L'église Saint-Pierre de Brocas se situe sur la commune de Montaut, dans le département français des Landes. Elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du . et se distingue par son impressionnant portail en arc de triomphe de style gallo-roman.
Situation, présentation
L'église Saint-Pierre se trouve sur une colline du hameau de Brocas., route de Doazit, à au sud-ouest du bourg. Le GRP de la Haute Chalosse passe juste à côté de l'église. Quelque plus loin, il rejoint le ruisseau de Saint-Pierre et le suit jusqu'aux abords de sa source la fontaine Saint-Pierre, à environ à l'est Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées. Les distances à vol d'oiseau se mesurent avec l'outil « Mesurer une distance » dans l'onglet « Outils cartographiques » à droite (symbole de petite clé plate)..
Elle est entourée d'un enclos qui clôture également le cimetière au nord-est, cimetière communal jusqu'en 1851.. L'accès à l'enclos se fait par un large portail avec arche en pierre, ouvrant sur la place Saint-Pierre au nord ; on traverse le cimetière pour entrer dans l'église. On ne voit pas le porche de l'église, caché par la maison à droite. La vue "caméra de rue mobile" ("street view") de Google maps montre le paysage le long de la plupart des routes circulables en voiture. Depuis la carte, elle est accessible par l'icône représentant une silhouette, sous la barre verticale du zoom en bas à droite de l'écran : cliquer dessus avec la touche gauche de la souris et maintenir la touche enfoncée, puis l'amener sur la carte : les routes parcourues par la caméra s'éclairent en bleu. Placer l'icône sur un trait bleu (= une route), relâcher le bouton de souris ; la vue en caméra de rue apparaît. Tourner la vue en cliquant sur la fenêtre et en faisant glisser à gauche ou à droite de l'écran. On peut faire avancer la caméra en cliquant sur la route ; et repositionner la caméra ailleurs en cliquant sur un trait bleu dans la carte en encart en bas à gauche de la fenêtre..
Elle a l'orientation classique des églises, avec le portail à l'ouest. (contrairement à Sainte-Catherine au bourg, dont le portail s'ouvre plein sud).
Topologie
Dans son ouvrage sur l'histoire l'Abbaye de Saint-Sever, Don Du Buisson identifie à tort S. Petri de Roca (forte de Broca, juxta locum Montis-Alti, vulgo Montaut) pour Saint Pierre de Brocas, situé à Montaut.. Il s'agit en fait de Saint-Pierre-du-MontJean Cabanot et Georges Pon, Une abbaye au coeur de la Gascogne, Saint-Sever (988-1791), Dax, Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne (CEHAG, 102 av. Francis Planté, 40100 Dax), 2014, p.139, Acte 6 Bernard-Guilhem, comte de Gascogne, confirme la donation du lieu de Saint Sever par son père Guilhem-Sanche ... [997-1009], note 132 : C. et ar. de Mont-de-Marsan, Landes. Autre prieuré du confluent, Saint-Pierre-du-Mont, également au sud de Mont-de-Marsan..
Historique
Le général Jean Constans est le seul à mentionner que vers le les bernardins de Cîteaux fondent à Brocas une abbaye dont il ne subsisterait que l'église actuelle. Il précise que « Le hameau de Brocas a été incontestablement la tête initiale du Montaut actuel. Son église est restée paroissiale jusqu'en 1685, époque à laquelle , évêque d'Aire (1673-1684), décida que le siège de la paroisse serait désormais au bourg... » L'église Saint-Pierre du hameau de Brocas est la plus ancienne et longtemps seule église de la paroisse ; le chef-lieu de la paroisse est Brocas « depuis un temps immémorial », avant que le simple hameau de Montaut ne se développe en bourg fortifié au gré des rivalités seigneuriales et des conflits de la féodalité.. Le titre paroissial est réservé à l'église de Brocas jusqu'en 1685. L'église de Montaut n'obtient le titre officiel de siège paroissial qu'en 1808, et celle de Brocas devient officiellement une succursale.
Sébie donne trois étapes principales dans la construction : d'abord simple chapelle à une seule nef, puis la construction de la « nef latérale » (le collatéral) au , et la sacristie au .
