La plus ancienne division administrative de Corse connue est la pieve, mot venant du latin plebs (peuple) qui désignait déjà, un siècle avant notre ère, une circonscription administrative établie par Rome. Au , Rome crée de nombreuses localités et organise l'île en pievi (environ 200 à cette époque)Alerius Tardy - Fascinant Cap Corse - Bastia-Toga 1994.

À ces structures civiles, viendront s'ajouter des structures religieuses avec les diocèses. Au le diocèse se divise en pieves, calquées sur les pièves civiles.

L'ensemble de ces structures administratives subit d'incessantes modifications en raison du dépeuplement causé par l'occupation sarrasine au et les incessantes incursions barbaresques. Aussi la Corse du compte-t-elle 2 à 3 fois moins d'évêchés et de pièves qu'au . vignette|300 px|Carte nouvelle de l'isle de Corse avec ses 10 provinces et 4 fiefs par Robert de Vaugondy (1756)Voir la « Carte particulière de l'Isle de Corse » de la BNF.

Évêchés et Pievi au Moyen Âge Dans la description de l'île que fait Giustiniani, évêque de Nebbio, dans son Dialogo nominato Corsica, la Corse avait au Moyen Âge six évêchés pour soixante-six pieviTraduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Tome I, .Nous devons faire observer que la division observée par les évêques relativement à la juridiction spirituelle, ne répond point à celle qui est observée pour la juridiction temporelle et pour la perception des tailles. - Lucien Auguste Letteron :

Mariana

Mariana, au revenu de mille ducats d'or, comprend seize pièves ; ce sont : Tomino, Luri, Brando, Lota, Orto, Marana, Bigorno, Caccia, Quadro ou Casinca, Tavagna, Moriani, Ostricone, Tuani, Sant'Andrea, Giussani et Casacconi.

Geneviève Moracchini-Mazel y ajoute trois pievi disparues à la fin du Moyen Âge selon elleGeneviève Moracchini-Mazel in Les Églises Romanes de Corse - Klincksieck, CNRS, 1967 : Siscu, Chjappella et Chjurlinu.

Nebbio

L'évêché de Nebbio, avec des revenus dépassant quatre cents ducats, a cinq pièves : Canari, Nonza, Rosolo, San Quilico et Santo Pietro.

Geneviève Moracchini-Mazel y ajoute la pieve de Bivincu, qui aurait été englobée au cours du Moyen Âge dans la pieve de San Quilicu.

Accia

Accia, qui ne rapporte guère plus de deux cents ducats, n'a que deux pièves : Ampugnani et Rostino.

Sagone

Sagone, au revenu de cinq cents ducats environ, comprend douze pièves ; ce sont : Pino en Balagne, Olmia ou Calenzana, Chiomi, Armito, Sia, Salogna, Paomia, Vico, Cinarca, Sorno in sù, Cruzini et Sevendentro.

Aléria

L'évêché a un revenu de deux mille ducats ; il comprend dix-neuf pièves qui sont : Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, Serra, Bozio, Alesani, Orezza, Vallerustie, Talcini, Venaco, Rogna, Cursa, Coasina, Castello, Aregno, Matra, Niolo et Carbini.

Geneviève Moracchini-Mazel y ajoute quatre pievi disparues à la fin du Moyen Âge selon elle : Aleria, Tocchisi, Mercoriu et Santa Riparata.

Ajaccio

Avec un revenu de mille ducats, Ajaccio comprend douze pièves : Ajaccio, Apietto, la Mezzana, Celavo, Cauro, Ornano, Talabo, Cruscaglia, Veggeni, Valle, Attallà et Sartène, toutes dans le Delà des Monts.

Geneviève Moracchini-Mazel y ajoute les pievi de Scopamene, La Costa, Bisogeni, Ortolu, Figari, Bunifaziu et Sagri, qui auraient disparu au cours du Moyen Âge.

Pievi et communautés au Au début du , avec la mort en 1511 du dernier seigneur souverain de la Rocca, Rinuccio Della Rocca, assassiné par Andrea Doria, toute l'île passe sous le pouvoir direct de Gênes.

En 1520, hormis les cités d'Ajaccio, Bastia, Bonifacio et Calvi, Gênes administrait la Corse avec les divisions existantes. À l'époque, l'île partagée entre len-Deçà des Monts et lau-Delà des Monts, était déjà divisée en pievi et en "communautés", fiefs des seigneurs locaux du Cap Corse.

Concernant le Cap Corse, en dépit du traité de Cateau-Cambrésis qui lui rend la Corse en 1559, Gênes doit s'emparer des fiefs les uns après les autres. Déjà en 1487, le château de Nonza était détruit par les Génois qui voulaient se débarrasser des féodaux. (Le fief de Nonza disparaîtra en 1625 à la mort de Vincent II seigneur de Nonza décédé à l'âge de 100 ans). En 1554, Gênes brûle le château de Canari et le village de Linaju. En 1592, Augustin Doria s'empare du fief de San Colombano (Rogliano, qui incluait en 1520 les anciens fiefs de Cagnano, Centuri, Ersa, Meria, Morsiglia, Pino et Barrettali) appartenant aux da Mare, qui devient la provincia di CapoCorso, et impose l'administration génoise. En 1599, la mort d'Alphonse seigneur d'Erbalunga verra la disparition de ce fief. Le fief de Brando de 1336 à 1625, englobait Sisco-Pietracorbara, et même Canari (de 1506 à 1536). Erbalunga village de l'actuelle commune de Brando forma entre 1438 et 1599, un fief minuscule qui fut un siècle durant, en guerre contre Brando. Erbalunga sera administré par Gênes dès 1599. En 1625, les Génois prennent en main l'administration des fiefs de Nonza et de Brando qui n'existent plus que de noms. Seul subsiste le fief de Canari dont les droits de Paul de Gentile seront achetés par Gênes en 1641.

Les données des tableaux ci-dessous sont extraites de la parution Corse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres - Recherches de A.-D. Monti sur une préface de J. Fusina ADECECCorse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres.