Philippe Michel, né le à Nouméa, est un homme politique local de Nouvelle-Calédonie.
Membre dans un premier temps du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) puis de L'Avenir ensemble à partir de 2004, c'est un fidèle de Philippe Gomès avec lequel il fonde en 2008 le parti Calédonie ensemble, dont il devient le secrétaire général et numéro deux. Deuxième vice-président de l'assemblée de la Province Sud de 2004 à 2011, il est le président de cette collectivité, la plus peuplée et la plus riche économiquement de Nouvelle-Calédonie, de 2014 à 2019.
Un fonctionnaire territorial
Philippe Michel fait ses études secondaires au sein du lycée Lapérouse à Nouméa. Il s'y lie d'amitié avec un de ses condisciples, Philippe Gomès, dont il va par la suite devenir le collaborateur puis un fidèle allié en politique« Mes plus belles vacances : Philippe Gomès », Les Nouvelles Calédoniennes, 04/01/2006. Il est licencié en droit public de l'université Nice Sophia Antipolis (où étudie également Philippe Gomès) puis entame une carrière dans la fonction publique territoriale Trombinoscope de la liste Calédonie ensemble aux élections provinciales néo-calédoniennes de 2009, site officiel de Calédonie ensemble.
Reçu au concours, il devient rédacteur stagiaire du cadre territorial d'administration générale le Décision n° 2172 du 21 août 1984 portant désignation et nomination des candidats reçus au concours direct ouvert pour le recrutement de cinq rédacteurs du Cadre Territorial d'Administration Générale, JONC n°6302, 04/09/1984, p. 1429-1430. Il est titularisé rédacteur de le , Décision n° 1104 du 23 octobre 1985 portant titularisation de rédacteurs stagiaires du Cadre Territorial d'Administration Générale, JONC n°6387, 12/11/1985, p. 1771. Il est tout d'abord mis à la disposition du chef du service du Plan, avant d'en devenir son adjoint du Arrêté n° 2928 du 30 octobre 1984 nommant l'Adjoint par intérim au Chef du Service du Plan par intérim, JONC n°6317, 06/11/1984, p. 1924 au (par intérim jusqu'au ) « Arrêté n° 85-453/CM du 31 juillet 1985 nommant un rédacteur stagiaire du cadre territorial d'administration générale en qualité d'adjoint au Chef du Service du Plan », JONC n°6362, 06/08/1985, p. 1131. Il quitte la fonction publique pour entamer une carrière de collaborateur politique en 1986.
Carrière politique
Collaborateur de Harold Martin et Philippe Gomès
Anti-indépendantiste, Philippe Michel adhère à la principale formation de ce courant politique dans les années 1980, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur. Il devient ainsi à partir de 1986 un collaborateur de Harold Martin ou de Philippe Gomès, faisant partie avec ceux-ci de ce qui est qualifié au sein du mouvement de « Bande à Harold », à savoir la tendance au sein de la jeune garde souhaitant que Harold Martin devienne le dauphin de Jacques Lafleur en s'opposant en interne au « clan du Mont-Dore » de Pierre FrogierPierre MARESCA, L'Exception calédonienne. Petites histoires humaines et politiques de la grande histoire calédonienne (1970-2011), Paris, L'Harmattan, 2012, p. 40.
Il est d'abord détaché auprès de Philippe Gomès, premier directeur-adjoint de la nouvelle Agence de développement rural et d'aménagement foncier (ADRAF) du Décision n° 455 du 17 février 1987 relative à la position d'un rédacteur du cadre territorial d'administration générale, JONC n°6468, 03/03/1987, p. 311 au . Il rejoint alors à cette date le cabinet du président de la Région Ouest, Harold Martin Décision n° 5100-197/SG du 8 juillet 1988 relative au détachement d'un rédacteur du cadre territorial d'Administration générale, JONC n°6572, 26/07/1988, p. 1251. À partir du , il est collaborateur politique à la Province Sud, tout particulièrement encore une fois auprès de Harold Martin et de Philippe Gomès qui y sont tous les deux élus Décision n° 4213-T du 3 juillet 1990 relative au détachement d'un rédacteur du cadre territorial d'Administration Générale (régularisation), JONC n°6709, 17/07/1990, p. 1766. Il commence ensuite sa carrière électorale en 1999.
