Philippe Ricord, né le à Baltimore aux États-Unis et mort le à Paris, est un médecin et chirurgien français.
Biographie vignette|Iconographie de Philippe Ricord illustrant un traité sur la syphilis chez le nouveau-né par Charles-Paul Diday. vignette|alt=Caricature de Ricord par Gill|Caricature de Ricord, par André Gill (1867).
Formation Fils d’un armateur de la Compagnie française des Indes originaire de Grasse, qui avait fui la Révolution en 1790, Philippe Ricord fit ses premières études aux États-Unis et employa les premières années de sa jeunesse à de nombreux voyages dans l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que dans l’archipel colombien, pour des recherches d’histoire naturelle.. Un grand nombre d’objets collectés par lui et son frère Alexandre figurent au Musée de Paris. Ayant commencé ses études en médecine, en 1819, à Philadelphie, il vint en France en 1820, avec le naturaliste français Charles Alexandre Lesueur, à la suite des travaux d’histoire naturelle dont Jean-Guillaume Hyde de Neuville, alors ambassadeur de France en Amérique, l’avait chargé, recommandé par ce ministre, à Georges Cuvier. D’abord attaché comme pharmacien surnuméraire à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, où il travaille comme conservateur des spécimens de Lesueur, puis, à la suite d’un premier concours, externe des hôpitaux civils de Paris en 1821 dans le service de Guillaume Dupuytren, il fut reçu douzième au concours de l’internat en 1822, à l’hôtel-Dieu de Paris du au , toujours dans les services de Dupuytren, mais se brouilla avec lui après avoir publié un article indiquant qu’une procédure que Dupuytren affirmait avoir inventée était déjà en usage aux États-Unis. Il passa ensuite sous Jacques Lisfranc à La Pitié du au .
Médecine et chirurgie Après son internat et des succès dans les cours pour les prix de l’École, Ricord prit le grade de docteur, le . Après avoir pratiqué en province, il revint en 1828 dans la capitale et, à la suite d’un premier concours, il fut nommé, en 1828, chirurgien du bureau central des hôpitaux civils, et trois ans plus tard, à l’issue d’un second concours, dont il sortit premier, il fut chargé du service de chirurgie à l’hôpital des maladies vénériennes, où il établit un cours de clinique spéciale, qu’il a professé avec succès. Également chirurgien en chef à l’hôpital du Midi, il est connu pour avoir décrit les trois stades de la syphilis et acquis une réputation mondiale dans sa spécialité. En 1838, il a prouvé que l’auto-expérience de John Hunter était fausse, établissant ainsi définitivement que la syphilis et la gonorrhée ne sont pas la même maladie. Il a fait, en outre, de 1854 à 1856, et avec fruit pour les élèves, des cours publics de pathologie spéciale, à l’École pratique. Ses suggestions sur la guérison de la varicocèle et sur le fonctionnement de l’urétroplastie lui valurent le prix Montyon en 1842.
Comme chirurgien, il s’est fait connaitre comme opérateur par un nouveau procédé pour l’amputation de deux doigts ou de deux orteils à la fois ; par un procédé pour la cure des varices ; par une amputation du rectum, et par une méthode opératoire de la circoncision et du paraphimosis ; il a modifié, en outre, le spéculum, les pinces et le bistouri pour les amygdales, et a introduit dans la pratique un nouveau scarificateur pour l’urètre, et une seringue à double courant pour les injections utérines. Il a de plus fait l’application, dans le traitement des maladies vénériennes, de quelques moyens thérapeutiques, dont la formule dite « de Ricord » pour le traitement de l’urétrite, largement utilisée au moins jusqu’à la fin des années 1910, qui consistait en une solution contenant de sulfate de zinc, d’acétate de plomb, de laudanum de Sydenham et de teinture de catéchum dans d’eau distillée. Cette formule était largement connue et utilisée pour le lavage des tissus atteints d’urétrite simple grâce à ses propriétés astringentes et antiseptiques.. Il fut le professeur et confrère de l’urologue Antonin Jean Desormeaux et du chirurgien Charles-Paul Diday.
