Jean-Louis d'Anglebermes, né le à Nouméa, est un homme politique indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, militant du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et en son sein de l'Union calédonienne (UC).

De 2014 à 2021, il est membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie chargé du Travail et de l'emploi, du Dialogue social, de la Formation professionnelle et des Relations avec le Conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie (CESE-NC). Il est également le vice-président du gouvernement de 2015 à 2019. Il a été auparavant membre du Huitième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, chargé de l'Écologie, du Développement durable, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche.

Le , il est élu président du CESE-NC, devenant le premier indépendantiste à prendre la direction de cette institutionLouis Perin et Françoise Tromeur, « L’ex-membre du gouvernement Jean-Louis d’Anglebermes préside le Conseil économique, social et environnemental », Nouvelle-Calédonie , 28/12/2021, mis à jour le 29/12/2021, consulté le 30/12/2021.

Militant du FLNKS Fils d'un Néo-calédonien d'origine européenne et d'une Mélanésienne, Jean-Louis d'Anglebermes est diplômé d'une maîtrise en chimie analytique et sciences de l'environnement, et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) en thermodynamique. Il a enseigné les sciences physiques, l'environnement et l'écologie de 1981 à 1988, il contribue notamment à la rédaction du manuel de seconde sur l'écologiePrésentation du président, site officiel du CESE-NC, consulté le 26 août 2022..

Puis il est le gérant d'une société de pêche et de transformation à Bélep de 1988 à 1993, ainsi que chargé de missions auprès de François Burck, président de l'Union calédonienne (UC) de 1989 à 1996 et collaborateur au conseil de gouvernement de la vice-présidence de l'Assemblée de la Province Nord de 1994 à 1996. Il est candidat pour la première fois aux élections provinciales du sur la liste du FLNKS menée par Rock Wamytan dans le Sud (en pour 32 sièges à pourvoir dans une collectivité qui plus est majoritairement anti-indépendantiste, il n'est pas élu) Arrêté n° 910 du 23 juin 1995 fixant les listes de candidats aux élections des Assemblées de province du 9 juillet 1995, JONC n°7073, 23/06/1995, p. 1704-1724. Il est toutefois chargé de missions auprès de la commission de l'agriculture du Congrès de 1996 à 1999. Il devient lui-même agriculteur à Païta en 1999.

Il est commissaire politique adjoint de l'UC et conseiller au bureau politique du FLNKS à partir de 1998, et participe à ce titre aux négociations de l'accord de NouméaG. PAÏTA, J. CAZAUMAYOU, T. DE DECKKER, Gabriel Païta : témoignage kanak, éd. L'HARMATTAN, coll. « Mondes océaniens : Des Conflits et des Hommes », 1999, p. 222. Il est l'un des signataires le de la version définitive de l'accord de Bercy qui met en place un échéancier pour la construction de l'usine du Nord qui est confiée au canadien Falconbridge I. LEBLIC, Chronologie de la Nouvelle-Calédonie, Société des Océanistes.

Il reste ensuite un fidèle de Rock Wamytan, président du FLNKS de 1995 à 2001 et de l'UC de 1999 à 2001, face à la fronde de jeunes élus du parti (le « G7 », mené par Pascal Naouna ou Charles Pidjot, qui forme son propre groupe à l'UC et force finalement Wamytan à abandonner ses deux présidences en 2001). D'Anglebermes est ainsi en de la liste FLNKS menée par Rock Wamytan pour la formation du local le (elle obtient 3 des 11 sièges à pourvoir), puis en sur celle tirée par Déwé Gorodey pour la désignation de l'exécutif suivant le (2 élus sur 10). Cette fidélité lui vaut une certaine mise à l'écart des instances dirigeantes du FLNKS et de l'UC en même temps que la traversée du désert de Wamytan, entre 2004 et 2008. Durant cette période, il redevient professeur remplaçant, tout en continuant à mener son exploitation agricole à Païta.

