Les élections législatives portugaises de 2011 () se sont tenues le , afin d'élire les 230 députés de la douzième législature de l'Assemblée de la République du Portugal.
Le scrutin est remporté par le Parti social-démocrate de Pedro Passos Coelho, qui obtient la majorité relative, et par le centre droit en général, qui remporte la majorité absolue en voix et en sièges.
Contexte : une crise politique
Contraint de constituer un gouvernement minoritaire après les élections législatives du 27 septembre 2009 Ferreira Leite ne veut ni accord ni coalition avec le PS, Público, le Le CDS-PP sera dans l'opposition, Público, le « Il n'y a pas de conditions pour aucune coalition avec le PS » dit le Bloc à Sócrates, Público, le Le PCP refuse un accord au PS et réclame de la « stabilité sociale », Público, le , le Premier ministre socialiste José Sócrates a dû faire face à une sévère dégradation des finances publiques du fait de la crise économique mondiale et de la récession qui en a résulté. En conséquence, il a fait adopter trois plans d'austérité budgétaire Les huit mesures d'austérité proposées par le gouvernement au PSD, Jornal dos Negócios, le La fonction publique, les retraites et la TVA à 23 % paient le déficit 2011, Público, le qui conduisent au déclenchement d'une grève générale le Appels à la grève générale contre l'austérité au Portugal, sit internet du quotidien Le Monde, le , dont l'ampleur est inédite depuis 1986 Les Portugais en grève générale contre l'austérité, Le Monde, le . Le , le ministre des Finances Teixeira dos Santos annonce un quatrième paquet de mesures de rigueur Le gouvernement veut appliquer un impôt extraordinaire sur toutes les pensions en 2012, Público, le , qui sont cette fois-ci rejetées par le Parti social-démocrate Passos Coelho rejette le nouveau PEC du gouvernement, Público, le . Le chef du gouvernement menace alors de démissionner en cas de rejet de son programme par l'Assemblée de la République Le Premier ministre reconnaît qu'il démissionnera en cas de rejet du PEC, Público, le . Il passe à l'acte Sócrates a démissionné, Expresso, le après le refus exprimé par les députés à l'issue du débat parlementaire, organisé le 23 mars L'opposition approuve les résolutions contre le PEC IV, Público, le , et appelle à la dissolution de l'Assemblée Sócrates désire et va aux élections, Público, le , une idée soutenue par les autres formations politiques du pays Paul Portas : la démocratie existe pour résoudre des problèmes comme celui-là, Público, le Jerónimo de Sousa défend que « la parole soit donnée » au peuple, Público, le Le PSD va réaffirmer à Cavaco que des élections sont l'unique sortie, Público, le .
Fixation de la date des élections Conformément à la Constitution, le président de la République, Aníbal Cavaco Silva, reçoit alors tous les partis représentés, dans l'ordre croissant Cavaco reçoit les partis aujourd'hui, Expresso, le . La majorité des formations de gauche préconise alors la convocation d'un scrutin anticipé pour le dimanche 5 juin Le PCP veut des élections « au début » de juin, Público, le Le Bloc de gauche demande des élections au 5 juin, Público, le Le PS choisit le 5 juin pour aller aux élections, Expresso, le , tandis que les sociaux-démocrates proposent la réalisation des élections dès le 29 mai Passos propose des élections le 29 mai, Expresso, le . Selon la loi électorale, le scrutin ne peut se tenir moins de 55 jours après l'annonce de sa convocation par le chef de l'État Loi électorale de l'Assemblée de la République, article 19, site de l'Assemblée de la République, consulté le . Après avoir réuni le Conseil d'État Cavaco réunit aujourd'hui le Conseil d'État, Expresso, le , Aníbal Cavaco Silva annonce le 31 mars la tenue des élections pour le 5 juin Cavaco fixe les élections au 5 juin, Público, le .
Conditions générales Mode de scrutin L'Assemblée de la République (Assembleia da República) se compose de 230 députés, dont le mandat dure quatre ans. Les parlementaires sont élus dans vingt-deux circonscriptions, qui correspondent aux dix-huit districts du Portugal, aux deux régions autonomes que sont les Açores et Madère, et à deux circonscriptions ad hoc pour les expatriés, selon un scrutin proportionnel avec répartition suivant la méthode d'Hondt Système électoral de l'Assemblée de la République du Portugal, Union interparlementaire, consulté le . Chaque circonscription compte au moins deux députés, celle du district de Lisbonne en comptant pour sa part quarante-sept, le nombre maximum actuel.
Répartition des députés Répartition retenue le par la commission nationale des élections Carte électorale, site de la commission nationale des élections, consulté le .
