L'opération Harmattan (du nom du vent harmattan) est la contribution française à l'intervention militaire de 2011 en Libye dans le cadre de la guerre civile libyenne. Elle a commencé le et s'est terminée le .
Les missions offensives sont effectuées principalement par les avions de l'Armée de l'air française et de la Marine nationale française et les hélicoptères de combat de l'aviation légère de l'Armée de terre embarqués sur des navires de la .
Historique À la suite du déclenchement de la guerre civile en Libye en , les états-majors français commencent à planifier une intervention dans les jours qui suivent. Grâce à une chaîne de commandement extrêmement courte, l’amiral Édouard Guillaud, chef d'état-major des armées françaises, déclare :
Depuis le , l'OTAN maintient ses avions de guet aérien Boeing E-3 Sentry en vol 24 heures sur 24 au-dessus de la Méditerranée centrale.. Le même jour, quatre Mirage F1 CR de l'armée de l'air française, avec une nacelle SIGINT, effectuent depuis la base aérienne de Solenzara en Corse des missions d'observation électronique.
Enfin, depuis également le 9, la marine nationale française aurait catapulté du Charles de Gaulle un chasseur-bombardier Rafale doté d'une nacelle de reconnaissance..
Le à UTC. commencent les opérations aériennes avec la patrouille de huit Rafale de Saint-Dizier (dont deux équipés de la nacelle de reconnaissance Reco-NG), de deux Mirage 2000D de Nancy, de six Mirage 2000-5 de DIJON, de six avions ravitailleurs KC-135FR d'Istres (sur les 14 dont dispose la France.) et d'un Boeing E-3F Sentry.. Les missions durent pour les chasseurs partis de France, dont de patrouille au-dessus de la Libye. L'Armée de l'air française est vite rejointe par d'autres nations, dont les États-Unis, avec les F/A-18 embarqués sur l', mouillant dans le golfe de Syrte.
Le , à UTC, la présidence de la République française annonce que . Ces premiers tirs sont effectués par des Mirage 2000D ayant décollé de la base aérienne de Nancy larguant quatre GBU-12 et guidant également les tirs d'AASM largués depuis des Rafale. La presse annonce aussi la destruction de quatre blindés gouvernementaux lors de la seconde Bataille de BenghaziAnnonce confirmée le 25 mars par le ministère de la Défense. Voir .. Pour assurer leur mission ces avions furent escortés par les Mirage 2000-5F.
Le , le groupe aéronaval français basé autour du Charles-De-Gaulle quitte Toulon et à partir du , l'aviation navale embarquée participe activement aux opérations. Ce jour, des missions sont encore réalisées depuis les bases aériennes de Nancy et Saint-Dizier. Les quatre Mirage 2000D se posent à l'issue du vol à Solenzara pour rejoindre quatre autres M2000D venus directement de Nancy le matin même et qui constituent alors un détachement avancé qui opérera dès le lendemain matin à partir de Corse (dès le , la base de Solenzara accueille les M2000D de l'EC 1/3 Navarre, du 2/3 Champagne, du 3/3 Ardennes, les Mirage F1 CR du 2/33 Savoie et les Rafale du 1/7 Provence). Les frappes aériennes s'enchainent donc le lundi 21 et le mercredi . Le mardi , la composante aérienne de l'armée de l'air reçoit la visite du Président de la république accompagnée du chef d'état major de l'armée de l'air.
Le , un avion radar Boeing E-3 Sentry de la coalition détecte un aéronef qui opère en violation de la résolution 1973 des Nations unies dans la zone de Misratah, à à l'est de Tripoli. Une patrouille de Mirage 2000 et une patrouille Rafale de l'armée de l'air française sont envoyées sur zone et confirment la présence d'un avion de combat Soko G-2 Galeb de l'armée de l'air libyenne qui atterrit sur l'aéroport de Misratah. Les Rafale détruisent alors l'appareil au moyen d'une frappe air-sol à l'aide d'une bombe guidée AASM..
Au moins cinq autres avions présentés alors comme des Galeb et deux Mi-35 sont détruits au même endroit le , mais des photos satellite montrent qu'il s'agit de cinq MiG-23 auxquels le nez a été enlevé.
