thumb|Panneau indiquant l'entrée de la Réserve naturelle de l'Oural oriental, une zone d'exclusion nucléaire créée après la catastrophe nucléaire de Kychtym en 1957.
Une zone d'exclusion nucléaire est un territoire évacué à la suite d'un accident nucléaire à cause du caractère dangereux de la pollution radioactive.
Niveau de radioactivité et niveau de danger
Irradiation externe et seuil Une contamination au sol de en (un million de becquerels par mètre carré) entraîne un débit de dose de l'ordre de la dizaine de mSv par an (1,5 à 4 µSv/h). pour une personne qui y serait exposée en permanence. Une contamination de par kilomètre carré (Ci/km) en (soit ) occasionne une dose externe d’environ , auxquels il faut ajouter la part de contamination interne provenant des produits utilisés dans la chaîne alimentaire, doublant en moyenne cette valeur..
Le seuil de référence édicté par l’Union Européenne en dessous duquel une exposition à des rayonnements est en pratique négligeable du point de vue de la protection contre les rayonnements et n'impose pas de déclaration est de , fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers résultant des rayonnements ionisants.. Ce seuil est du même ordre de grandeur que la dose annuelle limite au-delà de laquelle il est réglementairement interdit d'exposer le public.
Ce seuil (pour lequel une surveillance de radioprotection devient justifiée) est lui-même très inférieur au débit de dose à partir duquel un effet nocif sur la santé peut être mis en évidence, qui est de cent à mille fois plus élevé.
Débit de dose
Un débit de dose « non négligeable » n'est donc pas nécessairement dangereux pour autant. Le becquerel mesure en effet la désintégration d'un atome unique chaque seconde, une radioactivité mesurable peut être le fait de traces chimiques à peine détectables par ailleurs. À titre de comparaison, la radioactivité naturelle d'un corps humain (due principalement au contenu dans les os) est de l'ordre de pour une surface de peau de l'ordre de .
Face à une zone présentant une forte contamination au sol, l'autorité administrative se trouve donc très souvent dans la situation de devoir interdire l'accès de la zone au public, parce que le débit de dose radioactive dépasse la limite légale fixée pour l'exposition du public (de l'ordre du µSv/h), alors même que ce débit de dose reste très en dessous des valeurs qui seraient potentiellement dangereuses pour un résident permanent (de l'ordre de quelques centaines de µSv/h), et encore plus inférieures aux débits de dose pour lesquels même un séjour de l'ordre de quelques heures peut commencer à présenter un risque stochastique statistiquement observable (de l'ordre de 10 à ).
Kychtym (Oural)
Tchernobyl (Ukraine) thumb|upright=1.5|Carte indiquant l'état de la contamination au césium 137 en 1996 sur la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine:
À la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, une zone d'exclusion de est mise en place autour de la centrale, à cheval entre les territoires ukrainien et biélorusse.
Prypiat, tout comme les villages proches de Novochepelytchi, Kotcharivka et Kopatchi, sont évacuées en urgence et restent encore aujourd'hui délaissés de quasiment toute activité humaine. Ces zones ne seront pas habitables avant plusieurs siècles.
Pripiat est aujourd'hui une ville abandonnée et reste un témoignage de la fin de l'ère soviétique. À ce titre la ville est souvent comparée à Pompéi.
Fukushima (Japon)
vignette|left| Fukushima : la zone d'exclusion nucléaire est indiquée en rouge (17 juillet 2012).
À la suite de l'accident nucléaire de Fukushima, survenu le au Japon, une zone d'évacuation est délimitée, fixée à initialement, elle est portée à autour de la centrale, dès le . Le , elle est complétée par une zone d'évacuation volontaire et de préparation à l'évacuation entre 20 et .. Dès fin , les restrictions d'accès sont progressivement levées sur les zones les moins contaminées, pour ne conserver que les communes situées sous le vent de la centrale.
Début 2018, la superficie restant soumise à l'ordre d'évacuation est de , contre en 2013.. En , il reste environ évacuées, dont dans des logements temporaires, et environ en , dont dans des logements temporaires..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des lieux les plus pollués Zone rouge (séquelles de guerre)
Liens externes 25 ans d'imagerie satellite sur Tchernobyl Tchernobyl, un quart de siècle plus tard. Une visite de la zone d'exclusion nucléaire de Tchernobyl aujourd'hui (avril 2011)
Catégorie:Accident nucléaire