vignette|Source radioactive impliquée dans l'accident. vignette|Capsule typiquement appliquée en radiothérapie.

A) un porte-source étalon international (généralement du plomb) B) un anneau de retenue C) la source du composé contenant le noyau de césium contenant : - D) deux cylindres en acier inoxydable soudés à 2 couvercles en acier inoxydable (E). Un écran interne (généralement en alliage de tungstène), qui empêche une sortie de rayonnement importante(F). Un cylindre de matière radioactive (G), souvent du cobalt-60. Dans le cas de l'incident, il s'agissait de césium-137. Le diamètre de la "source radioactive" est d'environ 30 mm.

L'accident nucléaire de Goiânia est un accident de pollution radioactive qui a eu lieu à partir du à Goiânia, à au sud-ouest de Brasilia dans l'État brésilien de Goiás. Considéré comme un accident nucléaire importantThe Worst Nuclear Disasters. Time., il se produit après qu'un vieil appareil médical de radiothérapie contenant du césium 137 a été récupéré par des ferrailleurs sur le site d'un hôpital abandonné de la villeRevue de presse sur l'accident de Goiania .. Cet appareil est passé par de nombreuses mains, faisant quatre morts et contaminant 245 personnes selon l'AIEAThe Radiological Accident in Goiania .. La dispersion des radionucléides a été équivalente à celle d'une bombe radiologique de taille moyenneFODERARO, Lisa. « ». The New York Times. July 8, 2010.. L'accident a été classé au niveau 5 de l'échelle INES site de l'ASN..

La source vignette|Un appareil de radiothérapie, à base de roue, muni d'un collimateur allongé pour mettre au point le rayonnement. Le carré bleu représente la source rayonnante, et le faisceau émanant de l'ouverture représente les rayons gamma.

La source des rayonnements de l'accident fut une petite capsule qui servait aux traitements de cancers à l'hôpital de Goiânia. L'essieu de cette capsule contenait environ de chlorure de césium radioactif pris dans un bouclier en plomb et acier. La rotation de l'axe au sein de la capsule permet de passer de sa position d'entreposage à sa position d'irradiation. En 1971, on évalua à la radioactivité de la source. L'Agence internationale de l'énergie atomique décrit ce conteneur (de de large et 48 mm de long) comme une capsule de norme internationale. L'activité spécifique du solide actif était d'environ de (ayant une demi-vie de ). La dose rayonnée à un mètre de la source atteignait par heure. Alors qu'on ignorait le numéro de série de l'appareil, ce qui entrava une identification définitive, on estime qu'il a été fabriqué aux États-Unis au laboratoire national d'Oak Ridge. L'AIEA déclara que la source contenait au moment du vol, dont furent récupérés lors des opérations de nettoyage. restèrent donc dans l'environnement, un chiffre qui aura diminué jusqu'à en 2026 (par décroissance radioactive du césium 137).

Déroulement L'institut de radiothérapie privé, Instituto Goiano de Radioterapia (IGR), était situé à au nord-ouest de la cité administrative de Goiânia. En 1985, l'institut déménagea vers de nouveaux locaux, laissant une unité de radiothérapie à base de césium 137, achetée en 1977. Le destin du site abandonné fut l'objet de litiges devant les tribunaux entre IGR et la société de Saint-Vincent-De-Paul, l'ancien propriétaireGodinho, Iúri. « Os médicos e o acidente radioativo », Jornal Opção, 8 février 2004.. Le , la Cour de Goiás se déclara consciente de la présence de matériel radiologique dans le bâtiment.

Le , quatre mois avant l'accident, Saura Taniguti, l'ancien directeur d'Ipasgo (l'institut d'assurance pour les fonctionnaires), recourt à la police pour empêcher Carlos Figueiredo Bezerril, l'un des propriétaires de l'IGR, d'enlever les objets laissés sur place. Ensuite, Bezerril avertit le président d'Ipasgo, Lício Teixeira Borges, qu'il devrait prendre la responsabilité du destin de la bombe à césium.

