, né le à Varsovie en Pologne et mort le à Assiout en Égypte, est un réfugié politique polonais exilé en France, descendant d'une grande famille de la noblesse polonaise, comptant parmi les familles les plus riches d'Europe. Le comte Branicki est également écrivain, mécène et philanthrope. Il est naturalisé français en 1854.
Né dans une Pologne avant les partages qui l'ont rayée de la carte de l'Europe, Franciszek Ksawery Branicki s'engage dans l'Armée impériale russe mais ses convictions patriotiques lui valent la méfiance puis, plus tard, l'hostilité de l'empereur . Il quitte l'armée en 1844, vend la plupart de ses domaines polonais et s'exile, d'abord auprès de sa sœur en Italie, puis en France.
Dès son arrivée à Paris vers 1848, il fréquente les salons, les milieux libéraux mais aussi ceux des finances. Son immense fortune et ses contacts contribuent à la fondation du Crédit foncier de France, financement des travaux haussmanniens à Paris et des investissements importants dans l'industrie ferroviaire en France et en Algérie. En 1849, il acquiert le château de Montrésor et devient maire de la commune de 1860 à 1870.
Patriote polonais, il soutient financièrement les émigrés polonais en France et reste en contact avec les Polonais en Italie. Il se met également au service de la France en participant à la guerre de Crimée ainsi qu'à la campagne d'Italie. Il est naturalisé français en 1854 et ses actions lui valent d'être nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 1862.
Personnage éclectique et passionné, séducteur, adepte de la chasse à courre et collectionneur, il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages politiques et économiques, dont deux dans lesquels il développe l'idée, non retenue, d'un impôt sur le capital pour participer au paiement de la dette à l'Allemagne après la guerre de 1870.
Biographie Les Branicki sont une famille très influente à la cour impériale de Saint-Pétersbourg au .
Franciszek Ksawery Branicki est l'aîné de quatre fils dans une fratrie de sept enfants du comte Władysław Branicki et son épouse Róża née Potocka.. Son grand-père est le hetman Franciszek Ksawery Branicki et sa grand-mère Alexandra von Engelhardt, nièce du prince Grigori Potemkine et proche de l’impératrice .. Propriétaire d'une immense fortune et des domaines importants comme à Biała Cerkiew, le grand-père Branicki a joué un rôle de premier plan dans l'histoire de la Pologne mais son action a été néfaste.. Il a participé, entre autres, à la confédération de Targowica, qui a mené directement aux partages de la Pologne, divisée et occupée par la suite par l'empire russe, l'empire autrichien et le royaume de Prusse.. Aussi, le grand-père maternel de Branicki, Stanisław Szczęsny Potocki s'est rangé aux côtés du Tsar.
Le jeune Ksawery se montre très réceptif aux idéaux du patriotisme polonais de sa mère Róża Potocka et s'oppose aux convictions politiques de son père et de ses deux grands-pères. Il entre cependant dans l'armée russe dès l'âge de . où il se retrouve sous la tutelle du maréchal Ivan Paskevitch et devient aide de camp du tsar . Ce n'est pas une véritable promotion mais plutôt une « mise sous surveillance », car le tsar aurait parlé de Branicki à Paskevitch en ces termes : « Bon ou mauvais officier, il est animé par le plus détestable esprit. C'est la jeune France greffée sur la vieille Pologne. Maintenant je l'aurai sous la main. S'il se rend coupable de la moindre peccadille, son affaire sera faite aussitôt. Je l'enverrai dans quelque région perdue où les corbeaux même ne parviendront pas à découvrir sa carcasse. ». Xavier Branicki participe à la guerre du Caucase et il est promu lieutenant-colonel. Une maladie contractée pendant une campagne sur le Kouban. lui sert de prétexte pour faire une cure à Gryfów Śląski.. et démissionner en 1844 de l'armée.
