Louis Renault, né le à Paris et mort le dans la même villeArchives en ligne de Paris , année 1944, transcription de l'acte de décès , cote 16D 172, vue 17/31, est un inventeur, pilote automobile et chef d'entreprise français. Il est le fondateur de l'empire industriel Renault, ce qui en fait un pionnier de l'industrie automobile française.
Avec son entreprise, il contribue intensivement à l'effort de guerre durant la Première Guerre mondiale. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, accusé de collaboration économique avec l'occupant, il est arrêté en et meurt en détention le mois suivant sans que son procès puisse avoir lieu. Son entreprise est ensuite saisie et nationalisée par le Gouvernement provisoire de la République française.
Biographie Généalogie de Louis Renault Ascendance
Descendance Maurice Boullaire ( - , Paris) et Alice Goupil (1870-1956) se sont mariés le ; ils sont les beaux-parents de Louis Renault. Leur fille Christiane Boullaire ( - ) épouse le à Herqueville, Normandie Louis Renault. Ils ont un fils : Jean-Louis Renault (1920-1982) qui a eu huit enfants issus de quatre mariages (avec Jeanine Godon, Anne-Marie Menesguen, Claire Lieux et Maryse Masserann ) : Annick Renault, épouse Fabry Christine Renault Hélène Renault, épouse de Laurent Dingli Louis Renault Henry Renault Olivier Renault Stéphane Renault Emmanuelle Renault
Enfance de Louis Renault Louis Renault naîtExtrait du registre d'état civil du de Paris (1877) : « Du quinze février mil huit cent soixante dix-sept à une heure et demie du soir. Acte de naissance de Louis, par nous reconnu du sexe masculin, né à Paris place Delaborde 14 le douze du courant à une heure un quart du soir, fils de Albert Renault, propriétaire, quarante-huit ans, et de Louise Berthe Magnier, son épouse, sans profession, trente-cinq ans, demeurant tous deux au domicile susdit. Déclaration faite devant nous officier de l'état civil du huitième arrondissement par le père de l'enfant, en présence de François Lozime Magnier, propriétaire, soixante ans, rue Saint-Florentin 17, aïeul de l'enfant, et de Jacques Gustave Sandoz, négociant, quarante ans, Palais Royal 147 et 148, lesquels ont signé avec nous après lecture. Signé : A. Renault, Magnien, G. Sandoz et l'officier de l'état civil. » Archives de Paris. au 14 place de Laborde à dans une famille bourgeoise parisienne dont il est le dernier enfant sur cinq. Il a une sœur, Marie Berthe (1868-1889), et trois frères, Marie Joseph (1863-1886), Fernand (1864-1909) et Marcel (1872-1903).
Son père, Alfred Renault avait construit une solide fortune dans le commerce de tissus et de boutons. Sa mère, Louise Berthe Magnien était fille de grands commerçants.
En 1891, alors que Louis est âgé de , passionné de mécanique et d'électricité, timide et solitaire, peu bavard, il installe un atelier au fond du jardin de la résidence secondaire familiale à Boulogne-Billancourt près de Paris. Il modifie un moteur Panhard, multiplie les inventions, dessine inlassablement des plans, dépose ses premiers brevets et s’enferme dans sa solitude créative. Sa passion le pousse à négliger ses études. L'historien Jean-Pierre Rioux parle de « médiocres études couronnées par un refus de passer Centrale ». Il passe une grande partie de son temps dans l’atelier où Léon Serpollet fabrique des moteurs de voiture à vapeur.
Il étudie au lycée Condorcet dans le où il côtoie notamment un certain André Citroën, qui deviendra son grand rival. Il abandonne les études qui ne sont pas son fort après le baccalauréat et compte sur son imagination prolifique, son intuition et son pragmatisme.
Première automobile Avant cette date, Louis Renault a tout de même essayé de créer sa première entreprise, mais ce n'est qu'en 1898, à l'âge de , qu'il construit, avec l'aide de son compagnon de régiment Edward Richet, sa première voiturette, la Renault Type A, en modifiant un tricycle De Dion-Bouton pour y ajouter une quatrième roue, une transmission par cardan, une boîte à trois vitesses avec la troisième en « prise directe » de son invention, et une marche arrière, le tout capable de rouler à .
