Un film de science-fiction (ou cinéma de science-fiction) est un genre cinématographique lié à la science-fiction présent dès le début du cinéma. Il utilise des représentations fictives, souvent basées sur la science, qui ne sont pas entièrement acceptées (voire qui sont totalement rejetées) par la science traditionnelle, telles que par exemple les formes de vie extraterrestre, les mondes extraterrestres, la perception extrasensorielle et les voyages dans le temps. À cela peuvent s'ajouter des éléments futuristes tels que vaisseaux spatiaux, robots, cyborgs, voyages interstellaires ou autres technologies.
Les films de science-fiction sont souvent utilisés pour aborder des questions politiques ou sociales et pour explorer des questions philosophiques telles que la condition humaine, le rapport au réel, la conscience, le progrès, les rapports à soi, l'autre ou la société..
Comme tout autre support, le cinéma et sa version télévisée, ont permis l'expansion du genre auprès d'un plus large public. Si la saga Star Wars y est aujourd'hui pour beaucoup, la SF dans tous ses sous-genres a été exploitée par la télévision et le cinéma très tôt. De grandes réussites sur ces deux médias ont très rapidement trouvé un public et assuré la pérennité du genre. On ne compte plus aujourd'hui le nombre de séries ou de films ayant influencé la pop culture et ce bien avant Star Wars (La Quatrième dimension, Flash Gordon, Star Trek, Rollerball, Soleil vert).
Depuis les années 1950, la science-fiction, bien que souvent critiquée, a permis au public comme à l'industrie de donner une dimension nouvelle aux arts cinématographiques, que ce soit dans le progrès de la réalisation des effets spéciaux (Star Wars, Terminator, Avatar) ou dans la façon d'amener une histoire aux spectateurs afin qu'ils soient absorbés par l'œuvre (The Truman Show, Farscape, Stranger Things). Ceci a eu pour effet de renforcer un intérêt sans cesse grandissant du public pour le genre, le cinéma devenant ainsi le support de prédilection de la science-fiction.
Que ce soit sous forme de blockbuster ou de petites productions (sans effets spéciaux et gros budgets), le cinéma a donné à la SF la possibilité de marquer la culture populaire de son empreinte bien plus que ses supports de bases que sont la littérature et la bande dessinée., car le cinéma est bien plus accessible au grand public que certaines autres formes d'art.
Genèse du cinéma de science-fiction (de 1900 jusqu’à la fin des années 1950) Les précurseurs
Dès l'origine du cinéma, la science-fiction (SF) s'est imposée comme une nouvelle forme d'expression à la fois visuelle et intellectuelle.
Certainement influencés par les précurseurs de ce genre initialement littéraire (Jules Verne, Mary Shelley) ainsi que par le père fondateur de la SF moderne, Herbert George Wells., les premiers cinéastes se sont rapidement approprié les thématiques futuristes propres au style.
Le Voyage dans la Lune (1902) du cinéaste français Georges Méliès est considéré comme le premier film de science-fiction à avoir vu le jour..... C'est un projet audacieux pour l'époque, jonglant à la fois avec une originalité scénaristique, faisant intervenir des dimensions plutôt incongrues pour le public du début du (vaisseaux spatiaux, aliens), mais aussi des effets visuels, avec de nouveaux moyens techniques permis par le médium cinématographique : des effets spéciaux précurseurs qui seront encore plus d'un siècle plus tard la marque de fabrique du genre.
Le cinéma de science-fiction est né. Il exploitera dès lors plusieurs facettes de ce que peut être la SF en mélangeant l'anticipation et la science fiction horrifique.
S'il est bien un film qui marque le cinéma, il faut remonter jusque dans les années 1920 avec le célèbre et déroutant Metropolis (1927) de Fritz Lang, qui amène la science-fiction cinématographique à un nouveau niveau.. Avec son ambiance sombre, sa lecture politique et sociologique, la dystopie de Lang apporte un souffle novateur qui influencera énormément la SF des années à venir, tout en introduisant des notions et thématiques quasi indissociables du genre telles que l’oppression du système, les androïdes ou l’opulence technologique.
À l'inverse, L'Amour en l'an 2000 ne porte aucun message à caractère philosophique ou politique contrairement à d'autres films comme Les mondes futurs ou Point ne tueras au contenu à la fois dystopique et pacifiste et n'a aucune prétention à la vulgarisation scientifique ou les progrès technologiques de savant spécialisé dans les voyages spatiaux.
On peut également citer d'autres films relativement importants de la période dont Aelita (1924) du cinéaste russe Protozanov., inspiré d'un roman de Tolstoï ; Frankenstein (1931) de James Whale ; L'homme invisible (1933) et King Kong (1933).
Les années 1940, marquées par la seconde guerre mondiale et l'immédiat après-guerre, ne sont pas propices à l'élaboration d'œuvres majeures en science-fiction. vignette|Affiche publicitaire du film de SF horrifique Planète interdite (1956). Avec les années, les réalisateurs s'orientent beaucoup vers la SF d'horreur, le cinéma faisant de la science et des possibilités de l'univers un coffre à idées pour le cinéma d'horreur et ce jusque dans les années 1950 et le début des années 1960 ; des exemples en sont les films Le Jour où la Terre s'arrêta (1951) et La Chose d'un autre monde (1951), Planète interdite (1956), ou en Italie Le danger vient de l'espace (1958) et Caltiki, le monstre immortel (1959) de Mario Bava, ce qui signe le début de la science-fiction italienne.
