Une séparation (en , Djodāï-yé Nāder az Simin : la séparation de Nader et Simin) est un film iranien d'Asghar Farhadi, sorti en 2011. Il remporte l'Ours d'or du meilleur film, les Ours d'argent de la meilleure actrice et du meilleur acteur pour tous les comédiens lors de la Berlinale 2011, le César du meilleur film étranger et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le film est par ailleurs un succès surprise en France avec près d'un million de spectateurs.

En 2016, la BBC le place en dans son classement des 100 plus grands films du ..

Synopsis À Téhéran, Nader (Peyman Maadi) et Simin (Leila Hatami) sont un couple de la classe moyenne. Ils sont mariés depuis 14 ans. Nader travaille dans une banque, Simin est enseignante. Ils ont une fille Termeh (Sarina Farhadi), âgée de 11 ans. Le père (Ali-Asghar Shahbazi) de Nader, atteint de la maladie d'Alzheimer, totalement dépendant, vit dans leur appartement. Simin veut que la famille parte vivre à l'étranger, car elle veut des conditions de vie meilleures pour Termeh. Ils ont obtenu un visa d'immigration qui expire dans 40 jours. Nader, ne voulant pas abandonner son père, refuse de partir d'Iran. Simin entame une procédure de divorce. Le juge (Babak Karimi) estime que les problèmes du couple ne justifient pas un divorce et il rejette la demande de Simin.

Simin décide donc de quitter le foyer et part habiter chez ses parents. Devant payer un supplément aux déménageurs, Simin prend l'argent dans un tiroir dans la chambre, à l'insu de Nader. Simultanément, Nader embauche Razieh (Sareh Bayat) comme aide-à-domicile, car il a besoin d'aide pour s'occuper de son père. Razieh lui a été proposée par Simin. Elle est pauvre, très croyante et habite en banlieue. Sa petite fille Somayeh (Kimia Hosseini) l'accompagne partout. Razieh est enceinte et le cache. Seule Somayeh le sait.

Dès le premier jour de travail, Razieh découvre que le père de Nader s'est uriné dessus. Elle panique, car elle craint de transgresser ses principes religieux si elle le lave. Elle demande à l'assistance téléphonique religieuse si elle peut le laver. Prenant en compte la situation, le conseiller l'autorise à le faire. Nader et Termeh rentrent à l'appartement en fin d'après-midi. Une collègue de Simin, Ghahraei (Merila Zarei) attend Termeh, à qui elle fait des cours particuliers à domicile. Ghahraei donne à Razieh le numéro de téléphone d'une gynécologue. Razieh annonce à Nader qu'elle ne peut plus travailler chez lui et qu'il doit engager un homme pour ce travail. Ne comprenant pas, il lui demande pourquoi et insiste tellement qu'elle finit par lui révéler que son père est incontinent. Nader est étonné et dit que cela ne lui était jamais arrivé. Razieh lui propose d'engager Hodjat (Shahab Hosseini), son époux. Nader dit qu'il faut qu'Hodjat le rencontre à la banque le lendemain. Razieh n'ayant pas dit à son époux qu'elle a travaillé pour Nader, lui fait promettre de garder le secret. Hodjat vient au rendez-vous convenu et Nader l'engage. Le lendemain matin, Nader est étonné de voir Razieh venir chez lui à la place d'Hodjat. Elle lui dit que son époux a été arrêté a cause d'une plainte d'un de ses créanciers et qu'elle le remplace jusqu'à sa libération.

Un jour, Nader et Termeh rentrent et sont étonnés de trouver la porte close. Termeh trouve son grand-père inconscient couché sur le sol, un poignet ligoté au cadre de son lit. Razieh et Somayeh ne sont pas là. Le père de Nader n'a pas de blessure. Nader découvre qu'il manque de l'argent dans le tiroir de la commode, il fulmine. Razieh et Somayeh rentrent.

Furieux, Nader la congédie. Razieh réclame le paiement de ses heures travaillées. Nader la repousse sur le palier. Razieh déclare être tombée dans l'escalier ce qui lui a provoqué une fausse couche. Sa famille intente un procès à Nader. Simin revient soutenir son mari. Elle paie la caution qui permet d'éviter à Nader d'aller en prison. Mais Razieh a menti. Nader aussi.