Le , lors du réveillon de Noël avec ses frères et des amis, en gravissant au volant de sa petite voiture devant une foule épatée, toute la rue Lepic, il empoche ses douze premières commandes fermes assorties d'un acompte de soixante louis d’or et décide de devenir constructeur d’automobiles. Quelques mois plus tard, il dépose le brevet de la boîte de vitesses à « prise directe », qui va être à l'origine de sa fortune en étant adoptée par tous les constructeurs automobiles de l'époque.
Fondation de Renault Frères
Le , ses deux frères Marcel et Fernand, qui gèrent la firme de textile paternelle « Renault Fils, tissus en gros » fondent la société Renault Frères au 10, rue du Cours à Boulogne-Billancourt (actuelle avenue Émile-Zola) en apportant chacun la moitié d'un capital de et sans croire véritablement ni à l'automobile ni au génie de leur frère. Marcel se charge de l'administratif; Louis n'est pas associé mais simple salarié; mis à l'épreuve et bénéficiaire de son brevet, il se consacre complètement à la conception et la construction des voitures. À la fin de la première année, sont produites et vendues.
Pilote de course automobile En , Louis s'aligne avec Marcel au départ de la course Paris-Trouville et obtient sa première victoire de Voiturettes (dite Coupe des Chauffeurs Amateurs) d'une série de courses disputées de ville à ville1899 Grand Prix (team DAN, et suivants).Voiturettes Renault en course, de 1899 à 1903.. Dans leur catégorie spécifique, les Renault n’ont désormais pas de rivaux. Les frères Renault gagnent dans la foulée Paris-Ostende (Louis au général en 1899), Paris-Rambouillet, Paris-Toulouse-Paris (Louis au général en 1900 (*), tout en achevant la même année la construction de sa première voiture à conduite intérieure), le second Circuit du Sud-Ouest — ou Grand Prix de Pau — (Louis au général en 1901), Paris-Bordeaux (Louis au général, et Marcel ), Paris-Berlin (Louis au général), ainsi que la première étape du Paris-Arras-Paris (par Louis en 1902 au général, et Marcel classé ). Leurs succès répétés en courses font la célébrité et le succès de la marque, et des commandes sont même passées à cette époque pour , soit dix ans d'un salaire moyen de l'époque. Marcel — et son mécanicien embarqué René Vauthier — gagnent même au classement général cette fois la course Paris-Vienne, en 1902 (Louis ).
Louis et Marcel participent à la course Paris-Toulouse-Paris 1900 (de ) durant l'année des Jeux olympiques d'été de 1900. Renault domine ainsi la catégorie des voiturettes (- de ) dans le cadre des Sports de l'Exposition Universelle de 1900 non reconnus officiellement par le comité olympique, et impose de fait ce nouveau concept - toutes catégories confondues : Alfred VelgheRapport officiel des JO 1900 part.2, p.316.. Les deux frères Renault obtiennent alors une médaille de vermeil Voiturettes et le prix de allant avec, ainsi qu'une plaquette d'or en Voiturettes de 250 à .
En 1902 toujours, les usines Renault s'étendent sur à Boulogne-Billancourt avec plusieurs modèles au catalogue. Louis présente son premier moteur Renault, , .
Disparition accidentelle de Marcel Renault En 1903, Louis perd son frère Marcel, âgé de , victime d’une sortie de route près de Couhé-Vérac en Poitou-Charentes lors de la course automobile Paris-Madrid, alors que lui-même est déclaré deuxième après l'arrêt de la course à Bordeaux, et premier des voiturettes (Szisz étant son mécanicien).
