Jean Streff, né le à Paris et mort le à Auxon (Aube), est un essayiste, romancier, scénariste et réalisateur français.

L'œuvre littéraire de Jean Streff est particulièrement orientée vers l'étude des pratiques sexuelles paraphiles telles le fétichisme, le sadomasochisme et le BDSM Maîtresse Cindy, Entretien avec Jean Streff, maitresse-cindy.com, consulté le 19 février 2012..

Biographie Jean Streff passe une enfance et une adolescence solitaire, entre religion et interdits, qu’il racontera en détail dans son premier roman : Vincent PlantierJean Streff Vincent Plantier, éd. Le Signe. « Ce livre pourrait bien devenir l’album de famille de la génération d’après-guerre », écrit à sa sortie Roland Jaccard dans Le MondeRoland Jaccard, « Mère abusive et fils ingrat », Le Monde des livres, juin 1979.

Il y évoque Marcel Schneider, son professeur de français en classe de première, qui lui fait découvrir la littérature sous un autre angle que l'austère Lagarde et Michard, bible de l'enseignement littéraire pour les élèves de l'époque. Ce sera une révélation.

Après le Bac, il entame des études de médecine souhaitées par ses parents. Il les abandonnera très vite, ainsi que le foyer familial, pour se tourner vers le cinéma et l'écriture.

En 1986, il rencontre Élizabeth Prouvost, alors chef opératrice et aujourd’hui photographe. Il l'épouse en 1990.

Parcours

Années 1960 Après avoir quitté la faculté de Médecine, Jean Streff devient assistant de réalisateurs aussi diversifiés que José BénazérafJosé Bénazéraf Joë Caligula ou Maurice Pialat et réalise plusieurs courts-métrages, dont l’un d’eux, L’Acte ou l’autobus de la ligne 14/18, sera sélectionné au Festival de Cannes 1971, section « Un certain regard »L’Acte ou l’autobus de la ligne 14/18.En 1966, il réalise Les coudes pointus « OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié), Les coudes pointus est le premier court-métrage réalisé par Jean Streff. Le court-métrage est primé au Festival de Hyères en 1967Les coudes pointus.

En 1969, il participe en tant que rédacteur en chef à IXRevue IX, revue satirique et libertaire, hébergée par l’agence de presse de l’ex-trotskiste et assistant de Jean-Paul Sartre, Louis Dalmas. Revue qui sera interdite au bout de cinq numérosHara-Kiri 1 juin 1969. Il y interviewe notamment Régine Deforges, Élisabeth Wiener ou Sterling Hayden, l’interprète de Johnny Guitare, Willem y dessine et écrit, avec toutes les fautes d’orthographe qui feront plus tard sa renommée dans Libération « Il fait sa rubrique Revue de Presse et Chez les esthètes. Les textes de ses bandes, rédigés directement en français, langue que le dessinateur maitrise alors imparfaitement, contiennent à l'époque de très nombreuses fautes de grammaire et de syntaxe, que la rédaction trouve amusant de laisser telles quelles et qui deviendront l'une de ses marques de fabrique. Lui-même tient, par une forme de coquetterie, à ne pas faire corriger ses textes »Véronique Bonnet, Frontières de la francophonie, francophonie sans frontières, Université Paris-Nord. Centre d'études littéraires francophones et comparées, 2002, page 44, ses premières chroniques : « Chez les Métèques »Libération : « Chez les Métèques » . Philippe Druillet y publie en feuilleton Lone Sloan, album édité chez Éric Losfeld.

Streff et Druillet se sont rencontrés un an plus tôt chez Jean Boullet. Jean BoulletDenis Chollet consacre un livre à Jean Boullet "Jean Boullet le précurseur", éditions Feel, 1999, 224 p tenait une librairie consacrée au Bizarre, le Kiosque, rue du Château. « Le bonhomme fascine Jean Streff au point que celui-ci loue un petit studio non loin de la mythique librairie », écrira Christophe Bier dans Mad MoviesChristophe - Bier MadMovies Juillet 2012.

