Thollon-les-Mémises est une commune française située dans le département de Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est labellisée « Village de neige » et « Station verte ».
Géographie Situation vignette|gauche|Territoire de Thollon-les-Mémises et les communes limitrophes.
La commune de Thollon-les-Mémises se trouve dans le Haut-Chablais français, une région naturelle et historique située dans l'est du département de la Haute-Savoie. Il est situé à l'extrémité est du plateau de Gavot, au pied de la montagne des Mémises, dominée par le pic des Mémises.
L'altitude est de 922 m au seuil de l'église.
Située à au sud-est de la station thermale d'Évian-les-Bains, la commune surplombe le lac Léman.
Communes limitrophes
Climat Le climat y est de type montagnard.
Voies de communication et transports
Route départementale 24 (depuis Évian-les-Bains jusqu'à Thollon), Gare SNCF d'Évian-les-Bains (terminus TER et TGV direct), Les transports en commun d'Évian-les-Bains (ÉVA'D) desservent la commune, Aéroport international de Genève-Cointrin, en Suisse, Compagnie générale de navigation (depuis Lausanne, en Suisse, jusqu'à Évian), Taxi à Thollon-station.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Vacheresse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Thollon-les-Mémises est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (80,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (77,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (59,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (20,7 %), zones urbanisées (9,6 %), prairies (7,2 %), zones agricoles hétérogènes (3 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Morphologie urbaine et équipements On distingue différentes parties sur la commune : Thollon-les-Mémises (chef-lieu) (), avec l'église, l'agence postale communale, l'école, la bibliothèque, les terrains de foot, de tennis, de pétanque, la mairie, un garage automobile, et ses chalets ; Le Maravent (), zone résidentielle avec ses nombreux chalets ; Thollon-les-Mémises (station) (), également zone résidentielle, avec l'office du tourisme, l'ESF, la télécabine, la halte-garderie, le cabinet médical, un taxi, une aire pour camping-cars, les bars-restaurants, une chambre d'hôtes, les commerces (magasins de sports, agences immobilières, supérette) et le cinéma « Le Roc » ; Grand-Roc (), zone résidentielle touristique, construite sur le Mont Chalon, avec point de vue.
En remontant le village, on traverse les différents lieux-dits que sont : Chez Cachat (909 m), anciennement Mollies-dessous et Bevon ; Chez les Vesins (925 m), anciennement Sous les Vesins et Chez les Roch, avec une maison d'hôtes ; le Nouy (950 m), anciennement Novis, avec hôtels-restaurants, fromagerie, commerces (boulangerie, supérette) et artisan (menuisier-charpentier-constructeur de chalets à ossature bois) ; Chez les Aires (990 m), anciennement Lovaire, qui signifie « carrefour des vents » ; Lajoux (), qui signifie « la forêt », avec grotte, chemin de croix et un gîte de groupe ; le Maravent (970 m).
Mais il existe aussi, disséminés sur toute la commune : Chez les Vitte (Vittoz) ; Chez les Rivaz (famille éteinte il y a plus de quatre siècles lors d'une épidémie de peste) ; Chez Gaillet ; Sur le Crêt ; Chez Jacquier ; le Hucel (en patois Leucy), qui signifie « petit lac » (946 m), point de vue et site d'observation des oiseaux migrateurs ; le Fayet et l'Ain, en direction du col de Creusaz.
Enfin, il existait deux hameaux qui ont été abandonnés : Chez Gérard, qui se situait près de Chez les Aires, abandonné à la suite d'un incendie ou d'un manque d'eau ; Netrevex, qui existait déjà au , et qui a été abandonné dans les années 1900 à cause d'un manque d'eau.
Logement En 2007, le village comptait logements, dont seulement 299 résidences principales.
Par comparaison, en 1968, il existait 182 logements dont 109 résidences principales (source : Insee).
Toponymie Thollon-les-Mémises est le nom officiel de la commune depuis 1995. Il associe l'ancien nom de la commune, Thollon, avec Mémises qui fait référence à la montagne éponyme dominant la commune.
Les premières mentions du village remontent au avec duas partes Tholonaei, puis deux siècles plus tard Tolhono et Tholons en 1246..
Le toponyme semble dériver du mot local désignant une terrasse, voire un replat ou du latin tullum pour désigner une colline. La présence du suffixe -on pourrait dériver du mot de l'ancien français tolon qui correspond à relief comme une colline.
En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Tolon selon la graphie de Conflans ou l'ORB..
Histoire Aucun vestige antique n'a été retrouvé sur le territoire de la commune.. L'histoire du territoire débutte au cours de la période médiévale notamment en lien avec le prieuré de Meillerie.
