L'information nutritionnelle est une information au consommateur concernant la quantité des nutriments (glucides, lipides, protéines, vitamines et minéraux) présents dans un produit alimentaire. Elle figure sur les étiquettes de produits alimentaires préemballés, notamment en Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique) et dans les pays de l'Union européenne.
C'est un des éléments de l'étiquetage en général, son indication n'est pas obligatoire dans tous les pays.
Son but est de permettre une comparaison entre produits et par conséquent de renseigner le consommateur sur le choix de son alimentation. Cet étiquetage participe à la politique de santé publique des gouvernements.
Énergie L'énergie est exprimée en kilojoules (kJ), unité du SI (Système international). On rencontre également la kilocalorie (kcal) ; le facteur de conversion est le suivant : 1 cal vaut 4,18 J .
(Parfois on utilise encore, surtout dans les pays anglo-saxons, la Calorie, dite « grande calorie » ou « calorie diététique », notée Cal, avec une majuscule, qui vaut une kilocalorie.)
Macro-nutriments Les macro-nutriments sont ceux dont l'organisme a besoin en grande quantité : glucides anciennement dénommés hydrates de carbone lipides (graisses) protéines (protides)
Micro-nutriments Les micro-nutriments sont ceux dont l'organisme a besoin en faible quantité : vitamines minéraux aussi appelés oligo-éléments
Base de calcul des besoins nutritionnels Les besoins nutritionnels de référence sont valables pour un homme adulte et sont issus de travaux scientifiques, mais ils peuvent être différents, entre les États-Unis et l'Union européenne par exemple. Ils ne recouvrent pas exactement la notion d'apports nutritionnels conseillés qui varient suivant l'âge et le sexe. Pour l'étiquetage, on simplifie en ne donnant qu'une seule valeur de référence.
Les repères nutritionnels journaliers sont des valeurs définies pour l'énergie et les principaux nutriments par un consortium de grandes entreprises du secteur agroalimentairePage du site de l'Eufic sur les RNJDocument de l'ANIA Association Nationale de l'Industrie Alimentaire sur l'étiquetage nutritionnel page 12.
Les AJR (apports journaliers recommandés) sont utilisés comme valeurs de référence pour les vitamines et les minéraux dans l'Union européenne.
Exactitude relative
Les informations nutritionnelles ne sont pas des valeurs exactes et doivent être relativisées, pour les raisons suivantes : la formulation des produits peut varier, certaines matières premières se substituer, la qualité des matières premières peut évoluer selon la saison, certains produits peuvent sécher. la biodisponibilité des vitamines et des minéraux n'est pas de 100 % et varie suivant les sources. D'une manière générale, on pense que les vitamines et minéraux de source naturelle (provenant idéalement des matières premières) sont plus biodisponibles que les vitamines et composés minéraux de synthèse ajoutés. enfin certains composés fragiles (vitamines) se dégradent dans le temps, selon les conditions de conservation.
Réglementation dans différents pays
Australie et Nouvelle-Zélande
L'Australie et la Nouvelle-Zélande indiquent l'information nutritionnelle de la façon suivante :
+ Information sur la nutrition Portions par paquet : x Portion : y grammes (ou ml) Quantité par portion Quantité par 100 g (ou 100 ml) Énergie n 1 kJ (n 1 Cal) m 1 kJ (m 1 Cal) Protéines n 2 g n 2 g Graisse, total n 3 g n 3 g - Saturés n 4 g n 4 g Glucides n 5 g n 5 g - Sucres n 6 g n 6 g Sodium n 7 mg n 7 mg
D'autres informations sont données si nécessaire, et les unités peuvent varierFood Standards Australia New Zealand et Standard 1.2.8.
Canada Au Canada, un standard d'étiquetage nutritionnel a été présenté dans le cadre de la réglementation adoptée en 2003, et est devenu obligatoire pour la plupart des produits préemballés le Etiquetage nutritionnel sur le site de Santé Canada.
La présentation des informations d'étiquetageRèglementation de l'étiquetage des produits alimentaires sur le site de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments et des informations nutritionnellesRèglementation de l'information nutritionnelle sur le site de l'Agence Canadienne d'Inspection des Aliments s'inspire largement de la réglementation en vigueur aux États-Unis. Pour la plupart des denrées alimentaires, les États-Unis exigent un tableau de valeurs nutritives (TVN) pour une portion. Les exigences canadiennes pour le TVN ont été publiées plus de 10 ans après les États-Unis et comme la science de l'alimentation a avancé entretemps, la plupart des apports journaliers recommandés (utilisés pour calculer le pourcentage de la valeur quotidienne recommandée) sont différents au Canada. Cependant, la plupart de ces différences ne touchent que les vitamines et les minéraux.
D'autres différences entre les règlements canadiens et américains ont à voir avec un contrôle renforcé de la manière dont les données du TVN sont présentées, ainsi que la possibilité d'utiliser différents formats de TVN sur un emballage. Le TVN a des exigences de forme (lettres noires sur fond blanc, police et taille de caractère, etc.) assez strictes. Il peut être bilingue en option.
Il y a beaucoup de détails dans le calcul, les arrondis, et l'affichage des éléments nutritifs.
En 2014, un projet de modification des règles est à l'étude ; il devrait uniformiser les portions pour certains produits, et rendre obligatoire l'indication des sucres et des sucres ajoutés dans le tableauSite de Santé Canada, Consultation sur l'étiquetage nutritionnel.
L'étiquetage des aliments destinés à l'exportation vers les États-Unis doit parfois être modifié à cause des différences de détail entre les juridictions.
France
vignette|Le nutri-score « A » désigne les aliments les plus sains.
La France applique la réglementation européenne et le tableau nutritionnel est obligatoire pour presque tous les aliments, conformément au Règlement 1169/2011 (voir ci-dessous).
