Le traité New START (de l'anglais , « traité de réduction des armes stratégiques », en , SNV-) est un traité de désarmement nucléaire conclu entre les États-Unis et la Russie. Il a été signé le à Prague et, après sa ratification, est entré en vigueur le pour une durée de dix ans puis cinq ans avant son expiration le .
Le nom complet de ce traité est en anglais , et en russe .
Le traité New START remplace à la fois le qui a expiré le et le traité SORT signé en qui devait expirer en . Il reprend la dénomination des traités START des années . Les termes du traité limitent à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à le nombre de têtes nucléaires déployées sur ces lanceurs. Ils établissent aussi un nouveau système d'inspection et de vérification du respect des clauses de l'accord. Le traité New START ne limite cependant pas le nombre d'ogives nucléaires inactives stockées et ne concerne pas les armes nucléaires tactiques.
Les Américains et les Russes se sont accordés en 2021 pour étendre la durée du traité jusqu'au . Le , la Russie a suspendu sa participation au traité New STARThttps://www.barrons.com/news/putin-says-moscow-suspending-participation-in-new-start-nuclear-treaty-d307fa0f. Cependant, elle ne s'est pas « retirée » du traité et a précisé qu'elle continuerait à respecter les limites numériques prévues par le traité.. Le , la Russie déclare ne plus être liée par celui-ci..
Contexte international et stratégique
Arrivé à la Maison blanche le , Barack Obama accorde une priorité importante aux questions nucléaires et à la relance des relations avec la Russie.
+Traités de réduction des armes nucléairesentre les États-Unis et la Russie TraitéSignatureEntréeen vigueur SALT SALT INF START START SORT New START Dès le mois de , la nouvelle administration Obama envoie à Moscou des signaux clairs sur la volonté d'opérer un redémarrage de la relation entre les États-Unis et la Russie sur de nouvelles bases.. Pour appuyer concrètement ces déclarations, Obama annonce le gel de l'installation du bouclier américain antimissile en Europe. Le , lors d'un sommet entre les États-Unis et l'Union européenne à Prague, il affirme et confirme que ...
Pour autant, la prudence reste de mise de chaque côté.. À titre d'exemple, Medvedev annonce en un réarmement à grande échelle pour notamment pour faire pièce aux tentatives incessantes de l'OTAN de développer son infrastructure militaire près de la Russie..
Les deux parties n'ont cependant pas intérêt à relancer une course aux armements stratégiques et plus généralement en matière de lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et le terrorisme international.. Lors du sommet russo-américain des 6 et , Barack Obama appelle à la fin de l'antagonisme entre les Etats-Unis et la Russie ; plusieurs mémorandums conjoints sont signés qui concernent la suite des négociations START., la défense antimissile, la coopération dans le domaine nucléaire et l'Afghanistan...
Le nouveau traité ne limite pas le nombre d'ogives nucléaires inactives stockées et ne concerne pas les armes nucléaires tactiques. Bien que ne constituant de ce fait qu'un pas modeste vers le désarmement nucléaire, il permet aux Américains et aux Russes de s'en prévaloir. dans la perspective de la conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) qui se tient au printemps 2010 et d'affirmer qu'ils respectent l'Article VI. de ce traité qui vise à terme le désarmement nucléaire.
Négociation, signature et ratification du traité Négociation Les négociations sur le traité commencent en après une première rencontre à Londres entre Barack Obama et Dmitri Medvedev en marge du sommet du G20..
Menées très rapidement, elles aboutissent à un premier document d'accord signé par Obama et Medvedev au cours du sommet qui les réunit à Moscou le . Ce mémorandum d'accord intermédiaire donne instruction aux négociateurs de trouver un nouvel accord qui maintiendrait les mécanismes de vérification du de 1991, plafonnerait le nombre de lanceurs à une fourchette comprise entre , et les têtes nucléaires stratégiques déployées entre 1500 et 1675, en baisse sensible par rapport au plafond précédent de ...
Signature et ratification thumbtime=85|vignette|redresse=1.2|Signature du traité New START. Les présidents Obama et Medvedev annoncent le avoir conclu un accord et signent le traité New START le à Prague...
Aux États-Unis, les traités doivent être ratifiés par les deux tiers du Sénat, soit 67 élus sur 100. Bien que majoritaires, les démocrates ont besoin de l'appui républicain pour faire ratifier le traité.. Après de longues tractations, le , le Sénat des États-Unis vote la ratification du traité par 71 voix contre 26.... Treize sénateurs républicains, les cinquante-six sénateurs démocrates et les deux sénateurs indépendants se sont prononcés en faveur de la ratification.. Obama signe les instruments de ratification le ..
Malgré une opposition non négligeable résultant de l'absence de clause concernant la défense antimissile, les députés de la Douma d'État, chambre basse de l'Assemblée fédérale de la fédération de Russie, votent le la ratification du traité par 350 voix pour, 96 contre et une abstention. Le lendemain, la chambre haute, le Conseil de la fédération russe l'approuve à l'unanimité... Le , le président Medvedev signe la loi de ratification votée par l'assemblée fédérale..
Le traité entre en vigueur le lorsque le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et la secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton échangent les instruments de ratification à l'occasion de l'édition 2011 de la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité...