Années 1970 En 1974, il fonde avec Hervé Coville, AFTVMédias, une des premières sociétés de production française à utiliser la vidéo comme support. Il y réalise des captations aussi variées qu’un concert du groupe parodique de l’époque, Au Bonheur des dames, ou Le Creux de la vague, une pièce de Marc’o au Festival d'Avignon avec Pierre Clémenti. En 1978, son premier essai, Le Masochisme au cinéma, est unanimement salué par la critique. Ainsi pouvait-on lire dans Libération : « Le texte étonne par le sérieux de sa problématique, le fondement scientifique de l’analyse »Libération 1978 et Le masochisme au cinéma de couv éd Veyrier. Ou dans le Bulletin du Centre National de la Cinématographie : « Ce livre remarquablement illustré, parfaitement documenté est un modèle du genre. Très bien écrit, intelligemment présenté, clair, c’est un ouvrage de philosophie du comportement (…) Il n’est pas nécessaire de s’intéresser à ce sujet en particulier pour le lire. Il ouvre trop d’horizons pour rester un texte spécialiséBulletin du Centre National de la Cinématographie 1978 et Le masochisme au cinéma de couv éd Veyrier. »

Ce qui n'empêchera pas Christian Bonnet, alors Ministre de l'Intérieur, de l'interdire à l'affichage, publicité et vente aux mineurs Journal Officiel du 28/11/1978. Ces interdictions déclenchent une véritable campagne de presse : LibérationLibération, 10 avril 1979, Le Nouvel ObservateurLe Nouvel Observateur, samedi 14 avril 1979., Le Canard enchaînéLe Canard Enchaîné, le 18 avril 1979, Le Matin de ParisLe Matin de Paris, samedi 14 et dimanche 15 avril 1979, Charlie MensuelCharlie Mensuel, avril 1979, L'Humanité DimancheL'Humanité dimanche, 13 juin 1979, entre autres. En 1982, Jack Lang, alors tout nouveau Ministre de la Culture, lève toutes les interdictionsJournal Officiel du 21/03/1982.

En 1979, il réalise un documentaire sur la plus petite commune de France, Castelmoron-d'Albret. Il y donne la parole et deux caméras vidéo aux habitants pour leur laisser toute liberté d’expression. Le film est censuré par FR3 Bordeaux et sera diffusé dans une version raccourcie sous le titre Une France en miniatureSud Ouest 1980.

Années 1980 Au début des années 1980, il écrit plusieurs scénarios. Il en réalise quelques-uns, comme La Groupie en 1983, avec Marie Trintignant dans le rôle-titreLa Groupie -.

En 1982, il obtient le grand prix du Scénario du Festival international du film fantastique d'Avoriaz pour La Dernière héroïneLe Dauphiné libéré du 21 janvier 1982.

Jean Streff fait également partie à la même époque, avec Jean-Pierre Bouyxou et le théoricien du situationnisme Raoul Vaneigem, de l'aventure des éditions du Bébé Noir, puis de La BrigandineLe Préface à la Trilogie Lange, éd. Sous la Cape, deux collections érotico-anarchisantes dirigées par Jean-Claude Hache. Il continue parallèlement à écrire des scénarios pour la télévision, notamment avec Richard Caron, ainsi que des ouvrages traitant du fétichisme et du sadomasochisme.

En 1985, il fait, pour le journal L’Organe fondé par Michel Caen, un reportage exclusif avec la photographe Claude Alexandre sur une clinique SM dans les Pyrénées, clinique surréaliste dirigée par le docteur Cosyns. Celui-ci sera arrêté deux ans plus tard, puis relâché, tous les « patients » étant reconnus consentants et aucune vénalité ne venant se mêler à l’affaireVSD 1987.

En 1989, il participe au colloque Sade et le cinéma à Quimper en compagnie de Jean-Jacques Pauvert et d'Annie Le Brun.

Années 1990 En 1993, il écrit pour la première réalisation d'Élizabeth Prouvost, Stella-Plage, un court-métrage avec Dominique Pinon et Catherine JacobStella Plage -.

C’est l’époque où François Marquis, le producteur du film, lui fait rencontrer le metteur en scène de théâtre bolivien Marcos Malavia. Ensemble, ils écrivent une première version de Los Novios de La Muerte, un road-movie à travers la Bolivie sur les traces d’un groupe nazi.

