L'obésité en France, tout comme le surpoids, augmente régulièrement : ; en 2023, plus de 8 millions de français sont obèses (17% de la population française). Comme dans les autres pays, les personnes issues des milieux socio-économiques les plus modestes sont statistiquement plus touchéesSelon l'INSEE, . L'obésité continue de gagner du terrain, mais à une vitesse qui a été fortement réduite sur les années, passant de par an en 2003 à par an depuis 2012. Il existe un réseau national de recherche clinique dédié, baptisé FORCE (French Obesity Research Center of Excellence), au sein de l’Infrastructure de recherche clinique « F-CRIN ».

Il existe 42 Centres Spécialisés de l'Obésité en France pour la prise en charge des obésités complexes et/ou sévères.

Le site de référence sur l'obésité en France, soutenu par le ministère de la santé, est www.obesitefrance.fr

Définition L’Organisation mondiale de la santé (OMS), définit le surpoids et l’obésité comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé ». L'obésité est mesurée par l’indice de masse corporelle (IMC) qui est une mesure du poids par rapport à la taille. L'IMC est égal au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m.

Les catégories de corpulence suivantes sont définies par l'OMS : +Catégories de corpulence selon l'OMSClassificationIMCMaigre< 18,5Normal18,5 - 24,9Surpoids25,0 - 29,9Obésité I30,0 - 34,9Obésité II35,0 - 39,9Obésité III> 40

Politiques nationales de lutte contre l'obésité À la fin des années 1990, à l'initiative du gouvernement du premier ministre Lionel Jospin, le ministère de la santé s'intéresse au débat sur la « malbouffe » qui émerge dans les médias nationaux, suite au VIIIᵉ congrès mondial sur la médecine de l’obésité organisé à Paris en 1998, aux alertes de l'OMS et d'autres organismes internationaux de santé, suite à plusieurs scandales sanitaires et au démontage symbolique à Millau, en 1999, du chantier d’un restaurant d'un chaine de fast-food connue, où José Bové avait expliqué : INA () 12 août 1999, José Bové et ses amis démantèlent le McDo de Millau: |url=https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/12-aout-1999-jose-bove-et-ses-amis-demantelent-le-mcdo-de-millau. L’obésité commence à retenir l’attention des décideurs publics français, et au début des années 2000 sa réduction (chez les enfants notamment) devient l'une des priorités affichées de la politique nutritionnelle de santé publiqueMuñoz J.C. Benamouzig D & Puerto K.L.I (2024) La lutte contre l'obésité en France: lumières, ombres et perspectives (Doctoral dissertation, Chaire Santé, Sciences Po-Paris) ; https://sciencespo.hal.science/hal-04904531/document#page=10.20.

En 2001, le premier Plan national nutrition santé (PNNS) est construit, incluant des préoccupations nutritionnelles, sanitaires et politiques, incluant des recommandations aux professionnels et au grand public.

L'objectif de diminution de la prévalence de l’obésité chez les adultes () est repris dans la loi du relative à la politique de santé publique Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, mais aucun moyen supplémentaire n’ait alors été alloué pour en assurer la mise en œuvre.

Le PNSS s’articule aujourd’hui autour de dix mesures phares présentées sur la plateforme MangerBouger.

Eno 2007, une évaluation rétrospective scientifique du coût de l’obésité et du surpoids en France en 2002, est publiée (calculé à partir des données de l’Enquête santé protection sociale 2002 couplées aux consommations médicales issues de l’Échantillon permanent d’assurés sociaux, mais excluant les mineurs, femmes enceintes et personnes atteintes de cancer sur la base d'un échantillon de 4 651 personnes âgées en moyenne de 47 ans, avec une prévalence de l’obésité estimée dans ce panel entre 10,7 % et 16 %). En 2002, la dépense moyenne de soins s’élevait à 1 534 € par individu, mais atteignait à environ 2 500 € chez les personnes obèses (doublement). Après ajustement sur les facteurs socio‑démographiques et comportementaux, le surcoût attribuable à l’obésité était estimé entre 506 € et 648 € par an et par personne, soit à échelle nationale de 2,1 à 6,2 milliards d’euros (1,5 % à 4,6 % de la dépense courante de santé en 2002).. En 2020, elle était la cause de plus de 6,6 millions de maladies secondaires, de traitements et épisodes de soins, et de plus de 60 000 décès, son coût annuel pour la collectivité serait d'environ 10,6 Mds€, dont 8,4 Mds€ pour l’Assurance maladie (5,0% du montant total remboursé en 2020) selon une nouvelle analyse, du cabinet Asterès (qui inclut notamment les dépenses de soins liées aux complications métaboliques et cardiovasculaires)..