Dans la nuit du 23 au , un raid mené avec 7 missiles de croisière SCALP-EG par des Rafale (EC 01091 et 01007 complétés par des Rafale Marine du GAé) et des Mirage 2000D (EC 02003 Champagne et 03003 Ardennes) détruit des dépôts de munition, des installations de maintenance et le centre de commandement de la base aérienne d'Al-Joufra.
La nuit suivante, l'aviation française détruit avec une bombe guidée laser GBU-12 une batterie d’artillerie située dans les environs d’Ajdabiya.. Finalement, le siège de la ville se termine le même jour après la destruction de 7 chars T-72 par des Panavia Tornado GR.4 de la Royal Air Force armés de missiles antichar Brimstone . et des Mirage 2000..
Le , les M2000-5 français stationnés à Solenzara ont été transférés en Crête et co-localisés avec les appareils qataris. La première mission de défense aérienne franco-qatarie a été réalisée dès le lendemain.
Le , les avions de l’armée de l’air et de la marine françaises conduisent des frappes sur des véhicules blindés et sur un important dépôt de munitions dans les régions de Misrata et Zintan..
Au , l'opération est intégrée à celle de l'OTAN.
Entre le jeudi à et le jeudi à , les avions de l’armée de l’air et de la marine françaises ont réalisé près de 900 heures de vol, 120 sorties d’appui et d’interdiction aérienne, 24 sorties de reconnaissance, 13 sorties de détection et de contrôle, 22 sorties de ravitaillement en vol et 28 sorties de ravitaillement type « nounou », 22 sorties de défense aérienne depuis La Sude. Le bilan de la semaine pour les avions français est le suivant :
Le , un char détruit à l’ouest de Misratah.
Le , cinq véhicules blindés détruits dans la région de Syrte.
Le , deux porte-chars détruits dans la région de Ras Lanouf.
Le , un véhicule militaire détruit au sud-ouest de Brega.
Le , deux sites de missiles de défense anti-aérienne, l’un dans le Sud de Zliten, l’autre à une centaine de kilomètres au sud de Syrte..
Au , les forces françaises ont tiré au total 11 missiles de croisière SCALP-EG..
Depuis le , des Mirage 2000D français utilisent, entre autres, des bombes inertes d'entraînement de pour traiter les véhicules ciblés en réduisant ainsi le risque de dommages collatéraux.. Les , 2 et des bombardements intensifs visent Tripoli et 10 explosions importantes sont entendues le . vignette|gauche|La frégate libyenne Al Ghardabia de la classe Koni en 2005. Dans la nuit du vendredi 19 au samedi , une série de raids aériens franco-anglo-canadiens met hors de combat 8 navires de guerre de la marine libyenne qui étaient à quai dans divers ports.. L'aviation française cible la frégate Al Ghardabia de classe Koni, principal bâtiment de combat des forces navales pro-Kadhafi, ainsi que plusieurs patrouilleurs lance-missiles du type Combattante II..
Depuis le porte-hélicoptères d'assaut Tonnerre, des hélicoptères de combat de l'aviation légère de l'Armée de terre française de type Tigre et Gazelle conduisent pour la première fois dans la nuit du vendredi 3 au samedi . des frappes au sol en Libye et détruisent 20 objectifs dont 15 véhicules blindés et 2 centres de commandement.
C'est une première opération interarmées . et internationale, tant pour les Français que pour les Britanniques qui ont de leur part embarqué quatre hélicoptères Apache de l'armée de terre britannique sur le , ..
Du 9 au , les avions et les hélicoptères français effectuent plus de 250 sorties (soit 30 de plus que la semaine précédente), dont 146 ayant pour objet des attaques au sol, lesquelles ont permis de détruire une soixantaine d’objectifs (20 bâtiments et plus de 40 véhicules militaires, notamment dans les régions de Misrata, Tripoli et Brega).
Selon une déclaration du chef d’état-major de l’armée de terre Elrick Irastorza, lors d’une réunion de l’Association des Journalistes de Défense. :
Les hélicoptères de l'ALAT, contrairement aux aéronefs de l'Armée de l'Air et de la Marine, ne sont pas équipés de la Liaison 16 et ne possèdent donc pas de connectivité avec les autres plates-formes opérant sur le théâtre d'opération.
