Les élections législatives croates de 2011 () se tiennent le dimanche , afin d'élire les de la du Parlement pour un mandat de quatre ans.
La Coalition Cocorico (KK), formée autour du Parti social-démocrate, obtient la majorité absolue des sièges. Elle devance de plus de l'Union démocratique croate (HDZ), au pouvoir depuis huit ans et plombée par des scandales financiers. Zoran Milanović accède au poste de Premier ministre et forme son gouvernement moins de trois semaines après le scrutin.
Contexte La reconduction d'Ivo Sanader Lors des élections législatives du 25 novembre 2007, l'Union démocratique croate (HDZ) du Premier ministre Ivo Sanader s'impose avec , soit dix de plus que le Parti social-démocrate de Croatie (SDP). Bien qu'aucune majorité claire ne se dégage au Parlement, la HDZ semble davantage en mesure de conserver le pouvoir.
Après avoir constitué un gouvernement de coalition avec le Parti paysan croate (HSS), le Parti social-libéral croate (HSLS) et le Parti démocratique indépendant serbe (SDSS), Sanader obtient le , la confiance des parlementaires. Le vice-Premier ministre Slobodan Uzelac devient le premier ministre issu des Serbes de Croatie depuis l'indépendance.
Le mois d' est marqué par trois assassinats à caractère mafieux à Zagreb, d'abord celui de la fille d'un avocat défendant un ancien général accusé de corruption, puis ceux de deux journalistes considérés comme proches de la mafia croate. Quelques mois plus tôt, un journaliste d'investigation spécialisé dans le crime organisé avait été frappé à coups de barres de fer par des agresseurs jamais identifiés, et hospitalisé. Ces affaires conduisent au renvoi des ministres de la Justice et de l'Intérieur.
L'accession au pouvoir de Jadranka Kosor Le , Sanader annonce à la surprise générale son retrait de la vie politique, réfutant par ailleurs les rumeurs qui le voient se présenter à la présidence de la République à la fin de l'année. Sa successeure Jadranka Kosor, première femme à diriger l'exécutif croate, obtient cinq jours plus tard l'investiture des parlementaires et met en place une équipe au sein de laquelle le HSLS ne siège plus. Elle signe, le suivant, un compromis avec le président du gouvernement slovène Borut Pahor afin de résoudre le conflit frontalier opposant les deux pays en baie de Piran, conduisant la Slovénie à lever son veto à l'entrée de la Croatie au sein de l'Union européenne.
L'élection présidentielle qui se tient à la fin de l'année constitue un camouflet pour la HDZ, son candidat Andrija Hebrang échouant à se qualifier au second tour. Sanader annonce alors son retour en politique, mais se trouve exclu par sa propre formation. Le député social-démocrate Ivo Josipović, compositeur de musique et professeur de droit, l'emporte finalement avec 60,3 % des voix face au maire de Zagreb Milan Bandić.
La justice croate lance le un mandat d'arrêt international contre Ivo Sanader, qui a quitté la Croatie après que le Parlement a levé son immunité parlementaire. Il est interpellé en Autriche le lendemain dans le cadre d'une enquête anti-corruption qui le met en cause dans le financement illégal de la HDZ. Kosor procède deux semaines plus tard à un remaniement ministériel, qui voit le débarquement du ministre des Finances Ivan Šuker, afin d'affronter la dégradation de la situation économique du pays et la dernière ligne droite des négociations d'adhésion à l'Union européenne.
Mode de scrutin thumb|Salle des séances du Parlement. Le Parlement () est le parlement monocaméral de la république de Croatie. Il se compose de , élus pour une législature de quatre ans : élus au scrutin proportionnel d'Hondt dans dix circonscriptions de , avec un seuil électoral de 5 % ; élus pour représenter les minorités ethniques au scrutin majoritaire à un tour plurinominal ou uninominal : 3 représentants des Serbes ; 1 représentant des Italiens ; 1 représentant des Hongrois ; 1 représentant des Tchèques et Slovaques ; 1 représentant des Albanais, Bosniaques, Macédoniens, Monténégrins et Slovènes ; 1 représentant des Autrichiens, Bulgares, Allemands, Juifs, Polonais, Roms, Roumains, Ruthènes, Russes, Turcs, Ukrainiens et Valaques élus au scrutin proportionnel d'Hondt représentant la diaspora croate.
