Le Séminaire Universitaire Saint-Sulpice (SUSS) est une maison de formation ecclésiastique de l'Église catholique de France dirigée par la Compagnie des prêtres de Saint Sulpice. Fondé au par Jean-Jacques Olier, le séminaire offrait autrefois tout le programme d'études (philosophie et théologie) conduisant au sacerdoce. En 2026, il est reconverti en séminaire universitaire: désormais les séminaristes suivent leur formation intellectuelle à l’Institut catholique de Paris.
Il se situe rue du Général-Leclerc à Issy-les-Moulineaux dans le département des Hauts-de-Seine (France), depuis son transfert en , consécutif à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État et à la confiscation du bâtiment d'origine place Saint-Sulpice (Paris), devenu depuis 1922 une annexe du ministère des Finances
L'ensemble des bâtiments, à l'exception des parties classées, fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le .. Le nymphée, les chapelles (Grande, Notre-Dame et de la Solitude, oratoire inclus), le bassin , le passage souterrain sous la rue Minard et l'édicule Saint-Joseph, font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le .
Histoire du bâtiment Le séminaire a été construit sur l'emplacement d'un logis seigneurial que Marguerite de Valois acheta le à Jean de La Haye, un de ses marchands joailliers à ParisParis, Archives Nationales, MC/ET/XXIII/113, 25 novembre 1606. et où elle fit plusieurs séjours à la fin de sa vie. La propriété passa ensuite à Louis XIII en 1615, puis elle est vendue aux enchères le à Michel Sarrus, conseiller au Parlement de Paris. Sa veuve Antoinette, née Le Prestre, vend la propriété le à Antoine de Sève, aumônier du roi, prieur de Champdieu et d'Ulnon, et ami de Jean-Jacques Olier (fondateur des sulpiciens), lequel y fit des séjours à partir de 1640.
En 1655, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers (successeur d'Olier comme curé de Saint-Sulpice en 1653 puis comme supérieur général de la Compagnie de Saint-Sulpice en 1657) achète le domaine à Antoine de Sève et en ouvre les portes aux Sulpiciens désireux de venir s'y reposer. À sa mort en 1676, il lègue la propriété à la Compagnie de Saint-Sulpice sous deux conditions : il demande que ce lieu serve aux vacances, mais aussi aux études des futurs Sulpiciens. Sous son successeur Louis Tronson, l'endroit abrita notamment les « » (1694-1695), réunissant Bossuet, Fénelon, le cardinal de Noailles pour examiner les écrits de Madame Guyon. Jusqu'au XIXe siècle, les personnages célèbres s'y succèdent : le cardinal de Fleury, Talleyrand, sans oublier Ernest Renan qui laissa quelques témoignages au sujet du séminaire qu'il quitta cependant..
Les démolitions dues à la Révolution puis à la Commune ont amené de nombreux travaux de réhabilitation et de construction, notamment une chapelle imitée de celle de VersaillesEnvirons de Paris, Les Guides Bleus, 1921, 5.. Les constructions nouvelles ont été faites avec des pierres provenant de la roche des carrières de Fleury à ClamartRépertoire des carrières de pierre de taille exploitées en 1889, Librairie Polytechnique Baudry et Cie, 1890, . Lire en ligne..
Ce lieu est le seul grand domaine de l'Ancien Régime qui ait survécu jusqu'à nos jours dans toute son étendue. Le jardin, les façades et la toiture ont été restaurés, ce qui en accentue le caractère majestueux..
Bâtiment Dans la crypte de la grande chapelle ont été transportés et reconstitués : le mur du chemin de ronde de la prison de la Roquette, devant lequel ont été fusillés par la Commune de Paris les otages, le ; les cellules, avec leur ameublement, occupées par l'archevêque Georges Darboy et le séminariste Paul Seigneret avant leur exécution.
Plaque commémorative du débat entre Fénelon et Bossuet sur le quiétisme.|vignette
Dans le nymphée, une inscription rappelle que c'est en cet endroit qu'eurent lieu les conférences-débats entre Fénelon et Bossuet en 1695.
