Richard Williams ( au ) est largement considéré comme le « père » de la Royal Australian Air Force (RAAF), l'armée de l'air australienne. Il a été le premier pilote militaire formé en Australie et a ensuite été affecté à la tête d'unités de combat australiennes et britanniques pendant la Première Guerre mondiale. Partisan d'une force armée aérienne indépendante des autres branches des services armés, Williams a joué un rôle de premier plan dans la création de la RAAF et en est devenu son premier chef d'état-major en 1922. Il est resté à ce poste pendant treize ans et neuf mois, plus que tout autre officier australien.

Williams est originaire d'un milieu ouvrier dans le sud de l'Australie. Il est lieutenant dans l'Armée de terre quand il apprend à voler à Point Cook, au Victoria, en 1914. En tant que pilote de l’ (AFC) pendant la Première Guerre mondiale, il devient commandant de la escadrille de l'AFC, puis de la de la RAF. Il est décoré de l'Ordre du Service distingué et termine la guerre au grade de lieutenant-colonel. Il fait ensuite campagne pour une armée de l'air indépendante de l'Armée de terre et de la marine, ce qui est fait le .

La RAAF balbutiante affronte de nombreux défis pour conserver son existence dans les années 1920 et au début des années 1930, et beaucoup de crédit doit lui être attribué pour avoir maintenu son indépendance. Cependant un rapport défavorable sur les normes de sécurité en vol lui valent d'être renvoyé de son poste et d'être détaché auprès de la RAF avant la Seconde Guerre mondiale. Malgré divers soutiens pour sa réintégration en tant que commandant en chef de l'armée de l'air et sa promotion au grade d’ en 1940, il ne sera jamais renommé à ce poste. Après la guerre, il est mis à la retraite avec un certain nombre d'autres officiers de la Première Guerre mondiale. Il devient directeur général de l'aviation civile australienne, et est anobli un an avant sa retraite en 1955.

Début de carrière thumb|upright|left|Richard et Constance Williams, vers 1915 Williams est né le dans une famille ouvrière de Moonta en Australie-MéridionaleGarrison, Australian Dictionary of Biography, Helson, 10 Years at the Top, . Il est le fils aîné de Richard Williams, un mineur de cuivre qui a émigré de Cornouailles, en Angleterre, et de son épouse EmilyOdgers, The Royal Australian Air Force, . Il quitte l'école au cours du premier cycle du collège et travaille comme télégraphiste puis comme employé de banque. Il s'enrôle ensuite dans une unité de la milice, le régiment d'infanterie d'Australie-Méridionale à l'âge de 19 ans. Nommé sous-lieutenant au d'infanterie australienne le , il rejoint les forces militaires permanentes l'année suivanteDepartment of Defence, AIF personnel file.

En , le lieutenant Williams prend part au cours inaugural australien de vol militaire à l'école centrale de pilotage dirigée par les lieutenants Henry Petre et Eric Harrison. Après un vol en solo dans un Bristol Boxkite autour de l'aérodrome de Point Cook, Williams devient le premier étudiant à obtenir son diplôme de pilote, le Stephens, The Royal Australian Air Force, . Après une formation administrative et pédagogique, il bénéficie d'un entrainement avancé de pilote à Point Cook en . Le mois suivant, il épouse Constance Esther Griffiths, qui était de 13 ans son aîné. Le couple n'aura pas d'enfants.

