Cet article relate les faits qui se sont produits dans la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, après avoir été endommagée par le séisme du 11 mars 2011 de magnitude 9,1 et/ou le tsunami engendré par ce séisme qui a dévasté le nord-est de l'île de Honshū.
Cet accident a été le deuxième plus grave accident nucléaire de l'histoire.
Contexte
thumb|Deux des bâtiments des réacteurs (1 et 2) de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, ici photographiés en juin 1999 thumb|Schéma de la disposition des réacteurs 1 à 4, sur le site de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Unité 4 est la direction de Iwaki, unité 6 est la direction de Sendai. thumb|Salle de commande (juin 1999) thumb|écran de contrôle, vue de la salle du réacteur (juin 1999) thumb|Piscine de désactivation d'un des réacteurs de la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (23 juin 1999).
La centrale de Fukushima-Daiichi ou dite Fukushima 1 est située sur le bourg d'Okuma, dans la préfecture de Fukushima, sur la côte Est de l'île de Honshū; construite et exploitée par TEPCO, c'est une des vingt-cinq plus grandes centrales nucléaires du monde : elle s'étend sur et possède 6 réacteurs à eau bouillante (REB).
Le réacteur numéro 1, qui fonctionnait depuis plus de 40 ans (la mise en service date de 1970), venait de voir sa durée de vie maximale prolongée de dix ans en février 2011. Les cinq autres réacteurs furent mis en service entre 1973 et 1979..
Avant l'accident ..
Gestion chronologique de l’accident Sauf indication contraire, les événements sont indiqués en heure locale. Pour l’heure UTC, retrancher . Pour l'heure de Paris, Bruxelles, Genève, retrancher en heure d'hiver, en heure d'été.
Semaine 1 Vendredi 11 mars 2011 À , un tremblement de terre d'une magnitude 9 se produit. La détection des premières secousses (30 secondes avant les secousses principales qui ont duré près d’une minute) provoque l’arrêt des réacteurs 1, 2 et 3 par insertion automatique des grappes de commande dans les cœurs. Les réactions nucléaires sont donc arrêtées mais il reste à évacuer les puissances résiduelles. Il est possible que la centrale nucléaire de Fukushima ait été endommagée dès la survenue du séisme..
À , une première vague d'une hauteur de atteint la centraleAccident at TEPCO's Fukushima Daiichi NPS and Thereafter (Initiatives by Ministries and Agencies) Chapter 6, env.go.jp, mars 2025.
À , la deuxième vague engendrée par le séisme, d'une hauteur de France-culture : La vague qui a frappé la centrale atteignait , 10 avril 2011 atteint la centrale, construite à une altitude de 6,5 à . Pour Fukushima-Daichii, Tepco avait construit un mur qui ne pouvait résister qu'à un tsunami de de haut maximum..
Après le tsunami, 70 camions générateurs d’électricité des forces armées arrivent sur le site mais devant l'ampleur des dégâts, ils ne peuvent rien faire.
Le réacteur 2 cesse d'être refroidi pendant 6 h 29 min et le réacteur pendant 6 h 43 min.
Le système de refroidissement du réacteur 1 fait passer la puissance de la centrale de à mais le système de réfrigération d'urgence par injection d'eau dans les cœurs est interrompu à 16 h 36 à la suite de l'arrêt de l'alimentation en énergie externe par les groupes électrogènes diesels de secours. Il n'est pas sûr que le tsunami soit la cause de cette coupure. L'agence de presse Kyodo News révèle le 15 mai 2011, d'après un document, que des données du 11 mars indiquant un haut niveau de radiation au niveau du bâtiment du réacteur 1 suggèrent que les premiers endommagements ayant entraîné la faille des systèmes de refroidissement auraient eu lieu avant le tsunami et non aprèsNewt-Up - traduction de l'information de Kyodo News, 15 mai 2011 et donc qu'ils auraient été causés avant, à la suite du tremblement de terre.
Quoi qu'il en soit, les techniciens de la centrale, mal formés aux situations de catastrophe, pensent à tort initialement que les groupes électrogènes de secours fonctionnent, alors qu'en réalité la température augmente considérablement au sein des réacteurs..
. Les ingénieurs se décident à le faire après avoir tergiversé longtemps, ce qui fera l'objet de critiques par la suite..
Par ailleurs, le 18 mai, une information publiée par Mainichi Shinbun puis par Japan Times, et reconnue plausible par Tepco, avance la possibilité d'une erreur humaine dans l'arrêt du système de refroidissement du réacteur 1Le Monde : Tepco évoque la piste d'une erreur humaine sur le réacteur 1 (mis en ligne le 18 mai 2011).
En moins de quatre heures, le niveau d'eau de l'unité 1 perd plus de 60 % de son niveau d'origineTepco - Unit 1 : reactor water level after the tsunami; page 3. Avant , les barres de combustible commencent à fondre. En effet, lorsque le niveau d'eau passe sous le haut du combustible actif, ainsi dénoyé, la température du cœur du réacteur s'envole et atteint en environ deux heures la température de fusion du cœur, autour de : la gaine du combustible à l'air libre se détériore, la vapeur l'oxyde, ce qui génère de l'hydrogène, et le combustible fusionne en quasi-totalité (jusqu'en mai, Tepco répète que la fusion reste partielle, alors qu'elle s'avère être presque totale).
Samedi 12 mars 2011 Injection d'eau douce À débute l'injection d'eau douce dans la cuve du réacteur 1, limitant la hausse de la température. Le réacteur 1 est resté sans refroidissement pendant 14 heures 09 minutes avec, au bout de six heures, une hausse de la température à .
À , toutes les barres de combustible avaient déjà fonduNHK : rapid meldown in reactor, 16 mai 2011. Le combustible s'effondre dans le fond de la cuve, où il perce un trouWall Street Journal : cores damaged at three reactors, 16 mai 2011. L'injection d'eau évite le pire.
Relâchement de vapeur Le matin du samedi, les techniciens relâchent en urgence de la vapeur pour éviter une pression trop importante dans l'enceinte de confinement du réacteur et ainsi éviter son endommagementLe Monde.fr.
À , TEPCO annonce une avec TEPCO.co.jp.
Un niveau de radioactivité huit fois supérieur à la norme est mesuré à l’extérieur de la centrale et un niveau mille fois supérieur à la norme au sein de la salle de contrôle de l’..
Selon les autorités nippones, le niveau des eaux de refroidissement du réacteur a baissé à un niveau très inquiétant, ce qui aurait produit une fuite radioactive extérieureNouvel Obs.com.
Le à , l’Agence japonaise de sûreté nucléaire annonce qu’une fusion de cœur « pourrait être » en coursOuest-france.fr. Selon un responsable de la commission de sécurité nucléaire japonaise, même en cas de fusion, cela n'affecterait pas les populations en dehors d'un rayon de .
Explosion d'hydrogène Le 12 mars à , une forte explosion.Explosion de la centrale de Fukushima (). avec projection de débris et émission d’un panache blanc de fumée ou de vapeur d’hydrogène . se produit dans le bâtiment du réacteur Fukushima Daiichi.
Le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano, confirme que la partie haute du bâtiment (murs et toiture) s’est effondrée à la suite d’une explosion d’hydrogène induite par la surchauffe du réacteur à la suite de la baisse du niveau d’eau de refroidissement. Selon Edano, l’enveloppe de confinement du réacteur est toujours intacte et il n’y a pas eu de gros rejets de matières radioactives.Reuters.com..
L’opérateur (TEPCO) indique lui aussi qu’il n’y a pas de dommage à la cuve du , Kyodo news, Tokyo, 12 mars 2011, sur le site english.kyodonews.jp, consulté le 12 mars 2011..
Le bilan officiel est d’un mort et plusieurs blessés..
Hausse de la radioactivité À , le gouvernement de la préfecture de Fukushima annonce que la radioactivité a augmenté mais que la dose de () mesurée par heure correspond, au Japon, à l’équivalent de la dose autorisée pour l’exposition d’une personne normale en un an.Voir aussi : ..
