Paul Maye, né Jean Maye le à Bayonne et mort le à BiarritzÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un coureur cycliste français. Excellent coureur amateur dans la région de Bayonne puis à Bordeaux, il rejoint le Vélo-Club de Levallois en 1935 après être devenu champion de France amateur.

Professionnel de 1936 à 1950, il compte deux titres de champion de France sur route et deux étapes du Tour de France 1936. Il a également remporté la classique Paris-Roubaix en 1945 et compte trois victoires sur Paris-Tours, ce qui en fait l'un des recordmans de victoires dans l'épreuve. Petit gabarit, il brille dans les arrivées au sprint et construit la plupart de ses succès grâce à son explosivité dans les derniers mètres de course. Il est décrit comme l'un des meilleurs routiers-sprinteurs français des années 1930 et 1940. Après la fin de sa carrière cycliste, il dirige l'équipe Sud-Ouest sur le Tour de France de 1953 à 1957.

Biographie Jeunes années Paul Maye naît le à Bayonne, dans le quartier ouvrier de Saint-Bernard, sur la rive droite de l'Adour. Ses parents, originaires du village béarnais de Lahontan, dans les Pyrénées-Atlantiques, y occupent une maison faisant partie d'une cité ouvrière aménagée par les usines Saint-Gobain. Il est le dernier d'une famille de sept enfants et possède quatre frères et deux sœurs. Son frère aîné, Pierre, meurt pendant la Première Guerre mondiale..

Paul Maye fréquente l'école communale de son quartier avant de rejoindre celle du Saint-Esprit, située sur le boulevard Alsace-Lorraine, à trois kilomètres du domicile familial. À , il travaille comme commis chez un épicier de Boucau, puis commence son apprentissage chez un menuisier ébéniste de Bayonne.. Il pratique d'abord le rugby au poste d'ailier au sein du club de son quartier, le « Saint-Bernard Sport », mais ses parents l'incitent finalement à pratiquer la pelote basque après les graves blessures de ses trois frères aînés, également joueurs de rugby. Il dispute également plusieurs combats de boxe et se fracture le nez au cours de l'un d'eux.

Il participe à sa première course en 1930, à l'âge de , à l'invitation de son frère Louis sur une épreuve pour non-licenciés organisée lors d'une fête de quartier de Bayonne, puis remporte sa première victoire une semaine plus tard sur une autre course ouverte aux non-licenciés à Anglet, sur un parcours de . L'année suivante, il signe sa première licence au Vélo-Club de Tarnos. et remporte six victoires sur des courses disputées dans la région bayonnaise.. Il rejoint en 1932 le Guidon Bbayonnais, un club dans lequel il rencontre Sauveur Ducazeaux., qui deviendra comme lui cycliste professionnel, et confirme ses bonnes dispositions en remportant plusieurs succès au cours de la saison. Alors que sa mère tombe gravement malade et que son père atteint l'âge de la retraite, la famille Maye décide de s'installer à Bordeaux, où vivent déjà les deux sœurs aînées de Paul Maye.

À son arrivée à Bordeaux en 1933, Paul Maye est engagé comme livreur à vélo par un boucher des halles et signe une licence amateur aux Halles Sportives de Bordeaux. Ses premiers résultats impressionnent : il remporte notamment le championnat de Gironde sur route. Il se fait également remarquer sur la piste du vélodrome Lescure, principalement lors des épreuves de vitesse et de l'américaine.. En 1934, son principal objectif est le championnat de France sur route amateur, organisé cette année-là à Bordeaux. Son coéquipier Gérard Virol l'aide à s'extirper du peloton pour remporter au sprint le titre de champion de France au sommet de la côte de Monrepos. À l'arrivée de la course, Henri Pélissier, ancien vainqueur du Tour de France 1923 et directeur du Club Sportif International déclare : Au lendemain de sa victoire, il atteint les demi-finales du championnat de France de vitesse sur la piste du vélodrome Lescure..