Première Guerre mondiale thumb|left|240px|Le Major Williams commandant la escadrille de l'AFC, en Palestine, en 1917. Williams est promu capitaine le . Il est nommé commandant de la escadrille de l’Australian Flying Corps qui était initialement la du pour les Britanniques. L'unité quitte l'Australie en sans aucun avion. À son arrivée en Égypte, elle reçoit des avions de combat B.E. 2, un type d'avion manquant de vitesse et de manœuvrabilité et sans mitrailleuse tirant vers l'avantCutlack, The Australian Flying Corps, . Williams écrit qu'en combat avec un Fokker allemand, « notre combat aérien est de courte durée, mais cela peut signifier une fin rapideOdgers, The Royal Australian Air Force, », et que quand il s'agit de faire des bombardements, son sort et celui de ses camarades pilotes « dépendent principalement de la chance ». Il cite également un truisme dans le que, « si un nouveau pilote passait les trois premiers jours sans se faire abattre, il était chanceux ; s’il tenait trois semaines, il se débrouillait bien et s’il tenait trois mois il avait fait ses preuves » Williams et les autres aviateurs australiens sont d'abord affectés à des tâches isolées autour du canal de Suez, affectés dans diverses unités du . La escadrille commence à fonctionner de manière concertée en , soutenant l'avance des Alliés en PalestineAir Marshal Richard Williams at Australian War Memorial. Consulté le 10 septembre 2007.. Williams la rejoint en .

Peu de temps après ses débuts dans l'escadrille, Williams évite de justesse le crash lorsque son moteur s'arrête alors qu'il bombarde la gare terminus de Tel el Sheria. Au début, il croit qu'il a été touché par l'ennemi, puis il constate que l'interrupteur commandant le moteur et situé en dehors du poste de pilotage est sur la position arrêt. À moins de du sol, il réussit à remettre le moteur en marche et à revenir à la baseCutlack, The Australian Flying Corps, . Le , Williams atterrit derrière les lignes ennemies pour sauver le lieutenant Adrian Cole, un camarade abattu alors que le jour d'avant il a mené une violente attaque contre la cavalerie turque, ces deux actions lui valant la Croix du service distingué pour « bravoure »Cutlack, The Australian Flying Corps, . Il est promu major en mai et reçoit le commandement de l'escadrille , qui sera équipée de Bristol Fighters dans le courant de l'annéeStephens, The Royal Australian Air Force, Mordike, RAF Air Power Review, . « Maintenant, pour la première fois, » écrit Williams, « après 17 mois de service nous avons des avions avec lesquels nous pouvons faire face à notre ennemi en combat aérien ». thumb|right|300px|Le Lieutenant General Sir Harry Chauvel (devant, deuxième à gauche) et le Lieutenant Colonel Williams (devant, deuxième à droite) avec la première escadrille de Bristol Fighters, en février 1918 En , Williams est nommé lieutenant-colonel à titre temporaire et commandant de la Armée aérienne britannique qui opère en Palestine. Il commande son ancienne escadrille et trois unités britanniques. En tant qu'agent de Dominion, toutefois, Williams n'est pas autorisé à sanctionner le personnel britannique", le conduisant temporairement à une promotion supplémentaire dans la Royal Air Force "Mordike, RAF Air Power Review, . Augmentées d'un bombardier géant Handley Page, ses forces prennent part à la bataille d'Armageddon, l'offensive finale en Palestine, où elles infligéent une destruction massive à l'armée turqueStephens, The Royal Australian Air Force, Mordike, RAF Air Power Review, . Sur l'action de la Escadre à Wadi Fara, le , Williams écrit : « Le septième armée turque a cessé d'exister et il faut noter que c'est à la suite de l'attaque aérienne ». Il envoie également le capitaine Ross Smith aux commandes de l'Handley Page, accompagné de deux Fighters Bristol, aider l'armée arabe du Major T.E. Lawrence au nord d'Amman où elle est harcelée par les avions allemands basés à DeraaOdgers, 100 Years of Australia at War, . En novembre, Williams est nommé commandant temporaire de la brigade de la PalestineAir of Authority. Consulté le 27 février 2009. qui comprend sa précédente escadre, la Armée aérienne et le Corps d'armée aérienne. Ses services lui valent par la suite de se voir décerner l'Ordre de la Nahda par le roi du Hedjaz. Avec deux Citations militaires britanniques, Williams s'installe à la fin de la guerre, selon les termes de l'historien de la RAAF Alan Stephens, comme « l'étoile montante de l'AFC ».