La cour affecta un garde chargé de protéger le matériel dangereux abandonné. Pendant ce temps, les propriétaires de l'IGR écrivirent plusieurs lettres à la Commission nationale de l'énergie nucléaire, la prévenant du danger de laisser un appareil rayonnant sur un site abandonné, mais une ordonnance du tribunal leur interdisait de retirer le matériel eux-mêmes.

Le , le garde de jour, Voudireinão da Silva, ne vint pas travailler, se servant d'un arrêt maladie pour assister à une séance de La Coccinelle à Mexico au cinéma avec sa famille. Ce même jour, Roberto dos Santos Alves et Wagner Mota Pereira pénétrèrent dans l'institut en partie démoli, trouvèrent l'unité de radiothérapie et l'emmenèrent dans une brouette à la maison de Roberto dos Santos Alves, à une distance d'environ au nord de la clinique, où ils se mirent à démanteler l'appareil. Le soir même, les deux commencèrent à vomir. Néanmoins, ils poursuivirent leurs efforts. Le lendemain, Wagner Mota Pereira eut la diarrhée, des vertiges et une de ses mains commença à gonfler. Bientôt une brûlure se développa sur la main, de la même taille et forme que l'ouverture de la machine. Un mois plus tard, il fallut l'amputer du bras. Le , Wagner Mota Pereira se rendit à un cabinet médical où on diagnostiqua une intoxication alimentaire, et lui conseilla de retourner chez lui pour récupérer. Cependant, Roberto dos Santos Alves s'efforça d'achever le démantèlement du matériel, qui se trouvait sous un manguier dans son arrière-cour. Il finit par réussir à libérer la capsule de césium de sa tête protectrice.

Le , Roberto dos Santos Alves réussit à percer l'ouverture de la capsule avec un tournevis, lui permettant d'apercevoir une lueur d'un bleu profond. Il enfonça le tournevis et put extraire une parcelle de la matière luisante. Pensant s'agir d'une sorte de poudre à canon, il essaya de lui mettre le feu, mais la poudre ne voulut pas prendre. Lors du rapport de l'AIEA, on ne comprenait pas le mécanisme précis qui avait généré la lueur, mais on le croyait soit une forme de fluorescence, soit l'effet Vavilov-Tcherenkov lié à l'absorption d'humidité par la source rayonnante. Une telle lueur bleuâtre avait été observée en 1988 au laboratoire américain d'Oak Ridge lors de la décapsulation d'une source à 137Cs.

Le , Roberto dos Santos Alves vendit le matériel à un dépôt de ferraille voisin, qui envoya un employé chercher les articles dans une brouette. Ce soir-là, le propriétaire, Devair Alves Ferreira, qui vivait à côté du dépôt, entra dans son garage et aperçut la lueur bleuâtre de la capsule percée. Croyant son contenu de valeur ou même surnaturel, il le rapporta chez lui. Au cours des trois jours suivants, il invita des amis et de la famille pour voir le corps luisant et offrit de récompenser celui qui réussirait à le libérer de la capsule. Il mentionna qu'il avait l'intention d'en faire une bague pour sa femme, Gabriela Maria Ferreira. Le au dépôt, un ami de Devair Alves Ferreira (sous le nom d'EF1 dans le rapport de l'AIEA) arriva à dégager plusieurs grains de la matière luisante grâce à un tournevis. Il en partagea quelques-uns avec son frère, garda quelques-uns pour lui-même et se mit à distribuer le reste à plusieurs amis et membres de sa famille. Ce jour-là, sa femme Gabriela Maria Ferreira, 37 ans, tomba malade. Le , Devair Ferreira vendit la ferraille à un autre dépôt.

Le , Ivo, le frère de Devair, gratta de la poudre de la source et en emporta chez lui, non loin de là, où il en étala une partie sur le sol en ciment. Plus tard, sa fille de six ans, Leide das Neves Ferreira, mangea un sandwich assise sur le sol. Elle s'émerveilla de la lueur bleue de la poussière, en mit sur elle, et la montra à sa mère. Cette poussière rayonnante tomba dans ce qu'elle mangeait : elle finit par ingérer 1,0 GBq, dose totale (la dose létale 50 % est de 4,5 Gy).