Dans la nuit du 4 au , un second-maître décède de mort naturelle en opération dans la nuit du 4 au à bord de la frégate anti-sous marine Georges-Leygues..
Entre le 12 et le , le groupement aéromobile comprenant un total une vingtaine d'hélicoptères est transféré du porte-hélicoptères Tonnerre au Mistral, qui prend sa relève. En septembre, le Tonnerre retourne sur le théâtre des opérations pour effectuer la relève du Mistral.
Lors de la seconde bataille de Tripoli, un premier groupe 200 de la Katiba Tiger aidé par le commando Hubert puis plusieurs autres groupes débarquent de Misrata sur une plage de Tripoli..
À la mi-, les forces pro-Kadhafi contrôlent toujours un triangle au centre du pays entre Beni Walid, Syrte, et Shaba où 15 % des forces initiales resteraient concentrées..
À la d'opération, entre le , , et le , , les forces françaises ont réalisé 96 sorties d'attaques au sol (Rafale Air, Mirage 2000-D, Mirage 2000-N et Mirage F1), 30 sorties de reconnaissance, surveillance (Mirage F1 CR, Atlantique 2, drone), 7 sorties de contrôle aérien (E3F) et 9 sorties de ravitaillement (C135)..
Le marque la quasi-fin de l'intervention militaire occidentale avec la mort de Mouammar Kadhafi. Alors que l'on ne savait pas qu’il était à bord, son convoi de plus de 40 véhicules armés quittant la ville de Syrte a été arrêté par un tir de missiles d'un drone américain puis, alors qu'ils se regroupaient, attaqués par un Mirage 2000D accompagné d'un Mirage F1 CR. Le Mirage 2000D appuyé par Mirage F1 tirant deux GBU-12 à l'avant et à l'arrière de la colonne détruisant, selon Human Rights Watch, 14 véhicules et faisant 53 personnes tuées (28 sur le coup, 23 autres des suites de leurs blessures, non soignées).. Le convoi est ensuite assailli par des combattants du CNT venant de Misrata.. Entre le 20 et , bien que 55 sorties dont 20 d'attaque ont été effectuées par l'aviation française, il s'agit du seul bombardement effectif réalisé., la décision stratégique ayant été remportée. Depuis 15 jours, le rythme des frappes s'était fortement ralenti, les troupes kadhafistes étant définitivement privées de capacité de mouvement et de profondeur régionale. Le désengagement de l’aviation de chasse d’attaque basée à Souda et en Italie est effectué en quelques jours, dès la fin des opérations déclarées (le ). Seuls des moyens de surveillance et de reconnaissance sont conservés en Italie.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé indique le au matin sur Europe 1 qu'en Libye, à la suite de la mort de Mouammar Kadhafi. ..
L'OTAN annonce à la même date qu'elle arrête sa mission Unified Protector le . bien que le CNT demande que celle-ci continue un mois de plus.
Dès le , la TF 473 quitte la zone d’opérations pour rallier Toulon, et la majorité des avions déployés en Italie et en Grèce rentrent en France dans les jours qui suivent. Au , le détachement chasse de La Sude en Grèce compte encore trois Mirage 2000D et à Sigonella, il reste cinq Rafale et un drone Harfang. Tandis que les avions de ravitaillement (C135F) et de reconnaissance (E3F) restent mobilisés mais à partir de France. L’aviso Commandant Birot demeure engagé au sein de la force navale de l’OTAN..
Le , les quatre derniers Rafale rentrent à leur base de Saint-Dizier..
Après la fin de l'opération, des militaires français travaillent encore en Libye. Du jusqu’à début décembre, le bâtiment base de plongeurs-démineurs Achéron conduit une évaluation sur les principaux ports libyens, en termes de dégâts, obstructions et présence d’engins explosifs après les 7 mois de conflits et son équipe de 9 plongeurs démineurs a détruit une douzaine de munitions et mines marines... Des unités spéciales françaises, britanniques et américaines sécurisent les stocks d'armes chimiques et de missiles sol-air libyens dans le cadre de la résolution 2040 du Conseil de sécurité du .; cette dernière mission étant encore en cours en ..