Barinas est un État du Venezuela, dont la capitale est Barinas.

Étymologie thumb|Barinitas fondée sous le nom de Nueva Trujillo de Barinas en 1628 compte parmi les toponymes qui attestent l'emploi précoce du terme Barinas. Le terme de Barinas est une variante de Varinas, le nom d'une ethnie d'Amérindiens qui habitant le piémont andin, ceci possiblement en rapport avec le terme Barima donné par les Indiens U'wa au río Santo Domingo dans le mythe Aya. Si l'origine de ce terme reste inconnu, la croyance populaire lui associe le « vent fort qui vient des vallées du río Santo Domingo », en référence au vent fort qui souffle sur les hautes plaines de la région.

Selon Virgilio Tosta, le terme apparaît pour la première fois en 1628, comme terme alternatif à Altamira. Selon Betancourt Martínez, le terme apparaît dans la composition des noms de lieu locaux comme Barinitas fondée sous le nom de Nueva Trujillo de Barinas en 1628, et de Barinas en 1759. Ce terme est de nouveau employé pour la province de Barinas en 1786 et pour l'État de Barinas en 1859.

L'espèce d'arbustes épineux Senna aculeata au fleurs jaunes et abondante dans l'État, est parfois appelée « fleur de Barinas », ce qui en fait la fleur emblématique de l'État.

Histoire Époque précolombienne L'histoire précolombienne des plaines occidentales, les llanos, se déroule principalement autour du territoire actuel du Barinas. Elle est marquée par une grande mobilité des ethnies qui y interagissent, en provenance de l'Orénoque, de l'Amazonie et des Andes, profitant des moyens de communication naturels que sont les hautes terres et les nombreux cours d'eau qui parsèment les territoires Josep María Cruxent, Irving Rouse, Los Llanos: Área de Barinas in Ernesto Ermitaño, Arqueología cronológica de Venezuela, Ediciones Unidad Prehispánica de la Asociación Juan Lovera, Caracas, 1982.

La grande grande période courant du à la conquête espagnole des est marquée par plusieurs phases d'occupation successives, dont témoignent au moins trente-trois pétroglyphes, de nombreux types lithiques sur le piémont andin, une vingtaine de tertres et de chaussées formant des voies sur de longues distances qui courent jusqu'en Colombie à des fins économique, militaire ou religieuse.

Les premières traces d'occupation indigène sont attestées sur le complexe d'Agua Blanca, peu étudié. Vers -250, des groupes de population venant de l'est de la Colombie et de l'Équateur s'installent dans les plaines moyennes du Barinas caractérisées par leur fertilité et de faibles inondations. Cette occupation est marquée par les tertres et les chemins les plus anciens de la région ainsi que par le complexe céramique de Caño del Oso. Les habitants sédentarisés vivent de la culture du maïs, de la chasse et de la pêche. Le piémont est une importante zone d'échanges avec les groupes andins.

De 650 à 1200, des groupes arawaks résidant dans les espaces forestiers dominent la région, entretiennent des chefferies rivales et guerrières. La période est marquée par un accroissement de la population et une pénétration de ces groupes jusque dans la région de Guanarito. L'usage de certains types céramique dénote une influence culturelle du Centre-Ouest du Venezuela. Ces groupes arawaks issus de ces régions ainsi que du Zulia au nord-ouest, introduisent la culture du manioc et établissent des routes commerciales à travers tout le bassin de l'Orénoque.

thumb|Carte de la répartition des Chibchas en Colombie à l'arrivée des Européens, territoire bordé au nord par celui des U'wa ou Tunebos, d'où partent les missions exploratoires indiennes vers les llanos vénézuéliens. Les Indiens U'wa explorent et occupent le piémont andin et les hautes plaines, depuis les régions colombiennes de la Sierra Nevada del Cocuy et des savanes de Casanare. Leur présence est marquée par la tripartition de leur occupation selon l'altitude, ce qui constitue l'un des éléments marquants de la culture des Indiens Chibchas.