En 2008, une autre étude confirme que la situation empire en France où depuis 1981, la corpulence a fortement augmenté en France, avec en outre un accroissement marqué des inégalités sociales et géographiques (l’obésité augmente plus vite dans le Nord‑Est, et dans les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées, et les disparités entre hommes et femmes demeurent., et en 2003, on constate que ces inégalités se sont encore creusées, tandis que la hausse du recours aux régimes amaigrissants parmi des populations peu touchées laisse présager une poursuite de ces disparités..

En 2010, un nouveau Plan obésité vise à améliorer la prise en chargeMinistère de la santé, Plan Obésité 2010 et une taxe sur les sodas est votée en 2012.

En 2021, l’État encourage à l'activité physique et pour une nutrition équilibrée, afin de réduire la prévalence de l'obésité, dont la prévalence augmente régulièrement depuis une trentaine d’années.

En , le ministère de la santé a produit une nouvelle feuille de route pour 2026-2030, visant à mieux prendre en charge les personnes en situation d’obésité.

En outre les politiques relatives à l’obésité sont souvent diluées dans des programmes plus larges sans stratégie nationale cohérente ni moyens pérennes. Le lobbying de l’agro-industrie reste un frein majeur., comme l’illustrent encore dans les années 2020 ses efforts pour faire échouer l'extension du Nutri-Score, la fiscalité nutritionnelle et environnementale, ou encore la régulation de la publicité pour des produits classés comme relavant de la malbouffe. Selon les sociologues Alessandrin et Bossy, les préjugés persistants envers les personnes en situation d’obésité (grossophobie) renforcent l’inefficacité des dispositifs actuels qui ne parviennent toujours pas à enrayer la progression de l’obésité.

Enquêtes sur l'obésité en France Enquête Roche-Obépi L'enquête Roche-Obépi était réalisée par le laboratoire Roche tous les 3 ans de 1997 à 2012. Les enquêtes Obepi ne font la distinction entre Maigre/Normal et Obésité I/Obésité II qu'à partir de 2006

Odoxa En 2020, la Ligue contre l'obésité commande un sondage sur l'obésité en France à l'entreprise de sondage Odoxa, sondage renouvelé ensuite en 2024. Cette étude est spécialement conçue pour reproduire les données de l'enquête Roche-Obepi, arrêtée en 2012.

INSEE Dans certaines de ses enquêtes, l'INSEE demande ou calcule l'IMC. Si les résultats des enquêtes ne sont pas accessibles, il est possible d'obtenir certains indicateurs à travers les publications régulières de l'INSEE. Certaines études sont utilisées ci-dessous.

Programme national nutrition santé Le programme national nutrition santé (PNNS) a été mis en place en 2001. Son objectif général est d'améliorer la santé de la population en agissant sur l'un de ses déterminants majeurs, la nutritionSituation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du Programme national nutrition santé (PNNS), site de l'INVS.. Le PNNS réalise une étude sur l'état de santé de la population française en 2006, incluant entre autres des mesures sur l'obésité. La même étude est refaite en 2015 (Étude Esteban)

Cohorte Constances La cohorte Constances est une cohorte épidémiologique constitué d'un échantillon de . Le BEH a réalisé une étude sur l'obésité de la cohorte constance en 2016. Dans cette étude, l'obésité est définie sur la base des indications de OMS.

Eurostat Le questionnaire Eurostat demande le BMI depuis 2008. Deux enquêtes Eurostat ont eu lieu demandant le BMI, en 2008 et 2014. Ces enquêtes, tout comme les enquêtes Obépi, se basent sur des mesures reportées, et sont donc moins précises que les résultats du BEH dont les valeurs sont mesurées sur les participants.

Covid-19 Les personnes obèses sont surreprésentées parmi les personnes développant des formes graves à la suite d'une infection à la covid-19.