Il quitte alors la Russie pour entreprendre un grand tour en Italie où il séjourne chez sa sœur, Zofia Branicka, épouse du prince Erba-Odescalchi.. C'est peut-être là ou à Paris, vers 1847, que Branicki rencontre la famille du roi Jérôme-Bonaparte, frère de Napoléon et devient l'un de ses proches, notamment de son fils Napoléon-Jérôme.
En 1849, le tsar intime l'ordre à Branicki de rentrer en Russie mais celui-ci refuse.. En réponse, le condamne au bannissement et aux travaux forcés à perpétuité dans les mines de Sibérie, lui retire ses titres nobiliaires, le dégrade de l'armée, le prive de ses décorations et confisque tous ses biens.. A cette époque, prévoyant, Ksawery Branicki a déjà vendu ou d'hypothéqué ses propriétés..
La même année, Branicki acquiert le château de Montrésor et plus de de terres situées dans les environs... Toutefois, il réside plus souvent à Paris qu'en province, ne se fixant plus durablement en Touraine qu'à la fin des .
thumb|120px|Pelagia Branicka née Zamoyska En 1873, il se marie avec Pelagia Zamoyska (1830-1894), veuve d'Aleksander Rembieliński et mère de deux fils..
Il meurt en lors d'une croisière à Assiout et il est inhumé à Montrésor en .. Sans descendance légitime, c'est le frère cadet de Ksawery., Konstanty Branicki qui hérite d'une grande partie de ses biens car Branicki a prévu plusieurs legs, dont un pour à hauteur du trente-sixième de sa fortune. estimée par le notaire chargé de la succession à plus de . (environ ). Au début du , les descendants de Konstanty Branicki habitent toujours le château de Montrésor.
Un homme aux multiples facettes Un défenseur de la cause polonaise au service de la France
Le comte Branicki n'avait pas fait mystère de ses sentiments patriotiques pendant qu'il servait sous l'uniforme russe. Ses contacts avec les insurgés polonais exilés en Italie et en France exaspèrent l'empereur qui le condamne par contumace au bannissement en Sibérie et confisque tous ses biens. Ksawery Branicki ne revient plus jamais dans son pays natal après 1844. Il s'investit dans les projets politiques, culturels et scientifiques de l'émigration politique polonaise, avec l'espoir de voir son pays d'origine retrouver son indépendance. Il fréquente les milieux progressistes et offre son soutien aux mouvements de libération nationale en Europe occidentale. Il appuie financièrement les projets politiques, ainsi que la vie d'écrivains et artistes compatriotes exilés, comme Adam Mickiewicz., Cyprian Norwid. ou Joachim Lelewel. En 1849, il fonde et finance le journal La Tribune des Peuples d'Adam Mickiewicz.. Il finance l'école polonaise des Batignolles ainsi que la Société historique et littéraire polonaise.
Il finance aussi l’expédition de la Légion de Adam Mickiewicz combattant en Italie en 1848 ce qui lui vaut un arrêté d'expulsion demandé par la Russie en mais jamais appliqué. et annulé au moment de sa naturalisation obtenue en 1854. Branicki finance aussi l’organisation des légions du général Władysław Zamoyski et du général Józef Wysocki en Turquie. Il apporte également son soutien financier aux insurgés polonais de .
vignette|alt=Photogtaphie en couleurs d'une sculpture représentant au premier plan le buste d'un personnage vêtu d'une toge romaine.|Buste de Xavier Branicki (premier plan), château de Montrésor.
Le comte Branicki souhaite que la restauration de l'Empire en France s'accompagne d'un soutien officiel aux patriotes et leur rêve de rentrer dans une patrie indépendante ; ce n'est pas le cas.. Il espère également que l'affaiblissement de la Russie après la guerre de Crimée favorisera le rétablissement de la Pologne, espoir là encore déçu. Il semble pourtant user de toute son influence pour infléchir la position des autorités françaises : le , le prince Napoléon prononce devant le Sénat un discours dans lequel il s'engage résolument en faveur de pétitions demandant le rétablissement de la Pologne. ; cette prise de position lui a sans aucun doute été dictée par ses contacts fréquents avec les émigrés polonais, au premier rang desquels Xavier Branicki..