Époque coloniale À l'arrivée des Européens, le territoire est largement occupé par de très nombreuses ethnies, organisées en sociétés agraires de bien commun, parmi lesquelles Achaguas, Aitures, Amaibas, Apures, Baraures, Barrancas, Canaguaes, Capes, Caquetíos, Cúcuaros, Curaguas, Curayes, Dásaros, Duriguas, Guahibos, Güeros, Michayes, Orúes, Puyures, Suripaes, Ticoporos, Tobores, Torunos, Tucuriguas et Varinas. La quasi-totalité de ces ethnies aujourd'hui, soit ont disparu, soit ont migré, mais leur nom reste encore associé à un certain nombre de toponymes comme Torunos, chef-lieu et paroisse civile de la municipalité de Barinas et Barrancas, chef-lieu et paroisse civile de la municipalité de Cruz Paredes.

En 1535, les premiers Européens découvrent la région, notamment le conquistador et gouverneur allemand Georg von Speyer (1500-1540) au service des Welser d'Augsbourg traverse la région avec ses troupes dans sa quête du légendaire Eldorado en direction du río Meta en Colombie, un des affluents de l'Orénoque, et se confronte aux Indiens Jirajaras. Le conquistador et chroniqueur allemand Nikolaus Federmann (1505-1542) est à Arismendi dans l'est actuel de l'État la même année. L'aventurier allemand Philipp von Hutten (1505-1546) qui accompagnait von Speyer en 1535, renouvelle l'expédition en 1541. Alonso Pérez de Tolosa traverse le Barinas en 1549 sur le chemin d'El Tocuyo après avoir échoué dans une conquête que lui avait confié le gouverneur Juan Pérez de Tolosa.

Altamira de Cáceres Le , la colonisation de Barinas débute lorsque le capitaine Andrés Varela, sous mandat du gouverneur de la province de La Grita Francisco de Cáceres, choisit un lieu montagneux, proche des llanos pour fonder la ville d'Altamira de Cáceres. Les débuts sont difficiles tant en raison de l'agitation des Indiens Jirajaras que l'exiguïté des lieux peu propices à la construction. Les conditions sont telles que Varela démissionne de son poste de maire quelques mois seulement après la fondation de la ville et que les habitants manifestent leur souhait de déménager leur peuplement. Pour autant, les quatre décennies qui suivent, la ville se peuple. L'économie s'oriente vers l'élevage de bétail et surtout vers la culture du tabac qui concurrence Cuba. Si la ville n'est pas aussi prospère que prévu à ses débuts, seulement seize Créoles et deux-cent-cinquante Indiens y résident, le Barinas primitif comme l'indique Virgilio Tosta, reste mondialement connu en raison de la renommée de son tabac.

Nueva Trujillo de Barinas Toutefois, les habitants d'Altamira quittent la ville progressivement vers les llanos et la refondation du peuplement est ordonné en 1628 par le gouverneur des provinces de Mérida et de La Grita, Juan Pacheco Maldonado sur le plateau de Moromoy sous le nom de Nueva Trujillo de Barinas, l'actuelle Barinitas. La raison du succès de cette refondation est la proximité de la ville nouvelle avec les terres à coloniser et leur fertilité qui permet l'élevage du bétail et la culture intensive du tabac.

thumb|Santa Bárbara est un village indien à sa fondation. La Nueva Trujillo est considéré comme la porte de la conquête des llanos. En 1619 et fondée Nuestra Señora de la Concepción del Curay, l'actuelle ville de la La Barinesa, proche de Barinitas. Puis sont fondés Nuestra Señora de Pedraza, l'actuelle ville de Ciudad Bolivia, et les villages indiens de Santa Bárbara et Curbatí.