Une fontaine miraculeuse lui est associée, la fontaine de Saint-Pierre, à environ à l'est de l'église. Au elle est encore recouverte d'une construction en pierre en forme de reliquaire surmonté d'une croix, avec en façade une niche abritant une statue en terre cuite de saint Pierre.
, construction
Au , l'église Saint-Pierre, d'architecture romane, est édifiée en pierre de Saint-Aubin. Elle se compose alors d'une nef de deux travées, prolongée par une abside semi-circulaire avec voûte en cul-de-four.
thumb|Tour-clocher , la tour-clocher fortifiée Au , la famille éponyme de Brocas est au service des rois d'AngleterreAttestée dans les Rôles Gascons entre 1242 et 1400, elle est présente à Sault-de-Navailles dès 1225 ; branche d'origine de la Famille de Brocas de Beaurepaire et Roche Court.. Elle fortifie l'église en élevant une tour fortifiée qui domine la région. Ses murs, , sont munis de meurtrières . Sur son côté sud, la tour est flanquée d'une tourelle d'escalier polygonale.
L'église de Brocas comportait par ailleurs des traces indéniables de l'occupation anglaise. Ainsi, le chanoine Daugé signale en 1930, le mauvais état d'armoiries portant des léopards d'Angleterre. Elles ont disparu avec les années. Notons que les seigneurs de Brocas. Histoire et documents sur cette famille de gascons au service des rois d'Angleterre., durant la guerre de Cent Ans, portaient de sable au léopard lionné d'or dans leurs armes.
, nef voutée d'ogives et déplacement de l'entrée
À partir du , la nef est voutée d'ogives. Elles sont supportées par des contreforts qui obstruent partiellement l'entrée principale. Cette dernière, qui se trouvait en face de la première travée, est alors murée et déplacée vers l'est face à la deuxième travée. La nouvelle entrée forme un passage en arc plein cintre. Après la disparition de l'abbaye — qui se tenait à la place du cimetière actuel —, cette deuxième entrée est réduite pour être accolée à une chapelle aujourd'hui disparue.
, le collatéral
Aux alentours de 1500, l'église est agrandie par l'ajout d'un collatéral. sur le côté sud (partie droite de l'église) ; ce collatéral compte deux travées complétées d'une abside gothique à cinq pans il est aussi large que la nef..
Sébie rapporte la construction du clocher à la fin du . De plus, selon lui « la nef principale, avec le clocher » aurait été « soudée avec l'abside à plusieurs reprises, comme l'indiquent les caractères divers de son architecture gothique ».
Pendant les guerres de religion, l'église est saccagée - probablement en 1569, date de la prise de Saint-Sève par les huguenots. Les ravages causés par les protestants dans les églises du diocèse d'Aire sont cités dans l'enquête dite « verbal de Charles IX » de 1571.
, portail monumental et travée du collatéral, paroisse à Montaut
Dans la première moitié du l'église est considérablement embellie, notamment avec la construction, sous le double porche à l'entrée de la tour, d'un portail monumental disposé comme un arc de triomphe de style gallo-roman de la Renaissance tardive (1600-1650), qui se superpose au portail de la nef.
Afin d'établir une symétrie avec l'ancienne nef romane, une travée supplémentaire vient prolonger les deux travées du collatéral sud.
À l'approche du , la population du bourg est devenue prédominante sur celle du siège de paroisse Brocas. Le premier curé à quitter Brocas pour habiter à Montaut est Christophe Lafaurie, qui appartient à la famille des seigneurs de Montaut ; d'abord curé d'Ourses (canton d'Arjuzanx), il obtient la cure de Montaut et s'installe d'emblée près de la place du bourg, dans la maison de Loubes. Lafaurie reconstitue la confrérie de Saint-Pierre, lui redonne des statuts et obtient du pape Innocent XII une bulle d'approbation et d'indulgences homologuée par l'évêque d'Aire Fleurian d'Armenonville le ..
Les curés de ce siècle sont M. Laroque, curé en 1617 ; M. Ribes ; M. de Sarraute ; M. de Sauvage ; et Christophe Lafaurie.
