Michael Chang, né le à Hoboken dans le New Jersey, est un joueur de tennis américain.

Professionnel de 1988 à 2003, il a remporté trente-quatre titres sur le circuit ATP, dont un titre majeur, le tournoi de Roland-Garros en 1989, ainsi que sept Masters 1000, dont un doublé Indian Wells-Miami réalisé en 1992. Parmi les finales qu'il a atteintes mais perdues, figurent notamment l'Open d'Australie en 1996, Roland-Garros en 1995, l'US Open en 1996, le Masters en 1995, et la Coupe du Grand Chelem en 1991 et 1992.

Avec l'équipe des Etats-Unis, il conquiert la Coupe Davis en 1990 et joue une autre finale en 1997.

Droitier au formidable jeu de jambes, Michael Chang accède à une renommée mondiale en remportant les Internationaux de France, en 1989, âgé seulement de (il est le plus jeune vainqueur du tournoi en simple messieurs, record qui tient toujours), en ayant écarté en cinq sets le favori et numéro un mondial Ivan Lendl en huitièmes de finale, au terme d'un match haletant et qualifié d'inoubliable..... En finale, mené 2 sets à 1 par le Suédois Stefan Edberg, il gagne à nouveau en 5 sets.

Membre du top 10 mondial durant sept saisons, entre 1989 et 1997, il atteint son meilleur classement ATP le , à la deuxième place mondiale.

Joueur iconique des années 1990, Chang fait son entrée à l’ en 2008..

Biographie Michael Te-pei Chang est le fils de deux immigrants chinois ayant grandi à Taïwan bien que n'étant pas nés dans l'île. Son père, Joe, né à Chaozhou, dans la province du Guangdong (sud de la Chine continentale), vivait à Taiwan depuis l'âge de sept ans, tandis que sa mère, Betty (née Tung), est née à Delhi en Inde, où son père Michael Tung exerçait la fonction d'ambassadeur de Chine. Elle s'installa aux États-Unis en 1959, où son futur époux arriva en 1966. Joe Chang était venu aux États-Unis pour poursuivre des études supérieures à l'Institut de technologie Stevens, à HobokenChris Casacchia, « OC-China Culture Club », Orange County Business Journal, 11 octobre 2015.. C'est donc dans ce pays que naît Michael Chang, le .

Débuts très précoces En 1987, Michael Chang devient le plus jeune joueur à gagner un match lors de l'US Open et le le plus jeune à entrer dans le top 200 : 15 ans, 7 mois et 26 jours.

Le , il devient le plus jeune joueur à entrer dans le top 100 : 16 ans, 3 mois et 13 jours. En septembre, pour sa deuxième participation à l'US Open, il dispute son premier huitième de finale en Grand Chelem, face à son futur grand rival, Andre Agassi, numéro 4 mondial, contre lequel il s'incline en trois sets (7-5 6-3 6-2).

En 1989, il fait un extraordinaire parcours lors de Roland-Garros. En huitième de finale, il bat Ivan Lendl, numéro un mondial, lors d'un match épique où il lutte contre des crampes et gagne le match après avoir fait craquer psychologiquement Lendl, grâce notamment à son fameux service surprise à la cuillère dans le , à 4-3. Il remporte ce jeu, et dans le suivant, à 5-3, l’Américain se procure deux balles de match. Lendl est au service et rate sa première balle ; Chang va alors se placer à la limite du carré de service concerné. Le Tchèque conteste et dira plus tard avoir été gêné par les rires du public. Déstabilisé par cette action insolite de Chang, Lendl rate sa deuxième balle, concédant la double faute et donc le match.

Chang remporte les deux parties suivantes contre l'Haïtien Ronald Agenor et le Russe Andrei Chesnokov, avant de remporter ensuite la finale contre Stefan Edberg après avoir été mené deux sets à un (6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2) devenant alors le plus jeune vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem en simple messieurs, record qu'il détient toujours. Le , il devient le plus jeune joueur à entrer dans le top 5 : 17 ans, 5 mois et 14 jours. À partir de cette année et jusqu'en 1997, Chang va parvenir à jouer au moins un quart de finale par an en Grand Chelem.

