La Profession de foi du vicaire savoyard est un passage célèbre du livre IV de Émile ou De l'éducation (1762) de Jean-Jacques Rousseau. Dans ce passage souvent publié à part, le philosophe se livre à une critique de l'institution ecclésiale, du dogmatisme et de l'hétéronomie.

Contenu Dans son texte, Rousseau ne s'exprime pas directement, mais use d'un artifice littéraire en faisant parler un jeune vicaire savoyard. Bien conscient du scandale que cet exposé peut causer, Rousseau ne l'endosse pas explicitement, mais l'attribue à . Il ne fait donc que relater les propos en question sans qu'on puisse le déclarer coupable d'en professer le contenu.

Rousseau pose la question du mal, ainsi que la réponse à y apporter. Selon lui, le mal découle de l'égoïsme. La religion peut être le vecteur de la morale et une réponse à l'égoïsme, mais Rousseau critique la religion établie. Celle-ci impose des dogmes et des systèmes de pouvoir qui éloignent du véritable bien.

Pour en juger en voici une citation:

Mais, contrairement à une tendance forte au sein de la philosophie des Lumières de son temps, Rousseau se méfie tout autant de la raison comme source du bien et de la morale.

La réponse est dans l'introspection, dans le sentiment naturel qui permet de s'éloigner de la corruption sociale. En écoutant son cœur, le vicaire retrouve la source de la véritable morale et de la véritable religion.

Contre le dogme catholique, et contre la raison pure, le sentiment, l'introspection, l'écoute de soi fondent une religion naturelle, proche du théisme, et selon lui, "instrument de la vraie morale".

Il innove en fondant la foi en Dieu non pas sur des arguments philosophiques traditionnels mais plutôt sur le sentiment et l'émotion en face du mystère de la nature, le sens inné du bien et du mal et l'aspiration à une transcendance . Selon ce philosophe, le texte le plus explicite de la position de Jean-Jacques se trouve dans la Profession de foi du Vicaire savoyard insérée en guise d'interlude dans le quatrième livre d'Émile ou De l'éducation :

Réception Le passage fait de l'ombre au reste de l’Émile lorsque le livre est publié en Europe. Il provoque un rejet fort de la part de certaines autorités ecclésiastiques, catholiques et protestantes.

En 1766, dans son Recueil nécessaire, Voltaire reprend la seconde partie de la Profession de foi, qui prône le déisme en opposition aux religions doctrinaires.

Ce texte est l'une des inspirations du culte de l'Être suprême qui sera promu par Robespierre.

Victor Cousin écrira en 1848 que .

Notes et références

Sources

Liens externes

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