La Coupe de Belgique 1955-1956 est la huitième édition de l'épreuve.
Cette compétition réserve son lot de surprises. Bien que les clubs de Division 1 soient majoritaires à partir des 1/ de finale, l'apothéose est disputée par deux formations de Division 2. Bien que le favori soit le R. CS Verviétois (champion de D2), c'est le Racing Club Tournaisien qui enlève le trophée. Le « matricule 36 » est le premier, et jusqu'à présent (2014), seul cercle de D2 à avoir remporté la Coupe de Belgique.
Cette finale « 56 » est également la toute première « 100% wallonne ». Il faut attendre 37 ans pour vivre la seconde (et dernière jusqu'à 2014). La victoire tournaisienne est la toute première d'un cercle hennuyer. Il n'aura pas de successeur « de son vivant ». En effet, la seconde victoire d'un club du Hainaut surviendra 47 ans plus tard (succès de La Louvière), soit un an après la disparition du vénérable R. RC Tournaisien, englobé dans une fusion avec son ancestrale rivale de lUnion Sportive, pour former l'actuel R. FC Tournai.
Troisième...et dernière Cette édition de la Coupe de Belgique, la « septième » dans l'absolu, est la de l'épreuve ressortie des cartons où l'URSBFA l'a laissée durant 28 ans, soit de 1935 à 1953.
Peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'envie de relancer la coupe nationale fait son petit bonhomme de chemin dans l'esprit des dirigeants du football belge. Lors de la saison 1953-1954, la compétition est remise sur pied avec formule réadaptée par rapport à ses (déjà) lointaines devancières. Il est convenu qu'une évaluation soit faite au terme de chaque édition. L'envie de poursuivre est présente tant en 1954 qu'en 1955.
Il est tout de même intéressant de constater une méconnaissance et aussi du désintérêt de la part des « grands clubs »; comprenez de Division 1. On remarque que plusieurs clubs de divisions dites supérieures alignent leur équipe « Réserves » ou un mélange de titulaires et de remplaçants. Sanction : ils sont éliminés par des cercles jouant deux à trois niveaux plus bas. Dans d'autres cas, les clubs choisissent délibérément de délaisser la Coupe de Belgique au profit de matchs amicaux plus rémunérateurs en termes de recette.
Quand la « Coupe 1955-1956 » se termine, l'évaluation est positive. Le public a, le plus souvent, répondu présent et les clubs sont d'avis de poursuivre l'aventure. Majoritairement la presse se fait la défenderesse de l'épreuve. Mais, dans le football belge, les mentalités sont ce qu'elles sont. En dépit de nombreux avis favorables, le « soufflé retombe ». L'édition 56-57 ne voit pas le jour. Il faut attendre la création de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de coupe en 1961, pour que les instances fédérales du foot' belge ressortent leur Coupe de Belgique des oubliettes où elle végète pendant sept longues saisons. La édition est alors celle de 1963-1964 et depuis son organisation devient alors annuelle sans plus connaître d'interruption.
Tours préliminaires
Quatre tours préliminaires sont organisés pour désigner 64 équipes issues des séries provinciales et de la Promotion qui rejoignent les 64 équipes évoluant dans les trois plus hautes divisions nationales à partir des soixante-quatrièmes de finale. Les trois premiers tours ne concernent que les équipes de provinciales, les clubs de Promotion entrant dans la compétition au quatrième tour. Pour cette « édition 55-56 », sur les 64 qualifiés, 35 sont issus de Promotion et 29 de Provinciale.
Répartition des clubs engagés +Répartition des clubs par province et par divisionProvinceTotal 6 3 5 8 5 27 3 4 7 6 1 21 0 3 3 0 7 13 1 1 6 4 3 15 1 2 4 2 5 14 3 2 4 5 4 18 2 1 2 4 3 12 0 0 0 3 0 3 0 0 1 3 1 5Total 16 16 32 35 29 128
Organisation et règles L'édition 1955-1956 se déroule selon le schéma traditionnel, à savoir chaque tour est décidé en une manche sur le terrain de la première équipe tirée au sort, jusqu'aux demi-finales que la « Commission de la Coupe de Belgique » souhaite voir se disputer sur terrain neutre. Toutefois, l'ordre du tirage au sort peut être inversé et une demi-finale jouée chez un des deux clubs concernés si les deux cercles marquent leur accord.