Même s'il reste profondément attaché à sa patrie d'origine, il s'engage sans réserve au service de son pays d'accueil. Il sert dans les rangs de l'armée française lors de la guerre de Crimée pendant la campagne d'Italie, participant notamment à la bataille de Magenta. Ces faits de guerre lui valent d'être nommé chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 1862. S'il ne participe pas lui-même à la guerre de 1870, il finance la fondation et le fonctionnement d'un hôpital de campagne. ; au mois d', il offre au gouvernement français une somme de pour le soulagement des blessés..
Un châtelain et un maire Maire et mécène pour sa commune vignette|gauche|upright=0.65|alt=Vue d'un édifice recouvert d'un dôme en arrière-plan, une croix tombale au premier plan.|La chapelle funéraire Branicki du cimetière de Montrésor. Sa grande fortune lui permet de financer des travaux colossaux sur de nombreux bâtiments de la commune, dont le château, mais aussi de pourvoir à certaines dépenses quotidiennes de fonctionnement de Montrésor, jusqu'alors profondément endettée.. Naturalisé Français depuis 1854 et malgré son absence à Paris pour la majeure part d'une décennie, Xavier Branicki se révèle, pour la petite commune dont il est le maire de 1860 à 1870, un mécène généreux. À son arrivée, Montrésor est délabré et les équipements communaux sont en mauvais état, vétustes ou insuffisants et c'est le préfet d'Indre-et-Loire lui-même qui dresse ce constat alarmant. Le comte Branicki fait réparer l'école des filles, puis installe celle des garçons qui sera construite à partir de 1873. et prend en charge le salaire de son maître ; il restaure entièrement l'église, établit un nouveau cimetière sur un terrain dont il a fait don à la commune et dans lequel il construit une chapelle funéraire pour sa famille. ; il finance la construction d'une ligne de télégraphe entre Montrésor et Loches vers 1866., l'aménagement d'une nouvelle mairie et d'un local pour que le juge de paix puisse siéger dans des conditions convenables ; un don permet à la commune d'acheter une pompe à bras pour lutter contre les incendies mais la compagnie des sapeurs-pompiers ne sera créée qu'en 1890.. Il propose également qu'un hospice pouvant accueillir vieillards et malades du canton soit installé à Montrésor.
Par les importants travaux qu'il conduit à Montrésor, au château notamment, mais aussi comme propriétaire terrien car il possède plusieurs fermes dans le canton de Montrésor, Xavier Branicki fournit un emploi à de nombreux habitants de la commune et des alentours.. Son arrivée à Montrésor n'a pourtant pas été unanimement saluée ; en témoigne cette appréciation sévère de Victor Le Febvre, avocat, propriétaire à Genillé, mais surtout polémiste, républicain convaincu et ennemi farouche des Bonaparte :
Grand propriétaire et amateur d'art éclectique vignette|alt=Vue générale d'un château Renaissance, poivrière à l'angle.|Le château de Montrésor. Le nouveau châtelain de Montrésor confie la restauration du château à un intendant polonais, ancien officier et compatriote dévoué, Rodolf Domaradzki. Il demande à bénéficier de facilités pour restaurer son château, l'alimenter en eau ; en échange, il fait ses premiers dons financiers à la commune. Ses réalisations dans le domaine agricole sont plusieurs fois primées lors des comices agricoles et il participe à l'amélioration des chevaux de trait locaux par des croisements avec des étalons venus des domaines de ses frères en Pologne, occupée par la Russie.. Xavier Branicki a acheté environ de terres lors de son installation à Montrésor ; au fil des années, il réalise d'autres acquisitions et, la fin du , sa famille possède plus de à Montrésor et dans les environs..
vignette|upright|gauche|alt=photo couleurs d'un chien de chasse à la robe noire et fauve.|Le brachet polonais.