Paul Maye effectue son service militaire dans le du génie de Satory et rejoint le Vélo-Club de Levallois, un des meilleurs clubs français de l'époque et dont le camp d'entraînement est proche de sa garnison, ce qui lui permet de s'entraîner régulièrement le soir après son service. En raison de son statut de soldat, il dispute très peu de jours de course en 1935, ce qui ne l'empêche pas de remporter deux victoires de prestige, la classique Paris-Riva-Bella et le championnat de France militaire..

Carrière professionnelle Premiers succès et période de doute (1936-1937) thumb|upright|alt=Portrait en noir et blanc d'un homme.|René Le Grevès est le coéquipier de Paul Maye sur le Tour de France 1936. Paul Maye commence sa carrière professionnelle en rejoignant l'équipe Armor-Dunlop au début de l'année 1936. Il est aligné sur le Critérium national puis obtient son premier résultat remarquable dès sa deuxième course, en prenant la de Paris-Caen, battu au sprint par Émile Ignat. Ce résultat ne satisfait pas pour autant son directeur sportif, qui considère qu'il aurait pu l'emporter s'il avait enlevé son imperméable. Il participe ensuite à Paris-Roubaix mais abandonne à Amiens, transi de froid. Le , Paul Maye remporte sa première victoire de la saison en s'imposant au sprint au terme des du parcours entre Choisy-le-Roi et Nevers, lors de la première étape du Prix Wolber..

Paul Maye est sélectionné pour participer au Tour de France 1936 au sein de l'équipe de France, emmenée par deux anciens vainqueurs de l'épreuve, Antonin Magne et Georges Speicher. Il se distingue dans la entre Digne et Nice, au cours de laquelle il s'échappe dès le vingtième kilomètre en compagnie de son compatriote Louis Thiétard, du Belge Albert Hendrickx et du Suisse Théo Heimann. Les quatre hommes, loin au classement général, ne représentent aucun danger pour les leaders de la course, qui les laissent prendre plusieurs minutes d'avance. Après la crevaison de Louis Thiétard à de l'arrivée, les trois autres échappés poursuivent leur effort et conservent suffisamment d'avance pour se disputer la victoire. Plus rapide au sprint, Paul Maye s'impose sur la promenade des Anglais.. Le lendemain, il est nommé parmi les favoris de l'étape entre Nice et Cannes avec son coéquipier René Le Grevès, mais alors qu'ils ont consommé du champagne avant le départ de la course, ils sont tous les deux lâchés dès le premier col et passent près de l'élimination à l'arrivée à Cannes. Paul Maye remporte une seconde étape sur ce Tour en s'imposant à Angers à l'arrivée du troisième secteur de la , là encore après avoir consommé du champagne au départ de la course.. Il réalise lors de cette étape un véritable puisqu'il parvient à revenir sur le groupe d'échappés avant de s'imposer au sprint..

Le , alors qu'il participe à une course sur le vélodrome de Poitiers, Paul Maye est pris dans une chute collective avec Louis Thiétard et Sauveur Ducazeaux et se blesse lourdement aux genoux, à l'abdomen et aux coudes.. Il reprend pourtant rapidement la compétition et s'impose le lors du Grand Prix de la ville de Dinard, patronné par le journal Le Petit Parisien, en battant au sprint Amédée Fournier..

Après une première saison réussie chez les professionnels, Paul Maye entre dans une période de doute. Une maladie contractée en Afrique du Nord au début de l'année 1937 le prive de toutes ses chances d'obtenir de bons résultats au cours de cette saison. Non sélectionné en équipe de France, il prend toutefois le départ du Tour de France 1937 en individuel, mais abandonne sur chute lors de la . Blessé, il envisage de reprendre son métier d'ébéniste et part se ressourcer au Pays basque, dans sa région natale. L'un de ses amis, monsieur Hué, directeur du vélodrome Lescure de Bordeaux, met à sa disposition sa maison d'Ustaritz. Peu à peu, Paul Maye reprend l'entraînement et se prépare à retrouver le peloton professionnel pour la saison 1938..