Vers la dissidence du RPCR
Philippe Michel obtient son premier mandat lors des élections provinciales du , en sur la liste du RPCR de Jacques Lafleur dans la Province Sud qui a obtenu 51,06 % des suffrages et 25 sièges sur 40 à l'Assemblée provinciale, dont 20 des 32 également à pourvoir au Congrès Résultats des élections provinciales néo-calédoniennes de 1999, JONC, 11/05/1999, p. 2023. Il n'est donc pas élu dans un premier temps au sein de l'assemblée territoriale, mais il l'intègre dès le à la faveur de l'élection au gouvernement local d'Annie Beustes, Jean Lèques, Yves Magnier, Philippe Gomès et Pierre Maresca. Il doit céder son siège au Congrès entre le (retour dans l'institution des membres de l'exécutif qui vient de démissionner) au (démission de Marie-Noëlle Thémereau qui permet à son suivant de liste, Philippe Michel, de revenir dans l'institution). Il y reste ensuite jusqu'à la fin de la mandature en 2004Élections provinciales de 1999, site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Il obtient de plus la présidence du conseil d'administration de l'Établissement de régulation des prix agricoles (ERPA) entre 1999 et 2001. Au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, il est porté à la tête de la commission de l'Enseignement et de la Culture le , tout en étant secrétaire de la commission permanente (présidée par Harold Martin) jusqu'en 2000. Philippe Michel soutient ensuite Harold Martin dans sa querelle avec la direction du RPCR pour s'être présenté à sa propre succession à Païta lors des élections municipales de contre le candidat officiel du parti (son cousin et prédécesseur Ronald Martin). Réélu maire, Martin,pourtant jusque-là considéré comme un dauphin potentiel de Jacques Lafleur, est exclu définitivement du Rassemblement le et perd le la présidence de la commission permanente qu'il détenait au Congrès depuis 1999. Philippe Michel paye son amitié avec lui en n'étant reconduit dans aucune commission du Congrès à partir de 2001 et jusqu'en 2004, et en devant céder la présidence du conseil d'administration de l'ERPA à Nicole Andréa en . L'organe officiel du Rassemblement, Les Nouvelles Hebdo, profèrent des critiques virulentes à son égard, écrivant que : « Philippe Michel ne laissera pas plus de trace que la bave d’un escargot »M. LISBONNE, « Appel à soutien - Les auteures du Guide des sponsors du FN attaqué - Re : [kanaky CENSURE », Kanaky Online, 08/12/2001]. Le , Philippe Michel, Harold Martin et un autre élu du RPCR au Congrès, Sosimo Malalua, décident de ne plus suivre les directives officielles du groupe politique du parti lors des votes. Philippe Gomès proteste également contre l'expulsion de Harold Martin. Michel, Malalua et Gomès ne sont pourtant définitivement exclus du RPCR que le , à la suite de leur participation à la formation de l'Avenir ensemble« La Foa : le grand Rassemblement se prépare », Les Nouvelles Calédoniennes, 16/04/2004.
