Charles d'Argy (Charles Henry Louis comte d’Argy), né le à Malmy (Ardennes) et décédé à Rome le , est un militaire français. Colonel de l’armée française sous le Second Empire, il est cofondateur de l’école normale de gymnastique militaire de Joinville en 1852 et fondateur de la Légion d’Antibes en 1866.

Biographie thumb|left|upright=0.6|Armoiries de la famille d'Argy Charles d'Argy est le fils de Charles-Louis d’Argy de Malmy, officier des gardes du corps du roi Louis XVIII et de Joséphine Rosine Schmidt de Bude. D’une très ancienne famille de la noblesse de Champagne, alliée aux Maisons de Coucy, d’Ambly, d’Alendhuy, de Roucy, de Maubeuge, il est élevé dans un environnement militaire. Après des études au collège de Charleville, il s’engage dans la Garde royale.

Armoiries Armes d'Argy : d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules.

Les campagnes méditerranéennes En 1823, à 18 ans, il participe à la campagne d’Espagne sous les ordres du duc d’Angoulème et y gagne ses galons de sergent. Il participe ensuite en 1830 à la conquête de l'Algérie. Promu adjudant après la prise d'Alger il poursuit sa carrière en Algérie jusqu'en 1852, participant la campagne de la Petite Kabylie sous les ordres du maréchal Randon. Pendant toute cette période coloniale, il manifeste un intérêt particulier pour l'entraînement et l'entretien physique du soldat et les travaux d'Amoros.

L'École normale de gymnastique militaire de Joinville thumb|upright=0.8|Joinville, fin du . Cet intérêt lui vaut le d'ouvrir l'école normale de gymnastique militaire de Joinville à la redoute de la FaisanderieOuvrage des fortifications de Saint-Maur en limite est du Bois de Vincennes et du plateau de Gravelle alors sur le territoire de la commune de Joinville-le-Pont. Depuis 1929, les parties du Bois de Vincennes appartenant aux communes riveraines sont rattachées au arrondissement de Paris alors dans l'ex-département de la SeineDont une partie constitue le Val-de-Marne depuis le janvier 1968. Il en est le premier commandant, secondé par Napoléon Laisné, un autre fidèle d'Amoros. L’objectif de l’école est de former des moniteurs militaires de gymnastique mais .

Dès les premiers mois, d'Argy fait publier un Livret de commandement à l'usage des instructeurs du régiment et intervient auprès du Ministre de la Guerre pour faire établir la liste des équipements indispensables dans chaque corps de troupe. Ayant obtenu satisfaction il publie lui-même en 1855 une Instruction pour l'enseignement de la gymnastique. Rééditée en 1865 et 1872 celle-ci règle pendant un demi-siècle l'enseignement de Joinville où d'Argy contribue également à instituer l'enseignement de la natation. Il s'appuie à cet effet sur un ouvrage qu'il a publié lui-même dès 1851 avec l'aval du ministère des Armées. Son Instruction pratique pour l'enseignement élémentaire de la natation dans l'Armée préconise l'apprentissage des mouvements sur la terre ferme avant leur application en milieu aquatique aménagé et sécurisé . En 1856 il cède la direction de l'École au commandant de la Plane.

Besançon Mobilisé pour la campagne d'Italie, il y sert sous les ordres du maréchal Niel et à la suite de la bataille de Solférino, le , Charles d'Argy est nommé colonel du de ligne qu'il suit en garnison à Besançon. Devenu rapidement une personnalité de la ville, il contribue à son développement sportif en y remettant - entre autres - la pratique du tir à l'arc au goût du jour tant dans les milieux civils que militaires. Il dirigera les francs-archers, aussi appelés : chevaliers de l'arquebuse, de 1860 à 1866. Après quoi, il sera remplacé par Gustave Gaugand..

thumb|upright=0.8|Monument du Colonel d'Argy en l'église Saint-Louis des Français La légion d'Antibes En 1866 il accepte, à la demande du maréchal Randon ministre de la Guerre, de fonder et commander la Légion d’Antibes Officiellement dénommée Légion romaine, corps de volontaires français mis au service du pape pour la défense des états pontificaux. Celle-ci, réunie à Antibes, embarque pour l’Italie forte de le et défile devant Pie IX le 24. Composée uniquement de volontaires, elle porte l'uniforme en usage dans l’infanterie française, avec la coiffure et les insignes des chasseurs et des boutons portant la tiare pontificale et les clés de saint Pierre. Elle est équipée du très récent fusil Chassepot qui permet une cadence de tir très rapide pour l’époque. Cette unité est casernée à Viterbe et à Rome.

En , Garibaldi et ses chemises rouges déclenchent une offensive contre les états pontificaux. Le général Kanzler, commandant en chef des troupes pontificales mène la contre-offensive. Le à Mentana, les zouaves pontificaux du colonel de Charette et la Légion du colonel d’Argy soutenus par la brigade de l'armée française du général Polhès mettent en déroute la petite armée de Garibaldi. Cette victoire de Mentana assure à l'État pontifical un répit de trois ans jusqu'à la prise de Rome par les troupes italiennes le où la Légion d’Antibes capitule avec les honneurs de la guerre. Entre-temps le colonel comte Charles d’Argy meurt à Rome le , assisté du Saint-Père sur son lit de mort. Les officiers de son régiment font ériger un monument à sa mémoire en l’église Saint-Louis des Français à RomeLe 26 septembre, la légion débarque à Toulon pour former le de marche. Aussitôt envoyé contre les Prussiens pour tenter de débloquer Belfort avec le général Bourbaki, celui-ci s’illustre à Villersexel. En avril 1871, durant les troubles de la Commune, le ministre de la Guerre envoie le à Marseille pour combattre les insurgés soutenus par les chemises rouges de Garibaldi..

Décorations Charles d'Argy, commandeur de la Légion d’honneur par décret du , est également titulaire de : l'ordre de Pie IX ; l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand ; l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne ; l’ordre du Mérite militaire de Savoie ; l’ordre de François des Deux-Siciles ; l’ordre de l’Aigle rouge de Prusse ; la croix de Mentana.

Pour approfondir Bibliographie

Archives départementales des Ardennes. Archives nationales, fonds 2 empire. . Lire en ligne L. F de Caumartin, procès-verbal de la recherche de la Noblesse de Champagne. D’Hozier, Grand Armorial de France.

Louis Adrien Roland, comte d’Argy, Histoire de la Maison d’Argy.

Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française

Notes et références Notes

Références

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