Gabriela Maria Ferreira fut la première à constater que de nombreuses personnes dans son entourage étaient tombées malades en même temps. Il est fort probable que ses initiatives à partir de ce moment réduisirent le bilan mortel. Elle soupçonna d'abord une boisson qu'ils avaient partagée, mais un prélèvement ne montra rien de néfaste. Le , 15 jours après la découverte de l'article, Gabriela se dirigea avec un de ses employés au dépôt rival qui détenait le matériel. Elle le réclama et l'amena en bus à l'hôpital dans un sac en plastique. Là, le médecin Paulo Roberto Monteiro supposa avec raison qu'il était dangereux. Il le posa sur une chaise dans son jardin pour l'éloigner. Parce que les restes de la source étaient restés dans un sac en plastique, le niveau de contamination à l'hôpital fut minimal.

Le , au matin, un médecin en visite (nommé WF dans le rapport de l'AIEA) se servit d'un scintillateur emprunté à la NUCLEBRÁS (une agence gouvernementale engagée dans le cycle de combustible nucléaire) pour confirmer la présence de radioactivité. Il passa la plupart de la journée à confirmer les niveaux dangereux de rayonnement et à convaincre les autorités du besoin d'agir immédiatement. La ville, l'État et le gouvernement national furent tous informés du cas à la fin de la journée, et les opérations de décontamination commencèrent le soir même.

Bilan Bilan humain Quatre personnes sont décédées des suites de cet accident : Leide das Neves Ferreira (6 ans - reçus) : elle était la fille d'Ivo Ferreira. Le personnel de l'hôpital ayant peur de s'approcher d'elle, elle fut confinée dans une pièce par l'équipe internationale chargée de la soigner. Le haut de son corps a progressivement gonflé, ses cheveux tombaient, elle souffrait de lésions au foie et aux poumons ainsi que d'une hémorragie interne. Leide est morte le (presque 1 mois après sa contamination) d'une septicémie et d'une infection généralisée au Marcilio Dias Navy Hospital de Rio de Janeiro. Elle fut enterrée dans un cimetière de Goiânia, à l'intérieur d'un cercueil en fibres de verre tissées de plomb pour éviter la contamination du sol. Des émeutes se produisirent et tentèrent d'empêcher son enterrement, de peur que son corps ne pollue le sol« Memorial Césio 137 ». Greenpeace Brasil.. Gabriela Maria Ferreira (37 ans - reçus) : elle était la femme de Devair Ferreira (le propriétaire de la décharge). Trois jours après sa contamination, son état s'est aggravé et elle commença à souffrir de différentes hémorragies internes au niveau des yeux, des membres et du tube digestif ; ses cheveux tombaient également. Elle mourut le . Israel Baptista dos Santos (22 ans - reçus) : il était employé par Devair Ferreira et a travaillé au démantèlement de l'appareil. Il est mort le après avoir perdu ses cheveux et développé de sérieux troubles respiratoires et lymphatiques. Admilson Alves de Souza (18 ans - reçus) : il était aussi employé par Devair Ferreira, il a développé des lésions pulmonaires, cardiaques et une hémorragie interne. Il est mort le .

Devair Ferreira a survécu malgré de radiation reçues. Il est mort en 1994 d'une cirrhose après avoir sombré dans l'alcoolisme et la dépression..

Près de se sont présentées dans les hôpitaux à la suite de cet accident, mais seules présentaient des résidus radioactifs sur leur corps. Finalement seules ont présenté des symptômes dus à une irradiation et ont nécessité un traitement.

Le graphique ci-dessous montre les doses reçues par les 46 personnes les plus touchées par les radiations à la suite de l'accident. centre|600px|Personnes contaminées et doses reçues. Certaines personnes ont survécu à de fortes doses de radiations, cela se produit quand l'exposition est fractionnée dans le temps, le corps peut ainsi régénérer les cellules endommagées. À l'inverse, une longue exposition ne permet pas au corps de combattre les effets de l'irradiation.

Décontamination D'après un rapport du comité des Nations unies, , soit environ . Objets