vignette|Instruments d'un portique français. La taxe poids lourds, officiellement , parfois appelée « écotaxe » ou « écoredevance poids lourds », aurait dû être la version française de la redevance poids lourds liée aux prestations applicable en France, dont l'objectif est de diminuer les transports routiers jugés polluants et énergivores et de financer le développement des transports fluviaux ou ferroviaires.

Cette taxe, critiquée fin 2013 avant sa mise en œuvre, devait s'appliquer aux véhicules de transport de marchandises. de plus de circulant en France sur certaines routes nationales et départementales.. Elle vise à faire payer l'usage de ces routes par leurs utilisateurs. en leur faisant supporter les coûts réels du transport routier de marchandises (dégradation de la voirie, financement des infrastructures routières).. alors que ce coût est aujourd'hui intégralement supporté par l'impôt commun. Son principe a été voté en 2009, dans le cadre de la loi Grenelle 1. Son entrée en vigueur était prévue le .. Repoussée à , elle a finalement été suspendue par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, le ..

La taxe s’applique aux véhicules de transport de marchandises qui empruntent le réseau taxable indépendamment du contenu transporté par ces véhicules. Ces véhicules de transport de marchandises sont définis par le décret -618 du 11 juillet 2013 « relatif à la définition des véhicules assujettis à la taxe sur les véhicules de transport de marchandises ». Ce dispositif, issu de la directive « Eurovignette »., est déjà présent en Allemagne, en Slovénie, en Autriche et en République tchèque. Il permet d'harmoniser les règles de financement des infrastructures au niveau européen et a pour effet d'inciter les transporteurs à rationaliser leurs déplacements et à limiter les transports à vide. En France, les sommes collectées auraient dû être affectées aux collectivités territoriales gestionnaires ainsi qu'à l'agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui a pour but d’améliorer les infrastructures de transport et de soutenir des projets de développement du transport ferroviaire et fluvial..

Le montant de la taxe va de 8,8 à d'euros par kilomètre parcouru (taxe variable selon la taille, le poidsPoids total autorisé en charge (PTAC) et poids total roulant autorisé (PTRA) et le niveau de pollution du camion) pour 2014 et devrait rapporter 1,2 milliard d'euros par an à l'AFITF. Son instauration soulève l'opposition d'une partie des agriculteurs et des routiers. Cette contestation débouche sur la dégradation, voire la destruction de certains portails, et sur des affrontements parfois violents, notamment en Bretagne.

Cette taxe sous cette forme établie a été abandonnée par la France, laissant en l'état un certain nombre de portiques permettant de s'assurer que les poids lourds passant étaient bien répertoriés par le système.

Principe La taxe poids lourds est une redevance kilométrique, proportionnelle à la distance parcourue. Elle vise à faire payer aux camions de plus de l'usage du réseau routier français non concédé (c'est-à-dire non soumis à des péages).

Cadre et modalités d'application Le réseau routier taxable est constitué du réseau routier national, à l’exception des autoroutes et ouvrage à péage et des routes nationales à faibles trafics qui ne font pas partie du réseau trans-européen, et des routes locales (départementales et communales) qui subissent un report de trafic depuis les autoroutes et ouvrages à péage, le réseau routier taxable ou les routes situées dans un état frontalier qui serait soumises à un droit d’usage (taxe, péage ou redevance)..

La cartographie de l'ensemble du réseau « écotaxé » est consultable sur le site du ministère chargé des Transports..

Histoire vignette|Portique écotaxe, équipé de caméras, récepteurs radios et lasers.

Mise en place En , un appel d'offres est lancé pour un contrat de partenariat public-privé portant sur la collecte et une partie contrôle de la taxe poids lourds.. C'est la première fois depuis les fermiers généraux que l'État confie la collecte de l'impôt à une compagnie privée.. Toutefois, la qualification d'impôt peut être discutée. L'écotaxe étant le prix de l'usage du réseau routier et donc ayant comme contrepartie l'usage de la route, peut aussi être considérée comme une redevance pour service rendu similaire aux péages autoroutiers dont la collecte est confiée à la société concessionnaire exploitante. Le Conseil constitutionnel a par ailleurs rappelé par la Décision -670 DC du que la majoration de la prestation de transport de marchandises destinée à assurer une répercussion de l’écotaxe sur les utilisateurs de la prestation de transport et à la rendre neutre pour le transporteur, n'était pas un impôt.

Le , l'offre déposée par la société Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Benetton, est classée première par l'État à l'issue de l'appel d'offres. En application du règlement de la consultation, la société Autostrade per l'Italia s'est engagée à réaliser le projet, après la signature du contrat, avec ses sous-contractants français qui pourront entrer au capital de la société de projet : Thales (11 %), SNCF (10 %), SFR (6 %) et Steria (3 %).

Le , la société Autostrade per l'Italia, est désignée attributaire du contrat de treize ans et de plus de 2 milliards d'euros, portant sur ..

À la demande de plusieurs sociétés évincées, le , le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ordonne la suspension de la signature du contrat, qui est effective par une ordonnance du .. Les sociétés concurrentes arguaient que le ministre avait pris pour conseil et concours technique des sociétés filiales à 100 % d’un groupe entretenant des liens commerciaux avec la société Autostrade per l’Italia. Le tribunal administratif note que « l'impartialité des conseils de l'État n'est pas suffisamment établie ».. Le Conseil d'État est saisi par Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre chargé de l'Écologie, et par Autostrade per l’Italia d'un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.

