Le Corps des volontaires italiens (en italien: Corpo Volontari Italiani) était une grande unité militaire pluri-armes (infanterie, artillerie, génie, marine, santé, carabiniers, gardes mobiles, service télégraphique et justice militaire) de l'armée royale d'Italie. Composé presque uniquement de volontaires et placé sous le commandement de Giuseppe Garibaldi, le Corps des volontaires italiens œuvra au cours de la troisième guerre d’indépendance en 1866, sur le front du Trentin contre l'empire d'Autriche.

La formation du corps right|thumb|Volontaires garibaldiens provenant d'Alexandrie d’Égypte Le , en prévision de la guerre contre l'empire d'Autriche, par décret, le roi Victor-Emmanuel II crée le corps des volontaires italiens qui est confié à Garibaldi et les commissions militaires composées d'officiers de l'armée régulière et d'ex-Garibaldiens, qui sont chargés du recrutement des cadres des cinq premiers régiments d'infanterie. Le , depuis Florence qui est la capitale, une circulaire émanant du Ministère de la guerre fixe l'organisation du corps avec vingt bataillons qui forment dix régimentsGiuseppe Garibaldi, Le memorie, Rédaction définitive de 1872, reale commissione, Bologne-Rocca S. Casciano, 1932..

Le , le recrutement des troupes commence très lentement. Virgilio Estival, lieutenant d'origine française de la de le de volontaires italiens écrit : Virgilio Estival, Garibaldi e il governo italiano nel 1866, Milan 1866..

Les volontaires de Brescia sont au nombre de provenant du lac d'Iseo et de la valle Sabbia. Compte tenu de la forte affluence des jeunes volontaires, qui en peu de temps atteint , la constitution de cinq autres régiments est envisagée ainsi que la suspension du recrutement. Sept centres de formation sont créés, à Côme, Varèse, Bergame, Gallarate, Molfetta, Terlizzi et Bari, qui sont bientôt submergées par une multitude de jeunes désireux d'être formés et armés pour la nouvelle bataille.

Pour bon nombre, la nouvelle réalité militaire est mortifiante par le constat qu'à l'intérieur de la caserne, tout le nécessaire pour la formation est manquant. Partout la désorganisation règne et malgré les plaintes des commandants auprès du Ministère de la guerre, aucun remède n'est trouvé. Il manque des uniformes, toutes sortes de vêtements et la nourriture, les tentes, les cuisines de campagne, les moyens de transport, les mulets et les chevaux, les armes, les munitions, les cartes géographiques à jour et le matériel médical. Dans les rangs de ces volontaires entraînés par idéal se trouvent des gens médiocres et même de jeunes aventuriers avec parfois des problèmes pénaux.

L'encadrement par les officiers, formés en grande partie au cours de la guerre de 1859 et dans la campagne méridionale de 1860, et les sous-officiers, bien que composé d'hommes de valeur, se révèle d'une grande impréparation militaire et organisatrice. Certains commandements sont confiés à des députés du parlement qui n'ont jamais vu d'armes ou à d'ex-gardes nationaux utilisés à la lutte contre le brigandage.

Le , le corps des volontaires italiens compte , 873 chevaux, 24 canons et deux canonnières à vapeur (Solferino et San Martino du nom des lieux de batailles)Francesco Martini Crotti, La Campagna dei volontari nel 1866, Cremona, Tip. Fezzi, 1910..

Armement de l'infanterie Les volontaires portent une chemise rouge et des pantalons réglementaires de l'armée régulière.

La majeure partie de l'armement individuel de l'infanterie se compose de vieux fusils à canon à âme lisse français (Modèle 1822 transformé, modèle 1840 et 1842 de calibre 18 mm; piémontais modèle 1842 et modèle 1844 de calibre 17,5 mm). Ce sont des armes très longues et très lourdes, capables d'un tir utile jusqu'à , munies d'une longue baïonnette, déjà des antiquités pour l'époque.

Seulement à la fin de la campagne, l'arsenal de Naples livre des carabines anglaises Enfield à canon rayé EnfieldUgo Zaniboni Ferino, Bezzecca 1866. La campagna garibaldina dall’Adda al Garda, Trento 1966..

