Marie Cazin, née le à Paimbœuf et morte le à Équihen, est une artiste peintre et sculptrice française.
Biographie Marie Clarisse Marguerite Guillet naît dans une famille d'artistes. Fille de Louis Claude Aristide Guillet, peintre et dessinateur, et de Clarisse Marie Brault., elle étudie à l'école gratuite de dessin de Paris où elle est l’élève de Juliette Bonheur, sœur de Rosa Bonheur, et de Jean-Charles Cazin, qu’elle épouse, en 1868De cette union naitra le futur graveur Michel Cazin.. Dans le contexte de l'époque où l'accès des femmes à la carrière d'artiste n'est pas aisé, son mariage a pu faciliter l’accès aux Salons et les contacts avec les critiques et les mécènesOdile Ayral-Clause, « Les Femmes sculpteurs dans la France du », Camille Claudel et Rodin : la rencontre de deux destins, [catalogue d’exposition, Québec, musée national des beaux-arts ; Detroit, Detroit Institute of Arts ; Martigny, Fondation Pierre Gianadda. 2005-2006], Paris : Hazan, 2005, .. Elle aide son mari dans ses travaux, notamment céramiques, avant de se faire connaître elle-même comme peintresse et comme sculptrice..
Pendant la Première Guerre mondiale, elle conserve un studio dans le quartier latin à Paris avant de se retirer à Équihen : .
Michel Cazin, son fils, a peint son portrait dans Parmi les souvenirs, portrait de Marie Cazin, exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1914.
Elle meurt à Équihen en 1924 à l'âge de .
Les débuts À partir de 1876, Marie Cazin expose au Salon des artistes français, jusqu'en 1889M. L. Blumer, cité dans la bibliographie., tout d’abord en tant qu'artiste peintre , Étang de Picardie, (1876), Village de pêcheurs, (1877), Ânes en liberté, (1880), Convalescence, (1886), puis comme sculptrice, travaux plastiques en bronze, plâtre, grès coloré, à partir de 1882 (Tristesse). En 1883, elle présente un buste grandeur nature en bronze, David.
Son œuvre la plus connue, Les Jeunes filles, groupe de bronze, est exposée en 1886 et achetée par l’État en 1899. Les deux bronzes seront ensuite conservés à Paris au musée du Luxembourg. Elle réalise également La Fortune, (1883, buste de bronze). À partir de 1890, elle présente ses œuvres au Salon de la société nationale des beaux-arts, dont elle devient sociétaire en 1891, signe de reconnaissance de son statut professionnel. Elle expose ainsi La Science et la Charité, (1893, groupe de bronze), réalise une statue de Jean-Charles Cazin, en 1904, et projette un monument La Nature, en souvenir de son mari, mort en 1901.
L'œuvre monumental Son œuvre monumental est important. Le Second Empire se caractérise, pour les femmes sculpteurs, , aidé en cela par l’intermédiaire de réseaux sociaux et familiaux qui favorisent les commandes et réalisations publiquesClaire-Sophie Dillenseger, sous la direction de Claire Barbillon, La réception critique des femmes sculpteurs à Paris entre 1900 et 1914, mémoire de Master 1, Université Paris Ouest-La Défense, 2009-2010.. L’espace investi par les femmes sculpteurs est un espace semi-public à l’accessibilité modérée : les églises, les cimetièresAnne Rivière, « Un substitut de l’art monumental pour les sculptrices : la sculpture funéraire (1814-1914) », La Sculpture au : mélanges pour Anne Pingeot, C. Chevillot et L. de Margerie (dir.), Paris, Nicolas Chaudun, 2008., les institutions culturelles. Cette zone en marge et sa mobilisation permet de contourner le manque de commandes officielles. La production de Marie Cazin se distingue par son caractère familialLa femme artiste d'Élisabeth Vigée-Lebrun à Rosa Bonheur, . : monument aux docteurs Cazin et Perrochaud, monument et tombe de Jean-Charles Cazin, tombeau d'Adam Perrochaud, etc.