Aux élections municipales de , il est présent à Païta en cinquième position sur la liste « Union citoyenne avec le FLNKS » de Louis-Jean Païta« A Païta le FLNKS change de méthode », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/03/2008. Celle-ci n'obtient que 421 voix et 7,97 % des suffrages exprimés, et ne se qualifie pas pour le second tourPaïta : résultats municipales 1er tour, www.lepost.fr, 14/03/2008, mise à jour 16/03/2008. Ensuite, pour les élections provinciales du , il est le directeur de campagne de la liste unitaire du FLNKS menée par Rock Wamytan dans le Sud, étant qui plus est candidat en Arrêté n° 2009/76/HC/DIRAG/SELP du 21 avril 2009 fixant l'état des listes de candidats à l'élection des membres du congrès et des assemblées de province du 10 mai 2009, JONC n°8313, 23/04/2009, p. 3084. Elle réunit votes (8,82 %) et gagne ainsi 4 sièges sur 40 à l'Assemblée provinciale (dont 3 des 32 envoyés au Congrès).

Membre du gouvernement

Jean-Louis d'Anglebermes est choisi ensuite pour mener la liste du groupe FLNKS (dominé par l'UC) pour l'élection du le : elle obtient 13 voix (les 9 de l'UC, 1 du RDO, 1 du Palika, 1 du LKS et 1 du RPC) et 3 des 11 sièges à pourvoir« COMPTE RENDU INTEGRAL DES DEBATS du vendredi 5 juin 2009 (Séance solennelle) (matin) », ged.congres.nc. Le suivant, les secteurs d'animation et de contrôle sont répartis entre les membres de l'exécutif, et Jean-Louis d'Anglebermes hérite de ceux de l'Écologie et du Développement durable, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la PêcheComposition des gouvernements depuis 2009 sur le site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

À ce poste, il relance en les discussions sur la réforme de la réglementation des pesticides (interrompues depuis 2008), sur la base d'un projet de délibération-cadre relative aux « conditions d’autorisation, d’importation, de mise sur le marché, de détention et d’utilisation des substances et produits sanitaires à usage agricole »H. LEPOT, « La réforme des pesticides revient sur la table », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/04/2010. Il présente également le pour la première fois en conférence de presse les résultats pour 2009 du plan de surveillance phytosanitaire (mis en place depuis 2006), et selon lequel environ 9,9 % des fruits et légumes locaux comportent des résidus de pesticides non conformes, taux « en légère diminution » par rapport aux années précédentes (11,8 % en 2008, 11,4 % en 2007 et 13,7 % en 2006) mais toujours plus élevé qu'en France métropolitaineS. AMIOTTE, « Les résidus de pesticides passés à la loupe », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/05/2010. Ces chiffres sont contestés par les associations de consommateurs (qui parlent de 20 à 50 % de produits agricoles vendus en Nouvelle-Calédonie comportant des produits chimiques interdits en Europe) tandis que Jean-Louis d'Anglebermes avoue dès son incapacité à réunir les acteurs pour négocier sur le sujetP. FRÉDIÈRE, « Pesticides : le débat tourne à la polémique », Les Nouvelles Calédoniennes, 29/07/2010. Le suivant, le tribunal administratif de Nouméa, saisi par des groupes écologistes, interdit cinq pesticides pourtant homologués en août de la même année par le gouvernement local : le cyhexatin, le propachlore et trois produits contenant du malathion et du méthomyl. Jean-Louis d'Anglebermes réagit par l'agacement, déclarant : « Ma délibération, elle est prête. De toute façon, ils trouveront toujours un moyen d’attaquer en justice »C. LÉHÉ, « Les écolos remportent une première bataille », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/12/2010.

