Le premier Emsav est période du mouvement breton allant de 1898 à la fin de la Première Guerre mondiale. Il est marqué par l'apparition du régionalisme breton en politique, et par le début d'actions culturelles dans le domaine de la langue bretonne.

Étymologie et origine du terme emzao Le terme (ou plus tard en breton unifié) est attesté pour la première fois en 1912 dans l'ouvrage (« La genèse d'un mouvement ») de François « Taldir » Jaffrenou. Ce néologisme, peu utilisé jusqu'alors, est repris en 1927 par le linguiste François Vallée sous la forme lorsqu'il raconte dans la revue son voyage chez les nationalistes irlandais. À cette époque, le terme est rendu en français par les expressions « mouvement de revendication », « soulèvement », « révolte ». Il est également considéré comme proche de l'italien .

En 1932, sous la plume de Raymond Delaporte qui l'utilise dans Breiz Atao, désigne la nébuleuse de groupes culturels ou politiques plus ou moins organisés en réseau, œuvrant pour la défense de la langue bretonne et la promotion d'une nation bretonne. Cette acception est reprise dans les dictionnaires de la fin du , comme celui de Francis Favereau édité en 1992, qui le traduit comme « mouvement breton ».

Pour autant, l'étymologie d’ renvoie à deux termes bretons : le radical ou signifiant littéralement « levé » ou « élévation », et le préfixe réflectif « soi-même ». La traduction d’ se rapprocherait donc plus d'« élévation de/sur soi-même », « édification personnelle », que de « soulèvement ».

Historique

Contexte Le premier Emsav apparaît dans un contexte d'intérêt pour la langue bretonne. C'est en 1752 qu'est publié la première édition du Buhez ar Sent, ouvrage en breton qui décrit la vie des saints de l'Église catholique. Napoléon fonde en 1804 l'Académie celtique, chargée de récoltés les vestiges archéologiques en rapport à la culture celtiqueDans ses souvenirs, François Jaffrennou indique que L'Aurore, journal radical-socialiste, a fait campagne en 1908 pour l'interdiction de son journal "Ar Vro" qu'elle voyait comme contraire aux intérêts républicains, car soutenant le régionalisme et la langue bretonne.. La première revue littéraire bretonne, Le Lycée Armoricain, à laquelle participe Émile Souvestre est créée en 1823, suivi du premier hebdomadaire en breton Feiz ha Breiz en 1865. Le Barzaz Breiz, recueil de chants bretons de Théodore Hersart de la Villemarqué paraît en 1839. Il y a aussi la fondation de la Revue celtique en 1870 et de la revue littéraire L'Hermine par Louis Tiercelin, Ernest Renan et Paul Ladmirault en 1889.

Il y a aussi l'influence de sociétés savantes comme la fondation en 1843 de l'Association bretonne par Armand Maufras du Chatellier et Jules RieffelLa noblesse bretonne dans la genèse du mouvement breton. Elle est interdite en 1854(PDF) La « Question bretonne » et le nationalisme breton, puis reconstruite en 1873 autour de Jules Rieffel.

Il y a aussi politique avec l'action en 1870 du barde Charles de Gaulle (Barz Charlez Bro C'hall), oncle du futur général, qui transmet au gouvernement une pétition pour l'enseignement des langues régionales.

Début Le début du premier Emsav est caractérisé par la création en à Morlaix de l’Union régionaliste bretonne (URB). Sa création suscite beaucoup d'espoirs pour la constitution d'un large front à vocation de lobbyisme dans tous les domaines culturels, pour le maintien, sans exclure la modernisation, des traditions spécifiques à la Bretagne : costumes, danses, musique, langue, théâtre, coutumes religieuses. Les questions de l'enseignement de la langue et de l'enseignement religieux entraînent des controverses réciproques avec l'appareil de l'État et ses soutiens.

Le premier Emsav est conservateur, aristocratique et clérical, opposé à la République et aux idéaux de la Révolution française. Il est essentiellement régionaliste et concerne des notables et des intellectuels.

Développement C'est en 1894 qu'est fondée la première association de Bretons de Paris indépendante des œuvres de charité de l'Église catholique romaine. Parmi les fondateurs, le futur chansonnier Léon Durocher.

Le premier Emsav développe sa dimension politique avec la fondation de la Fédération régionaliste de Bretagne en 1911.

Tensions avec l'État français En 1902, Émile Combes, président du Conseil et Ministre des cultes, envoie une circulaire instituant des sanctions pour les prêtres de paroisse qui n'utilisent que le breton et dit à la Chambre que "le breton se prête moins que le français à exprimer les idées nouvelles, ces vilaines et détestables idées républicaines dont la langue française est l'admirable messagère"Journal officiel de la république française, 17 janvier 1903, p. 30.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Histoire de la Bretagne Politique en Bretagne Mouvement breton, Second Emsav, Troisième Emsav

Bibliographie

Catégorie:Mouvement breton