Après le sac de Maracaibo et l'incendie de Gibraltar dans l'État de Zulia par les Néerlandais en 1641, les habitants imaginent d'autres débouchés commerciaux. C'est ainsi que Miguel de Ochogavia entreprend en 1647 l'exploration de la région et découvre la connexion entre les cours d'eau du Santo Domingo, de l'Apure et de l'Orénoque.

Municipalité et province de Barinas thumb|José Solís Folch de Cardona (1716-1770), vice-roi de Nouvelle-Grenade, entérine définitivement la création du Barinas en 1759. Après la fondation de la Nueva Trujillo, la pacification des tribus indiennes environnantes se poursuit. L'élevage du bétail, l'envie de se soustraire à l'impôt dû à la couronne espagnole et la chute de la demande en tabac à la fin du poussent les habitants à délaisser le plateau de Moromoy pour investir les savanes bordant les cours d'eau de Santo Domingo, Masparro et Boconó. Ces nouveaux établissements prospères sont les fondements des villes actuelles de Sabaneta, Barrancas et Obispos. Le , le vice-roi de Nouvelle-Grenade, José Solís Folch de Cardona, entérine définitivement la création du Barinas, sous ces limites et nom et actuels et centré sur Antonio de los Cerritos, plus proches de ces nouveaux peuplements.

thumb|La production de l'onoto (Bixia orellana), plante à pigment rouge, a contribué au développement économique du Barinas au . Le Barinas est l'une des divisions de la capitainerie générale du Venezuela à sa création en 1777. Le , le roi d'Espagne Charles III ordonne la création de la province de Barinas qui couvre alors le Barinas, l'Apure et le Portugesa, en se séparant de la province de Maracaibo. Dès lors, la diversification des activités et l'exploitation des terres nouvelles provoquent une croissance économique, basée sur la culture, notamment des plantes à pigments, indigo pour le bleu et onoto (Bixia orellana) pour le rouge, alimentaires comme la canne à sucre, le café et le cacao, ou textiles comme le coton. Apparaissent le premier hôpital et la première prison. Le Barinas l'emporte sur des communards andins en 1781, ce qui conduit le roi Charles IV à accorder en 1790 au territoire les armes que conserve encore l'actuelle capitale de l'État, tout comme sa devise « Très noble et très loyal » (Muy noble y muy leal, en espagnol).

Indépendance Le Barinas rejoint le Conseil suprême de Caracas le qui souhaite rompre avec la couronne espagnole et compte comme signataire de l'acte de la déclaration d'indépendance en l'année suivante, formant la Première République du Venezuela, qui tombe l'année suivante. De nouveau, le Barinas rejoint la Deuxième République après la victoire des indépendantistes à la bataille de Niquitao du , mais celle-ci ne dure également qu'un an. Les campagnes de Páez conforte le parti indépendantiste assurent le triomphe des patriotes au Barinas et la Troisième République. Les jeunes José Antonio Páez et Pedro Briceño Méndez, originaires du Barinas, comptent parmi les personnalités majeures de cette guerre d'indépendance avec Francisco de Miranda et Simon Bolívar.

Époque contemporaine La province de Barinas à l'époque contemporaine Sous l'ère de la Grande Colombie (1819-1831), le Barinas subit de nombreuses modifications. En 1821, le Congrès de Cúcuta institue le département de Venezuela qui comprend la province de Barinas. Deux ans après, le Congrès de la République entérine la séparation de la province en deux et la création de la province d'Apure avec Achaguas comme capitale. En 1824 voit la disparition du département de Venezuela et la création du département d'Apure comprenant les provinces de Barinas et d'Apure. Deux ans après, il rejoignent le département de l'Orénoque qui absorbe également la province de Guyane. Sitôt la dissolution de la Grande Colombie prononcée, les cantons de Guanare, Ospino et Araure montrent des velléités de séparation, celle-ci est entérinée en 1851 lorsque le Congrès national crée la province de Portuguesa.

L'État de Barinas