Les Brigands est un opéra bouffe en trois actes de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créé au théâtre des Variétés le . Une seconde version sous forme de féerie fut élaborée au théâtre de la Gaîté en .
Genèse
Le , alors que la Grande-Duchesse de Gérolstein est à l’affiche du théâtre des Variétés, la presseLe Figaro, mardi 15 octobre 1867 annonce la création des Brigands dans ce même théâtre.
Première phase
Dès , Henri Meilhac et Ludovic Halévy présentent à Hippolyte Cogniard, directeur du théâtre, deux actes des Brigands qui doivent alors être créés en Le Figaro, samedi 4 janvier 1868. Le , sans doute à la suite de cette présentation, Jacques Offenbach demande à Ludovic Halévy la distribution de la pièce pour pouvoir finaliser la musiqueJacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
La partition est vendue dès à l’éditeur parisien ColombierLe Figaro, lundi 10 février 1868.
Le projet est reporté lorsque Hortense Schneider, qui a rompu son contrat avec le théâtre du Châtelet le , réintègre le théâtre des VariétésLe Figaro, mardi 14 janvier 1868. L’opéra bouffe Les Brigands ne comportant pas de rôle pour elle, il laisse la place à La Périchole qui est créée le Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, .
Seconde phase
Le travail sur Les Brigands reprend l’année suivante.
Le , dans une lettre à Ludovic Halévy, Jacques Offenbach se plaint à ses librettistes de l’avancée de leur travail alors que la lecture est prévue le et qu’il Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, . Le , à son librettiste qui lui reproche , il répond : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
Le , il propose une session de travail à ses librettistes à Étretat et réclame le texte du Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
La collaboration semble assez houleuse. Le , Offenbach demande de la lecture de la pièce. Il déclare à Ludovic Halévy : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, Le , il s’explique de nouveau : . Il termine sa lettre en félicitant à mi-mot son librettiste et déclare : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
Fin , Offenbach explique de nouveau ses souhaits à ses librettistes : . Il poursuit : . Il conclut sa lettre avec des instructions pour le : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
Le , face à la lenteur du travail, il s’étonne de nouveau : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 162. À la réponse de ses librettistes, il s’exclame le : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier,
Malgré ces relations tendues, la genèse de l’œuvre arrive à son terme courant .
Répétition
Le Figaro annonce le qu’une indisposition d'Offenbach retarde la première des BrigandsLe Figaro, 2 novembre 1869 puis, quelques jours plus tard que la première est remise au mois de décembreLe Figaro, lundi 8 novembre 1869. Fin novembre, la presse présente la distribution de la nouvelle pièce prévue Le Figaro, dimanche 21 novembre 1869.
La répétition générale du premier acte a lieu le vendredi , elle se termine par de la part des artistes à Jacques OffenbachLe Figaro, lundi 29 novembre 1869.
Le théâtre des Variétés fait relâche à partir du mardi Le Figaro, samedi 27 novembre 1869 pour présenter Les Brigands le mardi Le Figaro, vendredi 3 décembre 1869. La création est reportée au Le Figaro, dimanche 5 décembre 1869, puis au Le Figaro, jeudi 9 décembre 1869 et enfin au Le Figaro, vendredi 10 décembre 1869.
Création
Accueil
Les Brigands sont présentés au théâtre des Variétés le , trois jours après la création de La Princesse de Trébizonde au théâtre des Bouffes-Parisiens !
Avant même son compte-rendu détaillé, Le Figaro reproduit le Chœur des carabiniers qui a été bissé le soir de la premièreLe Figaro, dimanche 12 décembre 1869. Benedict renchérit dans sa critique le lendemain : . Les deux actes suivants lui apparaissent, en comparaison, moins réussis : Le Figaro, lundi 13 décembre 1869 écrit-il.
Musique
Le style musical est remarqué de l’ensemble des critiques : note Le Figaro. Le Ménestrel encourage d’ailleurs le compositeur Le Ménestrel, dimanche 19 décembre 1869. L’Illustration, pour sa part, y voit plutôt une L’Illustration, 18 décembre 1869 cité in Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, .
Le canon [] et le duetto du notaire [] sont tout particulièrement appréciés : écrit Henri Moreno.
La partition paraît malgré tout dense et conclut Benedict.
Costumes
Les costumes sont dessinés par DranerLe Figaro, samedi 11 décembre 1869.
Créateurs
Malgré la réussite du duo Zulma Bouffar (Fragoletto) et Aimée (Fiorella) qui ont , Le Figaro ne peut s’empêcher de noter l’absence d’Hortense Schneider : .
Les rôles masculins n’émeuvent pas la critique à l’exception du
Succès
Le , la recette de la soirée est de francs, record du théâtre des Variétés, à l’époque, devant La Grande-Duchesse de GérolsteinLe Figaro, mercredi 15 décembre 1869. Elles se maintiennent au-dessus de les jours suivantsLe Figaro, mardi 21 décembre 1869. Les vingt-cinq premières des Brigands produisent francsLe Figaro, jeudi 6 janvier 1870 soit une moyenne de francs par représentation.
En remerciement de ce succès, les troupes de La Princesse de Trébizonde et des Brigands sont réunies le mercredi au Grand-Hôtel Le Figaro, jeudi 24 février 1870.