Après l'apocalypse, les heures froides vignette|215x215px|Numéro d’octobre 1933 d'Amazing Stories, magazine « Pulp » spécialisé dans la science-fiction. Dans ses pages ont été publiés bon nombre d’auteurs classiques et d'incontournables du genre. Dans les années qui suivent, notamment après la seconde guerre mondiale, la science-fiction, à l’instar de la fantasy, se développe énormément aux États-Unis, par le biais de la génération « Pulp » — en lien avec les magazines lui donnant son nom, qui ont pré-publié des nouvelles et des romans sous forme de feuilletons dans la première moitié du , surtout en polar et en fantastique-horreur au début, puis rapidement en fantasy et surtout en science-fiction ; ils étaient la plupart du temps vendus dans les gares ou les librairies. C’est à cette époque que seront publiés les grands noms du roman de SF comme Isaac Asimov, Philip K. Dick, Frank Herbert, Robert Heinlein En parallèle, le genre se décline aussi de façon exponentielle en bande dessinée, que ce soit aux États-Unis, au Japon ou en Europe avec des œuvres telles quAstro Boy de Tezuka, Flash Gordon, Green Lantern
Le cinéma suit le mouvement et la production va se lancer dans le spectaculaire et l’horrifique, cherchant constamment à innover en termes de technique. Le genre devient le terrain de jeu de la recherche d’effets spéciaux, maquettes, marionnettes, montages, jeux de lumières, costumes, maquillages, le tout mélangé dans une atmosphère de guerre froide, omniprésente dans les propos et donnant un réalisme pour l’époque à l’anticipation..
Les films de SF deviennent les films que les adolescents vont voir pour se faire peur, et les séries télévisées sont celles que regardent les enfants pour rêver d’aventure. Bien que certaines réalisations se démarquent plus que d’autres et restent dans la culture populaire comme des œuvres de références (La Quatrième dimension, Planète interdite (1956), Buck Rogers au vingt-cinquième siècle), c’est davantage sur le plan de la littérature que le style se développe et prend de l’ampleur à cette époque.
Ainsi, jusqu'au début des années 1960, le genre devient une sorte de niche populaire mais peu assujettie au respect de la critique qui voit en lui une « pseudo forme artistique », s’appuyant sur le fait que peu de grands réalisateurs de l’époque plébiscitent la science-fiction, la laissant aux productions à petit budget.
SF sur petits et grands écrans (des années 1960 à la fin des années 1970) La renaissance et l'engouement Les années 1960 commencent à peu près comme avait fini la décennie précédente pour la réalisation d’œuvres de science-fiction.
Mais 1960 marque la première grande adaptation sur grand écran d’une œuvre majeure : La Machine à explorer le temps (1960) de l'Américain George Pal, tirée du roman éponyme — premier véritable livre de SF moderne — de H. G. Wells. Apportant un souffle nouveau, prenant les thématiques plus aux sérieux en les mettant en scène de façon très professionnelle avec un budget relativement conséquent pour l’époque, le cinéma de SF se veut plus proche de ce qui fait l’essence même du genre, à la manière de la série américaine La Quatrième dimension (diffusée à la télévision entre 1959 et 1964).
De plus, la perpétuelle recherche dans le domaine des effets spéciaux pour les films futuristes permet à cette adaptation de Wells de remporter en 1961 l’Oscar des meilleurs effets spéciaux. Ce qui deviendra avec les années la marque de fabrique du genre..
Les années suivantes marquent un tournant. Une démocratisation vers le grand public se met petit à petit en place. Dans la lignée de La Quatrième dimension, les sujets abordés se veulent plus sombres tout en étant plus terre-à-terre.
La grande révolution visuelle a lieu en 1968 avec la sortie du film 2001, l'Odyssée de l'espace.. réalisé par Stanley Kubrick, en parallèle à la sortie du roman éponyme d'Arthur C. Clarke, auteur à succès et scénariste sur le long métrage. C'est un carton commercial, le film devient très rentable et l'engouement du public, bien que parfois mitigé, propulsera l’œuvre au rang de classique du art ; de même, la critique, même si plus tempérée à l'époque de la sortie, est aujourd'hui unanime sur la qualité du rendu final. C'est une véritable avancée, tant sur la manière de raconter une histoire que par les progrès des techniques d'effets spéciaux. Avec 2001, l'Odyssée de l'espace, la critique élitiste commence à admettre que la science-fiction peut être un sujet intéressant, bien que ce monument du cinéma fait presque office « d'exception » dans les écrits de la presse de l'époque. De nos jours, la presse élitiste ne manque pas d'éloges à son égard..
vignette|209x209px|Les acteurs William Shatner et Leonard Nimoy, respectivement dans leurs rôles du capitaine Kirk et de Spock dans la première série Star Trek. Ces années sont également marquées par un grand nombre de sorties d’œuvres devenues cultes aujourd'hui. Il en est ainsi de La Planète des singes (1968) de Franklin Schaffner, film tiré du roman du français Pierre Boulle avec en vedette l'une des plus grandes stars hollywoodiennes de la décennie : Charlton Heston. C'est aussi l'arrivée à la télévision de séries incontournables du genre avec notamment Les Envahisseurs (1967) et surtout Star Trek (1966) qui devient un des premiers phénomènes de masse lié à la SF. Cette dernière série deviendra en effet une des principales références du cinéma de fiction. Elle sera aussi au fur et à mesure des décennies dérivée en suites, spin-offs, reboots et remakes sur grands comme petits écrans, la franchise devenant une figure de proue qui aura une influence considérable sur les réalisateurs et scénaristes en devenir et ce, jusqu'à nos jours. Avec Star Trek, la SF, bien que toujours pointée du doigt, s'est vue devenir de plus en plus communautaire en unissant des milliers (des millions aujourd'hui) de personnes à travers le monde sous la même bannière, le mouvement trekkie était né, rassemblant des légions de fans sur toute la planète lors de conventions ou d'évènements communautaires consacrés à la culture et l'univers de licence..