thumb|290px|Nombre de tremblements de terre destructeurs par décennies, dans plusieurs parties du Japon du (année 590) à 1399, sur la base d'un tableau fait par Usami (2003), repris par Ishibashi. Étant donné l'ancienneté des sources utilisées, il est probable qu'une légère sousestimation des tremblements de terre éloignés des grandes villes entache ce graphique thumb|290px|Nombre de tremblements de terre destructeurs par décennies, dans plusieurs parties du Japon du (année 1400) à 1999, sur la base d'un tableau fait par Usami (2003) et repris par Ishibashi. L'augmentation du nombre de tremblements de terre destructeurs a fait dire et écrire (en 1994) à Ishibashi que la Japon vit une « Ère de convulsion souterraine » Katsuhiko Ishibashi, , Iwanami shinsho, Tokyo 1994, p. 234
, né le est une personnalité japonais du domaine des sciences de la Terre. Ayant bénéficié d'une formation de géologue et sismologue au Japon puis aux États-Unis, il a vécu et travaillé sur des zones sismiques actives, dont à Kobé et au Japon qui, selon Ishibashi, vit une . Il a consacré sa vie professionnelle et une grande partie de son temps à l'étude des séismes, et notamment aux systèmes de failles aveugles (cachées de la surface) ainsi qu'à la ligne tectonique médiane du Japon (Median Tectonic Line), et quand il était thésard, en Amérique du Nord, à la région sismiquement sensible de San Francisco qui évoque des systèmes géologiques également trouvés au Japon.
Biographie Né dans la préfecture de Kanagawa, au Japon, Katsuhiko Ishibashi a fait ses études au Japon. Il y a été diplômé en géophysique (Ph.D) par l'Université de Tokyo, et a terminé ses études universitaires aux États-Unis où il a étudié le risque et les systèmes sismiques et de tremblements de terre, ainsi que leurs origines dans l'Est des États-Unis.
Il est maintenant enseignant (professeur) et travaille au Centre de recherche pour la sécurité urbaine de l'université de Kobe, au département (« sciences de la terre et des planètes ») à la faculté des sciences.
C'est un expert du domaine de la sismologie et de la sismotectonique, de la modélisation du sous-sol et de la prévisionSpecification of a soon to occur seismic faulting in the tokai district, central japan, based upon seismotectonics. in Earthquake prediction : an international review, Institut international de sismologie et ingénierie des tremblements de terre (International Institute of seismolgogy and earthquake engineering) à Tsukuba, American geophysical union, année : 2000. des séismes. Il enseigne actuellement la gestion du risque et de la sécurité civile en zone urbanisée à l'université de Kobé.
Il a fait parler de lui dans les médias japonais en 2007 en tant que « lanceur d'alerte » pour avoir jugé que la démarche d'évaluation conduite par le gouvernement pour estimer les risques subis par les centrales nucléaires face aux risques de tremblement de terre n'était ni suffisante ni scientifique.
Il a à nouveau été l'objet de l'attention de différents médias, y compris hors du Japon, à la suite de ses travaux sur la prévision du tremblement de terre de Tokai, et récemment (en ) à la suite du séisme et tsunami associé au tremblement de terre de 2011 qui ont en quelques heures mis en péril plusieurs réacteurs nucléaires japonais en .
En 2007, Ishibashi avait insisté sur le fait qu'un tel accident était prévisible, et que de nombreuses centrales nucléaires présentaient une « vulnérabilité fondamentale » intrinsèque face au risque de tremblement de terre et de tsunami Robin McKie, Japan ministers ignored safety warnings over nuclear reactors ; Seismologist Ishibashi Katsuhiko claimed that an accident was likely and that plants have 'fundamental vulnerability, The Guardian, ..
Selon lui, le Japon a commencé à baser et construire son système sur l'énergie atomique dans les années 1960-1970 alors que l'activité sismique était à un niveau relativement faible. Ceci a affecté les dessins des centrales nucléaires, qui n'ont pas été construites selon des normes assez exigeantes, car depuis, le Japon a connu des séismes plus grave et des tensions se sont accumulées sur les plaques tectoniques (depuis le séisme de Kobe en 1995), aboutissant au tremblement de terre dévastateur de (le pire au Japon depuis plus d'un siècle, mais qui n'était pas inattendu).
a écrit le professeur Katsuhiko après sa démission, estimant que c'était juste une question de chance si l'épicentre du tremblement de terre avait été assez loin des réacteurs les plus touchés.
Recherches Avec Atsumasa Okada, dès 1998, il a dressé la cartographie géomorphologique et des failles de tranchées de la ligne tectonique médiane du JaponVoir Thèse citée en bibliographie..
Sa thèse de doctorat, soutenue en 1996, portait sur l'analyse comparée des structures géologiques actives dans des zones densément peuplées du Japon et de la Californie du Sud, étudiées à partir d'une base de données et d'observations géologiques, géophysiques et paléoséismologiques.
Elle abordait notammentVoir chapitre 2 de sa thèse. le rôle tectonique et la paléoséismologie de la ligne tectonique médiane, au Japon (avec identification de 12 segments géométriques le long de cette ligne, séparés par des discontinuités (cassures, coudes géomorphologiques, changements de forme du trait de côte, ou lacunes géologiques en surface. À partir d'indices paléosismiques, sur quatre sites différents sur la ligne tectonique médiane dans l'île de Shikoku, il a étudié d'une part l'intervalle de récurrence de tremblement de terre provoquant des ruptures en surface, et d'autre part les surface de compensation, qu'il a estimé être respectivement de et de cinq à huit mètres.
Il a aussi observé une partie plus récente des ruptures de zones faillées (du à nos jours), pouvant être corrélée au tremblement de terre de 1596 dit de Keicho-Kinki.