La fonction sociale des femmes On retrouve dans son œuvre le thème récurrent de la fonction sociale des femmes Delia Gaze, Dictionary of Women Artists, 2 vol, Londres : Fitzroy Dearborn, 1997, .. Ainsi, se distingue une série de sculptures et de dessins sur le sujet de la femme et du travail : L’École (1893), Femme au travail (1891), Vie Obscure (1901) que Louise Breslau décrit comme .
Un art symboliste Certaines sculptures de l'artiste renvoient au thème de la mort, son omniprésence, la précarité de l’existence, l’importance du vécu mental soit des sujets appréciés de l’art symboliste. Odilon Redon évoque le bronze Regret comme une remarquable réussite dans la promotion d’un art de l’intérioritéD. Gaze, , ..
Les dernières années Dans les derniers temps de sa carrière, en partie pour financer son studio parisien, Marie Cazin s’engage dans des commandes pour des créations décoratives dont Fresque, sujet décoratif pour une école d’infirmière (1910), ou encore des dessins pour les Gobelins (Diane, 1912 ; Vénus, 1913)D. Gaze, ..
Elle expose au Salon de 1911 deux fresques Berger du Lavandou et Cheval blanc à Equihen.
Réception critique Au sein de la critique parisienne, ses travaux connaissent un accueil favorable, les termes les plus fréquemment employés étant : « mélancolie », « charme mystérieux », « tendre », « plein d’aisance », « compassion », etc.
Elle fait partie de la délégation de femmes françaises artistes présentées à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago, regroupées dans le Woman's Building ., une de ses sculptures ayant également été sélectionnée pour concourir et être exposée au Palais des Beaux-arts..
Galerie
Œuvres dans les collections publiques
Aux États-Unis Manchester, Currier Museum of Art : Ombre du soir, huile sur panneau, ].. En France Berck : Monument aux docteurs Cazin et Perrochaud, 1893Archives nationales, Départements, F/21/4392 ; dossier 17, notice nº AR503255.e-monumen.net.. Boulogne-sur-Mer, cimetière de l'Est : tombeau de Douglas Aigre, 1913, calcaire et marbre, culture.gouv.fr.. Outreau, rue Firmin-Blondel : tombeau d'Adam Perrochaud, fin - début , bronze et calcaire, culture.gouv.fr.. Paris, musée d'Orsay : Coquelin en “Cyrano”, entre 1865 et 1909, bronze argenté, musee-orsay.fr.. Rennes, musée des beaux-arts : Les Évangélistes, bas-relief en plâtre, , œuvre détruite.. Roubaix, La Piscine : David, Salon en 1883, bronze, musee-orsay.fr.. Saint-Quentin, musée Antoine-Lécuyer : Jeunes filles, Salon en 1886, bronze, musee-orsay.fr.. Samer : hôtel du Bailli : Fleurs, 1867, huile sur toile, culture.gouv.fr. ; Tête de femme, dessin sur toile, culture.gouv.fr. ; Sakountala, Salon de 1907, marbreculture.gouv.fr. ; Mont Saint-Michel, 1908, estampe, culture.gouv.fr. ; Portrait du peintre Jean-Charles Cazin, buste en marbre blanc, culture.gouv.fr.. rue du 11-Novembre : Monument à Jean-Charles Cazin, 1905, pierre, culture.gouv.fr.. Au Royaume-Uni Londres, National Gallery : Le Soir, vers 1884-1888, huile sur toile, nationalgallery.org.uk..
Salons Salon de la Société nationale des beaux-arts : 1891-1899, 1901-1905, 1909, 1911, 1913-1914. 1882 : Tristesse, sculpture. 1883 : David, bronze. 1886 : Jeunes filles, bronze ; Fragment de décoration, plâtreArchives nationales, photos de salons, F/21/7655 (*) folio 29, notice nº AR302777.. Sakountala, marbre. 1914 : Salon de Bruxelles.