CirconscriptionDéputés District d'Aveiro 16 District de Beja 3 District de Braga 19 District de Bragance 3 District de Castelo Branco 4 District de Coimbra 9 District d'Évora 3 District de Faro 9 District de Guarda 4 District de Leiria 10 District de Lisbonne 47 District de Portalegre 2 District de Porto 39 District de Santarém 10 District de Setúbal 17 District de Viana do Castelo 6 District de Vila Real 5 District de Viseu 9 Région autonome des Açores 5 Région autonome de Madère 6 Europe 2 Hors d'Europe 2 TOTAL 230
Campagne Principaux partis et dirigeants Parti Chef de file Résultats en 2009 Parti socialiste José Sócrates Premier ministre 36,56 % des voix 97 députés Parti social-démocrate Pedro Passos Coelho 29,11 % des voix 81 députés CDS – Parti populaire Paulo Portas 10,43 % des voix 21 députés Bloc de gauche Francisco Louçã 9,81 % des voix 16 députés Coalition démocratique unitaire Jerónimo de Sousa 7,86 % des voix 15 députés
Têtes de liste Circonscription PS Prenez connaissance des têtes de liste du PS et du PSD aux prochaines élections, Economico, le PPD/PSD Les 22 têtes de liste du PSD pour les élections législatives, Economico, le CDS/PP Le conseil national du CDS approuve les listes avec 90 % des voix, site du CDS/PP, consulté le Le CDS maintient les têtes de liste de 2009 et désigne des « gens nouveaux », site du CDS/PP, consulté le BE Liste des candidats du Bloc de gauche, site du journal du BE, Esquerda, consulté le CDU Liés à la vie et aux aspirations du peuple, Avante, le Aveiro Helena André António Couto dos Santos Paulo Portas Pedro Filipe Soares Miguel Viegas Beja Luís Pita Ameixa Carlos Moedas José Ghira Manuel Dinis Cortes João Ramos Braga António José Seguro Miguel Macedo Telmo Correia Pedro Soares Agostinho Lopes Bragance Mota Andrade Francisco José Viegas Nuno Sousa Liliana Fernandes Maria Cunha Castelo Branco José Sócrates Costa Neves Maria Celeste Capel Fernando Pinto Proença Vítor Silva Coimbra Ana Jorge José Manuel Canavarro João Serpa Oliva José Manuel Pureza Manuel Pires da Rocha Évora Carlos Zorrinho Pedro Lynce André Assis Miguel Sampaio João Oliveira Faro João Soares Mendes Bota Artur Rego Cecília Honório Paulo Sá Guarda Paulo Campos Manuel Meirinho Emília Bento António Baptista José Branco Leiria Basílio Horta Teresa Morais Assunção Cristas Heitor de Sousa Ana Rita Carvalhais Lisbonne Eduardo Ferro Rodrigues Fernando Nobre Teresa Caeiro Francisco Louçã Jerónimo de Sousa Portalegre Pedro Marques Cristovão Crespo Paulo Caetano Paulo Cardoso Luísa Araújo Porto Francisco Assis José Pedro Aguiar-Branco José Ribeiro e Castro João Semedo José Honório Novo Santarém António Serrano Miguel Relvas Filipe Lobo d'Ávila José Gusmão António Filipe Setúbal José Vieira da Silva Maria Luís Albuquerque Nuno Magalhães Mariana Aiveca Francisco Lopes Viana do Castelo Fernando Medina Carlos Abreu Amorim Abel Batista Jorge Manuel Teixeira Ilda Figueiredo Vila Real Pedro Silva Pereira Pedro Passos Coelho Joana Rapazote Irina Castro Manuel Cunha Viseu José Junqueiro Almeida Henriques Hélder Amaral Rui Costa Manuel Rodrigues Açores Ricardo Rodrigues Mota Amaral Artur Lima José Cascalho José Decq Mota Madère Jacinto Serrão Alberto João Jardim José Manuel Rodrigues Roberto Almada Edgar Silva Europe Paulo Pisco Carlos Gonçalves Isaías Afonso Gustavo Behr Maria de Melo Galvão Hors d'Europe Carolina Almeida José Cesário Augusto Cymbron Cristina Semblano Helena Cunha