Pour permettre de comparer ces évènements à d'autres, il a aussi étudiéVoir chapitre 3 de la thèse de Katsuhiko Ishibashi. la tectonique active de la fin du Cénozoïque dans le système sismo-géologique du nord de la faille de Los Angeles (Californie). Pour cela il a cartographié les systèmes géologiques de subsurface des régions de Los Angeles et Santa Monica, à partir d'une grande quantité de données fournies par les carottages et données provenant de la recherche de pétrole. Il a conclu que le système caractérisant la zone nord de la faille de Los Angeles s'est développé à la suite d'un régime d'extension du début à la fin du Miocène suivi d'une régime de contraction au Plio-Pléistocène.
Dans ce secteur, il s'est notamment intéressé à la zone dite (actuelle banlieue de Los Angeles, délimité par Brentwood à l'est, Malibu à l'ouest, l'océan Pacifique au sud-ouest, Santa Monica au sud-est, et les monts Santa Monica au nord, banlieue où vivent au début des années 2000 environ . Il y a fait le constat que le soulèvement d'un sous-étage marqué par un isotope de l'oxygène de la marine et un pendage estimée supérieure à 45° suggèrent un taux de dip-slip dépassant pour la faille aveugle des montagnes de Santa Monica, taux considérablement inférieur à une précédent estimation.
Il a enfin étudiéVoir chapitre 4 de sa thèse. le contexte géologique de San Fernando lors du séisme de Northridge de 1971 et du séisme de Northridge de 1994, deux des séismes les plus dévastateurs du sud de la Californie pour la période historique (très récente à l'échelle géologique). Il a à cette occasion dressé une carte géologique du système de subsurface du nord de la vallée de San Fernando, concerné par deux failles sismiquement actives et reposant sur une série de failles à pendage nord et à à environ de profondeur.
Après sa thèse, ses travaux de recherche ont surtout porté sur les liens entre tremblements de terre et limites et déplacements des plaques tectoniques dans l'archipel japonais et dans la fosse marine qui le longe. Il s'est aussi fait connaître pour ses travaux prospectifs (travail de « prédiction » d'après les modèles et données disponibles) sur le « tremblement de terre de Tokai » ou d'autres Ishibashi, K. (1981): Specification of a soon-to-occur seismic faulting in the Tokai district, central Japan, based upon seismotectonics, in Earthquake Prediction, An International Review, edited by D.W. Simpson and P.G. Richards, (Am. Geophys. Un.,Washington DC), Maurice Ewing Ser. 4, .. Il a par exemple alerté sur la possibilité d'un tremblement de terre majeur près d'Odawara Ishibashi, K. (1985): Possibility of a large earthquake near Odawara, Central Japan, preceding the Tokai earthquake, Earthquake Predict. Res., 3, ..
Ishibashi a été, en tant qu'expert, membre d'un comité créé par le gouvernement japonais en 2006 pour réviser les lignes directrices nationales sur la résistance des centrales nucléaires aux séismes (document publié en 2007Quake shuts world's largest nuclear plant Nature, , , doi:10.1038/448392a, , consulté .).
Sa proposition demandant que le comité puisse réexaminer les normes concernant l'évaluation et l'arpentage des failles actives a été rejetée, ce pourquoi il a démissionné du comité lors de sa dernière réunion, en faisant valoir que le processus d'examen a été truqué et était «non scientifique» Jason Clenfield, Japan Nuclear Disaster Caps Decades of Faked Reports, Accidents, Bloomberg Businessweek, ..
Paléoséismologie et prospective sismique Comprendre le passé sismique du Japon (ou des États-Unis) pour mieux prévoir l'avenir a été et est encore une des lignes directrices du travail d'Ishibashi, qu'il a maintenu durant toute sa carrière.
Pour ce faire, il a bénéficié au Japon de nombreux travaux et archives sur l'histoire des tremblements de terre K. Ishibashi, A review of the current historical seismology in Japan from the viewpoint of earthquake prediction research, in Proceedings of Earthquake Prediction Research Symposium (National Committee for Seismology in Science Council of Japan, and Seismological Society of Japan), 1987, .. De nombreux mythes et légendes font référence à des déluges ou vagues destructrices, mais plus difficiles à exploiter par les historiens.
La Société sismologique du Japon a été créée le (année du tremblement de terre de Yokohama du , dont l'intensité a été estimée de 5,5 à 6,0). Peu après, de premières études scientifiques rendaient compte de l'histoire sismique du Japon, avec notamment des détails sur les caractéristiques des séismes les plus destructeurs publiées par I. Hattori en 1878 I. Hattori, Destructive earthquakes in Japan, Trans. Asiatic Soc. Jpn., 6, 1878, ., Naumann E. Naumann, Über Erdbeben und Vulcanausbrüeche in Japan, Mit. der Deutsch Gesellschaft fur Natur- und Volker-kunde Ostasiens, 2, 1878, . (1878) et Milne J. Milne, Notes on the great earthquakes of Japan, Trans. Seismol. Soc. Jpn., 3, 1881, . (1881) ou Usami en 1979 T. Usami, Study of historical earthquakes in Japan, Bull. Earthquake Res. Inst., Univ. Tokyo, 54, 1979, ., 1988 T. Usami, W.H.K. Lee (dir.), H. Meyers (dir.) et K. Shimazaki (dir.), Study of historical earthquakes in Japan, in Historical Seismograms and Earthquakes of the World, Academic Press, San Diego, 1988, ., 2002 T. Usami, W.H.K. Lee (dir.), H. Kanamori (dir.), P.C. Jennings (dir.) et C. Kisslinger (dir.), Historical earthquakes in Japan, in International Handbook of Earthquake and Engineering Seismology, partie A, IASPEI (Academic Press), 2002, ..