La rue Muller est une voie du de Paris, en France.

Situation et accès La rue Muller est une voie publique située dans le de Paris. Elle débute au 1, rue Ramey et se termine au 8, rue Paul-Albert. Elle est coupée en deux tronçons par la rue Feutrier.

Origine du nom Cette voie porte le nom d'un certain Muller, propriétaire des terrains sur lesquels la voie a été ouverte.

Historique Cette rue de l'ancienne commune de Montmartre, qui était alors limitée entre les rues de Clignancourt et Paul-Albert, est présente dès 1825 sur le plan cadastral. Elle est rattachée à la ville de Paris en 1859, comme le reste du village de Montmartre« Loi sur l'extension des limites de Paris (du 16 juin 1859) », dans le Bulletin des lois de l'Empire français, , série, , 3 novembre 1859, , .. Elle est classée dans la voirie parisienne par un décret du .

En 1962, la petite partie comprise entre la rue Paul-Albert et la rue Lamarck est détachée pour devenir la rue Maurice-Utrillo.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Pendant la Commune de Paris, une confrontation mémorable entre l'armée et les Parisiens en armes a lieu le , en haut de la rue Muller, à l'angle de la rue Paul-Albert. Trois mille soldats et gendarmes suivent la rue Muller pour monter à l'assaut d'un poste de combat équipé de quelques canons et gardés par 25 hommes. L'un d'eux est mortellement blessé devant le de la rue. Le poste de garde est pris et démantelé ; les hommes en armes sont arrêtés. Le général Lecomte ordonne à ses soldats de tirer sur l'armée populaire, mais la troupe refuse et dépose les armes. La troupe se retourne contre son commandement et fait prisonnier le général et ses officiers.

Au début du , le journal L'anarchie y a ses locaux au de la rue jusqu'en 1908. S'y tiennent des réunions enflammées, les « Causeries populaires », où s'aiguisent les arguments antimilitaristes, anarchistes et féministes. Les membres de la Bande à Bonnot fréquentent également les lieux dans les années 1911 et 1912.

Quartier d'artistes au , la rue héberge au puis au le peintre et affichiste Émile Sevelinge (1871–1936) ; au le peintre Paul Biva (1851–1900) ; au le sculpteur Léon Bruyer (1827–1885) ; au la peintre Marcelle Viginier (1904?–1942).

De 1914 à 1959, un photographe, François Gabriel, qui avait son échoppe au (aujourd'hui 2, rue Maurice-Utrillo), fait poser les passants dans les escaliers. Ses clichés offrent une représentation joyeuse du quartier.

Un hôtel, l'hôtel de Solférino, propose en 1874 des « chambres et cabinets meublés » au .

Dans la nuit du 20 au , pendant la Seconde Guerre mondiale, le dépôt ferroviaire voisin de La Chapelle est bombardé par l'aviation alliée, qui prend aussi pour cible un appareil de la DCA allemande installé sur la butte Montmartre. Le quartier alentour est touché. Un témoin raconte : « La nuit du 20 au 21 avril annonçait le 6 juin », Le Vieux Montmartre, nouvelle série, fascicule n°73, juillet 2004, 118 année, Société d'histoire et d'archéologie des IX et XVIII arrondissements fondée en 1886 (Paris), p. 19-21. Via Gallica..

Un cliché célèbre de Willy Ronis en 1934 montre le haut de la rue Muller et les escaliers sur la butte, pendant une nuit pluvieuse, sous l'éclairage des lampadaires au gaz. Son atmosphère embrumée participe de la mythologie du quartier.

Un tableau de Maurice Utrillo, largement connu grâce à sa publication en couverture d'un ouvrage de Pierre Courthion (Skira, 1956) sur Montmartre, donne une vue plongeante sur la rue depuis la butte.

Références

Annexes Articles connexes Liste des voies du 18 arrondissement de Paris Square Louise-Michel (ancien square Saint-Pierre)

Liens externes Rue Muller (mairie de Paris) Christian Wacrenier, « Montmartre. Rue Muller », sur Montmartre secret, Christian Wacrenier, « Montmartre. Rue Utrillo (ancienne rue Muller) », sur Montmartre secret,

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