La rue Henry-Monnier est une voie située dans le quartier Saint-Georges du de Paris, en France.

Situation et accès vignette|redresse|gauche|Le haut de la rue Henry-Monnier en mai 2026.

Elle commence 38, rue Notre-Dame-de-Lorette et se termine 27, rue Victor-Massé (place Gabriel-Kaspereit). C'est une voie en pente qui monte vers la place Pigalle.

Origine du nom vignette|gauche|redresse|Henry Monnier. Elle porte le nom de l'artiste Henry Bonaventure Monnier (1799–1877).

Historique En vertu d'une ordonnance royale du , M. Bréda, un propriétaire local, a été autorisé à convertir le passage qui portait son nom en deux rues publiques, l'une, la « rue Bréda », de , l'autre, la rue Clauzel, de de largeur, formant à leur jonction une place triangulaire, la place Bréda (actuelle place Gustave-Toudouze).

Les conditions suivantes furent imposées à ce propriétaireFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.. : de livrer gratuitement à la ville de Paris le sol des deux rues et de la place triangulaire qui sera formée à leur rencontre ; de supporter les premiers frais de pavage, d'éclairage et d'établissement de trottoirs ; de ne pas élever au-delà de de hauteur les maisons à construire dans la rue Clauzel, qui débouchera sur la rue des Martyrs, et qui n'aura que de largeur ; l'élargissement à de la rue Bréda aura lieu immédiatement sur tous les terrains appartenant actuellement à M. Bréda, et seulement par mesure de voirie, au-devant des propriétés qui lui appartiennent.

Le quartier de Notre-Dame-de-Lorette et du lotissement de la Nouvelle Athènes en général, et plus particulièrement la rue Bréda (souvent anglicisée en Breda-StreetEn 1866 par exemple, Félix Baumaine et Charles Blondelet avaient composé une chanson pour une ronde-galop, intitulée Breda-Street, sur une musique de Jules Javelot. On peut la consulter sur Gallica.), deviennent à partir du règne de Louis-Philippe un lieu où émerge une forme de prostitution, et d'où sont originaires les « lorettesDictionnaires d'argot du , entrée « Lorette », www.russki-mat.net. ».

En 1905, elle prend le nom initial de « rue Henri-Monnier » avant de voir son orthographe corrigée en 2003 en « rue Henry-Monnier ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : un rapport de police, en date du , révèle : . : domicile de la poétesse Louise Colet (1810-1876) en 1840. La maison faisait l'angle de la rue Bréda et de la rue Neuve-Bréda (rue Clauzel)Bernard Vassor, L'Attentat de la rue Bréda: Louise Colet et Alphonse Karr, Association Autour du Père Tanguy. [Le billet indique à tort comme adresse le № 2.]. C’est à cette adresse qu’elle crée son salon littéraire fréquenté par Musset, Vigny, Hugo, Baudelaire, Nerval, Barbey d'Aurevilly, Cousin, Dumas, etc. : la famille d'Eva Gonzalès : l'artiste peintre Eva Gonzalès y vécut chez ses parents. Elle épousa le peintre graveur Henri Guérard et vécurent au de la même rue Blandine Bouret, « Mémoires des lieux. Les ateliers du bas-Montmartre. II : autour de la place Pigalle », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , 2001, ..

: dans les années 1870 le peintre Norbert Gœneutte (1854-1894) s'installe ici<ref>Julie Maraszak, Sociabilités familiales intellectuelles et artistiques, autour d'une femme artiste au XIXe siècle: Eva Gonvzalès (1849-1883), Universités de Bourgogne, 2016, p.226.</ref> ; studio où Blanche d'Alessandri-Valdine donne des cours de danse.. 25 : immeuble art nouveau de 1907, architectes G. Guyon et fils, sculpteur G. Ardouin.

: Karl Girardet y avait son atelier où il est mort. : le peintre Jules Dupré (1811-1889) y eut un atelierAndré Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Roissy-en-Brie, Éditions A. Roussard, 1999, , .. : emplacement de la Souris, bar lesbien tenu par Madame Palmyre où Colette et Toulouse-Lautrec avaient leurs habitudes..

: le compositeur espagnol Sebastián Iradier (auteur, entre autres, de la chanson La Paloma) y élut domicile de 1855 à 1857. (et 27, rue Victor-Massé) : immeuble de style néo-Renaissance inscrit depuis 1977 aux monuments historiques.. Le peintre orientaliste Théodore Chassériau (1819-1856) y eut un atelier. La première Académie Ranson fut fondée dans cette rue en . Après la mort de Paul Ranson, son épouse reprit l'établissement et le transféra rue Joseph-Bara. Les grands-parents de François Truffaut, Jean et Geneviève de Monferrand, vivaient rue Henry-Monnier. François Truffaut a vécu avec eux jusqu'à la mort de Geneviève de Monferrand en 1942.. Le peintre Georges Michel (1763-1848) eut dans la rue Bréda un atelier que sa veuve conserva après 1843André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, ..

Art et littérature Émile Blain, Potins grivois d'un concierge de la rue Bréda, Paris, 1889. Arnold Bennett, Un conte de bonnes femmes,'' Paris, Éditions Gallimard, 1931.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

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