Il est également chargé d'organiser la lutte gouvernementale contre la prolifération des cerfs, dont la croissance démographique dans les savanes et forêts sèches menacent les écosystèmes. À partir du , la prime à la mâchoire remise aux chasseurs (créée en 2007) de 1 000 à 3 000 francs pacifique pour les adultes et de 3 000 à 5 000 F CFP pour les faons. Pour Jean-Louis d'Anglebermes : « L’objectif de cette mesure est simple. C’est d’inciter les chasseurs à chasser plus et ainsi augmenter le prélèvement de cerfs sur le milieu naturel. À terme, l’objectif à atteindre serait de primer 150 000 mâchoires de cerfs par an pour les trois années à venir »P. CH., « Chasser plus pour gagner plus », Les Nouvelles Calédoniennes, 01/07/2010. À compter du , la prime est fixée à 5 000 F CFP pour les faons mais également pour les femelles, et ramenée à 1 000 Francs pour les mâles adultesC. LÉHÉ, « Une aide aux producteurs », Les Nouvelles Calédoniennes, 05/12/2010. En tant que président également de l'Agence pour la prévention et l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles (APICAN), il doit faire face aux conséquences immédiates de la dépression tropicale Vania de , dont les très fortes précipitations ont eu des répercussions graves sur les différentes productions agricolesY. MAINGUET, « "Les prix s’envolent aussi par effet d’aubaine" », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/01/2011.

Le , lui ainsi que les autres membres UC du gouvernement et leurs suivants de liste démissionnent en bloc, relayant ainsi la contestation de leur parti contre Philippe Gomès et Calédonie ensemble sur la question des deux drapeaux (tricolore et indépendantiste) et provoquant ainsi la chute de l'exécutif. Lors de l'élection du successeur de ce dernier le , Jean-Louis d'Anglebermes n'est pas reconduit sur la liste du groupe FLNKS et sort donc du gouvernement. Jusqu'à la fin de cette mandature, de 2011 à 2012 puis de 2013 à 2014, il est chargé de mission responsable du Comité consultatif de l'environnement (CCE) auprès du président du Congrès Rock Wamytan.

Pour les élections provinciales du , il est candidat en sur la liste d'union de l'ensemble des forces indépendantistes en Province Sud, toujours conduite par Rock Wamytan. Elle arrive quatrième du scrutin, avec soit des suffrages exprimés, pour 7 élus provinciaux dont 6 également membres du Congrès, et Jean-Louis d'Anglebermes n'est donc pas élu PUBLICATION DES RESULTATS ELECTION DES MEMBRES DU CONGRES ET DES ASSEMBLEES DE PROVINCE DU 11 MAI 2014, site officiel du Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, 13/05/2014. Il retrouve toutefois le gouvernement en étant élu en deuxième position sur les listes du groupe UC-FLNKS et Nationalistes menées par Gilbert Tyuienon les , et . Dans ces trois exécutifs successifs, il est chargé des secteurs du travail et de l'emploi, du dialogue social et de la formation professionnelle. En plus, il obtient également la responsabilité des relations avec le Conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie (CESE-NC) à partir de 2015 et de la mise en place de la Banque postale à partir de 2017. Il est également le vice-président du gouvernement du au .

Puis, aux provinciales suivantes du , il est cette fois sur la liste du FLNKS Sud de Rock Wamytan, sans être élu une nouvelle fois (puisque cette formation obtient alors le même nombre d'élus qu'en 2014, avec pour des suffrages exprimés)Résultats définitifs des élections provinciales de 2019, Haut-commissariat de la République en Nouvelle Calédonie. Il est nouvelle fois de retour au gouvernement, en troisième place sur la liste UC-FLNKS de Gilbert Tyuienon (qui lui succède à la vice-présidence le ). Il reste chargé du travail, de l'emploi, du dialogue social, de la formation professionnelle (associée désormais à l'insertion professionnelle) et des relations avec le CESE-NC, mais il doit également assurer le suivi du XI fonds européen de développement (FED) territorial. Plus tard, à partir du , il récupère en plus les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche.