vignette|Des fantassins polonais équipés de casques Adrian et armés de MAS 36 en France en 1940.
LArmée polonaise en France désigne une armée polonaise reconstituée sur le sol français après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie et l'Union soviétique, conformément à l’accord franco-polonais datant du et confirmé par celui du . Forte de plus de , l'Armée polonaise participe à la bataille de France en tant qu'armée alliée sous ses propres drapeaux mais sous le commandement de l'état major français du au .
En , son commandant et chef du gouvernement polonais en exil, le général Władysław Sikorski, refuse d'être inclus dans les clauses de l'armistice que la France défaite conclut avec l'Allemagne. N'acceptant pas de déposer les armes, il annule l'alliance militaire avec la France du maréchal Pétain et s'embarque pour l'Angleterre afin d'y continuer la lutte contre l'Allemagne. Le , le général Sikorski s'adresse, depuis Londres, aux soldats et au peuple polonais dans un discours radiodiffusé à la BBC. À la suite de son appel, les soldats polonais de l'armée reconstituée en France rejoignent alors des ports de l'Atlantique et gagnent également la Grande-Bretagne.
Création, cadre légal et statut vignette|Revue de la division d'infanterie (division de grenadiers) le par le Président de la République de Pologne Władysław Raczkiewicz et le général Władysław Sikorski entre Martigny-les-Gerbonvaux et Autreville dans les Vosges. La France était liée à la Pologne par des accords, dont celui du qui fait obligation à la France d'intervenir, tant sur mer que sur terre, pour assurer la sécurité de son alliée en cas d'attaque de la Pologne par l'Allemagne ou l'URSS. Un autre accord militaire fut signé en 1925, en vertu duquel une division d'infanterie de vingt cinq mille ressortissants polonais pourrait, en cas de guerre, être formée en France.
En , le général , ministre polonais des affaires militaires, négocie une convention avec la France en vue de créer une division d’infanterie dans l’armée française avec les Polonais émigrés sur le sol français. L’invasion allemande de la Pologne précipite les négociations et le , l’ambassadeur de Pologne et le ministre des affaires étrangères français George Bonnet, signent une première entente. Après l'agression de la Pologne par l'URSS, un protocole d'exécution relatif à la formation d'une division polonaise en France est signé le .
Le , le camp de Coëtquidan (Morbihan) est mis à la disposition de l’armée polonaise par les autorités françaises, sous le commandement du général . Mille volontaires le rejoignent la première semaine. Ensuite, jusqu’à six à sept cents recrues arrivent chaque jour.
Le , le Journal Officiel publie le décret qui institue la mobilisation obligatoire des ressortissants polonais en France. Des affiches bilingues (en polonais et en français) sont apposées dans les mairies de communes à forte densité de Polonais : « Au nom du Gouvernement de la République de Pologne, en exécution de la décision du Président du Conseil des Ministres des Affaires Militaires de Pologne et en vertu de l’Accord signé entre la Pologne et la France le : Il est prescrit à tout citoyen polonais recensé à partir du dans les communes de […] de comparaître le […] devant la Commission de révision siégeant à […], chargée de déterminer son aptitude physique au service militaire dans l’Armée polonaise en France. [Signé :] l'Ambassadeur de Pologne. Paris, le ».
Le , les deux chefs de gouvernement, Édouard Daladier et le général Władysław Sikorski signent un accord permettant à la Pologne de reconstituer en France une nouvelle armée de toutes armes en procédant à : la conscription des émigrés ; l'enrôlement de volontaires venant de pays libres ; l'enrôlement de militaires polonais venant de Pologne, de Roumanie, de Hongrie et des Pays baltes.
Des immigrés polonais, au nombre de , se font recenser à partir du . Par ailleurs, à l'issue de la campagne de Pologne, environ s’évadent de Pologne par des chemins divers (Hongrie, Roumanie surtout), ou sont libérés sur intervention diplomatique française des camps d’internement d’Europe orientale. Ils sont souvent convoyés de Roumanie, Grèce et Yougoslavie par les Britanniques et enrôlés et équipés par la France (essentiellement en France, mais aussi dans les Forces Françaises du Levant).