Chaque tour est prévu à une date précise, mais les clubs concernés ont la latitude de déplacer le match à la date qui leur convient mais « Commission de la Coupe de Belgique » fixe une date maximale pour laquelle toutes les parties doivent avoir été prestées. Les tours sont tirés au sort individuellement (généralement à la fin du tour précédent, ou peu avant la fin de celui-ci dans le cas où des rencontres sont décalées) et tous se font intégralement (aucune équipe « protégée » ou tête de série).
Par rapport aux deux éditions précédentes, une modification intervient et elle est d'importance. Les prolongations (2 × 15 min et éventuellement 2 × 7 min 30 s) disparaissent. Si après 90 minutes, deux équipes sont à égalité : (1) le club qui a obtenu le plus de coups de coin est qualifié, (2) si la parité subsiste, chaque équipe botte cinq penalties (de nos jours tirs au but). Celle qui en marque le plus se qualifie. La procédure est différente de ce que nous connaissons de nos jours. À l'époque, une équipe commence et frappe cinq fois de suite, puis l'autre équipe fait de même. Si l'égalité est encore de mise, on reprend avec les cinq mêmes tireurs de part et d'autre. Il arrive qu'une équipe tirant en second lieu arrête de tirer quand la différence est irrémédiablement faite.
Légende des tableaux Clubs qualifiés pour le tour suivant : club tenant du titre « Corners » = qualification acquise en raison du plus grand nombre de corners (coups de coin) obtenus. « Pen. » : qualification acquise après une séance de penalties (Tris au but).
Cinquième tour – Soixante-quatrièmes de finale Le tirage au sort de ce (ou 1/) a lieu le à 18h30 au siège de la fédération, par Monsieur Pissers, membre du SK LebbekeArticle du journal Le Soir du 25/10/1955. Ce tour voit l'entrée en lice des cercles de Division 1 (16), Division 2 (16) et Division 3 (32).
Comme lors des deux éditions précédentes, on assiste à un « tirage intégral ». Aucune division n'est protégée. Cette fois hasard est assez favorable aux cercles de Division 1 car il n'y a aucun affrontement entre eux. 128 clubs engagés, 64 rencontres programmées le . Le match Oostrozebeke-FC Liégeois est reporté dix jours plus tard, car le club de D1 à des engagements à respecter (une rencontre amicale en Pologne). En cas de remise, les matchs de ce doivent être disputés pour le . Le tirage au sort du tour suivant est fixé au . Références arbitres : Article du journal Les Sports du 01/11/1955
Résultats La rencontre n° T5-09 (JS Athusienne-RC Mechelen) débute à 15h30 à la demande du club visitéInformation du journal Le Soir du 29/10/1955. Après accord entre les deux clubs, la rencontre n° T5-10 (R. Antwerp FC-K. RC Borgerhout) voit l’ordre du tirage au sort inversé et se déroule sur le terrain du tenant du trophée. La rencontre n° T5-16 du R. FC Liégeois fait l’objet d’une inversion du tirage au sort. Le cercle de « Division 1 » accepte de se rendre en Flandre occidentale car le SC Oost-Rozebeke a accepté de retarder cette partie de dix jours. Le « matricule 4 » fait partie des équipes belges qui ont accepté d'affronter une équipe polonaise site « Sélection de Varsovie » Ainsi, le , au stade du Centenaire de Bruxelles, le Beerschot se fait étriller (0-7). Le lendemain, à Antoing, le Daring CB s'incline 2-4. Le jour de la Toussaint, les Sang & Marine obtiennent un partage « 2-2 ». Après accord entre les deux clubs, la rencontre n° T5-29 (R. CS Verviétois-US Anderlusienne) voit l’ordre du tirage au sort inversé et se déroule sur le terrain des « Béliers ». La rencontre n° T5-32 (R. CS La Forestoise-R. CS Brugeois) se déroule sur le terrain de l’Union St-Gilloise.