Fiche technique Titre français : Une séparation Titre original : Djodāï-yé Nāder az Simin (, littéralement La Séparation de Nader et Simin) Réalisation : Asghar Farhadi Scénario : Asghar Farhadi Musique : Sattar Oraki Décors : Keyvan Moghaddam Photographie : Habib Majidi Montage : Hayedeh Safiyari Production : Negar Eskandarfar, Asghar Farhadi Pays de production : Langue originale : persan Genre : Drame Durée : 114 minutes Dates de sortie : première à la Berlinale 2011 le Iran : France et Belgique : suisse : Québec :

Distribution Payman Maadi (VF : Thibault de Montalembert) : Nader Leila Hatami (VF : Odile Cohen) : Simin, épouse de Nader Sarina Farhadi (VF : Claire Bouanich) : Termeh, fille de Simin et Nader, onze ans Sareh Bayat (VF : Anna Sigalevitch) : Razieh, la femme de ménage Shahab Hosseini (VF : Jonathan Cohen) : Hojat, mari de Razieh, cordonnier au chômage Babak Karimi : le juge Ali-Asghar Shahbazi : père de Nader, 80 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer Kimia Hosseini : Somayeh, fille de Razieh et Hodjat, cinq ou six ans Merila Zarei (VF : Micky Sébastian) : Ghahraei, professeur de Termeh Shirin Yazdanbakhsh (VF : Frédérique Cantrel) : la mère de Simin Source et légende : version française (VF) sur le site d’AlterEgo (la société de doublage« Fiche de doublage VF du film » sur Alterego75.fr, consulté le 15 juin 2013) Traduction française (sous-titres) : Massoumeh Lahidji

Contexte de réalisation Farhadi définit Une séparation comme étant le reflet du conservatisme d’une république théocratique islamique, soit un État qui fonctionne d’après les principes des lois coraniques, priorisant la parole divine. Partageant des idéologies totalement différentes que les dirigeants du pays. Celui-ci réalise ce film sans aucune aide financière du gouvernement, puisqu’étant une République islamique d’Iran,  cela désigne l’Islam comme religion officielle dans ce régime politique. Ainsi, deux types de pouvoirs se chevauchent dans le système politique iranien, partageant différentes manières de gouverner un pays ou encore différents points de vue à l’égard de la vie en société.

L’un est politique, visible à travers le président, les diverses institutions politiques ou encore par des élections. Puis l’autre est religieux, visible à travers le Guide Suprême, les Mollahs ou encore les diverses institutions religieuses.

Par ailleurs, le pouvoir religieux garde tout de même une emprise majoritaire sur le pays, en imposant que toutes décisions politiques doivent être en accord avec les principes de l’Islam. C’est donc à cause de ce chevauchement des pouvoirs, que la réalisation du film était très complexe, notamment par la perte de l’autorisation de tournage, l’absence de financement gouvernementale ainsi que de multiples autres bâtons dans les roues.

Analyse

L'ampleur de la religion Pour des individus vivant dans une société influencée par des règles religieuses, le fait de jurer sur quelque chose de faux est considéré comme étant un péché impardonnable, alors automatiquement si quelqu’un jure celui-ci dit la vérité. Ainsi durant la totalité du film, les personnages se basent principalement sur le fait de “jurer” afin de prouver leurs paroles, plutôt que par l’utilisation de preuves concrètes. Notamment lorsque Razieh demande à Nader de jurer sur le Coran, qu’il ne l’avait pas poussé, ou encore lorsque celle-ci n’étant pas sûre de qui a provoqué la fausse couche, refuse de jurer que Nader est le coupable, quitte à ne pas recevoir l’argent de ce dernier, ou encore à détruire la relation qu’elle possède avec son mari.