L'année suivante, il fait partie de l'équipe victorieuse de la Coupe Davis : il qualifie tout d'abord les États-Unis pour la finale en remportant le cinquième match décisif face à l'Autrichien Horst Skoff, en réussissant l'exploit de remonter un déficit de deux sets à zéro (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-3). Victorieux de la finale face à l'Australie, Chang apporte le premier point contre Darren Cahill (6-2, 7-6, 6-0). Plus tôt dans l'année, il perd son titre à Roland-Garros au stade des quarts de finale, contre Andre Agassi qui le bat en quatre sets (6-2 6-1 4-6 6-2). Quelques mois plus tard, il remporte son premier Masters 1000 à Toronto, en battant sur sa route Andre Agassi en quart de finale (4-6 7-5 7-5) puis Pete Sampras en demi (3-6 7-5 7-6).

Mais l'après-1989 est globalement difficile pour le jeune Chang. Gagner Roland-Garros si jeune n'est pas si facile à gérer. Il a contre lui son inexpérience, la pression du public et des médias, et son physique totalement atypique. En effet, à cette époque, la moyenne taille poids du top 10 de l’ATP est de pour 76 kilos. Michael Chang, avec son petit gabarit trapu, semble ne pas être à sa place. Pour pouvoir contrer cet apparent désavantage physique, le clan Chang commence un entraînement intensif pour transformer son jeu de jambes et lui permettre d'obtenir un jeu davantage fondé sur le contrôle que sur la puissance. Il devient un des modèles du genre.

Gagnant en régularité, il rejoint en 1991 pour la troisième fois consécutive les quarts de finale de Roland-Garros où il s'incline en trois sets face à Boris Becker (6-4 6-4 6-2), après avoir battu l'immense champion Jimmy Connors (4-6 7-5 6-2 4-6, abandon) au troisième tour. Preuve de ses progrès, Chang parvient pour la première fois à battre John McEnroe, au troisième tour de l'US Open et en cinq sets (6-4 4-6 7-6 2-6 6-3). Enfin, en décembre, lors des demi-finales de la Coupe du Grand Chelem, il réédite son exploit de Roland-Garros et parvient une nouvelle fois à battre Ivan Lendl après avoir perdu les deux premières manches (victoire 2-6 4-6 6-4 7-6 9-7).

1992 : retour au plus haut niveau Dès 1992, après deux ans de travail acharné, il redevient crédible sur le court et dit alors : Sur les courts, il est devenu plus agressif :

Cette année-là, il réussit à remporter, coup sur coup, les Masters 1000 d'Indian Wells et de Miami en enregistrant au passage des victoires sur des joueurs de premier plan comme Pete Sampras et Jim Courier.

Surtout, lors de l'US Open, il est tout proche d'atteindre une nouvelle finale de Grand Chelem. Après deux matches disputés en cinq sets en huitième de finale (victoire 6-2 2-6 3-6 6-3 6-1 face à MaliVai Washington) puis en quart de finale (victoire sur le fil 7-5 2-6 6-3 6-7 6-1), Chang affronte le mondial Stefan Edberg en demi-finale. D'un niveau de jeu extraordinaire, il s'agit alors du plus long match de l'histoire de l'US Open, qui se conclut en 5 h 26 sur une victoire de Stefan Edberg, sur le score de 6-7, 7-5, 7-6, 5-7, 6-4. D'un sang-froid à toute épreuve, le Suédois doit refaire son retard dans le dernier set, Chang ayant mené 4-2 dans ce set décisif. Avec un total de 57 victoires pour 23 défaites, Chang finit la saison au mondial.