En 1994, il travaille sur une adaptation entièrement en images de synthèse du livre de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers, avec Richard Bohringer dans le rôle du capitaine Nemo. Les premières séquences sont tournées par le réalisateur Didier Pourcel et passeront même en ouverture du JT de 20h de TF1, mais le film restera inaboutiVingt mille lieues sous les mers.

Années 2000 En 2001, Jean Streff est invité au Festival du Film de Court-Métrage de Clermont-Ferrand pour une conférence sur le fétichisme et le sadomasochisme au cinéma en compagnie de Gérard Lenne.

L'année suivante, il est interviewé par Irène Omélianenko à propos du fétichisme du pied dans l'émission Sur les docks de France Culture.

Après avoir obtenu le prix Sade pour son essai : Traité du fétichisme à l'usage des jeunes générations (Denoël - 2005) Virgile Iscan, Jean Streff a été interdit de tout, vice.com, consulté le 19 février 2012., il devient membre du jury, puis secrétaire général Composition du jury, prixsade.com, consulté le 19 février 2012.

En 2005, l’émission Mauvais Genre de France Culture consacre un numéro entier à son œuvre. Émission dans laquelle, François Angelier le présente comme « un des grands désirants des français ».

En mars 2006, il est invité par le Centre Pompidou à participer au colloque : « Hans Bellmer : Anatomie du désir », lors de la rétrospective consacrée à l'artistePierre-Olivier Capéran - Interventions.

En mai de la même année, il est interviewé dans les bonus du film Maîtresse de Barbet Schroeder édité en DVD par Carlotta Films.

Années 2010 En , dans une interview pour le Figaro Madame, le chanteur et dandy Christophe, à la question « Quel est votre livre de chevet » ? a répondu : « Le Traité du fétichisme à l’usage des jeunes générations de Jean Streff et les Poésies d’Arthur Rimbaud ».

En , il participe à l'émission "La Sueur en héritage" sur France Culture. En décembre, l'émission "Cinéma en free style" de Radio Libertaire consacre une heure d'entretien à son œuvre cinématographique et télévisuelle. Cet entretien sera repris dans le livre Le Cinéma libertaire et libertin paru en 2015 aux éditions L'Harmattan.

En , il est invité au Forum Libé de Montpellier : "Le sexe, quel engin !", où il évoque son fétichisme des ... torchons , dû à une femme de ménage chez ses parents, quand il était enfant, qui, au lieu de mettre un tablier, ceignait sa taille d'un torchon. Il évoque cet épisode dans son roman Théorème de l'assassinat. Le même mois, Jean Streff est interviewé par Céline du Chéné dans "L'Encyclopédie du Mauvais Genre" sur France Culture au cours de l'émission : .

En 2015, il publie un nouveau roman "Théorème de l'assassinat", un écrit de jeunesse remanié et préfacé par Claude Louis-Combet : "Théorème de l’assassinat conjugue tous ces éléments : les réminiscences du passé d’un enfant sacrifié, les cauchemars exaltés d’un homme solitaire obsédé par l’idée de tuer, les fantasmes les plus enfouis que peut receler l’âme humaine. Mais c’est également le cri d’amour désespéré d’un homme qui n’a jamais été aimé et qui meuble sa solitude en observant les fissures de son plafond et en se réfugiant dans le ressassement incessant de fantasmes morbides".

La revue littéraire Le Matricule des Anges en profite pour consacrer une double page à son oeuvre (Le Matricule des Anges, numéro 163, ).

La même année, il coécrit avec le réalisateur Jacques Richard Sélection Officielle, dont le tournage a lieu l'année suivante. Le film sort en 2017, année où est réédité son roman Portrait Convulsif dans la collection Lectures amoureuses de La Musardine.

En , le Traité du Fétichisme à l'usage des jeunes générations sort au Japon avec plus de mille illustrations.

En , il écrit le texte du catalogue "Fetishh" pour l'exposition comparée des œuvres de Claude Alexandre et Michel Haillard à la galerie Sparts à Paris.

La même année France Culture consacre une émission d'une heure au prix Sade.

En , son premier court-métrage, Les Coudes pointus, fait partie du DVD « Les Ombres de la nuit » qui accompagne le volume 3 de la réédition de la revue Midi- Minuit Fantastique aux éditions Rouge Profond. En octobre, La Musardine réédite sa trilogie Lange sous le titre : Les Enquêtes sexuelles de Benoit Lange.