Traumatisé par cette mort, il abandonne la compétition et recrute des pilotes expérimentés pour piloter ses voitures partout dans le monde , notamment Ferenc Szisz sur le modèle AK ou encore le Russe Constantin Kapoustine en 1907 vainqueur de la Coupe Piotr Beliaeïv, le Français émigré aux États-Unis Charles Basle en 1909, et le Russe « Basil » (Alexandre) Soldatenkov qui obtient victoire et podium lors de sprints à Saint-Pétersbourg en 1912Early Motor racing in Russia, 1898-1914 (AutoSport)., avec une 35 CV. Paul Lacroix, directeur de la société américaine Renault Frères Selling Branch, remporte associé à Maurice Bernin les 24 Heures de Morris Park en 1907, puis il engage la 35 CV « Agatha » victorieuse de celles de Brighton Beach en 1909 avec Basle et Louis RaffalovichL'épopée rallye (article de Loic Ferrière, sur PlanèteRenault le ).. Lacroix recrute encore l'Américain Lewis Strang pour Renault en 1908 (sixième et premier Américain au GP des États-Unis) et 1909. Louis Renault rachète les parts de société de son frère disparu, et Fernand développe le réseau commercial de Renault Frères en France, en Europe et aux États-Unis.
En 1905, la société reçoit sa première grosse commande : . Louis transforme ses installations artisanales en industrie de production de série et devient le premier constructeur automobile français. Deux ans plus tard, un taxi sur deux en France et au Royaume-Uni est une Renault qui s'exporte avec succès jusqu'à New York et Buenos Aires.
En 1906, Louis se lance avec succès dans sa seconde passion : la fabrication de moteurs d'avion performants qui battent record sur record dans les airs. La même année, il est nommé chevalier de la Légion d'honneurDossier de Renault Louis, Base_Léonore, consulté le 6 novembre 2014..
En 1908, Fernand Renault vend ses parts de société à Louis et prend sa retraite. Il meurt des suites d'une longue maladie en 1909. Louis Renault devient alors à seul héritier de la fortune familiale et seul maître de sa société qu'il rebaptise « Société des automobiles Louis Renault ». Il est très inventif et ses voitures sont de plus en plus efficaces. D'après Jean-Pierre Rioux, la santé de l'entreprise est liée à la période de la Belle Époque, très favorable du point de vue économique, mais aussi à « une sagesse instinctive et assez provinciale, assez française somme toute. Louis Renault est resté un descendant de merciers et de maquignons »..
En 1911, il effectue un voyage aux États-Unis pour étudier les méthodes industrielles de son concurrent Henry Ford avec son modèle unique et pas cher, la Ford T. Sa tentative d'appliquer le chronométrage pour augmenter la productivité (taylorisme) en France se heurte à de sérieux problèmes sociaux et il essuie un mouvement de grève en 1913 dans son usine de plus de . Souvent autoritaire et colérique, parfois intransigeant, Louis Renault sait aussi faire preuve d'ouverture d'esprit et de souplesse dans la gestion des affaires sociales. S'il a recours au lock-out, comme la plupart des industriels de cette période, il est pourtant l'un des premiers à autoriser la délégation ouvrière dans ses usines (1912) et à introduire d'importantes réformes sociales, de concert avec son ami, le socialiste Albert Thomas, pendant la Grande Guerre. Pour Louis Renault . Le bureau d'études reste son domaine réservé ; il s'y montre acharné au travail, surdoué, prolifique, inventif et plein de génie.
Il est président de la chambre syndicale des constructeurs automobiles de 1913 à 1918.
Après une longue liaison avec la cantatrice Jeanne Hatto, il épouse le , (à ) à Herqueville (Eure)Mention marginale de l'acte de naissance de Louis Renault extraite du registre d'état civil du de Paris (1877) : « Marié à Herqueville (Eure) le avec Christiane Boullaire. Le quinze octobre suivant, signé : Le maire. » Archives de Paris. la sœur de Jacques Boullaire, Christiane Boullaire. Le couple a ensuite un fils unique Jean-Louis. Christiane devient plus tard la maîtresse de Drieu la Rochelle qui décrit ensuite leur liaison dans son roman Béloukia et l'entraîne vers le fascisme.
Première Guerre mondiale