Alain (Jean-Claude) Lazare est un athlète et homme politique français de Nouvelle-Calédonie, né le à Nouméa. Anti-indépendantiste membre du Rassemblement, il est maire de Boulouparis de 1995 à 2020, membre du gouvernement local de 2001 à 2004 et membre de l'Assemblée de la Province Sud et du Congrès depuis 2009.
Carrière sportive Alain Lazare a connu un parcours sportif national et international comme coureur de fond (tout particulièrement de marathonien) dans les années 1980. Il est champion de France de marathon à deux reprises, en 1983 (en 2 h 12 min 51 s) et en 1986 (2 h 14 min 14 s). Il est sélectionné ensuite à six reprises en équipe de France d'athlétisme entre 1984 et 1988 ATHLETES DU PACIFIQUE SELECTIONNES EN EQUIPE DE FRANCE, site officiel de la Ligue néo-calédonienne d'athlétisme. Il participe ainsi aux marathons des Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles (arrivé ) et de 1988 à Séoul (il ne termine pas la course cette fois) Fiche d'Alain Lazare, performances olympiques, https://www.sports-reference.com. Il est également médaillé de bronze à la Coupe du monde de marathon en 1988, et double médaillé d'argent par équipes en 1985 et 1987. Le , à Tokyo, il établit la meilleure performance française de tous les temps sur marathon en Docathlé2003, Fédération française d'athlétisme, .
Il domind en règle générale les épreuves de course de fond aux Jeux du Pacifique Sud Résultats de l'athlétisme, Jeux du Pacifique Sud, http://www.gbrathletics.com : 800 mètres : médaille d'argent en 1983 (Apia, Samoa, 1 min 55 s 62) et d'or en 1987 (Nouméa, Nouvelle-Calédonie, 1 h 55 min 73 s). : médaille d'or en 1979 (Suva, Fidji, 3 min 54 s 38), 1983 (3 min 59 s 81) et 1987 (3 min 50 s 27). 5 000 mètres : médaille de bronze en 1975 (Tumon, Guam, 15 min 16 s 12) et d'or en 1979 (14 min 47 s 3), 1983 (15 min 07 s 8) et 1987 (14 min 15 s 12). 10 000 mètres : médaille d'argent en 1975 (32 min 25 s 07) et d'or en 1979 (32 min 00 s 9), 1983 (31 min 55 s 11), 1987 (30 min 59 s 99) et 1991 (Port-Moresby - Lae, Papouasie-Nouvelle-Guinée, 34 min 44 s 58). marathon : médaille d'or en 1975 (2 h 36 min 35 s), 1979 (2 h 30 min 57 s), 1983 (2 h 28 min 30 s) et 1987 (2 h 26 min 58 s). steeple : médaille d'or en 1979 (9 min 22 s 26), 1983 (9 min 27 s 84) et 1987 (9 min 07 s 11).
Il obtient de plus six médailles d'or aux Mini-Jeux du Pacifique Résultats de l'athlétisme, Mini-Jeux du Pacifique Sud, http://www.gbrathletics.com : 2 au : à Honiara (Îles Salomon) en 1981 (15 min 51 s 08) et aux Tonga en 1989 (14 min 45 s 27). 2 au : en 1981 (32 min 39 s 50) et en 1987 (30 min 30 s 96). 2 au steeple : en 1981 (9 min 36 s 01) et 1989 (9 min 41 s 84).
Il est le détenteur des records de Nouvelle-Calédonie en 3 000 mètres (le à Nouméa, 8 min 13 s 2), 5 000 mètres (le aux Jeux du Pacifique Sud de Nouméa, 14 min 15 s 12) Records du monde par pays ou territoire du , http://www.arrs.net, 10 000 mètres (le à Nouméa, 29 min 13 s 0) Records du monde par pays ou territoire du , http://www.arrs.net, semi-marathon (le à Huntly, Waikato, Nouvelle-Zélande, 1 h 2 min 44 s) Records du monde par pays ou territoire du semi-marathon, http://www.arrs.net. Il a également détenu pendant un temps le record de France de marathon, établi le à Tōkyō (Japon) en 2 h 11 min 59 s..
Carrière professionnelle Il réalise ses premières expériences professionnelles à la Banque de l'Indochine, puis à la Société Le Nickel (SLN), avant de devenir secrétaire général de la mairie de Boulouparis de 1973 à 1995... Une fois élu maire, il devient chargé de mission auprès du directeur de l'Enseignement, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de la Province Sud à compter du Arrêté /PS du 23 novembre 1995 portant nomination d'un chargé de mission à la Direction de l'Enseignement, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, JONC , 12/12/1995, . Il prend sa retraite le Arrêté /GNC-Pr du 27 février 2003 admettant M. Lazare Alain, rédacteur du cadre territorial d’adminis-tration générale de la Nouvelle-Calédonie, à faire valoir ses droits à la retraite, JONC , 11/03/2003, .
Carrière politique Maire de Boulouparis
Membre du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), principal parti de la droite anti-indépendantiste (ou loyaliste) de Nouvelle-Calédonie, il est élu pour la première fois le maire de Boulouparis, petite commune rurale de la côte Ouest de la Grande Terre, en Province Sud. Il est réélu le et le . Elle connaît sous sa magistrature un phénomène de rurbanisation, sa population passant de en 1996 à en 2009 (soit un taux d'évolution annuel de +3,27 %, soit la cinquième plus forte croissance démographique de la Nouvelle-Calédonie pendant cette période)..
Parmi les réalisations principales de ses trois mandats figurent : le réaménagement du village-centre (avec embellissements paysagers, la construction d'une arche à l'entrée de l'agglomération, notamment), l'ouverture d'une bibliothèque municipale (surnommée « Bibou ») et d'un centre culturel, les lotissements pour résidences secondaires de Bouraké et Port-Ouenghi., la réhabilitation en 2006 du wharf de Tomo (avec des farés aménagés, des sculptures et un sentier pédestre avec bancs et passerelle)., l'obtention en 2009 d'une réfection de la portion de la Route territoriale 1 (RT 1) au passage de l'agglomération de Tomo (notamment pour forcer les véhicules à ralentir, avec des ilots centraux et des chicanes), la création d'un festival biennal de la bande dessinée et de l'image à partir de 2003. ou l'organisation chaque année, en mai, à partir de 1997 de la fête du cerf et de la crevette..
Il défend fermement la candidature du site d'Oumbagou, situé dans sa commune, pour remplacer le Centre d'enfouissement de Ducos à Nouméa (créé en 1963 et saturé depuis 1997, ne répondant plus à aucune norme, notamment environnementale) lorsque le chef-lieu lance une étude en 2002. Elle arrête bientôt son choix, par élimination, sur celui d'Oumbagou, le seul présentant les qualités géologiques (sol argileux empêchant la perméabilité des sols), climatiques (faible pluviométrie), d'altitude (situé en plaine) nécessaires et à être assez éloigné de toute zone habitée (en plein campagne) nécessaires, le seul problème provenant de sa distance par rapport au chef-lieu () qui entraînerait des perturbations dans la circulation.. Toutefois, une association d'opposition à cette installation se crée rapidement au sein de la population de Boulouparis, reprochant au projet d'être imposé par Nouméa sans consultation des populations locales et de n'être pas totalement sûr en matière d'environnement, le site envisagé comportant « quatre forages et une source » ce qui décèlerait la présence d'une nappe phréatique.. Pour autant, la candidature de Boulouparis est soutenue par les organismes écologistes locaux., et une enquête publique sur l’installation de stockage des déchets ménagers et assimilés (ISD) à Oumbagou est lancée le .. Mais le changement de majorité à la Province Sud en 2004 provoque un changement de stratégie, et c'est finalement Gadji à Païta qui est finalement retenu en 2005 par le biais de la création d'un syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) de traitement des déchets ménagers réunissant les communes du Grand Nouméa en juin, tandis que les deux CET existants de Ducos et du Mont-Dore doivent être transformés en centres de tri et de transit Note explicative de synthèse de la ville de Nouméa sur la création du syndicat de communes pour le traitement des déchets ménagers de l'agglomération du Grand Nouméa, 2005. La nouvelle Installation de stockage des déchets (ISD) est finalement mis en service en ..
Membre du gouvernement Après la mise en place en 1999 des institutions prévues par l'accord de Nouméa, Alain Lazare est en huitième position de la liste d'union entre le RPCR et la Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI, petit parti indépendantiste modéré qui forme la majorité avec le Rassemblement) pour la désignation le du local. Celle-ci, menée par le maire de Nouméa Jean Lèques, obtient 7 des 11 sièges sièges à pourvoir. Lors de l'élection de l'exécutif suivant le , le maire de Boulouparis est cette fois avancé en sixième place et entre donc au gouvernement présidé par le député Pierre Frogier. Il obtient le suivant l'animation et le contrôle du secteur des Affaires économiques. Il conserve le même poste lors du remaniement du , et obtient en plus la charge des relations avec le Congrès, le Conseil économique et social et les Communes. Après la formation du (dit « Frogier II ») le , il ajoute à ses précédentes prérogatives celles des Simplifications administratives et de l'Amélioration du Service public. Il le reste jusqu'aux élections provinciales du et à la formation d'un nouvel exécutif le suivant..
Chargé de mieux faire connaître les produits néo-calédoniens en France métropolitaine ou dans la région Asie-Pacifique, il mène les délégations au Salon international de l'agriculture à Paris en ., au Grand Pavois de La Rochelle où la Nouvelle-Calédonie est l'invitée d'honneur en ., à la Foire de Paris en avril-. ou au salon Foodex de Tōkyō au Japon en .. Il présente un avant-projet de réforme de la réglementation économique le , basé sur des propositions de libération de certains prix, d'une meilleure information au consommateur, de la redéfinition des pratiques commerciales, du renforcement de la transparence et d'équilibrage des relations entre producteurs et distribution.. Le changement de majorité aux élections provinciales du font qu'elles ne seront pas suivies.
Un fidèle du Rassemblement Alain Lazare se montre d'autre part pendant cette période un fidèle du président fondateur du RPCR et chef historique de la famille anti-indépendantiste, le député et président de l'Assemblée de la Province Sud Jacques Lafleur, alors même que des critiques commencent à se développer au sein du parti. Ainsi, lors d'une réunion de la direction à La Foa le , un mouvement interne au Rassemblement militant pour une modernisation de ce dernier et à plus de démocratie de la part de Jacques Lafleur se fait jour, sous la conduite du maire de cette commune, Philippe Gomès. Tout en reconnaissant à ce dernier son « action essentielle pour la Nouvelle-Calédonie ces 25 dernières années », il l'appelle à prendre en compte les « secousses » qui touchent alors le RPCR (fronde du maire de Païta Harold Martin qui s'est fait réélire contre le candidat officiel du parti, démission de la première vice-présidente du Congrès Marie-Noëlle Thémereau pour protester contre le poids trop important de la Province Sud dans le jeu institutionnel) et qui, selon lui, « témoignent de la nécessité pour le parti d’évoluer, de faire en sorte qu’en son sein l’expression ait davantage sa place, que l’on fonctionne d’une manière plus démocratique aussi bien au niveau des instances que des débats qui sont ceux de la société calédonienne d’aujourd’hui ». Si cette attitude ne vaut pas à ces « réformateurs » de critique directe de la part du chef loyaliste, les plus fidèles partisans de ce dernier ne cachent pas leur hostilité à son égard. Ainsi, Alain Lazare accuse dans un entretien accordé à la radio anti-indépendantiste RRB les proches de Philippe Gomès de l'avoir « verbalement agressé » à La Foa et dit d'eux : « Je crois que ce qu’ils souhaitent c’est tout simplement avoir le pouvoir »..