ANSES Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que . Toujours selon cette enquête, 5 % des adultes en France ont une activité physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d’activité physique. Plus d’un tiers des adultes français cumule un haut niveau de sédentarité et une activité physique insuffisante : en conséquence, ils sont plus exposés au risque d’hypertension ou d’obésité et ont un taux de mortalité et de morbidité plus élevés causés par des maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Évolution de l'obésité en France

Obésité reportée AnnéeÉtudeMaigreNormalSurpoidsObésité IObésité IIObésité IIIObésité (I+II+III)Augmentation annuelleAugmentation moyenne annuelle (depuis 1997)1981Enquêtes Santé, INSEE.5,60 %65,85 %23,15 %5,30 %5,30 %1992Enquêtes Santé, INSEE5,25 %64,5 %24,4 %5,85 %5,85 %0,9 %1997Obépi Roche 199763,3 %28,5 %7,9 %0,3 %8,2 %6,99 %2000Obépi Roche 200061,0 %29,4 %9,2 %0,4 %9,6 %5,39 %5,39 %2003Obépi Roche 2003.58,4 %30,3 %10,7 %0,6 %12,3 %8,61 %6,99 %2003Enquête Santé, INSEE4,25 %57,75 %28 %10,0 %10,0 %2006Obépi Roche 2006.4,9 %53,5 %29,2 %9,4 %2,2 %0,8 %12,4 %0,27 %4,70 %2006PNNS50,7 %32,4 %12,5 %3,4 %1,0 %16,9 %2008Eurostat.3,3 %53,1 %31,4 %12,2 %12,2 %2009Obépi Roche 20093,6 %50,0 %31,9 %10,6 %2,8 %1,1 %14,5 %5,35 %4,86 %2012Obépi Roche 20123,5 %49,2 %32,3 %10,7 %3,1 %1,2 %15,0 %1,14 %4,11 %2014Eurostat52,8 %31,9 %15,3 %15,3 %2015PNNS Esteban2,45 %48,5 %31,95 %12,55 %3,00 %1,55 %17,2 %4,2 %2016BEH - Cohorte Constance.2,2 %48,7 %33,2 %11,4 %3,1 %1,3 %15,3 %0,50 %3,34 %2020Odoxa4,5 %48,3 %30,3 %11,9 %3,1 %2 %17,0 %2,7 %3,94 %2024Odoxa - OFEO5,3 %45,9 %30,7 %12,0 %4,2 %1,9 %18,1 % centré|cadre|Évolution de l'obésité en France de 1981 à 2020.

Augmentation annuelle Le taux d'évolution annuel peut être calculé par

Les études Eurostat reportent des valeurs sensiblement inférieures aux autres études. Elles sont donc ignorées dans ce calcul

Obésité selon les tranches d'âge

Évolution de l'obésité L'obésité augmente au même rythme à travers toutes les tranches de la population, mais elle est - et reste - plus prévalente chez les plus âgés. Tranched'âge1997(Obépi)2000(Obépi)2003(Obépi)2006(Obépi)2008(Eurostat)2009(Obépi)2012(Obépi)2014(Eurostat)2020 (Odoxa)IMC Normal15-2490,2 %88,75 %88,05 %88,6 %82,45 %83,25 %81,5 %78,25 %76,8 %25-3473,65 %70,25 %67,6 %67,15 %67,05 %64 %63 %64,45 %51 %35-4464,95 %62,75 %59,35 %58,6 %59,45 %56 %56 %57,05 %56 %45-5454,55 %53,55 %49,85 %55,7 %50,55 %49,5 %49 %48,95 %49,3 %55-6443,55 %42,9 %43,95 %42,85 %42,95 %41,75 %42 %43,15 %42,8 %65+47,25 %44,35 %41,75 %42,1 %41,3 %40 %39,5 %39,5 %42,7 %Surpoids15-248 %9,25 %9,7 %8,45 %14,1 %12,75 %13 %15,15 %14 %25-3420,9 %22,85 %24,1 %24,15 %24,85 %25,5 %26 %26,25 %35,2 %35-4427,3 %28,9 %29,1 %28,3 %29,85 %30,25 %29,5 %29,9 %27,3 %45-5434,7 %33,8 %35,8 %34,45 %35,85 %34,5 %35 %35,4 %32,3 %55-6443,15 %41,65 %39,95 %38,85 %40,35 %38,5 %38,5 %36,4 %38 %65+41,35 %42,05 %42,85 %41,35 %40,15 %42 %42 %39,8 %37,4 %Obésité15-241,75 %2 %2,25 %2,95 %3,55 %4 %5,5 %6,65 %9,2 %25-345,45 %6,9 %8,3 %8,7 %8,1 %10,25 %11 %9,3 %13,8 %35-447,75 %8,35 %11,55 %13,1 %10,7 %13,75 %14,5 %13,05 %16,7 %45-5410,75 %12,65 %14,35 %14,85 %13,6 %16 %16,5 %15,7 %18,4 %55-6413,3 %15,45 %16,1 %18,3 %16,7 %19,75 %19,5 %20,55 %19,2 %65+11,4 %13,6 %15,4 %16,55 %18,6 %18 %18,5 %20,65 %19,9 %