, elle est de ..
Les réserves prouvées de pétrole du Japon étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,002 % des réserves mondiales. Elles représentaient 15 années de production au rythme de 2022 : 76. Elles sont restées inchangées depuis 2010.
En 2025, le Japon a consommé (millions de barils par jour)36, soit (exajoules) de pétrole, en baisse de 1,3 % en 2025 et de 24 % depuis 2015. Il représente 3,2 % de la consommation mondiale, au mondial derrière les États-Unis (18,1 %), la Chine (17,1 %), l'Inde (5,4 %), la Russie (3,6 %) et l'Arabie saoudite (3,5 %)37. Il a importé de pétrole brut et produits pétroliers, en baisse de 0,7 % en 2025 et de 29 % depuis 2015, soit , dont de pétrole brut et de produits pétroliers ; il a exporté de produits pétroliers. Il se classe au mondial des importateurs de brut avec 5,2 % des importations mondiales, derrière la Chine (26,3 %) et l'Inde (11,9 %), devant les États-Unis (4,7 %). Ses importations de brut proviennent à 94 % du Moyen-orient (Émirats arabes unis : 43 %, Arabie saoudite : 40 %, Koweït : 6 %, etc) et à 3,7 % des États-Unis44.
Le Japon était en 2012 le importateur net mondial de pétrole après les États-Unis et la Chine, avec en moyenne 4,6 millions de barils par jour ; après l'accident de Fukushima, le Japon a accru ses importations de brut pour combustion directe dans ses centrales électriques ; le pays dépend surtout du Moyen-Orient pour ces importations (83 % en 2012, contre 70 % vers 1985), mais essaie de les diversifier (Russie ; Afrique : Gabon et Angola ; sud-est asiatique : Vietnam, Indonésie, Malaisie)7.
Le Japon maintient des stocks stratégiques importants pour se prémunir contre une interruption de l'approvisionnement en pétrole. Fin , 54 % de ces stocks sont détenus par le gouvernement, 46 % sont des stocks commerciaux.