, transfert d'autels et de retables
À l'occasion de sa visite pastorale en 1755, l'évêque d'Aire Sarret de Gaujac décrit succinctement le maître-autel situé dans le chœur roman à l'extrémité du vaisseau nord (la nef). C'est un autel en calcaire d'époque romane et certainement le maître-autel primitif de l'église....
En 1782 l'autel de l'abside sud (celui du collatéral), dédié à sainte Anne, est transféré à la sacristie. C'est vraisemblablement à cette période que le chœur liturgique (autel et retable) du chœur roman de l'abside nord est transféré dans l'abside du collatéral au sud., et qu'un nouvel autel, toujours en place à ce jour, est installé dans l'abside du vaisseau nord, devenue vacante.
Dans la seconde moitié du le maître-autel d'époque romane est enchâssé dans un coffre (tombeau d'autel) en bois peint, ainsi que son gradin et son tabernacle.
Sébie (1864) affirme que le retable a été démonté à la Révolution et ses statues brûlées. Le démontage est vraisemblable mais les statues de saint Pierre et de saint Paul de chaque côté du retable actuel, ainsi que deux statues d'anges (repérées en 1969 mais non retrouvées en 2017) et, très probablement, les deux tableaux qui ornent le retable actuel, dont visiblement des remplois et proviennent selon toute vraisemblance de cet ensemble supposément détruit. En réalite ces destructions semblent s'être limitées à la saisie et à la fonte des cloches et de la riche argenterie cultuelle (ostensoir, ciboire, deux calices et leur patène, encensoir, navette et cuiller, aspersoir, plusieurs croix, lampe), dont l'église ne conserve aucune trace de nos jours.
Bergoignan a l'honneur douteux d'être curé de la paroisse quand la Révolution éclate. Mais à cette époque, Brocas est desservie par un vicaire nommé Baffoigne., qui a pratiqué une cachette dans une maison voisine de la sienne à Taluchet pour y dissimuler le prêtre officiant et déjouer les recherches de la maréchaussée..
, siège paroissial à Montaut
1806 : les paroissiens du bourg, "fatigués de porter leurs morts à Brocas" (ancien siège de la paroisse), obligent la municipalité à faire choix d’un terrain pour un nouveau cimetière à Montaut. Mais celui-ci « ne convient pas du tout, inspire le dégoût, tout le monde se plaint ». Le conseil municipal tergiverse jusqu’entre 1847 et 1855., quand le maire Sylvain Labastugue prend l’affaire en mains avec son nouveau conseil. On joint au terrain acquis en 1806 un emplacement mitoyen "pour faire un beau et immense cimetière". Cité dans , section « Annexes » : voir « Extraits du registre paroissial de Montaut-Brocas concernant des travaux aux deux églises et des acquisitions de mobilier (1847-1951) »..
1808 : le titre de siège paroissial, réservé à l'église de Brocas jusqu'en 1685, passe officiellement à Sainte-Catherine et Brocas devient une succursale.
Pendant longtemps l'église de Brocas n'a qu'une seule cloche, fêlée « depuis plusieurs années » avant 1853. Cité dans , section « Annexes » : voir « Extraits du registre paroissial de Montaut-Brocas concernant des travaux aux deux églises et des acquisitions de mobilier (1847-1951) ». ; celle-ci est refondue en 1853, peut-être par Tourmeau fils, de Mont-de-Marsan (qui fabrique la même année une autre cloche pour l'église Sainte-Catherine du bourg ; les deux cloches sont baptisées dans la même cérémonie). Le registre de la paroisse du signale aussi plusieurs acquisitions de plus ou moins grande importance : le don d'une statue en bois doré de la Vierge à l'Enfant en 1858, l'achat entre 1867 et 1877 d'un nouveau maître-autel néoroman en marbre (pour un coût de ) placé dans l'ancien chœur roman, le renouvellement du mobilier de la sacristie, etc.
Le dorsal et l'abat-voix de la chaire en pierre sont sans doute ajoutés ou remplacés dans la première moitié du ..