En général, la situation des Garibaldiens est très mauvaise comme l'écrit de nouveau Virgilio Estival : .

Le commandement supérieur thumb|upright|Le général Giuseppe Garibaldi en 1866 le commandant en chef, le général Giuseppe Garibaldi; Le chef d'état-major, le général Nicola Fabrizi ; sous-chef, le lieutenant-colonel Enrico Guastalla ; le commandant du quartier général, le lieutenant-colonel Benedetto Cairoli et l'aide de camp de Garibaldi, le major Stefano Canzio; le commandant de la zone des garde, le général Giuseppe Avezzana; le commandant de la flottille du lac de Garde, le lieutenant-colonel Augusto Elia avec comme chef d'état-major, le capitaine Alberto Mario.

L'organisation des effectifs

régiment commandé par la colonel puis général Clemente Corte, remplacé par la suite par le lieutenant-colonel Federico Salomone, à son tour remplacé le par le lieutenant-colonel Gioacchino Bonnet; commandé par le lieutenant-colonel Pietro Spinazzi, remplacé par la suite par le colonel Giovanni Acerbi; 3º régiment commandé par le colonel Giacinto Bruzzesi; commandé par le lieutenant-colonel Giovanni Cadolini; commandé par le colonel Giovanni Chiassi, puis à sa mort survenue le par le lieutenant-colonel Nepomuceno Bolognini; commandé par le colonel brigadier, puis général Giovanni Nicotera, remplacé plus tard par Francesco Sprovieri; commandé par le colonel Luigi Bossi, remplacé par la suite par le lieutenant Luigi La Porta; commandé par le colonel Eliodoro Specchi, qui s'est suicidé, remplacé par la suite par le colonel Vincenzo Carbonelli; commandé par le colonel Menotti Garibaldi; commandé par le lieutenant-colonel Francesco Corvi, remplacé par la suite après la sa démission par le lieutenant-colonel Marco Cossovich; bataillon de bersagliers génois commandé par le major Antonio Mosto; de bersagliers milanais commandé par le major Nicostrato Castellini, puis par le capitaine Antonio Oliva; deux escouades guide à cheval commandées par le colonel Giuseppe Missori; une brigade d'artillerie de l'armée régulière organisée en trois régiments, le de campagne, le de montagne et le , commandés par le major Orazio Dogliotti; l’intendance commandé par le colonel Giovanni Acerbi; le service de santé du colonel Agostino Bertani; une compagnie de volontaires du génie commandée par le capitaine Spinola; la garnison de la Rocca d'Anfo initialement commandée par le major Abrile, remplacé par la suite par le colonel Vittorio Federici. Elle est formée de deux compagnies du d'infanterie de la brigade Pisa (160 hommes), une compagnie d'artillerie, une compagnie du génie et un peloton de pontiers; une escouade de carabiniers avec un rôle de police militaire composée de 51 officiers et de 940 sous-officiers et de militaires du rang; un bataillon de garde mobile pour la défense du Passo del Tonale et douaniers.

Chaque régiment est composé de seize compagnies d'à peu près 180 fusiliers ou « rouges » subdivisées en quatre bataillons de quatre compagnies chacune. Les dix régiments, sur proposition de Garibaldi, sont regroupés en cinq brigades : brigade: Régiment 2 et 7, major général Ernesto Haug; brigade: Régiment 4 et 10, major général Angelo Pichi; brigade: Régiment 5 et 9, major général Vincenzo Giordano Orsini; brigade: Régiment 1 et 3, colonel brigadier Clemente Corte; brigade: Régiment 6 et 8, colonel brigadier Giovanni Nicotera.

Les opérations militaires thumb|upright|Zone d'opérations de la troisième guerre d'indépendance Victor-Emmanuel II et Garibaldi prévoient comme zone d'opérations pour le corps des volontaires italiens, plan abandonné par l'état-major de l'armée car jugé trop audacieux, la zone des Balkans qui auraient été rejointe par un débarquement en Dalmatie soutenu par la marine. Les Garibaldiens, soutenus par les patriotes locaux et profitant des rébellions qui auraient dû se déclencher au fur et à mesure de l'avancée, se seraient déplacés vers le nord par l'Istrie et la Slovénie, portant la guerre au cœur du territoire autrichien.