Ainsi l’acte de “jurer” est d’une importance capitale dans ce litige, ayant plus d’ampleur que des preuves réfutables, imageant ainsi le système judiciaire iranien. De plus l’ampleur que prend la religion est tout aussi présente dans le milieu du travail, à l’exemple de Razieh qui dans un premier temps voulait quitter son travail, lorsqu’elle apprend qu’elle doit laver et changer le père de Nader, afin d’éviter tout contacts intimes avec un autre homme que son mari, des actes punis et interdis par le système religieux. 

Concernant le port du tchador, le film ne reflète néanmoins pas la réalité du quotidien des femmes et ne suit pas les versets du Coran. En effet, dans le cadre familial, Simin et Termeh portent toujours le voile à la maison, alors qu'elles ne sont pas tenues de le faire. La Sourate 24, Verset 31, stipule .

Division et inégalité Asghar Farhadi dénonce à travers une séparation l’influence de la division des classes sociales mises en action dans différentes situations de la vie quotidienne dans la société iranienne. D’abord dans le milieu professionnel, où Nader possède un emploi stable aux revenus élevés lui permettant de scolariser sa fille, subvenir à ses besoins, posséder un véhicule, engager du personnel ou encore vivre dans un élégant et spacieux appartement. Alors que Razieh, issu d'un milieu social difficile, est employée comme domestique chez Nader, ne génère pas assez de revenus pour se permettre d’avoir un véhicule, l’obligeant à prendre les transports en commun, ce qui engendre fatigue, retard, stress dans sa vie quotidienne, puis celle-ci vit dans une vieille maison avec une grande famille, ce qui restreint son espace individuel. L’éducation se rallie aussi à la division des classes sociales, celle-ci étant accessible principalement aux hautes classes sociales, à travers le personnage de Nader qui en bénéficie, par la maitrise de sa diction, ses paroles et sa diplomatie face au juge. À l’inverse du mari de Razieh, qui ne bénéfice pas des vertus des études supérieures, a de la difficulté à s’exprimer et à garder son calme face au juge.

Puis le statut social influence aussi les relations de couple, l’épouse de Nader semble être une femme libre et autonome au sein du domaine familial inspiré d’un mode de vie occidental. Alors que Razeih dépend principalement de son époux et a besoin de son accord pour agir en tout temps. Ensuite les inégalités des classes sociales présentées par le réalisateur s’éteignent à une inégalité flagrante des sexes dans la société iranienne, notamment dans le domaine judiciaire, l’épouse de Nader a besoin de l’accord de ce dernier pour pouvoir divorcer, que les enfants du couple ont besoin de l’accord paternel pour pouvoir quitter le pays. Ou encore dans le domaine du travail, où Razieh a besoin de l’accord de son mari pour pouvoir pratiquer son travail de domestiques. Le réalisateur dénonce ainsi le statut de la femme qui mise en seconde position dans les couples iraniens, ce qui montre des traits caractérisant une société très conservatrice.

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Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte d'opinions favorables pour 174 critiques..

En France, le site Allociné propose une note moyenne de à partir de l'interprétation de critiques provenant de de presse..

Dans le cahier critique du mois de de la revue Cahiers du cinéma Nicolas Azalbert commente le film ainsi : Nicolas Azalbert, « Démêler l'écheveau », Cahiers du cinéma 668

Nicolas Azalbert décrit également la place dévolue, dans la mise en scène d'Asghar Farhadi, au juge (Babak Karimi), puis au spectateur lui-même :

Le film réalise une autre prouesse, celle de .

On assiste à la séparation d'un couple, mais aussi à celle .

, conclut N. Azalbert.

Box office Sorti en France le avec une combinaison de 105 salles et bénéficiant d'un appui critique quasiment unanime, le film rencontre immédiatement le succès auprès du public qui lui permet de dépasser les spectateurs en moins d'un mois. Le dispositif est étendu à 250 salles à la mi-juillet. La fréquentation atteint spectateurs après 15 semaines d'exploitation. et entrées en fin de carrièrehttp://www.cinefeed.com/index.php/2012/01/26/1311-box-office-france-semaine-3-fincher-passe-devant-eastwood.

Semaine Entrées Cumul 8 au 15 au 22 au au 6 au 13 au 20 au au 3 au 10 au 17 au

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