Structure du traité Le traité New START comprend trois niveaux de documents de plus en plus détaillés : le texte du traité proprement dit (en 16 articles)., le protocole au traité (en neuf parties) et trois annexes techniques.. Les trois niveaux sont juridiquement contraignants. Le texte et le protocole du traité contiennent les droits et obligations fondamentaux du traité, dont certains sont précisés en Annexe.
Ces documents sont complétés par trois déclarations unilatérales, dont deux concernent la défense antimissile et une les SLBM Trident 1.
Le traité comporte 16 articles qui définissent les plafonds des armes stratégiques (articles 1 à 5), identiques pour les États-Unis et la Russie, les principes de la vérification de leur respect (articles 6 à 13) et les modalités de terminaison, sortie anticipée ou prorogation du traité (articles 14 à 16)..
Perspectives à l'approche de l'échéance du traité Le traité New START arrive à échéance le . L'article XIV du traité stipule que .
Avec la disparition du traité ABM en 2002, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) en 2019, et le retrait américain du traité Ciel ouvert en 2020., le traité New START est le dernier des accords de contrôle et de limitation des armements nucléaires liant les États-Unis et la Russie. Néanmoins, son futur est incertain..
vignette|Le missile hypersonique Kinzhal est l'une des nouvelles armes russes, enjeu des négociations de limitation des armements nucléaires. Les déclarations se multiplient depuis 2019 du côté américain comme russe pour mettre en avant les manquements présumés aux dispositions du traité et les sujets clés à négocier dans le cadre d'une prolongation du traité actuel ou de la négociation d'un traité entièrement nouveau. La Russie exprime clairement son souhait de proroger le traité, tandis que l'Administration américaine laisse planer le doute et insiste plutôt sur son désir d'inclure la Chine dans les négociations, ce que la Chine refuse. Les discussions officielles bilatérales commencent en à Vienne..
Les deux Parties évoquent régulièrement leur intérêt pour des négociations de limitation des armements plus globales, ne se limitant pas aux armes stratégiques américaines et russes, et intégrant d'autres pays possédant des armes nucléaires (la Chine, mais aussi la France ou le Royaume-Uni), la prise en compte des armes nucléaires tactiques, la limitation des défenses antimissiles, voire l'inclusion d'armes conventionnelles stratégiques nouvelles. Le contexte géopolitique actuel est cependant défavorable à l'ouverture de négociations aussi ambitieuses et complexes.
Par réalisme et choix tactique, la Russie privilégie à court terme la prorogation de New START. Le temps ainsi gagné permet aux Russes d'avancer dans la mise au point de leurs nouvelles armes stratégiques. À plus long terme, la fin de toute limite aux armes nucléaires pourrait provoquer une course aux armements qui ne serait pas dans les moyens de Moscou.
Du côté américain, le président élu Joe Biden déclare en qu'il ..
Le jour même de son investiture, le , le président américain Joe Biden confirme son souhait que le traité soit prolongé cinq ans (durée maximale prévue par le texte).. Les Russes confirment leur accord sur cette prolongation. Vladimir Poutine signe le décret de sa prolongation le .. Les États-Unis valident cette extension le ..
Les inspections américaines sont interrompues en août 2022. Le , lors d'un discours à la Nation un an après l'invasion militaire de l'Ukraine, Vladimir Poutine annonce la participation de la Russie à ce traité. Le président russe ajoute aussi être prêt à débuter de nouveaux essais nucléaires si jamais les États-Unis le faisaient..
En , Vladimir Poutine propose une prolongation du traité. Donald Trump trouve que cela « semblait une bonne idée » sans pour autant donner une suite à la proposition. En , Trump précise qu'il souhaite un arrêt du traité et la signature d'un nouveau traité incluant la Chine. Dans le même temps, Poutine souhaite que la France et le Royaume Uni soient inclus dans un nouveau traité à venir.
2026, expiration du traité ; quelles suites ? 2026 marque la fin de plusieurs décennies de moratoire, et du dernier et seul cadre réglementaire limitant les arsenaux nucléaires entre la Russie et les États-Unis, exacerbant le risque d'une nouvelle prolifération et celui d'une confrontation mondiale.
Dans un contexte de désinformation. et de tensions accrues, la Russie (en guerre contre l'Ukraine) a abaissé son seuil d'utilisation de l'arme atomique en 2024, et la Chine, de son côté, a accru son stock (pour atteindre environ 600 têtes nucléaires), conduisant le Bulletin of the Atomic Scientists à positionner l'horloge de la fin du monde à 85 secondes avant minuit (c'est le niveau le plus critique depuis sa création en 1947). Et selon selon l'Annuaire 2025 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les États dotés d’armes nucléaires ont tous l'intention de mettre à niveau ou d’étendre leurs capacités nucléaires..
Un autre risque est celui d'une relance d'essais nucléaires physiques de la part de pays n'ayant jamais fait de tels essais (les autres ayant déjà la capacité de modéliser ces explosions par simulation, sans essais réels. Les déclarations d'administrations russe et américaine suggèrent en 2026 un retour potentiel aux essais souterrains, et des pays plaidant pour de nouveaux tests affirment que .. Face à ce risque, en dans un éditorial de la revue Nature, la communauté scientifique appelle à une reprise immédiate du dialogue diplomatique et à une extension des mécanismes de contrôle des armements pour prévenir une réaction en chaîne déstabilisatrice à l'échelle internationale.