Le statut de cette armée polonaise est celui d'une armée nationale étrangère, placée, en tant qu'armée d'un État allié, sous les ordres du commandement en chef de l'Armée française. " L'autorité polonaise était souveraine pour ce qui concernait la gestion du personnel et, moyennant certaines conditions d'uniformisation, l'entraînement des Forces. Au nom du même principe de souveraineté, le financement de la mise sur pied des Forces polonaises et de leur entretien était à la charge de la Pologne, ce qui, dans l'application, devait se traduire par l'avance de fonds nécessaires par l’état français et leur inscription à un compte de débit de l’état polonais ". Les forces polonaises doivent se composer comme suit : " L'objectif initial pour l'Armée de Terre était la constitution de sept grandes unités : quatre divisions d'infanterie, dont deux en première urgence, une brigade de chasseurs de montagne, une brigade blindée, ainsi qu'une brigade d'infanterie au Levant ; pour l'Armée de l'Air, la formation de deux groupes de chasse, ainsi qu'une ou deux escadrilles de coopérationExtrait d'un article d'Alexandra Viatteau in DVD La Résistance polonaise en France, édité par la SHLP, sous la direction de Jean Medrala, 2013, .
Dès le printemps 1940, Coëtquidan devient trop petit pour contenir cette nouvelle armée polonaise qui s'est considérablement renforcée par les soldats polonais qui sont parvenus à fuir la Pologne défaite. Ils sont environ dont de nombreux cadres à s'être échappés par la Hongrie et surtout par la Roumanie, convoyés le plus souvent par les Britanniques, à venir en France pour se mettre à la disposition du Gouvernement polonais en exil. Ces militaires polonais ont pour la plupart l'expérience du combat contre les Allemands et un encadrement de qualité. Ils étaient surtout animés d'un fort désir de revanche après la défaite de 1939.
Une nouvelle convention militaire signée le par Władysław Sikorski, le chef du gouvernement polonais et Edouard Daladier, le chef du gouvernement français, donne à cette armée polonaise reconstruite le statut d’une armée nationale étrangère et la place, en tant qu’armée d’un État allié, sous les ordres du commandement en chef de l’armée française. Son commandant en chef polonais est le général Władysław Sikorski. En , l’Armée polonaise en France recense parmi lesquels sont équipés de , et , engagés dans la défense de la France ainsi qu’en Norvège.. Elle constitue la première formation de l'Armée polonaise de l'OuestDes affiches bilingues (en polonais et en français) sont apposées dans les mairies de communes à forte densité de Polonais : « Au nom du Gouvernement de la République de Pologne, en exécution de la décision du Président du Conseil des Ministres des Affaires Militaires de Pologne et en vertu de l’Accord signé entre la Pologne et la France le : Il est prescrit à tout citoyen polonais recensé à partir du dans les communes de […] de comparaître le […] devant la Commission de révision siégeant à [...], chargée de déterminer son aptitude physique au service militaire dans l’Armée polonaise en France. [Signé :] l'Ambassadeur de Pologne. Paris, le »..
L'organisation et les effectifs de l'Armée polonaise en France
Brigade du Nord (Brigade autonome de chasseurs de Podhale) En , quatre bataillons, regroupés dans la Brigade autonome de chasseurs de Podhale, sont prêts à participer à un corps expéditionnaire franco-polonais en Scandinavie. La brigade fut « baptisée » en Bretagne le devant les autorités civiles et militaires françaises, polonaises et britanniques. Le corps expéditionnaire participe à la bataille de Narvik, puis revient pour combattre en Bretagne dans le cadre du réduit breton mais le , la défaite des armées alliées est déjà consommée.