Ricord est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().
Publications Philippe Ricord a écrit de nombreux articles notamment dans : la Revue médicale, la Lancette française, la Lancette anglaise, la Gazette médicale, le Journal des connaissances médico-chirurgicales, le Journal de thérapeutique.
Mémoires Mémoire sur l’emploi du spéculum dans les maladies vénériennes, 1855 Mémoire sur l’inoculation artificielle de la vérole chez l’homme, 1855 : lu à l’Académie de médecine Mémoire sur la chez la femme, 1854 Mémoire sur l’emploi de l’onguent mercuriel dans le traitement des , 1856 Réfutation de l’opinion de Huffeland sur la blennorragie, 1856 Mémoire sur le chancre, 1857 Mémoire sur l'épididymite, 1858, lu à l’Académie de médecine
Autres publications médicales De l’emploi du spéculum, 1833 De la blennorragie de la femme, 1834 Mémoires et observations, 1834 Emploi de l’onguent mercuriel dans le traitement de l’érésipèle, 1836 Monographie du chancre, 1837 Théorie sur la nature et le traitement de l’épididymite, 1838 Traité pratique des maladies vénériennes : ou Recherches critiques et expérimentales sur l’inoculation, Rouvier et Le Bouvier, Paris, 1838 - 808 p. Traité des maladies vénériennes (, 1838; ), 1866 A practical treatise on venereal disorders : and more especially on the history and treatment of chancre, 1840 A practical lecture on venereal diseases, 1842 ; , 1854 De l’ophtalmie blennorragique, 1842. Clinique iconographique de l’hôpital des Vénériens, 1842-1851. À les membres de la section de médecine opératoire de l’Académie royale de médecine, 1844. Heinrich Lippert, Die Pathologie und Therapie der venerischen Krankheiten nach Philippe Ricord’s […] Vorträgen und Bermerkungen, Berendsohn, 1846, De la syphilisation, 1853. Lettres sur la syphilis avec une introduction par Amédée Latour, 1851 ; , 1863) — Traduction anglaise : 1853 Leçons sur le chancre, 1858 ; , 1860) — Traduction anglaise : 1859 Traité complet des maladies vénériennes. Clinique iconographique de l’hôpital des vénériens, recueil d’observations, suivies de considérations pratiques, 1862. « Communication de », dans De la syphilis vaccinaire : communications à l’Académie de médecine, 1865. (avec Jean Nicolas Demarquay) Deuxième rapport fait à la commission des études de la Société de secours aux blessés sur la nécessité de créer des ambulances modèles pour les blessés de l’industrie, [].
Récit de voyage De Paris à Meaux : en passant par Venise, Vienne, Pesth, la Roumanie, Constantinople, Athènes et le plus possible par l’Italie : lettres adressées, chemin faisant, à Latour, rédacteur en chef de l'''Union médicale par son ami le ], 1873.
Bibliographie
Jacques Chevallier, « Joseph Rollet and the shadow of Ricord », Hist Sci Med.'' 2010 jan-mar ; 44(1):65–71 — [https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20527336 Résumé
Ludwig Türck, Ricord’s Lehre von der Syphilis. Nach dessen klinischen Vorträgen, Vienne, 1846.
Compléments Honneurs et mémoire Éponymie Le chancre de Ricord est la lésion initiale, semblable à un parchemin, de la syphilis. Le spéculum rectal de Ricord, ou de Ricord/Baildon est un spéculum à deux lames.
Distinctions Ricord a reçu le prix Montyon en 1842.
Nommé médecin ordinaire du prince Napoléon, en 1862, il est nommé, le , chirurgien-conseil auprès de . Membre de la Légion d’honneur depuis 1858, il fut fait Grand Officier en 1871, pour ses services dans le corps d’ambulance pendant le siège de ParisNew International Encyclopedia..
Hommages Il a existé une statue de Philippe Ricord, œuvre de Barrias, à Paris, boulevard de Port-Royal.
Notes et références
Liens externes
Base Léonore
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