est un film japonais réalisé par Mikio Naruse en 1966.
Synopsis À la suite du décès accidentel de son époux, Kuniko Bannai doit élever seule son fils, Takeshi, un garçon de six ans fort dissipé. Or, pour son malheur, Kinuko Kakinuma, l'épouse d'un industriel, conduisant sa voiture de sport en compagnie d'un jeune amant, Ogasawara, renverse Takeshi et le blesse mortellement. Celle-ci ne veut croire qu'à un léger accident et poursuit donc sa route. Son mari, craignant de compromettre sa carrière, demande à son chauffeur de se dénoncer à la place de sa femme.
D'un autre côté, le frère de Kuniko, Kōji, un petit malfrat habitué des mauvais coups, obtient, au terme d'une dure transaction, un dédommagement financier important. Mais, Kuniko n'est guère plus heureuse : , dit-elle. Toutefois, lorsqu'elle apprend la vérité, grâce à l'une de ses voisines, témoin de l'accident, un désir de vengeance s'empare d'elle.
Elle rôde, désormais, autour de la demeure des Kakinuma et parvient à se faire engager chez eux comme femme de ménage.
Fiche technique Titre français : Délit de fuite Titre original : Réalisation : Mikio Naruse Assistant réalisateur : Seijun Kawanishi Scénario : Zenzō Matsuyama Photographie : Rokuro Nishigaki (Tohoscope, noir et blanc) Musique : Masaru Satō Décors : Satoru Chūko Production : Sanezumi Fujimoto Société de production : Tōhō Genre : Drame Format : noir et blanc - 2,35:1 - Format 35 mm - son mono Durée : 100 minutes (métrage : 2 585 m) Pays d'origine : Année de réalisation : 1966 Date de sortie : Japon :
Distribution artistique Hideko Takamine : Kuniko Bannai Eitarō Ozawa : Hishashiro Kakinuma, l'industriel Yōko Tsukasa : Kinuko, son épouse Daisuke Katō : Tomohiro Kawashima Jin Nakayama : Susumu Ogasawara Toshio Kurosawa : le frère de Kuniko, Kōji Yasuhiro Komiya : Takeshi, le fils de Kuniko Kaoru Hirata : Kenishi, le fils des Kakinuma
Commentaire À partir d'un scénario très dramatiquement accentué – on songe à celui du film espagnol Mort d'un cycliste –, Mikio Naruse annexe cette sombre histoire à son univers intrinsèque, composé de mouvance et d'instabilité. , suivant la belle expression de Max Tessier, historien du cinéma japonais, construit son film en un très grand nombre de séquences courtes, dépourvues de paroxysmes et de brusques rebondissements. En revanche, l'accumulation de celles-ci crée, selon Jacques Lourcelles, . Le calvaire de l'une, Kinuko, s'achève par l'accomplissement d'un infanticide et le suicide ; celui de l'autre, Kuniko, s'accusant d'un assassinat qu'elle préméditait initialement, échoue dans la folie extrême. Les fins de Kinuko/Kuniko offrent un exemple de tragique symétrie qui, aux yeux du spectateur moyen, pourra fonctionner comme un salutaire avertissement sur les dangers de la circulation urbaine, dont chacun doit, à son niveau, se sentir responsabilisé. Mais comment ne pas voir, qu'à travers ce film, qui n'est pourtant point associé à sa période la plus faste, Mikio Naruse réalise le miracle ? (J. Lourcelles in : Dictionnaire du cinéma/Les films - Robert Laffont).
Notes et références
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