Brigade de chasseurs des Carpates
La de chasseurs des Carpates, constituée de hommes et commandée par le général Stanisław Kopański, est formée en au Levant (Mandat français en Syrie et au Liban) par des soldats polonais évadés de Pologne par la Roumanie. Cantonnée à Beyrouth, elle ne participe pas aux opérations de la bataille de France.
d'infanterie (Division de Grenadiers polonais)
Commandée par le général Bolesław Bronisław Duch et forte de , elle opère au sein de la française. Cette division est déclarée opérationnelle le .
d'infanterie (Division de Chasseurs)
Commandée par le général Bronisław Prugar-Ketling, elle est déclarée opérationnelle seulement le .
En cours d'instruction à Coëtquidan, elle n'est pas prête avant la fin de la bataille de France, mais ces jeunes recrues mal armées et mal habillées prennent position et combattent aux côtés de la Brigade du Nord dans la région de Couesnon.
Placée sous le commandement du général Rudolf Eugeniusz Dreszer et toujours en cours d'instruction, elle n'est pas prête avant la fin de la bataille de France. Ses unités combattent sur la Loire.
de cavalerie blindée
vignette|gauche|Chars Renault FT utilisés pour l'entrainement des forces polonaises. vignette|Des chars Renault R35 du bataillon de chars en juin 1940. Composée de et commandée par le général Maczek, qui combattit avec la cuirassée, dont : le de chars composés de Renault R35, le de chars, qui ne combattit pas ; reformé en Écosse , il constitua ultérieurement l'ossature de la future blindée polonaise un régiment de cavalerie motorisée, des éléments organiques (une batterie antichar, une batterie anti-aérienne).
Les principaux camps de l’Armée de terre polonaise en France étaient situés à Coëtquidan, Saint-Loup-sur-Thouet près de Parthenay et Airvault.
Les projets du haut-commandement polonais de constituer deux corps d’armée n'ont jamais été réalisés. L’expérience acquise contre les Allemands en n'a pas été mise en œuvre.
L'aviation polonaise Début , la force aérienne polonaise renaissante en France compte polonais (pilotes et techniciens). Ces effectifs montent à . et elle est stationnée à Lyon-Bron où est créé le CIC (Centre d'Instruction de la Chasse). 138 pilotes polonais qui y sont formés participent aux opérations de la bataille de France. Une partie des « rampants » fait son instruction au camp de Judes. .
L'organisation de l'aviation polonaise disposant de 135 avions est complexe : deux groupes de chasse (GC) purement polonais : Groupe de Chasse Polonaise de Varsovie, GC I/145 (groupe Kępiński ou GC I/145), composé de deux escadrilles, dotées de Caudron-Renault C.714 Cyclone. Ces appareils avaient été refusés par l'Armée de l'air française, qui avait cherché à les envoyer à la Finlande lors de la guerre d'hiver, avant la capitulation de cette dernière. "Très délicat à piloter, décollages et atterrissages trop longs, vitesse ascensionnelle insuffisante, manque de souplesse aux ailerons, fonctionnement aléatoire du train, échauffement anormal du moteur, entretien délicat, fragilité chronique des vilebrequins, démarreurs vite hors d'usage. Tels sont les commentaires rapportés par les pilotes : seuls auront été appréciés un armement bien concentré et une maniabilité en virage étonnante", groupe Pamuła, théoriquement composé de deux escadrilles dotées de MS 406. Ce groupe ne sera jamais pleinement opérationnel, sur les quatre escadrilles prévues, à peine une et demi fut opérationnelle ; six patrouilles polonaises de chasse (de trois pilotes chacune) affectées aux GC de l'Armée de l'air française. Ces groupes polonais volent le plus souvent sur ou sur MB.151 et 152.
La bataille de France d'infanterie (Division de grenadiers polonais) vignette|Batterie hippomobile d'un canon de 75 mm modèle 1897 de la 1 Division d'infanterie le .