Premier titre de champion de France et malchance sur le Tour (1938-1939) Paul Maye revient à Paris en pour achever sa préparation avant son retour à la compétition. Sur Paris-Roubaix le , il abandonne en même temps que son ami Guy Lapébie. Deux semaines plus tard, il impressionne les observateurs et marque son retour en forme en prenant la de Paris-Tours derrière l'Italien Jules Rossi et le Belge Albertin Dissaux. Il participe ensuite au championnat de France sur le circuit de Montlhéry. Un temps lâché en milieu de course, il réintègre le peloton avec l'aide de René Le Grevès. Dès lors, il fait preuve d'une intense activité et poursuit les coureurs qui tentent de s'échapper. Il lance son sprint à de la ligne d'arrivée et s'impose avec plusieurs longueurs d'avance sur Sylvain Marcaillou et Marcel Laurent. Il remporte ainsi son premier titre de champion de France chez les professionnels..

Paul Maye apparaît comme l'un des principaux favoris pour les arrivées au sprint sur le Tour de France, pour sa troisième participation. L'épreuve débute pourtant bien mal pour lui puisqu'il est renversé par une moto alors qu'il se rend avec ses coéquipiers au départ de la au Vésinet. Blessé au bras et à l'épaule, il décide néanmoins de prendre le départ de la course. Amoindri, ne pouvant tenir le guidon de sa main droite, il est rapidement distancé et se retrouve seul sur la route. Il achève les de l'étape pour rejoindre Caen avec de retard sur le vainqueur. Le lendemain, il abandonne le Tour de France et ne prend pas le départ de la . Le malheur de Paul Maye lui vaut toutefois de faire la une du magazine Match. Lors de sa convalescence dans une clinique proche de Paris, il fait la connaissance du mannequin Maryvonne Hachart, qui deviendra sa femme. Cité parmi les favoris du championnat du monde de Fauquemont aux Pays-Bas, il fait à nouveau preuve de malchance en chutant avec son coéquipier chez Alcyon Edward Vissers.. Les bons résultats obtenus par Paul Maye au cours de cette année 1938 lui valent de remporter le challenge Sedis, qui récompense le meilleur routier professionnel de la saison française.. Il est également sélectionné parmi les « Dix plus belles figures du sport français » par le journal Le Petit Parisien, un classement qui récompense les dix athlètes ayant réalisé les performances les plus remarquables de l'année, tous sports confondus. Il y figure notamment en compagnie du skieur alpin Émile Allais ou du boxeur Marcel Cerdan..

Lors de la saison 1939, Paul Maye remporte Paris-Angers le .. Sur le Tour de France, il abandonne une nouvelle fois, pris dans une chute collective avec Romain Maes, Jules Lowie et Arsène Mersch au cours de la . Alors que la Seconde Guerre mondiale est déclarée le , Paul Maye rejoint son régiment du génie militaire. Il est d'abord envoyé dans le Pas-de-Calais pour réparer des voies de chemin de fer, puis est affecté en en Belgique, où il participe à des actes de sabotage de ponts à proximité de Mons. Agent de liaison cycliste, il parcourt les routes françaises jusqu'à sa démobilisation à la fin du mois de . Il rejoint Paris et comme beaucoup de cyclistes, est réquisitionné pour distribuer le courrier ou porter des fonds, parfois jusqu'en Vendée ou dans les Deux-Sèvres. Au début de l'Occupation allemande, les courses cyclistes sont d'abord interdites puis autorisées de nouveau, mais les restrictions et les difficultés de ravitaillement conduisent à l'annulation de nombreuses courses, y compris parmi les plus célèbres. Au cours de l'été 1940, Paul Maye participe à un gala de bienfaisance sur la piste du Parc des Princes aux côtés de la comédienne Ginette Leclerc, ainsi qu'au cyclo-cross de Montmartre..

Succès sous l'Occupation (1940-1944)