L'appartenance au prieuré de Meillerie
Les chanoines possédaient des chalets sur l'actuelle commune de Thollon (aux Mémises et à Cornien), où ils menaient leurs troupeaux pendant l'été. Ils employaient un certain nombre d'habitants comme bergers, pâtres, gardes-forestiers, etc.
Les chanoines possédaient également la juridiction sur toute la paroisse.
En , Philippe de Bresse, fils turbulent du duc Louis de Savoie et d'Anne de Lusignan, réunit à la maison forte de Thollon un petit groupe de conjurés opposés au parti chypriote existant autour de la duchesse, et au chancelier Jacques de Valpergue. Le lendemain, ils quittent Thollon pour le château de la chapelle de Marin. Et au petit jour, ils descendent à Thonon, pénètrent dans le château pendant que le duc et la duchesse écoutent la messe. Là, ils tuent le maréchal de Savoie, et emmènent avec eux le chancelier à Morges. Ce dernier sera ensuite jeté au Léman dans un sac.
À la suite de cet épisode, Philippe s'enfuit en France pour demander de l'aide à son beau-frère Louis XI, qui le fera enfermer deux ans dans le donjon de Loches. Ce prince deviendra finalement duc de Savoie à la mort de son neveu, mais ne règnera qu'une année.
En 1532, le village et les habitants de Meillerie furent attaqués par plus d'une centaine d'Évianais, à cause de plus de deux siècles de contestations et de procès portant sur la propriété des bois de Bret. Les Meillerons, ne bénéficiant plus de la protection des chanoines du Montjoux, montèrent à Thollon pour implorer les Thollogands de se joindre à leur cause. Depuis lors, Meillerie et Thollon ne formèrent plus qu'une seule commune jusqu'à l'annexion de la Savoie par la France en 1860. Par contre, la paroisse de Meillerie date de 1803. Le partage des biens entre les deux communes eut lieu en 1873 : quatre lots furent tirés au sort.
Seigneurie de Thollon
Les premiers seigneurs de Thollon étaient les Compey, dont l'un des membres, Jean, devint chanoine du prieuré. Le premier Compey mentionné est Gérold de Thollon, qui apparaît dans un acte du comte de Maurienne Thomas en 1206.
Par la suite, la seigneurie passe à la famille de Neuvecelle, par le mariage de la fille de Girard de Compey à Aymon de Neuvecelle.
De par leur nombreuse descendance, le fief se subdivisa et passa aux familles de Châtillon, Chignin, Varax, Dunant de Grilly, Lugrin, Dufour...
Période contemporaine
La période révolutionnaire est très bien connue à Thollon grâce aux Registres de la vie municipale, dans lesquels toute la vie de la commune est racontée, presque au jour le jour. Ces registres décrivent la vie quotidienne des habitants, qui était particulièrement difficile puisqu'ils devaient constamment fournir des hommes pour les armées françaises, ainsi que leurs cloches pour les faire fondre, leurs produits pour les soldats, etc.
Le village n'a pas été occupé, mais une troupe de vingt-quatre grenadiers français fut logée au prieuré de Meillerie.
La commune de Meillerie est détachée de Thollon, par décret, le , au lendemain de l'annexion de la Savoie à la France (). Sept ans plus tard, les limites des deux communes sont fixées.
Développement du tourisme hivernal Le premier projet de « téléphérique évianais » remonte à 1934. C'est Paul Léger, maire d'Évian à l'époque qui proposa un le projet d'un téléphérique pour rejoindre la crête de la montagne des Mémises, inspiré par la récente inauguration du téléphérique du Salève en 1932, surplombant le bassin Genevois.. Malgré le soutien de Charles Vesin, maire de Thollon, ainsi que le développement du ski alpin, le projet est suspendu faute de moyens et du contexte historique instable.
La guerre étant terminée, un nouveau projet voit le jour en 1949. Un télésiège est construit, mais malheureusement ne sera jamais ouvert au public à la suite d'un accident survenu durant les essais, certainement à cause du glissement d'un siège dans la partie la plus pentue de la ligne (110 %). Ce sont donc les pinces « Giovanola », inédites en France qui permettront au premier télécabine des Mémises d'ouvrir au public en . Il sera inauguré . On peut monter en quelques minutes à bord de voitures 2 places ouvertes (des couvertures étaient distribuées par temps froid).
Mais en 1965, un incendie détruit la gare inférieure de l'installation. Les cabines ouvertes seront remplacées par des cabines avec deux places fermées.