L'Assemblée nationale constituante tunisienne de 2011 ou ANC () est une assemblée constituante de « Découpage électoral : et », Leaders, 14 août 2011. élue le par les électeurs tunisiens, à l'occasion de la première élection libre organisée depuis l'indépendance du pays en 1956 et du premier scrutin organisé depuis le début du Printemps arabe « Tunisians vote in first free election », Associated Press, 23 octobre 2011.. Elle fait aussi office de parlement monocaméral.
Elle rédige la nouvelle Constitution de la Tunisie. Elle a également la tâche de désigner un gouvernement transitoire « Tunisia president Fouad Mebazaa calls election », BBC News, 3 mars 2011..
Contexte
La Tunisie avait déjà élu une assemblée constituante le , quelques jours après la proclamation de l'indépendanceJean-François Martin, Histoire de la Tunisie contemporaine. De Ferry à Bourguiba. 1881-1956, éd. L'Harmattan, Paris, 2003, ; cette assemblée a aboli le régime monarchique et proclamé la République le Victor Silvera, « Du régime beylical à la République tunisienne », Politique étrangère, vol. 22, , 1957, pp. 594-611., avant d'adopter la Constitution promulguée le Préambule de la Constitution tunisienne de 1959 (Jurisite Tunisie)..
La convocation de cette nouvelle assemblée fait suite à la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali lors de la révolution tunisienne.
Élection
L'élection de l'Assemblée constituante, connue pour être la première élection démocratique en Tunisie, s'est déroulée lors d'un scrutin proportionnel à un tour, organisé du au , dans le but d'élire ses . Au terme du dépôt des listes, sont enregistrés sur dont partisanes, indépendantes et 34 de coalitions Mariette le Roux, « Tunisians gear up for historic vote », Agence France-Presse, 22 octobre 2011..
La campagne électorale est ouverte le et close le . Bien que la révolution ait été largement liée à des problématiques économiques, le principal thème de campagne est le rôle de la laïcité et de l'islam dans la vie publique. Après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali, les restrictions liées au port du hidjab sont levées. Dans ce contexte, beaucoup de partis laïcs sont formés après la dissolution du parti de Ben Ali Nouri Gana, « The battle for Tunisia's identity », The Guardian, 22 octobre 2011..
Au terme de cette élection, le parti Ennahdha obtient la majorité relative des sièges. À la suite de l'adoption de la loi constituante de 2011, le secrétaire général d'Ennahdha, Hamadi Jebali, est nommé Premier ministre et forme un gouvernement de coalition avec le Congrès pour la République et Ettakatol.
Gouvernement de coalition tunisien désigné au début du mandat de l'Assemblée constituante (2011)
Composition
Malgré la parité respectée par toutes les listes candidates, la très grande majorité des têtes de liste était des hommes, avec pour résultat que seules 49 des reviennent à des femmes, soit 24 %, dont d'Ennahdha compte tenu du fait que ce parti, contrairement aux autres, a obtenu des élus dans la plupart des circonscriptions« 49 femmes élues à l'Assemblée constituante : 24 % des », Leaders, 28 octobre 2011..
D'autres femmes rejoignent l'assemblée au cours de son mandat, en remplaçant notamment Moncef Marzouki après son élection à la présidence de la République« Deux nouveaux constituants à l'ANC », Leaders, 27 décembre 2011., Moncef Ben SalemWafa Sdiri, « Tunisie : Démission de Moncef Ben Salem de la Constituante », Tunisie numérique, 29 février 2012., Mohamed Abbou« Deux nouveaux députés à l'Assemblée nationale constituante », Mosaïque FM, 30 mars 2012., Mohamed Habib Marzouki« Tunisie : Démission d'Abou Yaâreb Marzouki, député apparenté Ennahdha », Kapitalis, 6 mars 2013., Saïd Mechichi« Prestation de serment d'une nouvelle élue à l'ANC », Leaders, 6 novembre 2012., Hédi Ben Abbès et Ahmed Khaskhoussi« Tunisie - L’élue Manel Kadri remplace Ahmed Khaskhoussi à l’ANC », Business News, 3 octobre 2013. qui ont démissionné de l'assemblée, alors que Firdaous Oueslati démissionne pour raisons de santé. En , l'assemblée compte , soit près de 31 % des membresMonia Ben Hamadi, « Tunisie : Selma Znaidi, une femme de plus à l'Assemblée », HuffPost Maghreb, 29 avril 2014..
La répartition des sièges connaît des bouleversements continus en raison de la mobilité fréquente des constituants entre les partis. À quelques jours des élections de la nouvelle Assemblée des représentants du peuple, d'autres changements ont lieu, la situation se présentant dès lors comme suit :