Sondages Institut Date PS PPD/PSD CDS/PP BE CDU Aximage 03.06.2011 29,2 % 37,4 % 12,5 % 6,7 % 8,0 % Intercampus 02.06.2011 31,1 % 36,5 % 11,6 % 6,0 % 7,4 % Eurosondagem 01.06.2011 31,3 % 35,4 % 13,4 % 6,0 % 7,9 % CESOP (UCP) 01.06.2011 31,0 % 36,0 % 11,0 % 7,0 % 8,0 % Intercampus 30.05.2011 32,3 % 37,0 % 12,7 % 5,2 % 7,7 % Eurosondagem 27.05.2011 32,3 % 33,9 % 13,4 % 6,3 % 7,9 % Eurosondagem 25.05.2011 32,0 % 33,7 % 13,2 % 6,7 % 8,1 % Eurosondagem 24.05.2011 32,6 % 33,1 % 13,7 % 6,4 % 7,6 % CESOP (UCP) 24.05.2011 36,0 % 36,0 % 10,0 % 6,0 % 9,0 % Intercampus 22.05.2011 33,2 % 39,6 % 12,1 % 5,6 % 6,6 % Intercampus 20.05.2011 34,1 % 35,7 % 12,8 % 6,8 % 7,5 % Intercampus 16.05.2011 35,4 % 36,1 % 12,6 % 6,2 % 7,5 % Intercampus 13.05.2011 36,8 % 33,9 % 13,4 % 6,0 % 7,4 % Marktest 10.05.2011 34,4 % 39,7 % 9,0 % 4,8 % 6,5 % Intercampus 09.05.2011 35,1 % 36,2 % 10,9 % 6,5 % 7,7 % Aximage 06.05.2011 28,3 % 31,5 % 11,2 % 7,7 % 9,3 % CESOP (UCP) 06.05.2011 36,0 % 34,0 % 10,0 % 5,0 % 9,0 % Eurosondagem 21.04.2011 32,7 % 36,3 % 11,3 % 6,9 % 7,8 % Marktest 20.04.2011 36,1 % 35,3 % 7,5 % 6,0 % 8,1 % Intercampus 11.04.2011 33,1 % 38,7 % 9,4 % 7,6 % 8,1 % CESOP (UCP) 06.04.2011 33,0 % 39,0 % 7,0 % 6,0 % 8,0 % Aximage 02.04.2011 28,4 % 34,8 % 10,8 % 6,5 % 8,5 % Eurosondagem 31.03.2011 30,4 % 37,3 % 10,7 % 7,7 % 8,4 % Marktest 25.03.2011 24,6 % 46,7 % 6,3 % 8,9 % 6,7 % Aximage 10.03.2011 27,9 % 37,9 % 8,9 % 6,5 % 10,7 % Eurosondagem 04.03.2011 30,6 % 36,9 % 9,9 % 7,7 % 8,6 % Marktest 24.02.2011 29,1 % 47,8 % 4,2 % 5,9 % 6,1 % Eurosondagem 11.02.2011 29,3 % 36,3 % 10,2 % 9,5 % 9,2 % Aximage 04.02.2011 27,8 % 37,8 % 9,5 % 6,5 % 9,3 % Intercampus 23.01.2011 30,8 % 36,8 % 5,8 % 7,1 % 7,3 % Aximage 04.01.2011 25,4 % 38,3 % 8,8 % 7,5 % 9,9 % Dernières élections 27.09.2009 36,56 % 29,11 % 10,43 % 9,81 % 7,86 %
Thèmes et faits marquants L'appel à l'aide extérieure thumb|200px|José Sócrates.
Dès le , l'agence de notation financière Fitch Ratings dégrade la note de la dette publique portugaise de trois crans, la laissant juste au-dessus du stade « spéculatif » Fitch baisse la note – Le Portugal à la limite du « pourri », Diário de Notícias, le , ce qui conduit Pedro Passos Coelho à affirmer qu'il soutiendra le gouvernement s'il demande l'aide extérieure de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) Passos Coelho promet de respecter les engagements, Expresso, le , un jour après que le ministre des Finances, Teixeira dos Santos, ait affirmé la nécessité de recourir à l'assistance internationale mais qu'il ne disposait pas de la « légitimité » pour le faire Teixeira dos Santos admet le besoin d'une aide extérieure mais ne la demandera pas, Público, le . Le lendemain, le président du PPD/PSD confirme que s'il prend la tête du gouvernement, il fera appel à l'aide extérieure Passos Coelho s'engage à demander l'aide extérieure s'il devient Premier ministre, Público, le , s'attirant de sévères critiques de José Sócrates Sócrates accuse Passos de « cynisme notable », Expresso, le , tandis que Jerónimo de Sousa renvoie PS et PPD/PSD dos-à-dos Jerónimo de Sousa accuse le PS et le PSD de « jouer au ping-pong » avec le FMI, Público, le . Finalement, Teixeira dos Santos fait savoir le 6 avril que le gouvernement a l'intention de faire appel à l'assistance financière internationale, dénonçant parallèlement comme cause de cet appel le rejet du plan d'austérité par les députés Le Portugal va demander l'aide extérieure, Expresso, le . José Sócrates déclare le soir même qu'il a déjà fait la demande auprès de la Commission européenne, et qu'il en a avisé le chef de l'État Sócrates : Le Portugal a déjà demande l'aide extérieure, Público, le .
Les premières manœuvres