Refuznik (calque du russe , , formé de , , « déni, refus, rejet, répudiation » et , suffixe formant des noms masculins, désignant généralement les adhérents à un groupe, etc.) est un mot apparu pendant la guerre froide. Il désigne des personnes citoyennes de l’URSS ou de républiques socialistes du Bloc de l’Est, majoritairement mais pas exclusivement juifs, à qui certains droits ont été refusés, notamment la permission d'émigrer. Plus tard, ce terme a aussi pris un sens plus générique, servant à désigner ceux qui refusent de participer aux activités obligatoires, tel le service militaire (des objecteurs de conscience).
Ce terme a pris différentes significations selon les époques :
Dissidents juifs soviétiques, Refuznik (Israël) est un hyperonyme et un néologisme politique désignant des citoyens ou des soldats israéliens qui refusent de servir Tsahal dans les Territoires palestiniens. Refuznik au Royaume-Uni : des personnes refusent la carte d'identité nationale imposée par le gouvernement britannique. Ce terme a aussi été adopté par une écrivaine musulmane, Irshad Manji, qui se décrit comme une refuznik qui s'oppose à l'Islam traditionaliste. Le terme refuzniks (ou « tech-refuzniks ») désigne aussi les opposants aux nouvelles technologies qui se multiplieront inévitablement selon certains auteurs et commettront des actes violents, de sabotage, voire de terrorisme lorsque celles-ci seront ressenties comme trop envahissantesEnquête du Pew Internet & , Les Échos, publié en 2006..
Une voie publique de Paris a reçu le nom d’allée des Refuzniks en 1986 pour honorer les refuzniks juifs de l’URSS, ainsi qu'à Créteil et à Sarcelles.
Prière pour refusniks est un court métrage français réalisé par Jean-Luc Godard en 2004 dans lequel le réalisateur adresse deux lettres cinématographiques à des jeunes soldats israéliens ayant été condamnés après avoir refusé d’intervenir dans les territoires occupés.
Notes et références
Voir aussi
Réfractaire à l'armée