En ce qui concerne l'étiquetage « face avant » – optionnel en plus du tableau nutritionnel – la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a souhaité en 2015 appliquer un système d'étiquetage nutritionnel avec des couleurs à l'instar du système « des feux tricolores » utilisé au Royaume-Uni. Le Nutri-score, système à 5 couleurs inspiré des travaux de Serge Hercberg de l'université Sorbonne Paris Nord, est proposé par l'INSERM.
La base de données alimentaires libre Open Food Facts calcule la note avec ce système 5 couleurs. pour les produits complets dans sa base. Cet étiquetage destiné à simplifier la lecture des produits alimentaires pour aider le consommateur dans ses choix est critiqué par l'industrie agro-alimentaire qui l'estime trop simplificateur et refuse ce système 5 couleurs.
En 2016, quatre systèmes d'étiquetage sont à l'étude : le système britannique, le système 5 couleurs de l'INSERM et deux systèmes proposés par les industriels. Une controverse survient à propos des conflits d'intérêts entre des membres du comité chargé de l'étude et les industriels..
Dans un rapport du , L'ANSES publie les résultats de l'étude dans un rapport du , qui conclut que les deux systèmes sont fortement limités par la disponibilité des données nécessaires à leur calcul, et présentent .. L'ANSES prévoit toutefois que ces travaux seront complétés par une analyse comparative en matière de nutrition, au regard des enjeux de santé publique..
Ce rapport est critiqué par la Société française de santé publique. ainsi que par l’association de consommateurs UFC - Que Choisir, selon laquelle . Selon le quotidien Le MondeLe Monde 28-02-2017 Le Monde, Etiquetage nutritionnel, le rapport de l'Anses souffre de problèmes de méthode, car parmi ses experts ..
À ces critiques, l’Anses affirme avoir répondu de façon scientifique, et avoir « posé des jalons pour indiquer ce que serait un bon système ». Le système Nutriscore est enfin adopté au niveau français et européen le ..
À partir de 2021, la France étudie la réalisation de nouveaux systèmes de notation des produits : par exemple l'éco-score et le planet-score. Il s'agit d'évaluer l'impact environnemental des produits alimentaires à partir des données collectées avec Agribalyse. L'éco-score a fait l'objet d'une expérimentation par le Groupe Carrefour. L'arrivée de tels systèmes est souhaitée par la clientèle, et le gouvernement a prévu de pérenniser cette pratique courant 2022. Ces notes sont en corrélation avec la somme des impacts sur l'environnement de chaque composant qui entre dans la composition du produit évalué, en suivant son cycle de vie. L'impact de l'emballage et le transport peuvent être réduits, mais plus difficilement celui de l'agriculture. Ces notations ont un inconvénient majeur, car elles désavantagent l'agriculture bio : comme celle-ci est moins intensive, le poids environnemental par produit est supérieur à une agriculture intensive, selon cette perspective.
Mexique vignette|Paquet de céréales mexicain avec avertissements « excès de calories » et « excès de sucre ».
Les produits alimentaires vendus au Mexique utilisent le NOM-051-SCFI-1994. La norme officielle mexicaine, ou NOM (Norma Oficial Mexicana), a été élaboré par le secrétaire mexicain du commerce et de la promotion industrielle (Secretaría de Comercio y Fomento Industrial, ou SCFI), qui est maintenant une partie de la Secrétaire de l'économie (SECOFI). Il est entré en vigueur le , et définit les « Spécifications générales pour l'étiquetage des aliments et de pré-mise en bouteille de boissons non alcoolisées ».
En 2020, pour lutter contre l'obésité, le Mexique a introduit des avertissements sur des aliments ayant une forte teneur en sucre, sel, graisses saturées ou calories.. Contrairement au nutri-score, ce système ne permet pas de compenser une trop forte teneur en éléments négatifs par des éléments positifs (pour changer de catégorie, par exemple en rajoutant des fibres).. L'Organisation panaméricaine de la santé juge le système d'étiquettes noires plus efficace..
Royaume-Uni Le Royaume-Uni a développé un système d'étiquetage nutritionnel basé sur les couleurs d'un feu tricolore (article en anglais), pour quatre types d'informations nutritionnelles : la teneur en graisses, en graisses saturées, en sucre, et en sel. Pour chaque information, une valeur faible donne une pastille verte, une valeur élevée étant représentée par une pastille rouge.
Union européenne
Réglementation européenne (applicable depuis 2016) : Règlement 1169/2011
La réglementation européenne sur l'étiquetage alimentaire a été modifiée pour la dernière fois en 2011, pour application en 2016Règlement 1169/2011 consolidé concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, avec des nouveautés importantes : l'obligation d'imprimer une « déclaration nutritionnelle », c'est-à-dire un tableau d'information nutritionnel pour tous les aliments (avec quelques exceptions : compléments alimentaires, eaux minérales et naturelles, vins et spiritueux, fruits et légumes frais, etc.) Présentation sur les nouvelles exigences du Règlement 1169/2011 par la DGCCRF. Le tableau s'il est présent doit être conforme aux nouvelles exigences à partir de . Dans certains cas (manque de place) l'information peut être présentée sous forme linéaire. la possibilité de donner quelques informations nutritionnelles sélectionnées sur la face avant du produit, sous une forme fixée. dans la liste d'ingrédients, les allergènes doivent désormais apparaître dans une police de caractère distinctive (en gras ou en italique). Tous les allergènes, y compris ceux inclus dans des additifs ou ingrédients génériques, doivent figurer sur la liste. toujours dans cette liste, les matières grasses végétales doivent être explicitement énumérées. les caractères doivent faire au moins 0.9 mm ou 1.2 mm de hauteur, selon les cas