1993 : la confirmation En 1993, Chang confirme les promesses de sa saison 1992 : il réussit à remporter 5 titres sur 7 finales disputées, le plus important étant le Masters de Cincinnati contre Stefan Edberg, mondial, et en ayant battu au passage Andre Agassi en demi-finale (7-5 1-6 7-5). En Grand Chelem, s'il ne brille qu'à l'US Open où il atteint les quarts de finale, il est toutefois au bord de l'exploit face au mondial Pete Sampras, contre qui il mène 7-6 4-2, avant de s'incliner en quatre manches (6-7 7-6 6-1 6-1). Vainqueur quelques jours plus tard du tournoi, Pete Sampras déclare : Lors de la Masters Cup, en fin d'année, il parvient à battre Jim Courier, mondial, en phase de poule, mais perd son second match face à Michael Stich, le numéro 3 mondial (4-6 7-6 6-2), et rate de peu la qualification pour les demi-finales en s'inclinant contre Andrei Medvedev (2-6 6-4 6-2). Il termine l'année à la mondiale avec 66 victoires pour 21 défaites. C'est le début d'une montée en puissance et d'une progression au classement.

1994-1997 : proche de la première place mondiale En 1994, Chang remporte 6 titres, dont le Masters 1000 de Cincinnati pour la seconde fois, et atteint pour la première fois les quarts de finale du tournoi de Wimbledon après une victoire sur Sergi Bruguera, le vainqueur de Roland-Garros. En huitième de finale de l'US Open, il est le seul joueur à pousser Andre Agassi à disputer un cinquième set avant que celui-ci ne gagne le tournoi. Très régulier, il bat au cours de l'année Jim Courier, Boris Becker, Stefan Edberg ou encore Goran Ivanisevic, mais il coince régulièrement face à Pete Sampras. Il termine l'année à la mondiale avec 66 victoires pour 21 défaites.

En 1995, il atteint pour la première fois les demi-finales de l'Open d'Australie, vaincu par Pete Sampras en quatre sets (6-7 6-3 6-4 6-4), en ayant réussi 20 aces au cours du match, soit 7 de plus que son adversaire. Grâce à ce résultat, il fait alors partie des rares joueurs ayant réussi à jouer les quarts de finale des quatre tournois du Grand Chelem. Il remporte ensuite le tournoi de Hong-Kong et réalise une très bonne saison sur terre battue avec un titre à Atlanta et une victoire en finale sur Andre Agassi, mondial, puis un quart de finale au Masters de Rome, perdu 6-2 6-3 face à Thomas Muster, intouchable cette année-là sur cette surface où il ne perd qu'un seul match. Il accède à nouveau à la finale de Roland-Garros mais perd encore contre Thomas Muster (7-5, 6-2, 6-4), malgré un bon départ (Chang mène 4-1 avec deux balles de 5-1, puis il sert pour le set à 5-3). Sur son parcours, Chang s'offre notamment une victoire de prestige en demi-finale sur le double tenant du titre Sergi Bruguera (6-4, 7-6, 7-6). Après une défaite au deuxième tour de Wimbledon, Chang réussit un bon été sur ciment en atteignant la finale du masters de Cincinnati, dont il est double tenant du titre, mais doit s'incliner contre le numéro un mondial Andre Agassi. Il réussit un nouveau quart de finale à l'US Open où il s'incline en 3 sets et 3 heures (7-6 7-6 7-5) contre un Jim Courrier de retour à un haut niveau. L'Américain réussit ensuite une excellente fin de saison en remportant deux titres à Pékin et Tokyo, et en jouant un quart de finale au Masters de Paris-Bercy. Il termine cette saison 1995 par sa seule et unique finale en Masters Cup perdue face à Boris Becker en trois sets (7-6, 6-0, 7-6 alors qu'il a servi pour le gain du premier set à 5-3), après des victoires sur Pete Sampras, Jim Courier et Thomas Muster. Ses 65 victoires pour 19 défaites, 4 titres et 5 finales le portent à la mondiale.