vignette|Le Cardinal Fabrizio Ruffo|alt=Portrait d'un homme de trois-quarts, toque rouge et manche brodée, tenant une lettre sur le bas de l'image vignette|Le Cardinal Fabrizio Ruffo conduisant les Sanfédistes en 1799, protégé par Saint Antoine|alt=Image en noir et blanc montrant un personnage auréolé, portant une toque bénédictine noire, brandissant une croix de la main droite, planant sur des nuages au dessus d'un groupe de cavaliers armés.

Le sanfédisme (de l'italien , « Sainte Foi ») est une composante du mouvement populaire anti-républicain organisée à l'initiative du cardinal Fabrizio Dionigi Ruffo, qui, en 1799, mobilise les paysans du royaume de Naples contre la République parthénopéenne, son objectif étant la restauration du royaume Bourbon de Naples sous Ferdinand des Deux-Siciles.

Le nom complet du mouvement est (armée de la Sainte Foi en Notre Seigneur Jésus-Christ) et ses membres sont appelés .

Le nom s'applique surtout à la période 1799-1814, quand en Italie les monarchies traditionnelles ont été renversées et remplacées par les républiques napoléoniennes soutenues par l'armée révolutionnaire française.

Il s'agissait de bandes armées, formées en majorité du bas peuple et soutenues par l'Église. Elles se constituèrent dans le sud de l'Italie en 1799, et surtout en Calabre sous la direction du cardinal Ruffo dans des révoltes anti-françaises au secours de la dynastie des Bourbons et de la tradition catholique menacée par les idées révolutionnaires. Les insurrections mirent fin à l'expérience de la République napolitaine.

Les termes et sont parfois utilisés de façon plus générale pour désigner toute armée paysanne improvisée, à motivation religieuse, qui a vu le jour dans la péninsule italienne pour résister aux républiques nouvellement créées et à l'invasion française.

La campagne Fabrizio Dionigi Ruffo recrute les dans sa Calabre natale. Le manifeste de recrutement de est le suivant :

Le , deux jours après la proclamation de la République parthénopéenne, alors que tous deux sont réfugiés à Palerme, Ferdinand des Deux-Siciles (Ferdinand IV de Naples) désigne Ruffo pour être son vicaire général sur le continent italien. Ruffo débarque en Calabre le sans argent ni armes et avec seulement huit compagnons, mais avec une bannière aux armes royales d'un côté et une croix de l'autre, portant aussi l'ancien slogan . Il faut un mois à Ruffo pour rassembler une force de , en majorité du bas peuple, de paysans mais aussi de bandits et de mercenaires. Parmi ceux-ci figure Fra Diavolo auquel il accorde le titre de colonel.

Le mouvement sanfediste se réclame du roi Ferdinand des Deux-Siciles et, pendant la campagne, Ruffo correspond avec l'agent de Ferdinand, Sir John Acton, pour l'informer des progrès militaires des Sanfédistes et pour formuler les besoins : (). (). (). ().

Dès la fin avril, les Sanfedisti contrôlent la Calabre et une partie des Pouilles. En juin, ils entament le siège de Naples aidés par les forces navales britanniques sous les ordres de Horatio Nelson, favorables au retour des Bourbons. En remerciement, Ferdinand donne à Nelson le titre de duc de Bronte, que Nelson appose à sa signature pour le reste de sa vie. L'éphémère république de Naples tombe le et est dissoute le . Ferdinand IV, reniant les engagements pris par le cardinal Ruffo lors de la capitulation des républicains napolitains, laisse massacrer et fait exécuter nombre de partisans républicains.

La plupart des victoires des Sanfedistes se sont déroulées sur un terrain accidenté, bien adapté au style de guerre employé par Ruffo.

Comme d'autres soulèvements anti-français en Italie, celui des Sanfédistes n'était pas, en règle générale, aimable envers les Juifs, perçus comme des partisans de l'idéologie des Lumières. De plus, l'évêque , chef janséniste du sud de l'Italie et partisan de la République parthénopéenne, est exécuté sommairement le par les soldats de la garde de Potenza, les forces de Ruffo approchant de la ville.

Exactions Des violences contre la population ont également eu lieu dans d'autres régions du sud de l'Italie et même plus au nord, à la suite de l'irruption des Sanfédistes dans le centre du pays. L'avocat Antonio Galimberti, l'un des plus grands témoins des événements et partisan de l'éphémère République romaine (1798), documente que les Sanfédistes ont commis des violences et des pillages à Rome et dans le territoire du Latium..

La dévastation de Senigallia s'est produite en , deux ans après le traité de Tolentino et le début des spoliations napoléoniennes, Domenico Bossi l'a décrite dans son . La communauté juive, complice des spoliations des biens de l'église et de la fermeture de lieux de culte catholique« [archive] », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le 27 janvier 2021), a été en retour pillée et littéralement privée de tous ses biens, même des vêtements. Beaucoup de Juifs furent assassinés, d'autres blessés. Les survivants ont fui..

Le chant des Sanfédistes Le plus connu des chants de marche des Sanfédistes « Canto dei Sanfedisti » s'inspire ironiquement de la Carmagnole des révolutionnaires français Il canto dei Sanfedisti, consulté le 26 décembre 2013 et mis en ligne le 5 septembre 2009.

Mémoire du sanfédisme

Le rôle du cardinal Ruffo dans le mouvement est une source contemporaine de controverse, lui attribuant à la fois cruauté et soif de sang ; les écrits des apologistes qui le défendent n'existent que par rapport au sac d'Altamura. Le nom même de sanfédisme est source de critiques, une source le qualifiant de « mot qui a fait surgir une nouvelle forme de méchanceté ». Le sanfédisme et Ruffo deviennent synonymes de « clergé récalcitrant et contre-révolutionnaire » par opposition à ceux qui étaient plus favorables à la Révolution française. Le nom est également utilisé par les soulèvements paysans bourbonistes contre la maison de Savoie pendant l'unification italienne.

Dans le Mezzogiorno, le est encore chanté par des groupes folkloriques.

Les Sanfédistes sont considérés par certains chercheurs comme un groupe « contre-révolutionnaire », par d'autres comme un groupe « réactionnaire ».

Outre le Canto dei Sanfedisti, le sanfédisme a laissé quelque traces en Italie : l'église San Francesco da Paola de Naples est érigée en 1816 pour célébrer le retour définitif du roi Ferdinand des Deux-Siciles ; le nom de « Sanfedisti » est réutilisé lors du Risorgimento pour parler des Bourbons (Bourbon-Parme comme Bourbon-Siciles), qui ont soutenu des mouvements contre-révolutionnaire dans les Deux-Siciles ou à Parme..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Insurrections antifrançaises en Italie République sœur Fabrizio Dionigi Ruffo Fra Diavolo République parthénopéenne Chouannerie

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