Les instruments ont déjà détecté un accroissement de radionucléides (dont iode et césium 137 selon la NISAJapan Earthquake Update (12 March 2011 2110 CET) par International Atomic Energy Agency (IAEA), Bulletin information samedi 12 mars 2011, 12:07, consulté le 12 mars 2011.) et du niveau de rayonnement de gaz ou liquides sortant de l’usine respectivement principalement par la cheminée d’échappement et le canal de décharge. La quantité de rayonnement aux limites du site dépasse ensuite la limite réglementaire de déclenchement d’un autre ensemble de précautions d’urgence et impose le classement de l’accident au (accident avec conséquences locales) sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES)
Décharge de pression sur À , l’industriel annonce une augmentation de la pression mesurée dans la cuve de confinement du réacteur de (Daini), augmentation attribuée à une fuite de liquide de refroidissement du réacteur. À , la température de la chambre de suppression de pression dépasse . Au vu de la perte de cette fonction de suppression de pression du réacteur, à , "CommuniqueTEPCO11031233" (normalement, la vapeur produite accidentellement est dirigée vers une piscine de suppression de pression située sous le bloc réacteur, le « wetwell » ; en condensant la vapeur par refroidissement, la pression diminueL’accident des réacteurs de la centralenucléaire de Fukushima Daiichi et les enseignements tirés en France - 36.1.2. L’enceinte de confinement, IRSN, consulté le 25 avril 2025).
L’industriel décide de réduire la pression de l’enceinte de confinement du réacteur par une . La vapeur d’eau expulsée contient des radionucléides qui, selon l’AIEA, sont filtrés (filtre HEPA et au charbon actif) pour retenir la contamination radioactive dans l’enceinte de confinement.
Refroidissement à l'eau de mer Autour de , TEPCO commence à refroidir le réacteur avec de l’eau de mer, avant d’y ajouter de l’acide borique pour empêcher un accident de criticité (le bore est un absorbeur de neutrons).
Il faut cinq à six heures pour remplir le réacteur d’eau de mer ; ensuite; on continue à le refroidir par ce moyen durant une dizaine de jours.
L’injection d’eau de mer dans le bâtiment aurait commencé à Blog Libération, 13 mars 2011..
Dimanche 13 mars 2011 Lâcher de vapeur sur le réacteur Le 13 mars à , une défaillance du refroidissement du réacteur de Fukushima Daiichi donne lieu à la dépressurisation volontaire de l’enceinte jusqu’à heure locale .. Ce même réacteur est dépressurisé par ouverture manuelle d’une soupape de sécurité de à , pour baisser la pression dans le réacteur, opération immédiatement suivie à d'une injection d’eau de mer et d’acide borique dans celui-ci à l’aide de la pompe à incendie, pour absorber des neutronsTEPCO information..
À , de l'eau de mer commence aussi à être injectée dans l'enceinte primaire du réacteur , également via le système de lutte contre l'incendie, jusqu'à une interruption de l'injection le lendemain (14 mars) à .
Inquiétudes sur Fukushima Daini En début de matinée, le premier ministre japonais annonce aux médias qu’il se rend d’urgence sur place car la seconde centrale nucléaire du complexe de Fukushima (Fukushima Daini, située à douze kilomètres de Fukushima Daiichi), connaît également d’importants problèmes de refroidissementFrance24.com. En France, la télévision et les médias annoncent aussi qu’une fusion pourrait avoir lieu dans l’autre réacteur japonais (Fukushima Daini ), celui-ci ne pouvant plus être refroidi. À 19 h 55, le premier ministre japonais ordonne l’injection d’eau de mer borée dans le réacteur , , à 19h55, le 13 mars 2011.Vidéo de l’allocution du Directeur Général de l’AIEA..
Lundi 14 mars 2011 Explosion d'hydrogène au À 11 h 01, une seconde explosion se produit, cette fois au niveau du réacteur de Fukushima Daiichi, soufflant le toit du bâtiment.