À l'Avenir ensemble
Pour les élections provinciales du , Harold Martin et ses partisans (dont Philippe Michel, et rejoints finalement par Philippe Gomès et Marie-Noëlle Thémereau) décident de former des listes communes dans le Sud et le Nord avec des opposants non-indépendantistes de longue date au RPCR, à savoir le parti Alliance de Didier Leroux. Baptisées « Avenir ensemble » et ouvertes à la société civile voire à quelques indépendantistes (Christiane Gambey), elles présentent un programme très critique à l'égard de Jacques Lafleur à qui elles reprochent d'être trop autoritaire et de gérer les affaires de manière opaque, mais aussi très porté sur le « respect à la lettre » de l'accord de Nouméa et sur d'importantes promesses sur le plan social ou économique (passage du SMIC à 120 000 Francs CFP contre 100 000 F CFP à l'époque, instauration du PACS, généralisation des allocations familiales, création d'un observatoire de la condition féminine, réforme de la fiscalité ou encore passage à l'euro). Elles utilisent également des moyens de communication politique nouveaux en Nouvelle-Calédonie, comme le lancement fin d'un DVD de 14 minutes en 20 000 exemplaires (dont 18 000 dans le Grand Nouméa). Philippe Michel est en de la liste du Sud de Marie-Noëlle Thémereau, qui l'emporte avec 33,89 % des suffrages exprimés et 19 élus sur 40 (dont 15 des 32 envoyés au Congrès). Philippe Gomès est porté le à la présidence de l'Assemblée de la Province Sud à la place de Jacques Lafleur qui l'occupait depuis 1989, et Philippe Michel devient le même jour son (ordonnateur délégué du budget) Arrêté n° 886-2004/PS du 17 mai 2004 portant délégation des pouvoirs d'ordonnateur, JONC n°7785, 19/05/2004, p. 3155. L'Avenir ensemble, qui réussit à obtenir également la direction des deux autres institutions d'importance en Nouvelle-Calédonie (le Congrès avec Harold Martin et le gouvernement avec Marie-Noëlle Thémereau), se transforme officiellement en nouveau parti politique le . Philippe Michel en est l'un des dix « membres fondateurs » qui en constituent le premier bureau exécutif (avec Marie-Noëlle Thémereau, Harold Martin qui devient le suivant le premier président de ce mouvement, Didier Leroux, Sonia Lagarde, Philippe Gomès, Éric Babin, Isabelle Ohlen, Alain Descombels et Bernard Nénou)« L’Avenir ensemble affiche ses ambitions », Les Nouvelles Calédoniennes, 31/08/2004.
Au Congrès, Philippe Michel est de plus président de la commission des Finances et du Budget du Élections des 21 mai et 27 juillet 2004 du bureau et des commissions, site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie au Élections du 31 juillet 2007 du bureau et des commissions, site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Il est de ce fait le rapporteur de nombreuses lois du pays portant sur la fiscalité : celles du créant une « contribution sociale additionnelle » à l'impôt sur les sociétés pour les entreprises réalisant plus de 200 millions de Francs CFP de bénéfices et portant diverses dispositions d'ordre fiscal, du portant validation des impositions perçues au titre de la taxe sur le fret aérien et de la délibération relative à la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie, du portant réforme de la fiscalité des produits pétroliers, du réformant le Régime unifié d'assurance maladie-maternité (RUAMM), du modifiant les régimes fiscaux privilégiés à l’importation, du portant diverses dispositions d'ordre fiscal pour favoriser l'investissement dans les entreprises calédoniennes et le développement économique, du relative à l'impôt sur le revenu et à l'impôt sur les sociétés et du portant diverses dispositions d'ordre fiscal. Il retrouve de plus la tête du conseil d'administration de l'ERPA le et devient l'un des principaux acteurs de la nouvelle majorité sur les affaires rurales, avec Éric Babin (membre du gouvernement chargé de l'Agriculture de 2004 à 2009)« Erpa et Ocef : une nouvelle équipe prend les rênes », Les Nouvelles Calédoniennes, 19/10/2004. Et il s'investit également sur le dossier des transports, incarnant notamment avec Philippe Gomès la position ferme adoptée par la Province Sud à l'encontre de l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE, indépendantiste) dans le conflit social paralysant la compagnie CarSud en 2007 et 2008« Carsud : la province Sud déclare la guerre à l’USTKE », Les Nouvelles Calédoniennes, 23/11/2007.
Le lieutenant de Philippe Gomès