L'utilisation tactique du corps est définitivement établie le , à la veille de la déclaration de guerre, depuis Crémone. Le quartier général de l'armée expédie la lettre suivante au général Garibaldi qui a pris ses quartiers la veille à Salò dans une auberge de l'actuelle piazza della Fossa : .

Sous ses ordres sont placés, comme il en a déjà pris connaissance, la flottille et l'artillerie récemment envoyée pour armer les batteries locales. Après le début des hostilités, et au fur et à mesure que les forces sous ses ordres augmentent, il mène des actions contre les Autrichiens. Son but est de pénétrer dans la vallée de l'Adige et de l'occuper afin d'empêcher toutes communications entre le Tyrol et l'armée autrichienne en Italie.

Le front confié à Garibaldi s'étend de la frontière avec la Suisse, en commençant au nord par le col du Stelvio et, en suivant la ligne de frontière avec le Haut-Adige et le Trentin, continuant jusqu'au col du Tonale, pour arriver sur les rives du lac de Garde et Limone sul Garda. De là, continuant le long de la rive ouest du lac, il arrive à Desenzano. Garibaldi a pour intention de pénétrer dans le Trentin à travers l'unique route existante au sud, à savoir la vallée du Chiese. Le système de défense des forts autrichiens de Lardaro démonté, le général envisage de descendre sur Tione, puis, en poursuivant par Stenico et Vezzano, occuper la ville de Trento.

Au début, il est aussi prévu un débarquement en force sur la rive véronaise pour prendre à revers le gros des troupes autrichiennes déployées à l'intérieur du quadrilatère, mais compte tenu des mauvaises conditions de la flottille du lac de Garde, ce plan est abandonné.

Les adversaires autrichiens thumb|upright|La mairie de Storo, ex-maison Cortella, qui fut le quartier général de Garibaldi pendant l'attaque du fort d'Ampola Garibaldi doit combattre des unités commandées par le général baron Franz von Kuhn Kuhnenfeld, ayant son quartier général près de Trente. C'est un officier de 49 ans, considéré comme un véritable spécialiste de la guerre de montagne, si ce n'est le meilleur général autrichien en activité mais cependant critiqué dans la haute sphère du commandement militaire de Vienne. Le général Carl Möring, commissaire impérial, qui ne le porte pas en estime, écrit de lui : .

Kuhn peut compter sur la composée de ou baïonnettes comme on dit à l'époque, bien préparés et équipés, regroupés dans une brigade et six demi-brigades de 21 bataillons d'infanterie et 25 compagnies de tirailleurs avec et mulets, 32 pièces d'artillerie de kigbe et 127 canons. Chaque compagnie autrichienne est formée de plus de 400 hommes. L'état-major est composé du lieutenant-colonel baron Dumoulin, chef de l'artillerie, le lieutenant-colonel Barth, directeur du génie le lieutenant-colonel von Wolter.

L'empire d'Autriche contrairement à l'Italie est préparé au conflit et a procédé, au cours des mois précédent, au renforcement des fortifications placées sur la frontière du Trentin et dans la région de Brescia. Les forts de Lardaro (20 canons), de l’Ampola à Storo (2 canons), de Ponale (23 canons), de Nago (15 canons), Malcesine (6 canons), Buco di Vela (7 canons), de Strino (près du col du Tonale), de la Rocchetta à Riva del Garda (8 canons), de Gomagoi (près du col du Stelvio), de Ponte di Mostizzolo (sur le Noce) et de Trente sont réaménagés.

De la même manière, les troupes stationnées en ces lieux sont renforcées par le déploiement des unités militaires suivantes : Une demi-brigade du lieutenant-colonel Hermann Thour von Fernburg, basée à Riva del Garda, comprenant un bataillon d'infanterie, «le prince héritier de Saxe» (4 compagnies à Riva, une à Tiarno et une à Pieve di Ledro), un peloton du uhlans de Trani (à Riva), deux compagnies du de chasseurs tyroliens et une à Arco), une batterie de montagne (4 canons).