Le , Le Figaro, mardi 8 mars 1870. La a lieu le Le Figaro, lundi 21 mars 1870. La dernière, et , est donnée le vendredi Le Figaro, vendredi 25 mars 1870.
En province
Les Brigands sont montés à Lille fin Le Figaro, mercredi 2 mars 1870.
À l’étranger
Les Brigands sont montés à Bruxelles fin , à Vienne le Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, et à Londres en 1871Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, .
Reprises à Paris
Alors que la France est en guerre depuis le , Les Brigands sont repris du mercredi Le Figaro, jeudi 5 août 1870 au lundi Le Figaro, mardi 16 août 1870. Le jour de la reprise, note Gustave LafargueLe Figaro, mercredi 17 août 1870.
Huit mois après l’armistice du , le samedi , la pièce est de nouveau reprise avec succès. Le Figaro relate : Le Figaro, dimanche 3 septembre 1871.
Les Brigands sont régulièrement repris au théâtre des Variétés durant la décennie des années 1870. Jacques Offenbach s’en émeut en 1874 auprès du directeur : J. Brindejont-Offenbach, Offenbach mon grand-père, Plon, 1940, .
Version « féerie » thumb|right|Affiche de Jules Chéret (1878)
Une nouvelle version des Brigands, désormais en 3 actesLe Gaulois, vendredi 27 décembre 1878L’affiche de Jules Chéret de 1878 indique , cf. . et 4 tableaux, est montée au théâtre de la Gaîté le mercredi .
Livret Pour cette reprise, les effectifs sur scène sont augmentés : Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878.
thumb|right|230px|Entrée de Charles Quint à Anvers de Hans Makart (1878)
Le troisième acte est désormais composé de deux tableaux. Après avoir un moment hésité à mettre en scène un combat de taureaux repris du Don Quichotte de Victorien SardouJacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, , le choix se porte sur un . L’introduction de ce nouveau tableau fait dire à Auguste Vitu : Le Figaro, vendredi 27 décembre 1878.
L’intrigue est modifiée : Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000,
Musique Pour cette nouvelle version, Jacques Offenbach augmente l’orchestre qui atteint 52 musiciens. Il demande à Ludovic Halévy dans une lettre en : Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, .
Il Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, au deuxième tableau du troisième acte.
Il ajoute aussi un air pour Fiorella en reprenant La Malagueña [] de son opéra bouffe Maître Péronilla créé moins d’un an auparavant le .
Scénographie
Le spectacle est monté avec tout le faste que demande une féerie.
Jean-Baptiste Lavastre crée le décor du premier acte, Joseph-Antoine Lavastre et Eugène Carpezat créent les décors du deuxième acte et du premier tableau du troisième acte, Eugène Fromont dessine le dernier décor. Pour ce dernier tableau, Le Gaulois affirme, peut-être à tort, que le décor est repris de Le Roi Carotte, un opéra bouffe-féerie de Jacques Offenbach a créé dans ce même théâtre en 1872.
Accueil
La première est un .
Le Gaulois note le soir de la première : .
Parmi les acteurs, seul Léonce retrouve son rôle de caissier.
Laurence Grivot qui tient le rôle de Fragoletto est particulièrement appréciée : note Le Figaro. Sa Saltarelle [] est bissée le jour de la première.
Le Gaulois conclut : .
Le spectacle, prévu à 20 heuresLe Figaro, mercredi 25 décembre 1878, se termine à une heure moins le quart ! Jacques Offenbach, malade, ne dirige pas la représentation, mais, le soir même, il .
Malgré ce bon accueil, cette deuxième version des Brigands ne sera jouée que 34 fois jusqu’à la dernière le . Du vivant de Jacques Offenbach, ce sera sa dernière œuvre à être donnée au théâtre de la GaîtéJean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, .
Créateurs
RôleTessitureCréateur(Théâtre des Variétés, )Falsacappa, chef de brigandsténorJosé DupuisFragoletto, jeune fermier mezzo-soprano (rôle travesti)Zulma BouffarPietro, confident et sous-chef de FalsacappaténorKoppAntonio, caissier du duc de MantoueténorLéonceLe comte de Gloria-Cassis, chambellan de la princesse de GrenadeténorGourdonLe baron de Campotasso, premier écuyer du duc de MantoueténorCharles BlondeletLe duc de MantoueténorLanjallaisLe chef des carabiniers du duc de MantouebasseBaronCarmagnola, brigandténorGobinPipo, aubergisteténorBoulangéAdolphe de Valladolid, premier page de la princesse de GrenadeténorCooperBarbavano, brigandbasseDaniel BacDomino, brigandténorBordierLe précepteur de la princesse de GrenadebasseVideixUn courrier / Un huissierrôle parléMillauxFiorella, fille de Falsacappa sopranoAiméeLa princesse de GrenadesopranoLuccianiZerlina, paysanne sopranoJulia HFiammetta, paysannesopranoBessyLa duchessesopranoAlice RegnaultLa marquisemezzo-sopranoGravierBianca, paysannemezzo-sopranoOppenheimCicinella, paysannemezzo-sopranoDouardPipetta, fille de PiposopranoGénatPipa, femme de Pipo mezzo-sopranoLéonie
Argument
Version de 1869 en 3 actes.
Acte I
Paysage à la Salvator Rosa.