L'ensemble se compose aujourd'hui : d'éléments anciens : le passage voûté aménagé vers 1599 (le "tunnel"), le nymphée d'inspiration italienne édifié au , le bassin circulaire du ; d'éléments plus récents : le bâtiment principal du séminaire reconstruit après 1892, la chapelle Notre-Dame-de-Toutes-Grâces construite par des séminaristes en 1808, la grande chapelle construite entre 1898 et 1901 par l'architecte diocésain Édouard Bérard (vitraux dus à Félix Gaudin et Léon Tournel), le bâtiment de Lorette construit en 1930, situé dans le parc et accessible par le tunnel, et qui contient la chapelle Notre-Dame-de-Lorette (à l'origine du , mais reconstituée après sa destruction en 1871), les bâtiments de la Solitude (dont une chapelle néogothique) réalisés en 1842.
Séminaire
Séminaire interdiocésain vignette|Le bâtiment principal du séminaire et la grande chapelle, se reflétant dans le bassin circulaire du .
Jean-Jacques Olier ouvrit d'abord sa maison de formation des futurs prêtres à Vaugirard en . Devenu curé de la paroisse Saint-Sulpice (), il transféra l'établissement, d'abord rue Guisarde (1643), puis rue du Vieux-Colombier (1645). Après la Révolution, puis le concordat de 1801, Jacques-André Émery réinstalla le séminaire, en , dans l'ancien couvent des Filles de l'Instruction Chrétienne. À partir de 1820, l'architecte Étienne-Hippolyte Godde construisit un nouveau bâtiment au de la place Saint-Sulpice, qui fut le siège du Séminaire jusqu'en , date à laquelle, à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, les séminaristes durent quitter les lieux (le bâtiment de Godde est affecté depuis au ministère des Finances). Le bâtiment d'Issy-les-Moulineaux, qui jusque-là n'était que la résidence d'été des séminaristes, devint donc, à partir de 1906, leur résidence permanente.. Toujours placé sous la direction de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, il constitua l'un des principaux séminaires français, en accueillant les séminaristes de nombreuses diocèses et instituts.
SUSS Suite à la fermeture du Séminaire des Carmes en 2026 et à la fusion de celui-ci avec le Séminaire Saint-Sulpice.., une reconfiguration du séminaire a eu lieu avec la naissance du Séminaire Universitaire Saint-Sulpice (SUSS) placé sous la tutelle conjointe de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice et du chancelier de l'Institut catholique de Paris, l'archevêque de Paris.. L'érection du SUSS en association 1901 date de juillet 2026,. Désormais, la formation intellectuelle des séminaristes du SUSS est confiée à l'Institut catholique de Paris.
Anciens séminaristes Ont suivi leurs études (ou une partie de leurs études) au séminaire Saint-Sulpice :
Élevés sur les autels
Canonisés Saint Jean-Baptiste de La Salle, (1651-1719), prêtre, fondateur des Frères des écoles chrétiennes, séminaire Saint-Sulpice, 1670. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort, (1673-1716), prêtre, fondateur de la Compagnie de Marie (les Pères montfortains) d'où seront issus les Frères de Saint-Gabriel et les Filles de la sagesse, séminaire Saint-Sulpice 1694 à 1700 Saint Eugène de Mazenod, évêque, fondateur de la congrégation cléricale missionnaire des Oblats de Marie-Immaculée, séminaire Saint-Sulpice 1808. Saint Antoine Daveluy, (1808-1866), évêque de Corée, martyr, séminaire Saint-Sulpice à partir de 1841. Saint Just de Bretenières, (1838-1866), prêtre, martyr de Corée, canonisé le ., séminaire Saint-Sulpice 1856.
Bienheureux Bienheureux Jacques-Augustin Robert de Lézardière (1768-1792), diacre, martyr de la Révolution française, Saint-Sulpice 1787 Bienheureux Jacques-Désiré Laval, prêtre, missionnaire de l'île Maurice, séminaire Saint-Sulpice 1835
Vénérables Vénérable Pierre-Bienvenu Noailles, prêtre, fondateur de l'Association de la Sainte Famille de Bordeaux, Saint-Sulpice 1816 Le vénérable François Libermann, prêtre, fondateur de la Société du Saint-Cœur de Marie, séminaire Saint-Sulpice 1827 Vénérable Matthieu Henri Planchat, prêtre, religieux fusillé pendant la Commune, séminaire Saint-Sulpice 1850
Témoins de la foi Amédée Benoît, mort au Vietnam en 1954, déclaré témoin de la foi le , séminaire Saint-Sulpice 1932.
Autres personnages illustres Ci-après, les personnages connus non élevés sur les autels: les scientifiques, les hommes de lettres, les fondateurs, les résistants et quelques évêques.