Les années d'entre deux-guerres Naissance de la RAAF thumb|upright|left|La direction de la RAAF en 1928, avec Air Commodore Williams (au premier plan au centre) Nommé Officier de l'Ordre de l'Empire britannique dans la promotion du nouvel an 1919, Williams est affecté à l'état-major de l’ (AIF) dont le siège est à Londres, avant de retourner en Australie et de prendre le poste de Directeur des services aériens au Siège de l'Armée de terre, à Melbourne. L’ avait entretemps été dissout à la fin de la guerre, remplacé par l’ (AAC) qui est, comme l'ancienne AFC, une branche de l'Armée de terreStephens, The Royal Australian Air Force, .

Après la création de l’ le , Williams et ses collègues officiers de l'AAC abandonnent leur grade dans l'Armée de terre en faveur de celui créé de façon analogue à ceux de la . Williams, alors lieutenant-colonel de l'armée de l'air (), est personnellement chargé de préparer les projets à soumettre au Conseil de l'Air pour créer l’ (AAF), un service indépendant de l'Armée de terre et de la marine. L'AAF est officiellement créée le ; Williams choisit délibérément ce jour plutôt que le , date de la création de la RAF trois ans plus tôt, « pour empêcher les mauvaises langues de faire référence à nous comme un poisson d'avrilCoulthard-Clark, The Third Brother, . Le préfixe « Royal » est ajouté cinq mois plus tardGillison, Royal Australian Air Force 1939–1942, . Williams propose une cocarde pour l'AAF en , fondée sur la cocarde de la , mais avec les cinq étoiles de la Croix du Sud au sein de la cocarde et l'étoile de la fédération dans bas de la cocarde. Cependant, ce projet n'est pas été adopté par la RAAF et le gouvernement se contente d'employer une copie directe de la cocarde de la RAF jusqu'en 1949, quand un nouveau design comprenant les étoiles du drapeau australien est choisiAir Power Development Centre, The Australian Experience of Air Power, .

En tant qu'officier supérieur de la Commission de l'air, Williams porte le titre de , le terme « chef d'état-major » ne semblant pas adapté pour la nouvelle Armée de l'Air alors qu'il est utilisé pour l'Armée de Terre et la MarineStephens, The Royal Australian Air Force, . Il propose de consolider le nouveau service en augmentant ses membres et en améliorant leur formation. Peu de temps après la création de l'AAF, un terrain est acheté pour une base aérienne à , à huit kilomètres de Point Cook, et en , Williams propose la création d'une base à Richmond, en Nouvelle-Galles du Sud, la première en dehors du VictoriaRoylance, Air Base Richmond, . Il lance également un programme spécial pour les étudiants de l'Armée de terre et de la marine, notamment pour les diplômés du Collège militaire royal de Duntroon, afin de renforcer ses effectifs ; parmi les candidats admis figurent les futurs commandants de l'armée de l'air John McCauley, Frederick Scherger, Valston Hancock et Alister Murdoch, ainsi que d'autres officiers supérieurs tels que Joe Hewitt et Frank Bladin. En tant que leader, Williams s'acquiert une réputation de forte volonté, s'absorbant dans les détails administratifs et une image « quelque peu puritaine ». Il est connu dans son arme sous le surnom de « DickyStephens, The Royal Australian Air Force, L'orthographe "Dickie" est parfois utilisé, par exemple par Roylance, Air Base Richmond, . Il est à noter que Roylance utilise "Dicky" à la ».

Chef d'état-major Le terme First Air Member est remplacé par Chef d'État-Major (CEM) en . Entre les années 1920 et les années 1930, Williams occupe ce poste en alternance avec le lieutenant-colonel de l'armée de l'air Stanley Goble pendant 17 ans. Une des raisons évoquée pour cette rotation pourrait être un stratagème de l'armée et de la marine visant à "limiter l'indépendance de Williams"Stephens, Going Solo, . Cet arrangement fut au contraire « presque entièrement faussé par une rivalité improductive » entre les deux officiers. Bien que dans un sens légal, le Conseil de l'Air est responsable de la RAAF, Williams domine tellement celui-ci que Goble se plaignit plus tard que son collègue agissait en pensant avoir tous les pouvoirsStephens, The Royal Australian Air Force, .