serait, d'après un passage du Discours de la méthodeVoir la . publié par le philosophe français René Descartes en 1637, ce que les hommes parviendront à faire lorsqu'ils auront développé leur savoir par la connaissance de la science.

L'expression chez Descartes L'expression dans son contexte

Place dans la pensée cartésienne À travers l'expression « philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles », Descartes vise particulièrement la philosophie scolastique, qui résulte de la réconciliation qu'a effectuée, au , saint Thomas d'Aquin à la suite du philosophe andalou Ibn Roshd (dit Averroès), entre le christianisme et la philosophie d'Aristote. La scolastique était, à l'époque de Descartes, largement enseignée dans les universités en Occident1637, le Discours de la méthode - Quelques témoignages de la réception de l'œuvre - Premières polémiques.

Il est à noter que l'insertion du terme permet à Descartes d'éviter d'éventuelles accusations d'hérésie : dans la tradition chrétienne dominante à l'époque, le seul est Dieu.

Cependant il faut mettre en garde contre une interprétation heideggerienne répandue qui laisserait penser qu'en tant que maître et possesseur l'homme peut faire ce qu'il souhaite de la nature quitte à la détruire faisant de lui un précurseur de la vision consumériste des sociétés contemporaines. Ce n'est pas le cas puisqu'il est seulement possesseur de la nature qui ne lui appartient donc effectivement pas. Cette erreur est due au fait que nous comprenons généralement le terme au sens de domination comme dans le rapport maître/esclave alors que Descartes l'utilise comme dans les expressions de maître d'armes ou de tableau de maître c'est-à-dire au sens de celui qui maîtrise parfaitement son sujet (en latin le est autant le propriétaire que le responsable). C'est le sens de la référence aux artisans qui sont par exemple maîtres orfèvres lorsqu'ils ont acquis un niveau de maîtrise suffisant dans leur art. C'est pourquoi Descartes ne promeut pas un usage irresponsable et déraisonné de la nature, bien au contraire il nous encourage à l'étudier pour la comprendre parfaitement afin de s'en servir au mieux en réussissant à anticiper et à maîtriser toutes les conséquences de nos actes sur elle, ce que nous sommes bien loin d'avoir accompli. .

Pour Marie-Frédérique Pellegrin, .

Postérité de l'expression après Descartes Postérité dans le christianisme Détachée du contexte dans lequel Descartes l’avait employée et amputée du « comme » qu’il avait prudemment utilisé, l’expression a fait florès et sert, le plus souvent inconsciemment, de mot d’ordre pour définir les relations de l’être humain avec son environnement, du moins jusqu’à la prise de conscience des enjeux environnementaux. Ces conceptions rejoignent celles exprimées dans le mythe de la création de l’univers dans la Genèse (Gn 1, 26-28)MARX Alfred, « Assujettir ou veiller sur la création ? », Revue Projet, 2015/4 (N° 347), p. 36-44. DOI : 10.3917/pro.347.0036. :

ce qui a poussé l'historien Lynn White Jr à accuser en 1967 le judéo-christianisme d'être responsable de la crise écologiqueJacques Arnould, « Les racines historiques de notre crise écologique, Lettre à Lynn White et à ceux qui s'en réclament », Pardès 2005/2 (), pages 211 à 219, lire en ligne.

En 1975, dans le dossier n° 9 de la revue Aujourd'hui « Les chrétiens et la gestion du monde », le père Dominique Dubarle, ancien doyen de la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris, écrit :

Dans le même dossier, le jésuite Joseph Hug de Genève, le pasteur André Dumas, doyen de la faculté de Théologie protestante de Paris et le professeur Willem Visser 't Hooft, président d’honneur du Conseil œcuménique des Églises, s’insurgent devant cette lecture erronée de la Bible Jean-Pierre Raffin, Église et écologie, Groupe des Amis de la Vie de Paris, La pensée écologique, lire en ligne (consulté le 22 janvier 2025).

Le théologien catholique Fabien Revol explique également que Lynn White critique la façon dont le christianisme occidental a reçu une interprétation cartésienne du premier chapitre du livre de la Genèse, avec ce que cela implique en ce qui concerne la relation au monde naturelFabien Revol, « Le pape et les sciences dans la lettre encyclique Laudato si’ », Histoire, monde et cultures religieuses, 2016/4 (n° 40), p. 71-80. DOI : 10.3917/hmc.040.0071., lire en ligne.

Le théologien orthodoxe Jean-Claude Larchet montre que la crise écologique résulte plus largement du changement de paradigme de la Renaissance, où l'humanisme s'est imposé dans tous les domaines, avec plusieurs corrélats : le naturalisme, le rationalisme et l'individualisme. À partir du , l’homme devient alors « maître et possesseur de la nature », comme le recommande Descartes, inaugurant une relation de pouvoir et de domination (qui jusqu’alors était réservée à Dieu, créateur et provident), de possession (l’homme n’étant auparavant qu’un locataire et un intendant), et d’exploitation (l’homme n’étant auparavant qu’un usager limitant sa consommation aux nécessités vitales)Jean-Claude Larchet « Crise écologique : fondements spirituels », La Nef n° 307, octobre 2018, Propos recueillis par Christophe Geffroy, lire en ligne, consulté le 9 avril 2024.

Dans l'encyclique Laudato si’ « sur la sauvegarde de la maison commune » (2015), le pape François répond à ces accusationsEncyclique Laudato si', :

Le pape enseigne aussi qu'il est nécessaire, pour respecter la création, de croire en un Dieu créateur et unique maître du mondeEncyclique Laudato si’, :

Notes et références

Annexes Bibliographie Marcel Bakola Iyongo. Le rapport de l’Homme à la nature selon Descartes : Métaphysique et Morale. Philosophie. Normandie Université, 2017. Français. ffNNT : 2017NORMR105ff. fftel-03060396

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Liens externes MARX Alfred, « Assujettir ou veiller sur la création ? », Revue Projet, 2015/4 (N° 347), p. 36-44. DOI : 10.3917/pro.347.0036.

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