Avant un amendement à la loi électorale de 2010, le nombre de députés de la diaspora variait en fonction du nombre de votants des expatriés par rapport au nombre de votants dans les dix premières circonscription, pour un maximum de . Au cours des dernières élections organisées sous ce système en 2007, cinq sièges avaient ainsi été pourvus par la diaspora.
Campagne Les députés votent le la dissolution du Parlement par favorables, ouvrant la voie à la tenue des élections législatives le suivant.
Mise en cause dans de nombreux scandales financiers, l'Union démocratique croate tente de faire oublier ses déboires en retrouvant ses accents nationalistes sans remettre en cause son engagement pro-européen. La Première ministre Jadranka Kosor rend ainsi hommage à la mémoire de Franjo Tuđman, premier dirigeant de la Croatie indépendant aux penchants nationalistes et autoritaires. La Coalition Cocorico (KK), formée de quatre partis de centre gauche, mène campagne sur le respect de l'État de droit, l'arrimage à l'Europe et le redressement de l'économie. La Croatie est alors en récession depuis deux ans et le chômage touche 17 % de la population active.
Principales forces politiques Parti/coalitionChef de fileIdéologieRésultat en 2007Union démocratique croate (HDZ, , DC) (HDZ)Jadranka Kosor(Première ministre)Centre droitDémocratie chrétienne, conservatisme, europhilie36,2 % des voixCoalition Corico (SDP, HNS, HSU, IDS) (KK)Zoran MilanovićCentre gaucheSocial-démocratie, social-libéralisme, régionalisme43,7 % des voixParti paysan croate (HSS)Josip FriščićCentreAgrarisme, social-libéralisme, démocratie chrétienneEn coalition
Résultats +Résultats des élections législatives croates de 2011.Fichier:Sabor 2011.svgParti/coalitionVoix%+/-Sièges+/-Parti social-démocrate de Croatie (SDP)40,72 3,0261 5Parti populaire croate - Démocrates libéraux (HNS)13 6Diète démocrate istrienne (IDS)3Parti croate des retraités (HSU)3 2Coalition Cocorico (KK)80 13Union démocratique croate (HDZ)23,93 12,6944 22Parti civique croate (HGS)2 2Centre démocratique (DC)1 1Total Union démocratique croate (HDZ)47 19Travaillistes croates - Parti du travail (HL-SR)5,176 6Parti social-libéral croate (HSLS)3,100 2Parti croate du droit (HSP)3,07 0,430 1Parti paysan croate (HSS)3,041 5Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB)2,93 1,136 3Liste indépendante d'Ivan Grubišić2,822 2Parti croate du droit – Ante Starčević (HSP-AS)2,811 1Pur parti croate du droit (HČSP)0Parti croate du droit – Ante Starčević (HSP-AS)1 1Parti démocratique indépendant serbe (SDSS)3Alliance des associations hongroises (SMU)1Parti croate des retraités (HSU)1 1Centre pour l'intégration européenne (CPI EU)1 1Parti démocrate des Bosniaques de Croatie (BDSH)1 1Indépendants1 1Autres partis0 2Minorités nationales8Autres12,400Suffrages exprimés98,28Votes blancs et invalides1,72Total100 –151 2Abstention43,71Inscrits / participation56,29
Analyse La victoire du centre gauche met un terme à de pouvoir quasi-ininterrompu de l'Union démocratique croate. Bien qu'il ne soit pas très populaire, qu'il soit peu charismatique et connu pour son tempérant colérique, Zoran Milanović s'impose grâce à la forte volonté d'alternance au sein de la société croate.
Conséquences Le , le président de la République Ivo Josipović charge Zoran Milanović de constituer le douzième gouvernement de Croatie. Il s'engage alors à relancer la croissance économique et à faire voter rapidement un budget d'austérité. Son équipe obtient la confiance du Parlement neuf jours plus tard, par pour, et .
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Politique en Croatie Douzième gouvernement de Croatie
Liens externes
2011 Croatie, législatives Élections Catégorie:Politique en décembre 2011