Le , le Conseil d'État publie une décision dans laquelle il écarte l’ensemble des moyens soulevés par les entreprises évincées pour demander l'annulation de la procédure de passation du marché.

Le contrat de partenariat est signé le =. Le , Thales, Steria, SFR et la SNCF entrent dans le capital de la société Ecomouv SAS. Ils doivent, à terme, posséder, à eux quatre, 30 % des parts de cette société, le reste étant possédé par Autostrade per l'Italia..

Contestations, reports et retards Selon un rapport des experts de la mission d'appui aux partenariats public-privé (PPP) remis en et consulté par le quotidien Le Parisien, l'État aurait pu avoir recours à une entreprise publique, via un marché public, ce qui aurait coûté environ 250 millions d'euros de moins"Ecotaxe : les dessous d'un contrat à 1 Md€", dans Le Parisien du 2 novembre 2013 . La mission a cependant donné un avis favorable car elle a jugé le projet plus rapide à mettre en œuvre. Le critère qui semble avoir permis à Écomouv' d'être choisi était en particulier de réduire ses délais de mise en œuvre de l'écotaxe de 24 à 21 mois..

Le décret d'application fixant les modalités définitives du contrat a été signé le "Ecotaxe: Pourquoi le contrat entre l'État et Ecomouv’ pose question", par Maud Pierron, sur 20Minutes.fr , jour du second tour de la présidentielle de 2012, par Thierry Mariani, l'ex-ministre des Transports, ce qui pose un problème de précipitation, selon la ministre de l'environnement Ségolène Royal..

L'installation de , dont environ 150 construits par la société "Lacroix Signalisation", basée à Saint-Herblain en Loire-Atlantique. est réalisée très vite. Début , celui de Saint-Médard-d’Eyrans était déjà le vingtième posé<ref>"L’écotaxe arrive", dans Sud Ouest du 07/09/2012 </ref>.

vignette|Bannière s'opposant à la mise en place de l'écotaxe en Bretagne. Le , le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, annonce un report de l'application de l'écotaxe poids lourds. Initialement prévue en juillet, la taxe s'appliquera au niveau national au .

La phase d'expérimentation en Alsace est remplacée par une expérimentation nationale de 3 mois, de juillet à septembre. La participation à celle-ci se fera sur la base du volontariat..

Un report (au ) est confirmé le , justifié par des éléments nouveaux: des dysfonctionnements dans le dispositif livré par Ecomouv, la société chargée de collecter l'écotaxe auprès des entreprises de transports.. Le quotidien Le Figaro révèle au même moment que seulement équipés de boîtiers sur un total de 800.000 concernés sont enregistrés, la Confédération du commerce de gros (CGI) estimant que « 98 % des dossiers des entreprises n'ont pas été encore traités », selon une enquête menée le , tandis que Frédéric Cuvillier accuse « le manque de préparation du dispositif et d'anticipation des difficultés sous le précédent gouvernement ».

Vandalisation des portiques écotaxe Le Mouvement des Bonnets rouges ne prend forme que très progressivement en Bretagne. Tout commence par une manifestation conjointe entre les sections syndicales Force ouvrière des abattoirs Doux (poulet) et Gad (porc), où 889 suppressions de poste ont lieu sur les 1700 salariés, et des syndicats d'exploitants agricoles du Finistère, le , au cours de laquelle les manifestants ont scié les montants du portique puis l’ont fait tomber avec des cordes. François Palut, président de l’Ameb, l’association pour le maintien de l’élevage en Bretagne, dénonce: « entre l’aliment, les poussins, le transport à l’abattoir… Un poulet produit chez nous paiera six fois l’écotaxe avant de se retrouver en rayon, contre une seule fois pour un poulet importé »"Un portique écotaxe mis à terre en Bretagne", sur Réussir Porc, le 28 août 2013 .

Dès le , la jonction s'était concrétisée par une conférence de presse commune.Camille Neveux, "Un poujadiste de droite et un autre de gauche" à la tête de la révolte, Le Journal du dimanche, 2 novembre 2013. Trois samedis de manifestation consécutifs (les 14, 21 et ) devant le portique écotaxe de Pont-de-Buis-lès-Quimerch sont décidés par les syndicalistes agricoles et le Comité de convergence des intérêts bretons (CCIB).. La manifestation prendra de l'ampleur le samedi, au cours duquel commencent les premières violences.

Début octobre, le tribunal de commerce de Rennes a décidé que les Abattoirs Gad de Lampaul-Plouarzel (Finistère), qui emploient 900 salariés sur le site, soumis à une forte concurrence européenne, doivent fermer tandis qu'en maintenu en activité de l'abattoir de Josselin, de la même société. Pour faire face au transfert de production entre les deux usines, une centaine d'intérimaires payés moins de par mois. et venus de Roumanie arrivent début octobre à Josselin"Gad : échauffourées entre salariés sacrifiés et salariés sauvés", dans Le Parisien du 22 octobre 2013 , où les contrats en CDD ne sont plus renouvelés, sur fond de préparation d'une "directive d'exécution" européenne sur les travailleurs détachés. Le , le quotidien «Le Télégramme» révèle que 350 salariés de Lampaul-Plouarzel en colère ont décidé d'occuper l'abattoir de Josselin. D'après les forces de l'ordre, environ 400 salariés en sont sortis, repoussant manu militari les manifestants venus de Lampaul, par "une bousculade assez vive et des échanges de coups".