Expositions Royal Academy, Londres, 1874 et 1878. Exposition universelle, Paris, 1889 (médaille d’or) et 1900 (médaille d’argent). World's Columbian Exposition, Chicago, 1893. Les Quelques (association indépendante de femmes artistes), Paris, 1908-1913. Panama-Pacific International Exposition, San Francisco, 1915.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Articles de presse Claude Bienne, « Beaux-Arts », Revue Hebdomadaire, , . Maurice Demaison, « La décennale », Revue de l'Art ancien et moderne, , . Louis de Fourcaud, « Les Arts décoratifs aux salons », Revue des Arts décoratifs, , 1893, ; , 1895 ; , 1897, . Firmin Javel, « Société Nationale », Art français, . M. M., « Le Monument de Berck-sur-Mer », Illustration, , . Roger Marx, « Les salons », Le Voltaire, . Roger Marx, Revue Encyclopédique, . André Michel, « La sculpture décorative aux salons », Art et décoration, , 1899, . Raoul Sertat, « Revue artistique », Revue Encyclopédique, , . Paul Vitry, « La sculpture aux salons », Art et décoration, 1904, xvi, . Marjan Sterckx, « The Invisible “Sculpteuse” : Sculptures by Women in the Nineteenth-century Urban Public Space—London, Paris, Brussels », Nineteenth-Century Art Worldwide, volume 7-2, automne 2008 (en ligne).
Ouvrages Elizabeth Fries Ellet, Women Artists in all ages and countries, New York, Harper & Brothers Publishers, 1859. Maria Lamers de Vits, Les Femmes sculpteurs et graveurs et leurs œuvres, Paris, Referendum littéraire, 1905. Anne Rivière, « Un substitut de l’art monumental pour les sculptrices : la sculpture funéraire (1814-1914) » dans Catherine Chevillot, Laure de Margerie (sous la dir. de), La Sculpture au : mélanges pour Anne Pingeot, Paris, Nicolas Chaudun, 2008, . Simona Bartolena, Femmes artistes : de la Renaissance au , Paris, Gallimard, 2003. Claire-Sophie Dillenseger, sous la direction de Claire Barbillon, La Réception critique des femmes sculpteurs à Paris entre 1900 et 1914, mémoire de Master 1, Université Paris Ouest-La Défense, 2009-2010. Tamar Garb, Sisters of the brush : women's artistic culture in late nineteenth-century Paris, Londres, Yale University press, 1994. Delia Gaze, Dictionary of Women Artists, 2 vol., Londres, Fitzroy Dearborn, 1997, . Elsa Honig, Women and Art : A History of Women Painters and Sculptors from the Renaissance to the 20th Century, Boulder : Westview Press, 1991 [ éd. 1978]. La Femme artiste d'Elisabeth Vigée-Lebrun à Rosa Bonheur, [catalogue de l’exposition, Mont-de-Marsan, Donjon Lacataye. - ], Mont-de-Marsan, musée Despiau-Wlérick, 1981, . Les sculptures sortent de leur réserve, [catalogue de l'exposition, Tours, musée des beaux-arts, du au ], Tours, musée des beaux-arts, 1988. Octave Mirbeau, Combats esthétiques, Paris, Séguier, 1993. Odilon Redon, À soi-même : journal, 1867-1915, Paris, Corti (éd. révisée), 1985, . Gaïte Dugnat, Les Catalogues des Salons de la Société Nationale des Beaux-Arts, 6 vol., Dijon, Échelle de Jacob, 2000-2005. Pierre Sanchez, Xavier Seydoux, Les Catalogues des Salons, 15 vol., Dijon, Échelle de Jacob, 1999-2007.
Dictionnaires M. L. Blumer, « Cazin (famille d'artistes) », dans Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, 1959, . « Cazin Marie née Guillet », dans Dictionnaire Bénézit, 1999.
Liens externes
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