Scientifiques Jean Bouyssonie (1877-1961), prêtre, préhistorien qui a découvert l'homme de la Chapelle-aux-Saints, séminaire Saint-Sulpice 1908.; Henri Breuil (1877-1961), prêtre, préhistorien connu sous le nom de l'« abbé Breuil » et surnommé Le pape de la Préhistoire, séminaire Saint-Sulpice 1895.
Historiens et écrivains Marie-Félicité Brosset, laïc, orientaliste français, spécialiste des études géorgiennes et arméniennes ; P. Henri Lacordaire, prêtre, prédicateur, journaliste et homme politique, rétablit l’Ordre dominicain en France, séminaire Saint-Sulpice 1824 ; Félix Dupanloup, évêque d’Orléans, éducateur théologien enseignant, journaliste, membre de l'Académie française, séminaire Saint-Sulpice 1825 ; Cardinal Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, chef de file des ultramontains, séminaire Saint-Sulpice de 1835 à 1839 ; Ernest Renan (1843-1845), laïc, écrivain, philologue, philosophe et historienDebouxhtay Pierre. Pommier (Jean). La jeunesse cléricale d'Ernest Renan; Renan (Ernest). Travaux de jeunesse. 1843-1844. publiés par Pommier (Jean), Revue belge de philologie et d'histoire, 1935, vol. 14, , pp. 510-512. url : https://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1935_num_14_2_1520_t1_0510_0000_3 Consulté le 10 octobre 2012., membre de l'Académie française, séminaire Saint-Sulpice de 1841 à 1843 ; Julien Sacaze (1847-1889), laïc, épigraphiste et érudit français spécialisé dans l'Antiquité des Pyrénées, séminaire Saint-Sulpice en 1863 ; Henri Le Tendre de Tourville (1842-1903), prêtre, philosophe et précurseur de la sociologie, séminaire Saint-Sulpice entre 1866 et 1873 ; P. Marie-Joseph Lagrange (1855-1938), prêtre, dominicain, bibliste, séminaire Saint-Sulpice entre 1878 et 1879 ; Arthur Mugnier (1853-1944), prêtre, mémorialiste du Paris intellectuel et mondain; au séminaire Saint-Sulpice pendant la Guerre de 1870 ; Léonce Marraud (1882-1914), sous-diacre, étudiant en 4e année lorsqu'il est mobilisé comme lieutenant. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au champ d'honneur pendant la Première Guerre mondiale. Guy de Larigaudie (1908-1940), laïc, explorateur et écrivain scout, séminaire Saint-Sulpice 1926 ; P. Irénée Noye (1921-2022), prêtre, historien, archiviste et érudit, séminaire Saint-Sulpice 1938-1943 ; P. Michel de Certeau (1925-1986), prêtre, jésuite, philosophe, historien, séminaire Saint-Sulpice entre 1944 et 1947 ; Fernand Mourret (1854-1938), prêtre, enseignant, historien et écrivain ; Jean Steinmann (1911-1963), prêtre, exégète, écrivain et animateur de groupe confessionnel ;
Fondateurs
Chanoine Antoine-Louis Cornette, prêtre, cofondateur des scouts de France, séminaire St-Sulpice 1887 François Ducaud-Bourget, chapelain de l'ordre souverain de Malte, prélat honoraire du Vatican, membre fondateur de la FSSPX, séminaire St-Sulpice 1919 Bienheureux Basile Moreau, fondateur de la congrégation de Sainte-Croix, séminaire St-Sulpice et Solitude Saint-Sulpice 1822
Résistants
Cardinal Jules Saliège, évêque, compagnon de la Libération, séminaire St-Sulpice 1895 P. Pierre-Fourier Evrard, sulpicien et résistant, séminaire Saint-Sulpice 1898 P. Pierre Finet, prêtre jésuite, compagnon de la libération, séminaire St-Sulpice ? Abbé Roger Derry, prêtre, résistant français, exécuté en 1943, séminaire St-Sulpice entre 1922 et 1930 Abbé Charles Prévost P. Maurice Cordier, prêtre, résistant français, ayant prononcé l'homélie des funérailles du Général de Gaulle à Colombey-les-deux-Églises
Évêques Cardinal Louis-François de Rohan-Chabot, évêque, homme politique, séminaire St-Sulpice 1819 Le Cardinal de Bonald à Lyon